Les sectes lucifériennes aujourd'hui

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Les sectes Lucifériennes aujourd'hui Jean-Paul Bourré Published: 2009 Tag(s): lucifer, religious 1 Partie 1 Première partie 2 « Aussi je parcours les nations pour y chercher la connaissance, celle qui s’attache à une pierre tombée de la couronne de Lucifer… Quand je serais de- vant la pierre du Diable, quand je la toucherai, quand je verrai que l’illuminent doucement les astres qui poursuivent inlassablement dans le ciel la route que Dieu leur a tracée, alors j’évoquerais le graal, cette pierre tombée aussi de la cou- ronne de Lucifer et que Parsifal a conquise. Je ne manquerai pas de rappeler en moi, également, le souvenir de Lohengrin, le messager du Graal, que certains ap- pellent Hélias, « le porteur de lumière » Otto Rahn 3 Sommaire Introduction. En guise de manifeste I Adeptes et martyrs II La « contre-ordination » III Pratiques et rituels de L’initiation sorcière IV Prêtres et prêtresses de Lucifer V Le monde luciférien VI « L’Internationale luciférienne » VII Les lieux de culte VIII La quête luciférienne aujourd’hui Conclusion. Satan ou Lucifer? Annexes 1. La Bible de Lucifer (extraits) 2. Le journal d’une magicienne 3. Manifeste de The Church of Satan Bibliographie 4 Chapitre 1 INTRODUCTION EN GUISE DE MANIFESTE Le luciférisme n’est pas cette magie diabolique à laquelle les Églises op- posent sans cesse le principe du Bien. Ce fut une science authentique de la reconquête des pouvoirs perdus, un véritable savoir permettant à l’homme de transgresser les lois du temps afin de devenir « L’égal des dieux ». Selon l’enseignement luciférien, toute forme est divinité. Certaines ont chuté, ce qui explique la nature morcelée de l’homme qui ne se souvient plus de ses origines. Il existe pourtant un enseignement destiné à ré- veiller la mémoire humaine pour lui rappeler sa nature glorieuse. Cette science fut dite « luciférienne » parce que ses propagateurs s’incarnèrent, selon la tradition kabbalistique, pour apporter le « feu » du savoir aux hommes. Ils furent les « porteurs de lumière » (conformément à l’étymologie latine du mot « Lucifer », formé de lux lumière, et de ferre porter) A la fin du XVIIe siècle, le révérend Kirk, adepte des sciences « diabo- liques », fit sienne cette conception du retour à la divinité. Ses rapports avec les « porteurs de foudre » (la foudre est porteuse d’acide nitrique, fertilisateur, ce qui explique scientifiquement l’aspect bénéfique qu’elle revêt dans bien des croyances. Pour les Indiens, elle est la première voix qui ait parlé au monde, la manifestation de l’esprit) avaient lieu sur la « colline des fées », près d’Aberfoyle, en bordure de la lande écossaise. Sa mort énigmatique a le caractère de toutes les destinées lucifériennes, elle correspond à l’instant particulier où l’adepte est confronté à sa dernière épreuve terrestre: il doit changer de plan, et cela par le rituel qui permet- tra sa nouvelle mutation. Il en fut de même d’Isabel Gowdie, disciple de Lucifer, brûlée vive après s’être elle-même dénoncée. Pour elle aussi la mort volontaire, choisie et 5 voulue, permettait de participer au dernier rituel du feu. Elle monta au bûcher, indifférente à la foule hurlante qui emplissait la place, l’esprit ri- vé à ce rite terrible qui devait permettre sa transformation. Le destin tragique des adeptes de Lucifer fait de cette science magique un instrument terrifiant où la mort rode au cœur des rituels, où les lois humaines sont sans cesse bafouées, où l’homme n’est qu’un objet expéri- mental dans la main de ceux qui possèdent des pouvoirs. En apparence du moins, car il ne faut pas confondre la sorcellerie et son cortège d’envoûtements et de guérisons, avec cette science fabuleuse visant la ré- habilitation de l’homme sur le plan divin. En cela, Lucifer est vu comme un dieu civilisateur, même si, comme pour le Zarathoustra de Nietzshe, sa bonté parait terrible aux yeux des hommes qui expliquent le monde à partir de valeurs différentes. La science luciférienne remonte à la nuit des temps, elle existait avant même que n’apparaissent les notions de Bien et de Mal; il est donc par- fois difficile de la déceler à travers ses actions, car elles ne correspondent pas aux normes morales de notre civilisation construite sur deux millé- naires de philosophie chrétienne. Pour Eliphas Levi, « le Lucifer de la Kabbale n’est pas un ange maudit et foudroyé, c’est l’ange qui éclaire et qui régénère en brûlant; il est aux anges de paix ce que la comète est aux paisibles étoiles des constellations du printemps ». (Dogme et rituels de haute magie). Cette nouvelle conception de Lucifer ange de lumière fut mise en valeur par les romantiques du XIXe siècle, séduits par la malédiction pesant sur « l’antique foudroyé ». Rien de bien sérieux dans cette réhabilitation lit- téraire, son seul but étant l’effet esthétique, la recherche d’une émotion inhabituelle. Il n’en fut pas de même avec certains cénacles de haute magie dont le travail secret n’a jamais rompu avec les anciennes pratiques de la magie rouge fondée sur une ancienne rituelle immuable: le rite des tris S, ou sexe, sang et souffle. Déjà, l’Ancien Testament affirmait: « L’âme de la chair est dans le sang. » (Lévitique) Cette croyance est la base de la science luciférienne qui agit sur l’ âme 6 par les « corps » intermédiaires que sont le sang, l’énergie sexuelle entiè- rement cérébralisée (en cela proche du tantrisme) et le souffle qui permet l’action juste du Verbe, la parole, l’incantation, le son sous ses aspects les plus divers. Eliphas Levi, même en parlant de Lucifer comme d’un ange de lumière, n’en demeure pas moins un « mage blanc » fortement influencé par les dogmes judéo-chrétiens. Il se refuse à participer aux ultimes expériences qui remettraient en question les bases mêmes de la civilisation. Sa pru- dence donne à son enseignement un caractère ambigu, une « couleur morale » qui distingue encore l’Occulte aujourd’hui.. Au XXe siècle, Lucifer est donc un mage noir ayant fait un pacte d’alliance avec les puissances des ténèbres, ou bien un paranoïaque dont la personnalité s’explique cliniquement. Voilà bien le double visage de la nouvelle Inquisition. Aucun ouvrage à ce jour n’a tenté une véritable réhabilitation de cette science, car l’homme désirant transgresser les valeurs qui lui sont imposées a peur de se re- trouver inévitablement face à ses juges… Ainsi entretient-on la culpabi- lité, ce vieux démon créé de toutes pièces par les religions humanistes. Il existe, encore aujourd’hui, une subversion occulte qui essaye par tous les moyens de rabaisser le luciférisme au rang d’une déviation sata- nique. Il suffit pourtant d’étudier les textes des civilisations tradition- nelles pour comprendre que la chute des anges rebelles, genèse du luci- férisme, représente en vérité la venue des instructeurs apportant à l’homme le savoir initiatique, que Lucifer n’est pas le dieu du mal oppo- sé au dieu de la Bible, mais bien un principe divin que l’on retrouve dans toutes les traditions. Que ce soit à travers le culte du serpent El Hayyat chez les adorateurs d’Ibis, le Lucifer de l’Islam, ou dans le combat my- thologique du Mahasoura, le hindou luttant pour pénétrer dans le temps humain, c’est toujours la même vision du feu instructeur tombé du ciel pour que l’homme puisse s’éveiller à sa propre divinité. La Mythologie n’effraye pas, car elle met en scène des combats de dieux qui ne sont pour nous qu’une succession d’allégories à déchiffrer: La ter- reur vient lorsque l’homme recrée ces combats divins au cœur du rituel, lorsqu’il fait descendre dans le cercle consacré tout le pouvoir arraché aux mondes supérieurs. Le mage luciférien est le médiateur entre les 7 hauts principes occultes et le plan terrestre. Il se tient debout au centre du rite à la manière d’un paratonnerre qui canalise la foudre. Il se modifie lui-même au cours de ses expériences qui n’ont, en vérité, qu’un but: faire du simple pratiquant un « porteur de foudre ». En cela, il est parfois difficile de distinguer dans le nombre des adeptes lucifériens la part de l’ascèse authentique, aussi terrible soit-elle, et la part des motiva- tions personnelles, de déviations simplement humaines. Gilles de Rais, par exemple, a-t-il atteint, le jour de son exécution, le degré promis à tous les martyrs lucifériens? Son étrange alchimie du sexe et du sang a-t- elle abouti à autre chose qu’à l’anéantissement de son âme? Et, plus près de nous, Charles Manson, ce Raspoutine californien, n’est-il qu’un « jouisseur psychique » ou bien son action dépend-elle de principes supé- rieurs? On peut trouver dans les rituels de la « Famille » Manson toute une gamme mal comprise et mal interprétée des pratiques lucifériennes: psychodrames de l’esprit, rites de la pendaison, pouvoirs du sang (La fonction du sang est celle d’un véhicule d’énergie vitale). D’autres sectes continuent aujourd’hui l’expérience de la magie rouge, et leurs rituels parfois complexes, n’en ressemblent pas moins aux anciens rites noirs de Babylone. Comme dans l’Égypte de Mendès, le bouc re- trouve sa fonction privilégiée, et le blasphème et l’envoûtement parti- cipent au même dépassement de la personnalité, à la même transforma- tion de l’homme en divinité. Alors que tous les textes judéo-chrétiens annoncent, à la fin des temps, la mise au fers de Satan pour mille ans, les prophéties égyptiennes pré- disent que, lorsque viendra le dernier jour de la terre, Lucifer ne sera pas entraîné dans le chaos: « Il reviendra ce long serpent qui survivra lorsque toute l’humanité sera retournée à la fange. » Vision lumineuse du dieu civilisateur Lucifer, le rédempteur surgissant vainqueur sur les ruines du bien et du mal. 8 Chapitre 2 ADEPTES & MARTYRS Kirk, le pasteur luciférien Il existe en Écosse, dans le vieux cimetière d’Aberfoyle, une tombe pas comme les autres: celle du révérend Kirk, dont la mort énigmatique, sur- venue en 1692, prouve peut-être la proximité d’un monde terrifiant qu’il nous est difficile de concevoir. Pour les habitants d’Aberfoyle, le Diable existe, et depuis des générations on apprend à se protéger des maléfices de la nuit, à combattre les entités qui courent dans la lande, les « puks » et les « leprechaums » dont les contes de fées présentent seulement l’aspect malicieux et inoffensifs. (Ces êtres de la mythologie appartiennent au monde élémental, au même titre que les gnomes, les elfes ou les lutins) C’est ainsi que le révérend Kirk fut très tôt familiarisé avec la magie dia- bolique, et les preuves qu’il obtint au cours de ses pratiques renforcèrent en lui l’idée d’un monde soumis à des lois que nous ne comprenons plus. Il comprit qu’il lui fallait se concilier ces puissances de la nuit, plu- tôt que de les combattre inutilement. N’avait-on pas travesti au cours des âges leur nature sacrée, et cela au nom du christianisme, afin d’alimenter les grands bûchers de l’inquisition? Pour réparer le tort fait à l’antique magie, Kirk écrivit un ouvrage où il étudia les méthodes et organisations des esprits de la nature, L’Organisation secrète, dont la première édition ne fut publiée qu’en 1815 (The Secret Commonwealth. Cent pages seulement ont été impri- mées et sont devenues extrêmement rares. On peut examiner une tra- duction française de Remy Salvator, publiée en 1826, à la bibliothèque nationale de Paris). A la différence des nombreux spéculateurs de l’Occulte, Kirk ne décrivait pas ce qu’il savait avoir vu, c’est à dire son 9 expérience immédiate. Cette expérience, il entendait la rendre possible en multipliant les pactes d’alliance avec les esprits qui hantaient la lande d’Aberfoyle. « Je suis l’un d’eux, je leur appartiens », avouait-il parfois lorsqu’il rentrait de ses étranges promenades nocturnes. Un soir de novembre 1688, il décida qu’il lui fallait gagner la « Colline des Fées », située au centre de la petite vallée qui borde Aberfoyle. Ce qu’il fit, malgré l’opposition de son entourage qui ne comprenait pas la raison de ce départ précipité sur lequel il gardait le silence. A son retour, il ne se confia qu’à une seule personne, Mme J.Mc Gregor, alors gardienne du cimetière d’Aberfoyle. Ce qu’il lui avoua effraya la vielle femme à un tel point qu’elle déclara craindre pour la vie du révé- rend Kirk. Craignait-elle une dénonciation aux autorités religieuses, ou bien d’obscures représailles venues de cette Ténèbre avec laquelle, cette nuit-là, Kirk avait fait un pacte terrifiant? Qu’avait-il rencontré sur la Colline des Fées? « Un ange sombre portant le feu et qui commandait aux entités démoniaques… » (On reconnaît ici l’imagerie traditionnelle représentant Lucifer). Ce pacte luciférien donnait au révérend la clé des mondes les plus se- crets. Selon Mme Mc Gregor, il avait désormais le pouvoir de disparaître au jour et à l’heure voulus par lui. Ainsi était-il assuré de ne point connaître la mort ni le vieillissement. Le rite d’alliance du révérend Kirk est cité dans le Recueil des disserta- tions sur les apparitions paru à Paris en 1751. L’auteur suppose que Kirk, une fois sur la Colline des Fées, « attirait les démons en mêlant son sang à de l’eau rituelle ». Cette offrande permettait la poursuite du rite, et Kirk traçait un grand cercle avec le cœur sanglant d’un pigeon sacri- fié. Puis il mordait dans sa propre chair, offrant sa plaie au vent qui ra- clait le dôme nu de la colline. L’ouvrage ne dit rien sur les invocations récitées par Kirk, mais il insiste sur une curieuse prière dont il assure la « puissance maléfique ». Cette invocation appartient aux anciens rituels de nécromancie des prêtres de Babylone, et sa seule lecture dégage encore aujourd’hui une puissance trouble. Un charme d’une horrible puissance 10
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