Lois des Punitions Conjugales dans le Judaïsme

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Halakhot (lois et modalités) de la punition conjugale, ou de la discipline domestique, du mari envers sa femme, selon le judaïsme.

Publié le : vendredi 13 novembre 2015
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a Beshém Adônây Él raḥûm weḥannûn na‘asè wenaṣlî
Lois des Punitions Conjugales –Hilkhôt ‘Anîshat Ishtô«Bats (meḥî)ta femme souvent ; Si tu ne sais pourquoi, elle le sait. »  (proverbe araméen) Pour laTôra, de la même manière que le père est responsable de l’éducation de ses enfants (c.-à-d. de les châtier physiquement pour corriger leurs mauvaises inclinations), le mari est responsable de celle de son épouse. Bien qu’en théorie libre et égale à l’homme, la femme juive est en fait assujettie à son 1 époux dès qu’elle quitte le foyer paternel ; il est sonba‘al(maître) et elle est son acquisition 2 3 (qinyânse situe juste au-dessus de celui) . Dans le judaïsme, le statut juridique de la femme 4 de l’esclave, passant de la propriété (et de la responsabilité) de son père à celle de son mari . La femme n’est cependant jamais totalement émancipée, contrairement à l’esclave qui a la possibilité d’être affranchi. Ainsi, il existe une obligation biblique (miṣwa) pour le maître de maison d’éduquer son épouse, c.-à-d. de la corriger corporellement lorsque les circonstances 5 l’exigent . Selon les mécanismes psychologiques humains, reconnusde factopar laTôra, on ne punit que parce que l’on aime. C’est ce que nous dit le verset : « Ménager les coups de sa verge, c’est haïr son enfant (benô) ; mais chercher à le corriger, c’est l’aimer » (Proverbes XIII, 24). Ainsi en est-il de sa femme (Midrâsh), où sa punition – toujours pour son bien, bien sûr – est l’un des signes de l’amour conjugal qu’on lui prodigue. De même les versets suivants, qui réitèrent la prescription des réprimandes verbales et corporelles envers ceux qu’on aime : Proverbes XXII, 15 – « La bêtise (iwwèlet) est attachée au cœur de l’enfant (na‘ar) ; la verge de la correction (shéveṭ-mûsâr) l’éloignera de lui. »Ibid.
1 Ba‘alimplique la possession et la domination. En hébreu, la racineb-‘-lproduit aussi le verbebâ‘al“coïter”. D’où la notion intrinsèque de service sexuel accordé au mari dans le statut même de l’épouse. 2 L’épouse est en effetniqnét“achetée”, avant d’être sanctifiée par les liens du mariage (cf.Mishna QiddûshînI, 1). Cette acquisition se fait en général par le versement d’unmohar(dot) au père de celle-ci. 3 Bien qu’elle participe de la nature adamique androgyne créée à l’image de Dieu, où le masculin et le féminin sont équivalents. Car de par son caractère naïf/crédible, la femme est plus soumise aux erreurs de décision que l’homme. Sa mise en tutelle perpétuelle (même quand elle est majeure) est donc une nécessité, corroborée bibliquement par la faute d’Ève. Dans le judaïsme, la femme, bien qu’ontologiquement égale à l’homme (dans ses droits), doit se soumettre à celui-ci pour réaliser pleinement sa différence (dans ses devoirs) et sa complémentarité (dans son rôle). 4 Puis à la responsabilité de son fils aîné si elle devient veuve ou divorcée, ou à celle du tribunal rabbinique de sa communauté dans le cas où elle n’a ni père, ni mari, ni fils majeur. Cette personne mâle sur laquelle repose la responsabilité d’une femme est appeléeapîṭrôpos(“tuteur légal masculin”). Est l’apîṭrôposd’une femme : 1. Son père, tant qu’elle est célibataire (indépendamment de son âge). 2. Son mari (si elle est mariée, et tant qu’elle l’est). 3. Son fils aîné majeur, une fois veuve ou divorcée (et donc plus sous la tutelle de son père ni de son mari), si elle en a un. 4. Tout homme adulte désigné par lebêt-dîn(tribunal rabbinique) à la demande de celle-ci quand elle n’entre dans aucune des catégories précédentes (orpheline de père, divorcée ou veuve sans enfant mâle adulte, nouvelle convertie,etc.). 5 L’importance de punir physiquement son épouse est attestée par une importante littérature rabbinique du typeresponsa. Les références sont trop nombreuses pour être rapportées ici dans leur ensemble. Citons uniquement quelques-uns des auteurs les plus connus : R. Yehûday b. NaḥmânGâ’ônR. Sar- (757-761) ; Shâlôm b. Bo‘az († 859 ou 864) ; R. Ṣèmaḥ b. Palṭôy,Gâ’ônde Pumbedîta (872-890) ; R. Ṣèmaḥ,Gâ’ônd’Èreṣ Yisrâ’él (884-915) ; Maïmonide (1135-1204), dit leRambâm; R. Salomon b. Abraham Ibn Adrât (1235-1310), dit leRashba; R. David b. Salomon Ibn Zamra (Caire, 1479-1573), dit le; R. Israël Isserlein (~1390-1460) Radbâz; R. Salomon Luria (~1510-1574), dit leMaharshâl;etc. 1
XXIII, 13-14 – « N’épargne pas la correction (mûsâr) à l’enfant ; si tu le frappes de la verge, il ne mourra point. Tu le frapperas de la verge, et tu délivreras son âme (nafshô) duShe’ôl[l’Hadès des Hébreux]. »Ibid. XXIX, 15 – « La verge (shéveṭ) et la semonce (tôkhaḥat) donnent la sagesse (ḥokhma), mais l’enfant livré à lui-même fait honte (mévîsh) à sa mère. » Nos Sages expliquent pourquoi les versets parlent de l’enfant (na‘ar) – plus exactement du jeune adolescent – même s’ils s’appliquent à la femme, car avant d’en être devenue une, celle-ci était d’abord une enfant. Et comme un père aime sa progéniture, un homme aime son épouse. D’ailleurs, pour corroborer,na‘ara(jeune fille) s’épelle dans laTôrasans lettre finale, comme s’il était écritna‘ar(cf. par exemple Deut. XXII, 15-29). Lamiṣwade châtier son épouse fait partie de l’obligation de l’honorer plus que soi-même (T.Bâvâ Meṣî‘â« Celui  59a) : qui aime sa femme comme son propre corps (gûfô) et qui l’honore (mekhabbedâh) plus que son propre corps, sur lui le verset dit (Job V, 24) : “Tu sauras que la paix [est] dans ta tente”. » Nos Sages expliquent (ad loc.) : « Quel est cet 6 amour (ahava. Quel est cet honneur () ? La monter comme un coq kibbûd) ? La corriger pour ses fautes. » Ils ajoutent également (ad loc.) : « Celui qui ne bat pas sa femme, c’est comme s’il vivait avec une non-juive (gôya) [mî shè-ênu makkè èt ishtô, ke’illû nâsûy ‘im gôya], » – qui est devenu un aphorisme connu. Cet article constitue une adaptation succincte duBêt-Râḥél(“la Maison de Rachel”), court ouvrage pédagogique en judéo-arabe de R. Léwî Ḥarbûn (1821-1903),Dayyânde Marrakech 7 à la fin du XIXe siècle, rédigé à l’attention desba‘alê vâttîm(“maîtres de maison”,i.e. les maris, les hommes). Ce livre possède la particularité rare d’être illustré d’une quinzaine de gravures réalisées par Albert Fourié (1854-1937). Avant de continuer, il est important de rappeler ici qu’il ne convient pas de juger les pratiques antiques selon les critères éthiques modernes et occidentaux – la culture ayant drastiquement changé depuis, n’acceptant plus ce qui était tout à fait normal avant d’un 8 9 côté , mais permettant de l’autre sans problème l’inadmissible d’alors . En effet, dans ce qui suit, le lecteur va être confronté à un répertoire d’abus physiques douloureux exercés circonstanciellement par le mari sur son épouse – certains s’apparentant à de la torture pure et simple. Or, ces mêmes pratiques castigatoires existent encore de nos jours, sorties de leur contexte du devoir religieux pour être déplacées vers celui des activités sexuelles pseudo-déviantes – mais entièrement acceptées socialement (clubs, magazines, sites Internet, 10 petites annonces,etc.) . 6 Conformément à la recommandation talmudique (T.Berâkhôt22a) : « Sois auprès (éṣel) de ta femme comme un coq (kattorneghôl). » Selon cela, il faut fréquemment (quotidiennement ou plus) copuler avec son épouse – n’importe où (mais pudiquement), à n’importe quel moment, et par n’importe lequel orifice, sans se préoccuper de la faire jouir – pour bien lui rappeler à la fois son amour et sa place d’objet (qinyân,dâvâr) sexuel. Ceci est différent de lamiṣwadeônâtâh(litt. “son moment (à elle)”,i.e.le droit de la femme au coït marital), où là il faut s’efforcer de lui procurer du plaisir (au moins une fois par mois). 7 Dans la tradition juive, lesba‘alê vâttîm(lespatres familiasobligés de travailler, donc ne pouvant consacrer que peu de leur temps à acquérir de l’érudition) s’opposent d’un côté auxtalmîdê ḥakhâmîm(les érudits par excellence, souvent exerçant la charge de rabbin), et de l’autre aux‘ammê hâ’âreṣ (lesignorami, peu soucieux de la pratique orthodoxe). 8 Tels l’esclavage, la pédophilie, la peine de mort, le pouvoir monarchique absolu, la caste sacerdotale,etc. 9 Tels l’homosexualité masculine, la sorcellerie, le prêt usurier, le blasphème,etc. 10 Ce que les Anglo-Saxons appellent le BDSM, paraphilie minoritaire activement pratiquée par environ 3 à 4 % de la population, mais qui en fait fantasmer jusqu’à 42 % (Joyal, Cossette & Lapierre, “Sexual Fantasies in the General Population”, Journal of Sexual Medicine, Volume 12, Issue 2, pp 328-340, February 2015). 2
Tout ceci n’est que l’application du verset (Proverbes XX, 30) : « Les plaies d’une blessure (ḥabbûrôt pèṣa‘) nettoient le mal ; de même les coups (makkôt) [qui pénètrent] jusqu’au fond des entrailles (ḥadrê-vâṭen). » Bien sûr, ce texte ne constitue en aucune sorte une apologie d’abus ou de violence non-consensuels dans le couple. La punition conjugale toraïque n’est pas de la brutalité domestique. En effet, il y a une différence énorme entre une correction infligée avec colère et cruauté par une personne écrasant une autre (physiquement et psychologiquement), et une discipline imposée avec amour et raison, reçue volontiers et avec gratitude. Nos Matriarches n’ont pas été exemptes de punitions corporelles. La première dans l’Histoire biblique à avoir été corrigée par son époux est Ève (Ḥawwa), suite à la faute d’avoir goûté au fruit défendu du‘Éṣ had-Da‘at(l’Arbre de la Connaissance). Adam (Âdâm) prit une verge de l’Arbre même, et l’utilisa pour fouetter les parties d’Ève qui avaient fauté – c.-à-d. 11 sa bouche, ses fesses (autour de l’anus) et sa vulve – du fait de son commerce charnel avec 12 le Serpent . Incidemment, c’est après cet évènement que fut donnée l’interdiction de frapper sa femme au visage avec autre chose que le plat de la main – Dieu ayant prohibé alors à la descendance d’Adam de défigurer leurs épouses, afin que leur mari ne se dégoûte 13 pas d’elles . Sarah (Sâra), plusieurs fois reluctante à la volonté d’Abraham (Avrâhâm) – de “s’offrir” à 14 15 Pharaon (Genèse XII) , de “servir” les 3 Anges (Genèse XVIII) , de “s’offrir” à Avîmèlekh (Genèse XX) –, n’a obtempéré qu’après avoir été dûment battue. D’après leMidrâsh, il semble qu’ici seule la fessée aux verges ait été utilisée, dans l’intimité de la tente (sauf dans l’affaire des Anges, où la correction culière fut exécutée devant eux). Dinah (Dîna), fille de Léa et de Jacob (Ya‘aqov) – suite aux événements de Sichem (Shekhèm), où, plus ou moins consentante, elle s’était abandonnée à un coït vaginal et anal 16 (cf.Râshî– fut ligotée nue par ses frères sur laGenèse XXXIV, 2) avant son mariage  sur
11 Ces 3 orifices sexuels chez la femme sont nommés en hébreu “bouche ()” –pî-hallâshônde la (“bouche langue”,sc. la bouche),pî-haṭṭabba‘at (“bouche de l’anneau”,sc. l’anus) etpî-hârèḥem (“bouche de la matrice”,sc. le vagin). 12 Selon la mystique juive (cf.ZoharI, 36b, 52b, 63b,etc.), il est dit que le Serpent (Naḥash) a eu des rapports sexuels avec Ève (Ḥawwa) par ses “trois orifices (shelôsha piyyôt)” : la bouche, l’anus et le vagin (dans cet ordre). Il est dit aussi que le Serpent a donné du plaisir à Ève d’abord avec sa bouche, puis avec son phallus – par les trois orifices sexuels cités précédemment – ce sont les “six jouissances (shésh hanâyôt)”. C’est ainsi que toute femme est intrinsèquement souillée par la “Pollution du Serpent (Zohomat han-Naḥash)”, tant qu’une réparation spécifique (tiqqûn) n’a pas été réalisée. 13 Car c’est ce qui est arrivé à Adam, où il s’est abstenu d’Ève durant 130 années (cf. T.‘Érûvîn 18b), lui préférant la masturbation et la zoophilie. 14 Il était courant à cet époque de pousser ses épouses à octroyer des faveurs sexuelles à ses hôtes ou à ses invités (comme cela a continué d’exister ailleurs dans certaines cultures jusqu’à nos jours). Cela faisait partie des lois de l’hospitalité – une femme n’étant passible d’adultère (ainsi que son amant) que dans le cas où la copulation a lieu sans l’autorisation du mari (cf.Zohar220b). Le sens charnel véritable de ces passages III, biblique – relatés en langage euphémique – a été édulcoré ultérieurement par les Commentateurs. 15 Les Anges ont “mangé” – image courante pour désigner une relation sexuelle. Dans ce cas-ci, chacun a utilisé l’un des orifices de Sarah (l’un après l’autre) : Michel (Mîkhâ’él) le vagin, Gabriel (Gavrî’él) l’anus, et Raphaël (Refâ’él) la bouche – réparant ainsi en elle la “Pollution du Serpent” héritée d’Ève (Ḥawwa), et lui permettant de tomber enceinte d’Isaac (Yiṣḥâq). Cet événement se passe peu après son excision, concomitante à la circoncision de son mari Abraham. 16 Selon une tradition fiable, la fille de Dinah conçue lors de cette affaire, fut mariée dans la tribu de Simon (Shim‘ôn), et est l’une des ancêtres de Zimrî fils de Sâlû (cf. Nombres XXV 6-15). 3
17 grand-place de la ville, une grosse‘afoletenfoncée dans l’anus, durant le(phallus artificiel) 18 massacre de ses habitants mâles, puis excisée (clitoris et nymphes) . 19 Bilhah (Bilha), lapîlèghesh) de Jacob ((traduit habituellement par “concubine” Ya‘aqov), fut durement punie par celui-ci pour avoir couché (Genèse XXXV, 22) avec Ruben (Re’ûvén), son propre beau-fils. Elle fut ligotée nue, puis fouettée et percée (seins et vulve) avec de longues épines d’acacia (shiṭṭa) et d’oursin (qippôd-yam). Elle fut ensuite offerte au viol de ḥazzârîm(porchers ismaélites) et de leurs verrats durant 3 jours, avant d’être réintégrée. Deborah (Devôra), juge et prophétesse (Juges IV), reçut l’ordre divin de se laisser punir par Lapidoth (Lappîdôt), son mari, et par Barak (Bârâq), pour ne pas avoir voulu coucher 20 avec Siséra (Sîsera) et avoir laissé ce mérite à Yaël (Yâ‘élEn effet, Deborah avait vu par) . prophétie que Siséra, général de l’armée ennemie, serait battu par une femme, après qu’elle l’eut épuisé par des coïts rapprochés et nombreux (7 fois), mais avait refusé d’en endosser la responsabilité. Elle eût à cet effet, entre autres, ses 2 orifices (vaginal et anal) suppliciés par 21 dilatation à l’aide d’objets oblongs de plus en plus gros , sous l’arbre même où elle rendait la justice (le fameuxTomer-Devôra). Dans l’ouvrage de R. Léwî Ḥarbûn, tous ces épisodes bibliques sont élégamment illustrés par une iconographie devenue ultérieurement classique, que s’arrachent les collectionneurs. Malheureusement, une pudibonderie excessive développée récemment dans l’orthodoxie 22 juive empêche la reproduction de ces gravures dans les rééditions modernes . En hébreu, celle qui a fauté (‘âwetâ,he‘ewtâ) vis-à-vis de son rôle d’épouse est appelée ma‘awa. C’est un devoir sacré (miṣwa) qui incombe au mari de punir (le‘annésh) sa femme ma‘awa, afin qu’elle puisse réparer sa faute domestique. Si son époux ne la châtie pas, celle-ci doit demander aubêt-dîn (tribunal rabbinique) qu’on lui appointe un “punisseur rabbinique” (me‘annésh bêt-dînmabbâden acronyme) qui effectuera le châtiment désiré. De même, le mari qui ne sait pas punir sa femme, ou qui n’en a pas le courage, s’adresse au punisseur rabbinique (désormais PR partout ci-après) pour qu’il accomplisse cette tâche en son nom. Pour pouvoir être appointé par unbêt-dîn (tribunal rabbinique) en tant que PR, une personne doit remplir les conditions suivantes : être homme, Juif, adulte (au moins 13 ans w [et 2 poils pubiens]) et pratiquant (shômér Tôra umiṣwôt). Il doit posséder préférablement de bonnes vertus/qualités (middôt) – telles que l’humilité, la patience, la charité, la pudeur,
17 De la même racine‘-p-l, le mot‘afôlîm(ou‘ofâlîm), au sens incertain, est leketîv(leçon écrite) remplacé en toutes ses occurrences bibliques par leqerî (lecture massorétique)ṭeḥôrîm, traduit habituellement par “hémorroïdes”. Cependant, corroboré par l’archéologie, il semble que‘afôlle phallus (le pénis en désigne érection) – vu qu’on en faisait des statuettes d’or auxquelles on rendait un culte (cf. I Samuel VI, 1-5) – plutôt que cette affection rectale douloureuse (dont aucune représentation iconique ou statuaire n’a jamais été trouvée). 18 Dinah était incirconcise, car l’excision des femmes israélites, malgré celle de Sarah, était restée facultative. 19 Voir à ce sujet l’article intitulé «Lois dePîlaghshût ». 20 Sur Yaël, nos Sages ont dit à propos du verset (Juges V, 24) : «minnâshîm bâ’ohel tevorâkhest plus (elle bénie que les femmes de la tente) » – « Yaël est plus bénie que nos Matriarches Sarah, Rebecca, Rachel et Léa réunies (T.Hôrâyôt 10b, T.Nâzîr 23b). » Bénédiction exceptionnelle qui aurait dû revenir à Deborah et à sa descendance. 21 Jusqu’à 1ṭèfaḥdiamètre, nous dit le de Midrash-Devôra. Leṭèfaḥcm (paume de la main) vaut environ 8 selon la majorité des Décisionnaires – mais 9,6 cm selon R. Avrohom Yeshaya Karelitz, dit leḤazôn Îsh(1878-1953). 22 Grand amateur de ce style graphique et très influencé par lui, Georges Pichard nous en donne un magnifique hommage dans son célèbreMarie-Gabrielle de Saint-Eutrope(éd. Glénat, 1977). 4
etc. –, et si possible êtretalmîd-Ḥakhamîm (érudit). Il n’est pas nécessaire par contre qu’il soit marié. Les outils du PR nécessaires à son activité sont fournis par la caisse dubêt-dîn. Lui sont traditionnellement alloués : 2 fouets (shôṭîm) de cuir, 1 court et 1 long ; 3 jeux de cordes (kevâlîm) de chanvre ou de cuir tressés ; 1 verge (shéveṭ) de bois tendre ; 1 martinet (pargol[pl.pargullîm]) ; 20 pinces (ṣevâṭîm) – 15 en bois, 5 en fer ; 20 épingles (sikkôt) d’acier d’une dizaine de cm ; 5 phallus artificiels (marḥévîm– litt. “dilatateurs”) de différents diamètres ; 2 bâtonnets (makhwîm) de bois sec – ou autres cigares et cigarettes – pour un brûlage (kiwwûy) contrôlé. Dans certaines communautés, on y ajoute un clystère (maḥaqén) pour lavement (ḥoqen), ainsi qu’un jeu de couches-culottes (ḥittûlîm) pour adultes. Les divers onguents, baumes et pommades à passer sur les plaies de l’épouse punie sont par contre à la charge du mari. Un assortiment similaire de ces instruments castigatoires se trouve également dans chaque maison juive pieuse, souvent rassemblé dans une boîte prévue à cet effet, ou disposé expertement sur un mur pour des raisons dissuasives. Conformément aux habitudes traditionnelles d’embellir les objets utilisés pour les obligations rituelles, il n’est pas rare de retrouver ces outils punitifs réalisés par les meilleurs artisans juifs parmi les 23 collections dejudaica.les plus renommées Les fautes/transgressions (‘avérôt/‘awônôt) domestiques de la femme sont classées en 3 niveaux : 1. les fautes légères (‘awônôt qallîm) ; 2. les fautes moyennes (‘awônôt bênônîm) ; et 3. les fautes graves (‘awônôt ḥamûrîm). D’où l’existence de 3 degrés progressifs de punition, qui se distinguent surtout par la longueur du châtiment infligée et par la brutalité de celui-ci. Nos Sages insistent bien sur la triple fonction de cette discipline sur la femme : 1. transformation (shinnûy) – extirper d’elle un comportement négatif ; 2. renforcement (ḥizzûq,zérûz) – améliorer, encourager ou accélérer une conduite positive qui peut être bonifiée ; et 3. punition (‘innûsh)per se– faire rentrer en elle la peur, afin de ne pas récidiver dans le mal et d’exceller dans le bien. Voici la liste traditionnelle des transgressions ménagères, par ordre croissant, de la plus légère à la plus grave (ceci dit, la gravité [ou non] de tel ou tel acte est toujours laissée à l’appréciation finale du mari) : lunatique (tête en l’air, manque de concentration), mauvaise humeur (surtout avant ses règles), dissipation (fait des erreurs, n’écoute pas), gloutonnerie, bouderie, enfantillage, vulgarité, grossièreté, détérioration (casser un objet), rater un plat (cuisine), fierté (têtue), impudicité (tenue inappropriée, trop de maquillage, s’assoit les jambes écartées,etc.), caprice, suffisance, effronterie, ingratitude, dédain, arrogance, égoïsme, contestation, mensonge, désobéissance (insoumission), manque de respect, dévergondage, insolence, hypocrisie, vanité, médisance, orgueil, et récidive. La liste ci-dessus concerne principalement des fautes morales domestiques. Bien entendu, 24 si l’épouse enfreint laHalâkhaet qu’elle persiste dans sonjuive) même,  (Loi 23 On peut en admirer de très beaux dans la collection permanente du MAHJ (Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme) à Paris. Leur bibliothèque possède d’ailleurs deux exemplaires de l’édition originale duBêt-Râḥélde R. Léwî Ḥarbûn. 24 La tradition rabbinique (Mishna[KetubbôtV, 5],Talmûd[T.Ketubbôt59b-61b], Commentateurs [ad loc.],etc.) énumère les devoirs d’une épouse envers son mari – tels que la préparation des repas, les activités domestiques diverses (ménage, filage, tissage,etc.), l’enfantement et l’allaitement,etc. Une différence claire est établie entre les tâches pouvant être exécutées par une autre femme que l’épouse (servante, nourrice, etc.) – car seule leur réalisation effective importe –, et celles participant exclusivement du service conjugal au mari – et donc spécifiques à l’épouse (lui servir à boire ; laver son visage, ses mains et ses pieds ; “préparer son lit” [i.e.être disponible pour des relations sexuelles] ;etc.). 5
comportement impie malgré la sévérité de ses punitions, elle sort du domaine conjugal pour 25 rentrer dans le domaine pénal – il est alors obligatoire de la divorcer sans saketubba. Quand le mari constate une transgression chez sa femme, ou la nécessité qu’elle s’améliore sur certains points, il lui exprime d’abord une réprimande verbale (tôkhéḥa), puis lui annonce la correction physique à laquelle elle a droit (type de punition, quelle durée, où, quand, par qui,etc.). L’épouse doit comprendre que la‘anîshaconjugale est unemiṣwaqui existe pour son bien (et pour celui du peuple d’Israël en général), et qu’elle doit alors se préparer à la recevoir avec joie (simḥa). 26 De la même manière que, dans le cadre du mariage, le concept de viol (ones) conjugal est inexistant pour laTôra, ainsi la punition corporelle de son épouse n’entre pas dans le concept denézeqpénal) – sauf séquelle permanente. Tout comme les relations (dommage sexuelles, les corrections domestiques sont le produit d’un cadre familial. Par conséquent, à l’instar du sexe, elles sont essentiellement à pratiquer dans ce contexte. De ce fait, le fils 27 majeur (après la disparition de son père) n’a aucun droit sur la‘anîsha.de sa mère Une fois la faute réparée par son châtiment, l’ex-ma‘awarepentante s’appellemûshâva. Avant toute punition de sa femme (après l’avoir préalablement rassurée de son amour), 28 le mari récite laberâkhasuivante (à  (bénédiction) laquelle elle répondâmén) : «Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu Mèlekh hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-‘anîshat ishtô(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et qui nous a ordonnés la punition de sa [propre] 29 femme).et son épouse répondent» Le PR récite celle-ci à la place (à laquelle le mari âmén«) : Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu Mèlekh hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-‘anîshat hâ’išša(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et qui nous a ordonnés la punition de la femme).» 30 Voici la liste traditionnelle (non-exhaustive) des punitions, classées par degrés : Degré 1 : a claques (môghâ’ôt) sur les joues ; claquage (yiggû) des seins ; fessée (liṭṭûm,ṣippû ‘) ; mise au coin (hazwâya) – suite aux sévices mentionnés ci-dessus – mains sur la tête et fesses nues (et/ou seins nus) ;etc. Degré 2 : ligotage (kippût) – c.-à-d. immobilisation (au moins 2 heures) les membres liés, dénudée sur une chaise, un canapé,etc. ; claques sur la vulve ; fouettage (halqâya) à l’aide de ceinture, fouet, martinet, verge,etc; pinçage (. sur fesses et/ou seins ṣibbûṭ) – c.-à-d. pinces sur mamelons et/ou vulve (au moins 30 minutes) ; exhibition nue (ḥissûf) publique ; dilatation (harḥâva) – vagin et/ou anus (diamètre inférieur ou égal à 6 cm) ; lavement (ḥoqen) 31 32 – plusieurs litres ; couche-culotte (ḥittûl) – au moins durant 6 heures ;etc. 25 Laketubbaest une somme d’argent réservée dans le contrat nuptial comme compensation financière en cas de cessation du mariage. Si la femme est en tort, cette somme ne lui revient pas lors du divorce (geṭ). 26 Dans laTôra, tout au long des lois degillûy ‘arâyôt(inconduite charnelle), les actes sexuels des hommes sont considérés criminels parce qu’ils transgressent les droits de propriété d’un autre homme (père, mari actuel ou futur,etc.), et non quelque droit matrimonial ou personnel de la femme adultère ou violée. 27 D’ailleurs, celui qui frappe son père ou sa mère est puni de mort selon laTôra(Exode XXI, 15). 28 Cetteberâkhafut instituée par le Roi Salomon (Shelômô ham-Mèlekh) [T.‘Érûvîn21b]. 29a Le PR n’étant que leshâlî ḥ(mandataire) du mari, toutes ses activités castigatoires se font en la présence de ce dernier. 30 Le nombre des coups et leur intensité sont laissés à l’appréciation du mari (ou du PR), et peuvent faire passer certaines punitions à un degré supérieur. La moyenne est de 12 à la main, et de 6 à l’aide d’un instrument. 31 Les auteurs grecs mentionnent déjà cette forme castigatoire chez les Spartiates. Les conquistadors du XVIe s. la rencontrent dans toute l’Amérique du Sud. Les explorateurs européens du XIXe s. la retrouvent dans toute 6
Degré 3 : fouettage de la vulve ; perçage (sikkûkh) – épingles (sikkôt) dans seins et/ou vulve (au moins 1 de chaque côté durant 10 minutes) ; dilatation (harḥâva) – vagin et/ou anus (diamètre supérieur ou égal à 6 cm) ; brûlage (kiwwûy) – pas plus que 2ème degré superficiel ; poutrage (qérûy) – c.-à-d. placée sur une poutre, la vulve supportant tout son poids (au moins 10 minutes) ; suspension (tillûymin.) ; ) par les seins (au moins 5 brochage (shippûd) – comme lesikkûkh, mais avec des broches (shefôdîm) ;etc. Bien entendu, liberté totale est donnée au mari (et au PR) de combiner ensemble les punitions listées ci-dessus, et de les accroître à sa guise (durée, intensité,etc.), augmentant ainsi leur efficacité et évitant la routine démotivante. Indépendamment du degré, laHalâkha: lespermet de frapper que certains endroits  ne 33 fesses, les seins, la vulve , l’intérieur des cuisses et les aisselles (bras levés) – le dos et le ventre étant sujets de discussion entre les Décisionnaires. Par contre, on peut donner des claques sur les joues. Ne pas oublier que le but de cette pratique est de corriger (c.-à-d. de faire mal) et d’humilier la femme – pour son propre épanouissement –, pas de la blesser ou de l’estropier. Depuis quelques dizaines d’années, certains PR proposent de nouveaux modes de punition utilisant l’électricité (électrodes,violet wand,etc.). Une réelle précaution est toutefois nécessaire, et leur application doit être laissée à des professionnels. Additionnellement, à tous les degrés, il est important de faire subir à l’épouse pénitente une humiliation (liššûy) orale continue – une invective (ṣe‘îla) verbale constante –, du genre : «adjectif dépréciatif (sale, mauvaise, petite, grosse,etc.) +substantif péjoratif (salope, vicieuse, poufiasse, pute, débauchée, dépravée, voleuse, incroyante, impie, malpropre, corrompue, dévoyée, coquine, vaurienne, fouineuse, gueuse,etc.) ! ». Ceci doit être formulé d’une voix forte – par le mari ou le PR –, dans une langue que comprend la femme. 34 L’excision est considérée par certains Décisionnaires comme punition de degré 3 aggravé (ḥâmûr), à n’envisager que lors de transgressions extrêmes (récidive, médisance, etc.). Toutefois, il faut bien peser le pour et le contre, car sa mise en pratique effective lui fait perdre son efficacité en tant que dissuasion forte du fait de son irréversibilité. On peut accessoirement lui remplacer le brûlage du clitoris – qui, tout en provoquant une douleur équivalente, est lui réversible. Au niveau moral, le châtiment de l’épouse participe du processus de son objectisation 35 (hadbârac.-à-d. de sa soumission (psychologique) à son mari – véritable lieu de) sexuelle, 36 son épanouissement émotif . L’humiliation (l’avilissement) –ṣe‘îlaouliššûyen hébreu – est l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Congo. Une jarre (en céramique, en calebasse,etc.) spécifique, reconnaissable à son long goulot rectal, était déversée dans l’anus de la punie – maintenue en position horizontale. 32 Ré-infantilisation forcée ; la femme étant obligée de faire ses besoins dans une couche, comme un bébé, et de macérer dedans jusqu’à en être irritée. 33 La femme juive orthodoxe (sauf chez les Ashkénazes) possède une vulve et des aisselles glabres, comme il est rapporté (T.Sanhédrîn21a) : « Râva commente (dârash) le verset suivant (Ézéchiel XVI, 14) : “Wayyéṣé lâkh shém baggôyîm beyofyékh(ta renommée se répandit parmi les nations quant à ta beauté)” – Ce sont les filles d’Israël, qui n’ont pas de poils ni au pubis ni aux aisselles. » 34 Voir à ce sujet l’article intitulé «Lois de la Circoncision des Femmes (dans le Judaïsme)». 35 Provient de dedâvâr(objet), de la racined-b-r. Selon laTôra, la femme ne se réalise dans son rôle d’épouse qu’en tant qu’objet sexuel, soumise passivement au désir de son mari. Ceci est très loin de l’idéologie féministe occidentale, complètement artificielle et déconnectée de la nature psychologique féminine profonde. 36 R. Elî‘èzer Papo (1785-1828) écrit ainsi (Ya‘lezû Ḥasîdîm: « La soumission ( LXXIX) hakhnâ‘a) sexuelle est la clef de la féminité d’une femme. Toute fille d’Ève qui respecte sa tradition religieuse, et qui tient à sa féminité, 7
excellent pour la psychologie féminine ; car c’est dans la nature des femmes de se soumettre (aux hommes), et dans celle des hommes de dominer (les femmes). C’est l’enseignement profond du verset (Genèse III, 16) : « Tu enfanteras (têledî vânîm) avec douleur (‘èṣev). » Nos Sages l’expliquent au sens tropologique (derâsh) : Ô fille d’Ève, tu enfanteras de toi-même, 37 du meilleur toi-même – c.-à-d. tu te réaliseras ici-bas – grâce à la douleur des punitions. Ainsi, ce n’est pas tant la souffrance physique infligée à son épouse qui est recherchée, mais le supplice moral de la gêne et de l’humiliation qu’elle ressent alors. Cela l’aide à guérir de son sentiment de culpabilité. Elle sait qu’elle a mal agi quand elle a dépassé les bornes de son rôle domestique. Elle se sent misérable et veut être libérée. Malgré qu’aucune femme n’aime être châtiée (cela fait mal sur le coup), chacune apprécie la liberté intérieure qui en résulte – l’intensité de sa correction devant être proportionnelle à celle de son sentiment de culpabilité. Une bonne séance de châtiment sévère, et voilà son épouse épanouie, plus heureuse et plus souriante. 38 Les punitions conjugales prennent particulièrement leur sens dans le domaine sexuel , car le sexe est central dans le cœur de l’être humain, et c’est dans la sexualité que se trouvent ses paramètres véritables. C’est aussi là que se situe le plus grand retentissement 39 40 sur la femme , augmentant sa honte et sa dégradation, et lui rappelant son statut conjugal de personne objectisée. 41 Il est bon, chaque vendredi soir (avant leqiddûshd’effectuer sur sa femme (siintime ), 42 elle n’est passible d’aucune autre punition, bien sûr, mais surtout quand elle estnidda) une comprendra le rôle que joue pour elle la soumission. La soumission est la vérité centrale de la féminité, parce que l’expérience qu’une femme possède du sexe est basée sur une simple soumission. Pendant l’acte sexuel (be‘îla), la femme est passive (sevîla), et non pas active (pe‘îla) ; elle est soumise (nikhna‘at), et non pas dominante (shôlèṭet). Elle écarte les cuisses pour permettre à son homme (îshâh) de la pénétrer. Elle offre ses orifices au phallus masculin pour en retirer de la jouissance. Sans la soumission féminine, il n’y a pas de relation sexuelle, il n’y a pas de plaisir et surtout, il n’y a pas d’amour. Toute relation conjugale dépend de la soumission. Une femme ne peut pas pénétrer un homme. La pénétration (hakhnâsat hâ-évâr) est une opération active (ma‘asè pâ‘îl) ; être pénétrée en est une passive. Être pénétrée est fondamentalement une soumission. Quand la femme se soumet sexuellement à son homme, elle affirme sa propre féminité, accomplit son rôle de femme, et offre ainsi à son homme son véritable amour (ahavâtâh hâ-amittît). Le seul rôle valide pour une femme qui est fidèle à sa propre féminité, et à sa tradition religieuse, est celui de soumise. Refuser sa soumission signifie refuser sa féminité. Et même plus encore, cela signifie refuser son état de femme, c’est-à-dire contester Dieu Lui-même. » 37 Ici,bânîm(litt. “des fils, des enfants”) a la valeur numérique de 102, qui correspond à celle de‘èved YHWH(serviteur de Dieu) – le but de son travail spirituel – et à celle deba‘al(mari, maître) – le moyen pour y arriver. 38 Ce sont essentiellement les parties érotico-sexuelles de la femme (c’est-à-dire ses seins, ses fesses ou sa vulve) qui sont ciblées lors de sa pénitence. 39 Le désir sexuel des femmes nécessite plus de contrôle, car il s’éveille plus facilement que celui des hommes. C’est ce que disent nos Sages (T.Shabbât 33b) : «nâshîm da‘atân qallâ (lada‘at [i.e. le désir sexuel] des femmes est “légère”) » – c.-à-d. que leur libido n’est pas aussi “lourde” (ḥamûra) que celle des hommes (plus physique et plus extérieure). De plus, il est dit (T.Qiddûshîn49b) : «‘Asârâ qabbîn ḥimmûd yâredû lâ‘ôlâm, tish‘a nâṭelû nâshîm we’éḥâd kol hâ‘ôlâm kullô(10 mesures de désir [sexuel] sont descendues au monde ; 9 les femmes ont prises, et une [seule] le reste du monde). » Ce qui est validé par le fait qu’Ève fut la première à fauter avec le Serpent (cf. ci-dessus les notes 3 et 12). 40 Car il est dit (T.Qiddûshîn« 49b) : ‘Asârâ qabbîn bûsha yâredû lâ‘ôlâm, tish‘a nâṭelû nâshîm we’éḥâd kol hâ‘ôlâm kullômesures de timidité/honte sont descendues au monde  (10 ; 9 les femmes ont prises, et une [seule] le reste du monde). » Ce qui équilibre providentiellement leur libido exacerbée (voir note précédente). 41 Voir à ce sujet l’article intitulé «Lois duQiddûshSexuel». 42 Estnidda[au sens large] toute femme qui a un écoulement sanguin sortant de son vagin (menstrues [niddaau sens spécifique], écoulement inhabituel (métrorragie) [zâva],etc.) jusqu’à sa purification. Tant qu’il n’y a pas eu de purification, même plusieurs semaines après la fin de l’écoulement, elle est toujoursnidda. Un 8
“correction de maintenance” ou “d’entretien” (‘anîshat-piqqûd), dont l’intensité sera laissée aux soins du mari (degré 1 ou 2), pour la faire se souvenir de ce qui l’attend si elle faute, et pour lui rappeler qui commande dans son couple. Le mari – et le PR, avec la permission de celui-ci – peut inviter qui il désire (hommes ou femmes) pour assister à la punition de l’épousema‘awa. En effet, occasionnellement il est bon de la châtier (déshabillée, dénudée – entièrement ou partiellement) devant un public 43 afin d’augmenter sa gêne . De temps en temps, il est également bon de faire violer sa femme afin de lui rappeler combien s’offrir sexuellement à son mari est doux comparé aux alternatives. On utilise dans 44 ce cas-là desônesîm(violeurs) non-juifs appointés par lebêt-dîn(tribunal rabbinique), qui se tiennent à la disposition des maris pour violer leurs femmes, appelés “violeurs rabbiniques” (ônesê vêt-dînabbâdîmen acronyme). Cesônesîmsont choisis parmi des SDF répugnants physiquement, sales, puants, grossiers et alcoolisés. Ils font subir à l’épouse 45 ma‘awa– sous les yeux de son mari – les choses les plus dégradantes (tout leur est permis), durant au minimum 1 heure, dans une pièce allouée à cet effet par lebêt-dîn. Le viol punitif s’effectue à partir de 2ônesîm– habituellement entre 2 et 5 –, et jusqu’à 20 maximum (c.-à-d. 2minyânîm, pour des raisons pratiques). Suite à sa profanation intime, la femme dûment violée est mise en quarantaine sexuelle durant 2 périodes complètes de son cycle menstruel (wèset) – afin de ne pas transmettre d’occasionnelle MST à son mari, et de savoir si elle est 46 tombée enceinte de ses violeurs . Traditionnellement, on procède à cette pratique une fois par an, durant la période du‘Omerles 49 jours depuis la Fête de – Pèsaḥjuive) à (Pâque celle deShâvû‘ôt(Pentecôte juive). Ceci dit, nos Sages insistent sur le fait de ne pas abuser, car la femme a été donnée en épouse à l’homme « pour vivre, et non pas pour souffrir » – comme le souligne R. Simḥa b. Samuel de Speyer (†~1225~1230). De ce fait, celui qui bat son épouse par colère ou par cruauté est passible d’excommunication (ḥèrem), et peut être obligé de lui payer une réparation financière (au nom de sa souffrance superflue), même s’il ne lui a pas infligé de séquelles physiques permanentes.
fragment (unebârayta) du Talmud de Jérusalem retrouvé dans laGenîzadu Caire stipule que : « Celui qui bat (ha-melaṭṭém) sa femmenidda jusqu’à son choc (‘ad-ṣedîmâtâh), voici qu’il la fait sortir du décret d’Ève (mippitqâh shèlle-Ḥawwâ). » Ce fragment nous dévoile une pratique ancienne intéressante : pour accoucher sans douleur (pour s’épurer de la “malédiction d’Ève”), la femme doit être fessée (par son mari) suffisamment pour la faire pleurer, chaque fois qu’elle a ses règles (nidda), tous les soirs jusqu’à son bain purificateur (miqwè). À la suite de cette fessée, le mari peut la sodomiser s’il le désire, pour lui ajouter de l’humiliation (ṣe‘îlâ) à la douleur de cet acte épuratoire. 43 La synagogue est un lieu traditionnel de correction conjugale publique – surtout le lundi et le jeudi des 10 jours de repentance (‘asèret yemê-teshûva) après l’office liturgique du matin (shaḥarît). 44 Comme ce sont toujours desgôyîm(non-juifs), ce dispositif est également applicable à une femme dekôhén. 45 Selon différentes études de psychologie sexuelle (cf. les nombreux articles à ce sujet dans la célèbre revue Journal of Sexual Medicine), le fait que l’épouse ait été victime d’un viol (perpétré ou non devant le mari) augmente drastiquement la libido du couple. Information corroborée par nos Sages (T.Nedârîm20b) : « Celui dont l’épouse a été violée n’éprouvera plus d’absence de désir [pour elle]. » Également, il est connu qu’une femme mouille durant son viol, et qu’elle éprouve même un orgasme involontaire dans 24 % des cas. Le viol est d’ailleurs le deuxième fantasme sexuel chez les femmes. 46 Les violeurs ne doivent pas mettre de préservatif pour accomplir leur besogne, car l’enveloppage du membre masculin dans une gaine (évitant ainsi le contact direct de chair à chair) n’est pas considéré comme un coït per separ laTôra. L’enfant né de ce viol n’est pasmamzérnibèn-zôna, mais est considéré comme le fils du mari à part entière (pour les lois d’inceste, par exemple), à l'exception de l’héritage (auquel il n’a pas droit). 9
Une femme qui élève seule ses enfants (veuve, divorcée, mère célibataire,etc.) et qui ressent le besoin d’être corrigée physiquement pour sa progression spirituelle et son épanouissement psychologique (mais qui ne peut pas, faute de mari), peut s’adresser aubêt-dîn (tribunal rabbinique) afin qu’on lui appointe un PR commeapîṭrôpos (tuteur légal 47 masculin) . Ce tuteur devient alors responsable de la bonne application de sa‘anîshadomestique, au même titre que si elle avait eu un époux. Si le mari – ou le PR, ou tout spectateur masculin – devient excité sexuellement par la punition infligée à l’épousema‘awa, il se trouve alors dans l’obligation d’éjaculer (dans un orifice féminin) de peur de transgresser l’interdit dezèra‘ levaṭṭâla(litt. “semence en vain” 48 ou “gaspillage de sperme”) . Dans ce cas-là, la femme punie (ou toute autre femme mariée 49 éventuellement présente) doit exécuter une fellation dite « de faveur »(pillûr-ṭôva) . Il est coutume de pratiquer ce service buccal à l’écart du regard des autres (derrière un paravent, ou dans une chambre à part, par exemple) pour préserver la pudeur de l’homme fellationné. Par contre, il est courant que la femme “mouille” plus ou moins abondamment lors de sa punition. Cette production involontaire de cyprine n’est qu’une réaction physiologique due à 50 un afflux de sang dans la zone uro-génitale provoqué par les coups , et non le signe d’une quelconque excitation sexuelle de sa part. Certains Décisionnaires conseillent cependant d’en profiter pour humilier encore plus l’épousema‘awapublic, en la masturbant (à la en main) afin de lui provoquer un orgasme honteux. 51 De la même manière, au nom duḥinnûkh, il est bon (pour le père) de (éducation) 52 sexualiser de temps en temps les punitions de ses jeunes filles – dès 7 ou 8 ans – afin de les habituer à leur futur statut de femme mariée sujette aux châtiments conjugaux. Cela doit devenir la majorité des corrections reçues dès leur 11ème année. Leur intensité devra toutefois rester moindre que celles prescrites à l’adulte, et l’on se contentera de ce que la main paternelle peut infliger : « panpan-tété » sur la poitrine et les aisselles, « panpan-cucul » sur les fesses, et « panpan-kiki » (ou « panpan-mounette ») sur la vulvette et les cuisses. Le ligotage peut être également envisagé (pendant des durées plus courtes), ainsi que la dilatation anale avec de petits diamètres (le vagin devant conserver son hymen pour le mariage).
47 Cf. note 4 plus haut. 48 Voir à ce propos l’article intitulé «Préservatif et Gaspillage Séminal (Zèra‘ le-Vaṭṭâla) dans le Judaïsme». 49 Pour laHalâkha(Loi juive), la fellation ne constituant pas un coït à proprement dit – même si la bouche est l’un des trois orifices féminins (appelésmishkâvîm) dans lequel il est licite d’éjaculer – sa pratique avec une femme interdite n’est pas de l’adultère (né’ûf) ni de l’inceste (qérûv) mais une promiscuité lascive (perîṣût), toujours moins grave que le péché dezèra‘ levaṭṭâla. 50 Les médecins du XVIIIe siècle connaissaient bien ce réflexe, c’est pour cela qu’ils préconisaient la fessée pour les femmes frigides avant la pénétration, pour qu’elles lubrifient. 51 Quant à lamiṣwaduḥinnûkh,cf. Prov. XXII, 6 ;Râshîsur T.Berâkhôt48a ; Maïmonide (Mishné Tôra, Lois des Nourritures Interdites XVII, 28) ;Riṭbasur T.Sukka2b ;etc. 52 À propos de la sexualisation des jeunes filles et de son influence positive sur leur développement, voir l’excellent article :Report on theSexualization of Girls, American Psychological Association, 2010. On y apprend que l’auto-objectisation sexuelle des pré-adolescentes est positive, et qu’elle (dans le désordre) booste leur estime d’elles-mêmes, améliore leur développement cognitif, augmente leur sentiment de confiance en elles-mêmes, leur donne une image d’elles-mêmes positive, diminue leur anxiété et leur dépression (se sentent aimées), participe de leur épanouissement, leur procure de la bonne humeur, bonifie leurs résultats scolaires,etc. Ces filles – une fois devenues adultes – acceptent (recherchent même) ainsi leur rôle de soumises, et transmettent les valeurs sexistes de notre culture toraïque. 10
Avant toute punition de sa fille fautive (après l’avoir préalablement rassurée de son amour), le père récite laberâkha (bénédiction) suivante (à laquelle elle répondâmén) : «Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu Mèlekh hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-‘anîshat bittôes source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui (Tu nous a sanctifiés par Ses commandements et qui nous a ordonnés la punition de sa [propre] 53 fille).une autre personne que le père (mais mandaté par celui-ci) exécute la punition,» Si il récite celle-ci à la place (à laquelle ceux qui sont présents répondentâmén) : «Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu Mèlekh hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-‘anîshat hab-bât(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et qui nous a ordonnés la punition de la fille).» Il incombe aux parents (au père plus particulièrement) de préparer (et d’habituer) les jeunes filles à recevoir leurs punitions des mains de leur futur mari, afin de les rendre dociles et acceptantes de leur condition de femelle – c.-à-d. compréhensives de la normalité d’être ainsi punies. À cet effet, elles peuvent tout à fait assister aux corrections de leur mère dès qu’elles sont en âge de comprendre. De même, une femme élevant seule ses filles (veuve, divorcée,etc.) doit occasionnellement les faire punir (depuis leur préadolescence) – avec le plus de sexualisation possible – par un homme mandaté pour ce faire (souvent un PR). Le père (ou son mandaté) auquel advient une érection dans l’exercice de la correction de sa/la fille, doit bénéficier d’une fellation de faveur(pillûr-ṭôva) de la part d’une femme adulte mariée (ici, la mère de la pré-adolescente), pour ne pas enfreindre le grave péché de zèra‘ levaṭṭâla. Les Décisionnaires envisagent éventuellement l’excision d’une jeune fille dans le cas où elle serait trop turbulente ou trop excitée – ce qui est recommandé vers ses 12 ans, au 54 moment de sa puberté . Accessoirement, la femme adulte elle-même (mariée ou non) peut demander sa circoncision – à unbêt-dîn (tribunal rabbinique) ou à unekôrètet ḥakhâma(exciseuse spécialisée) –, si elle se sent trop portée sur le sexe. Incidemment, on peut se demander pourquoi il n’a pas été instauré deberâkha pour la punition du fils. Ce à quoi nos Sages répondent (cf.Bêt-Yôséf,Yôrè Dé‘aCDIV-CDVII) que la bénédiction instituée pour la fille ne l’est qu’en vue de celle de l’épouse plus tard, une fois qu’elle a grandi. Du coup, comme il n’existe pas demiṣwade corriger l’homme adulte, il n’y a pas deberâkhal’enfant mâle. De plus, chez le garçon, les punitions ne sont pas pour sexualisées, et le père (ou le maître d’école) frappe surtout la plante des mains et des pieds. 55 Les Décisionnaires sont partagés sur le fait qu’un fils assiste aux corrections de sa mère . 56 57 Ceux qui le déconseillent invoquent lamiṣwadu respect des parents (kibbûd âv wâ-ém) , qui risque de diminuer chez le garçon s’il voit sa génitrice ainsi maltraitée. Par contre, ceux 58 qui l’autorisent – cela dès sa 9ème année – considèrent que cela ne diminue pas le respect envers sa mère (ni son amour pour elle), mais augmente la crainte de son père (môrâ âv wâ-ém; Lévitique XIX, 3), et participe de son éducation (ḥinnûkh), faisant ainsi d’une pierre deux coups. Subsidiairement, si le fils devient sexuellement excité suite à la session de punition maternelle à laquelle il a assisté, il bénéficie également de la fellation de faveur(pillûr-ṭôva) 53 Cetteberâkhafut également instituée par le Roi Salomon (Shelômô ham-Mèlekh). 54 Voir note 34 plus haut. 55 Par contre, il peut tout à fait assister aux punitions de sa sœur (aînée ou cadette), même les plus sexualisées. 56 Maïmonide (1135-1204), entre autres, suivi par la tradition yéménite. 57 Le 5ème commandement des‘Asèret had-Dibberôt(litt. “les 10 Paroles”) dans Ex. XX, 1-17 et Deut. V, 4-21. 58 Entre autres, leSéfer ham-Miṣwôt hag-Gâdôl (XIIIe siècle), R. Ya‘aqov b. Âshér (1270-1343), R. Yehûda Messer Leon (~1422-~1498),etc. – suivis (sauf quelques exceptions) par la tradition ashkénaze et séfarade. 11
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