La formation du radicalisme philosophique

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Elie Halévy Philosophe et historien français (1870-1937) La formation du radicalisme philosophique Tome III Le radicalisme philosophique (Première édition, 1901) Paris : Les Presses Universitaires de France, Nouvelle édition révisée, 1995. Collection : Philosophie morale. ÉDITION SANS LES NOTES DE FIN. Un document produit en version numérique conjointement par Réjeanne Toussaint, et Jean-Marc Simonet, bénévoles. Courriels: Jean-Marc_Simonet@uqac.ca. Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.ca/Classiques_des_sciences_sociales/ Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/ Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 2 III. Le radicalisme philosophique Politique d'utilisation de la bibliothèque des Classiques Toute reproduction et rediffusion de nos fichiers est interdite, même avec la mention de leur provenance, sans l’autorisation for- melle, écrite, du fondateur des Classiques des sciences sociales, Jean-Marie Tremblay, sociologue. Les fichiers des Classiques des sciences sociales ne peuvent sans autorisation formelle: - être hébergés (en fichier ou page web, en totalité ou en partie) sur un serveur autre que celui des Classiques. - servir de base de travail à un autre fichier modifié ensuite par tout autre moyen (couleur, police, mise en page, extraits, support, etc...), Les fichiers (.html, .doc, .pdf., .rtf, .jpg, .gif) disponibles sur le site Les Classiques des sciences sociales sont la propriété des Classi- ques des sciences sociales, un organisme à but non lucratif com- posé exclusivement de bénévoles. 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A partir du livre de Elie Halévy (1870-1937), Philosophe et histo- rien français, La formation du radicalisme philosophique, Tome III : Le radicalisme philosophique. ÉDITION SANS LES NOTES DE FIN. Postface de Philippe Mongin Traduction des textes anglais et latins par Jean-Pierre Cléro ; Références aux œu- vres de Bentham révisées par Mary Sokol ; Annotation revue par Sophie Jallais. Nouvelle édition dirigée par Monique Canto-Sperber Ouvrage publié avec le concours du CNL Paris : Les Presses Universitaires de France, 1995, 448 pp. reCollection : Philosophie morale. Réédition de la 1 édition de 1901. re1 édition : Félix Alcan éditeur, 1901. Nouvelle édition révisée, PUF « Philosophie morale » : 1995. Polices de caractères utilisées : Pour le texte: Times New Roman, 14 points. Pour les notes : Times New Roman, 10 points. Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2004 pour Macintosh. Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’) Édition numérique réalisée le 23 août 2009 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, pro- vince de Québec, Canada. Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 4 III. Le radicalisme philosophique Elie Halévy (1870-1937), Philosophe et historien français, La formation du radicalisme philosophique, Tome III : Le radicalisme philosophique. ÉDITION SANS LES NOTES DE FIN Postface de Philippe Mongin Traduction des textes anglais et latins par Jean-Pierre Cléro ; Références aux œu- vres de Bentham révisées par Mary Sokol ; Annotation revue par Sophie Jallais. Nouvelle édition dirigée par Monique Canto-Sperber Ouvrage publié avec le concours du CNL Paris : Les Presses Universitaires de France, 1995, 448 pp. reCollection : Philosophie morale. Réédition de la 1 édition de 1901. re1 édition : Félix Alcan éditeur, 1901. Nouvelle édition révisée, PUF « Philosophie morale » : 1995. Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 5 III. Le radicalisme philosophique Table des matières Avant-propos Chapitre I : Les lois naturelles de la société économique I. Ricardo Double origine des recherches économiques de Ricardo ; double caractère de sa philosophie économique ; lois statiques et lois dynamiques. — Le point de vue statique : la théorie de la valeur. — Restrictions à l’optimisme : la loi du travail ; diversité des qualités du travail ; prix de monopole ; oscilla- tions du prix marchand. — Tendance de Ricardo ànégliger l’influence des actions perturbatrices. — Le libre-échangisme et la théorie des échanges étrangers. — Le point de vue dynamique : la théorie de la rente foncière. — La loi des salaires. — La loi des profits. — Profits et salaires : Ricardo et les premiers socialistes. — La baisse des profits. — Durabilité du capi- tal et valeur. — La doctrine et l’époque. — La politique du laisser-faire et du laisser-passer. — Le problème de l’impôt et en particulier de l’impôt foncier. — Ricardo au Parlement, discours optimistes. — Pourquoi, chez Ricardo, l’optimisme prend le dessus sur le pessimisme. II. James Mill et MacCulloch James Mill et MacCulloch. — La théorie de la valeur : objections de Torrens à Ricardo, et réponse de MacCulloch. — Objections de Malthus ; embarras de Ricardo. — Torrens répète ses objections ; réponse de James Mill. — La théorie de MacCulloch. — Découragement de Ricardo ; sa mort. — James Mill et de Quincey. — Objections de Bailey. — MacCulloch et Ja- mes Mill. — La théorie de la distribution des richesses, — 1° chez James Mill : — Loi de la rente foncière ; des salaires. — Nouvelle démonstration du malthusianisme. — Loi des profits. — Impossibilité d’accélérer artifi- ciellement l’accroissement du capital ; le problème de l’impôt. — Nécessi- té de ralentir artificiellement l’accroissement de la population. — Néo- malthusianisme de James Mill et de Francis Place. — Objections des Ben- Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 6 III. Le radicalisme philosophique thamites à l’égalitarisme ; — 2° Chez MacCulloch : tendance à l’optimisme. — MacCulloch sur la rente foncière. — La révolution indus- trielle et la nouvelle philosophie économique. Chapitre II : L’Organisation de la justice et de l’État I. Procédure et organisation judiciaire Le droit adjectif : fins directe et collatérale. — Le système technique et le sys- tème naturel ; Bentham et Montesquieu. — De la procédure ; critique du special pleading ; la procédure sommaire. — Des preuves principe d’exclusion. — Admission des preuves de pis-aller ; des preuves circonstancielles. — Origine du principe d’exclusion. — Critique des for- malités religieuses. — Restrictions au principe d’universelle admissibilité des preuves. — Critique des préjugés libéraux en ces matières ; de la rè- gle : nemo tenetur seipsum accusare ; de la règle : testis unus, testis nullus. — De l’organisation judiciaire. — Critique du paiement par fees ; du prin- cipe logique de division des cours ; du système de la pluralité des juges. — De l’appel. — Du jury : le quasi-jury. — De la publicité des débats. II. Droit constitutionnel Rédaction d’un « Code Constitutionnel ». — Les trois principes de la philoso- phie politique de Bentham. — Moyens de maximiser l’aptitude officielle. — Critique des préjugés libéraux, des « Déclarations des Droits », du principe de la division des pouvoirs. — Droit de la majorité. — Organisa- tion de la responsabilité légale des gouvernants. — Une seule Chambre. — Nomination des ministres et des fonctionnaires. — Les fonctions aux en- chères. — Républicanisme de Bentham. — La doctrine du suffrage uni- versel selon Bentham. — Le radicalisme de Ricardo. — Objections de Mackintosh au système de Bentham. — L’Essay on Government de James Mill. — James Mill sur la théorie de la division des pouvoirs. — Opportu- nisme de James Mill. — Théorie du suffrage selon James Mill : critique de la représentation des intérêts. — George Grote. — George Grote, et James Mill, sur le scrutin secret. — Caractère bourgeois du radicalisme des Ben- thamites. — Les Benthamites et la réforme de l’administration locale. — La « démocratie pure représentative » selon Bentham. Chapitre III : Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 7 III. Le radicalisme philosophique Les lois de la pensée et les règles de l’action I. La connaissance Ralentissement de la production philosophique en Angleterre. — La philoso- phie française, et allemande. — Persistance de la tradition hartleïenne chez les unitaires : influence sur James Mill. — La « Zoonomia » d’Erasme Darwin. — Histoire et signification de la théorie du sens musculaire, de- puis Hartley jusqu’à James Mill. — Les « Délassements de Purley », de Horne Tooke. — La théorie de l’abstraction selon Horne Tooke et James Mill. — La chimie et la conception de la synthèse mentale chez Thomas Brown et James Mill. — Influence de Bentham, et travaux de James Mill depuis 1815 jusqu’à 1829. — Théorie et hypothèse ; de l’explication en psychologie selon Thomas Brown et James Mill. — Du principe de la simplicité des lois de la nature en psychologie ; empirisme et rationalisme de James Mill. II. L’action Objet pratique des recherches théoriques de Bentham et de James Mill. — Bentham et James Mill ; méthodes et préoccupations différentes. — Ben- tham et James Mill sur l’intention ; sur les motifs, — comment James Mill simplifie la classification benthamique des motifs ; passage de la psycho- logie à la morale. — Solution du problème moral par le principe de la fu- sion des intérêts ; rejetée par Bentham et James Mill, leur individualisme. — La culture réfléchie des sentiments désintéressés, comme solution du problème moral ; pourquoi cette solution est rejetée par Bentham et James Mill. — L’hypothèse du progrès nécessaire de la sympathie, comme résol- vant le problème moral ; pourquoi cette solution est rejetée par Bentham et James Mill. — La morale de l’égoïsme ; la théorie des quatre vertus chez James Mill et Bentham. — La morale des utilitaires, c’est leur psychologie économique mise à l’impératif. Conclusion Mort de Bentham. — Son groupe. — La « Société utilitaire ». — La propa- gande ; l’Université de Londres ; la « Revue de Westminster ». — Atta- ques de Macaulay, et de Mackintosh. — Résumé de la doctrine ; conflit des deux principes de l’identité naturelle des intérêts et de l’identification artificielle des intérêts ; essai de conciliation des deux principes. — Les postulats de la doctrine. — Rationalisme ; examen critique. — Individua- lisme ; examen critique. — Influence de la doctrine de Bentham : sur la ré- Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 8 III. Le radicalisme philosophique forme judiciaire ; sur la politique coloniale ; sur la réforme politique et administrative ; sur la réforme économique. — Comment la « philosophie de Westminster » disparaît dans le triomphe de la « philosophie de Man- chester ». Bibliographie Postface de Philippe Mongin Annexe. La révision des références à l’œuvre de Bentham, par Mary Sokol Document 1. Biographie de Elie Halévy, par Henriette Guy-Loë Document 2. Bibliographie de Elie Halévy Document 3. Autour de La formation du radicalisme philosophi- que, par Henriette Guy-Loë Document 4. Lettres d’Elie Halévy (1895-1904) Document 5. Lettres de Leslie Stephen et de Henri Bergson (1901- 1904) Table des noms propres Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 9 III. Le radicalisme philosophique Table des matières Avant-propos « Entre erreur et sophisme, il y a une différence facile à saisir. Er- reur désigne simplement une opinion fausse ; sophisme désigne aussi une opinion fausse, mais dont on fait un moyen pour un but. » Ainsi s’exprime Bentham, dans son Traité des sophismes politiques. Or quelles sont, selon lui, les causes des sophismes ? Tout homme public, nous dit Bentham, est soumis constamment à l’influence de deux inté- rêts distincts : l’intérêt général, « constitué par sa participation au bonheur de la communauté tout entière », et l’intérêt privé, « constitué par la part qu’il a dans les avantages d’une fraction de la communau- té ». Un homme public recourra au sophisme dans la mesure où, son intérêt privé entrant en conflit avec l’intérêt général, il désirera néces- sairement défendre, comme l’intérêt général, l’intérêt de la corpora- tion particulière à laquelle il appartient. Faire voir qu’il n’y a pas iden- tité entre les intérêts des gouvernants et ceux des gouvernés, et travail- ler à la réaliser, c’est à quoi tend l’effort des réformateurs. Faire croire que cette identité d’intérêts se trouve déjà réalisée entre gouvernants et gouvernés, c’est à quoi tendent tous les discours des membres de la corporation gouvernante. Groupés sous les ordres de Bentham et de James Mill, trouvant enfin, depuis le rétablissement de la paix, un pu- blic pour écouter leur voix, les radicaux philosophiques attaquent, en bloc et systématiquement, tous les sophismes des partis conservateurs. Sophismes économiques. Chaque groupe de producteurs demande à être protégé par l’État contre la concurrence étrangère ; mais le ré- sultat de cette politique de protection, c’est que tous les consomma- teurs, c’est-à-dire tous les citoyens sans exception, pâtissent. Il y a conflit entre l’intérêt privé des groupes et l’intérêt général de la na- tion. Les économistes utilitaires, Ricardo et ses disciples, réclament l’abandon d’une politique aussi absurde qu’elle est compliquée, et le sacrifice des intérêts de groupe à l’intérêt général. Déjà les industriels renoncent à réclamer la protection de l’État : les propriétaires du sol et Elie Halévy — La formation du radicalisme philosophique 10 III. Le radicalisme philosophique leurs clients constituent, à eux seuls, tout le parti protectionniste. La nouvelle économie politique démontre cependant, avec une rigueur mathématique, que l’opération des lois de la nature les enrichit néces- sairement, et sans nul effort de leur part, aux dépens de toutes les au- tres classes sociales. Les réformateurs utilitaires ne demandent pas la confiscation des fermages : car cette politique de confiscation impli- querait l’accroissement des fonctions de l’État, et, de toutes les corpo- rations, la corporation gouvernementale leur apparaît comme la plus détestable. Mais ils demandent que l’État cesse d’accroître, par un protectionnisme inique, les avantages, naturellement énormes, dont jouissent les propriétaires du sol, et que, réduisant à rien ses fonctions économiques, il promulgue la liberté des échanges de tous les pro- duits, entre tous les individus, sur toute la surface du globe. Sophismes que l’on peut appeler proprement politiques. Les partis conservateurs ont fini par accréditer en Angleterre cette idée que gou- vernement complexe et gouvernement libéral sont deux expressions synonymes. La vérité, c’est que la complexité des institutions politi- ques et judiciaires en Grande-Bretagne est le rempart des privilèges aristocratiques, et non des libertés populaires. Simplifiez le régime électoral en instituant le suffrage universel, placez tous les détenteurs du pouvoir exécutif dans la dépendance étroite du Parlement, et le Parlement lui-même dans la dépendance étroite de la majorité, il de- vient inutile alors de protéger la liberté de l’individu, par la complexi- té des institutions et de la procédure, contre les usurpations du pouvoir administratif. Puisque celui-ci émane directement de la volonté du plus grand nombre, il doit arriver que ses décisions seront, en général, conformes à l’intérêt du plus grand nombre ; il convient donc de les rendre, par la simplification des lois constitutionnelles et des formali- tés, aussi faciles et aussi rapides que possible. Pendant que les whigs opposent la complexité du régime libéral à la simplicité du régime despotique, les radicaux de l’école de Bentham opposent l’énergie du régime démocratique aux lenteurs des gouvernements complexes et aristocratiques. Sophismes philosophiques enfin. Ils sont, en quelque sorte, à la ba- se de tous les autres. La morale « sentimentale », et en particulier la morale « ascétique », est, si nous en croyons Bentham, le produit d’un régime aristocratique. Ceux qui enseignent la morale du sacrifice,
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