Pour le socialisme du futur

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“ Pour le socialisme du futur” est une plate-forme de valeurs, un regard critique ouvert sur le monde contemporain. Il est proposé par des camarades issus de diverses expériences politiques et de diverses motions dans les précédents congrès des démocrates de gauche. Il est né de la conscience des difficultés culturelles et politiques que traversent la gauche italienne et sa principale force politique. Nous sommes nettement en désaccord avec la proposition du groupe dirigeant des Démocrates de gauche de créer une nouvelle formation politique qui conduirait au dépassement du parti des Démocrates de gauche. Nous voulons défendre, développer et rénover profondément les Démocrates de Gauche comme grande force d’inspiration socialiste pleinement intégrée au Parti Socialiste Européen. Ce document n’est pas encore la motion du congrès. Il veut être une contribution que nous proposons à la discussion de nos adhérents et à tous ceux qui regardent avec attention et intérêt notre initiative politique. C’est un point de départ qui devra être enrichi avec la contribution de tous dans un parcours que nous organiserons dans les prochaines semaines pour parvenir à une version définitive et largement partagée. Chacun peut également envoyer sa propre contribution par le biais du site www.socialismodelfuturo.it qui sera actif à partir du 13 novembre prochain. POUR LE SOCIALISME DU FUTUR LES VALEURS 1) Le monde réclame un nouveau socialisme.
Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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“ Pour le socialisme du futur”
est une
plate-forme de valeurs, un regard critique
ouvert sur le monde contemporain. Il est proposé par des camarades issus de diverses
expériences politiques et de diverses motions dans les précédents congrès des
démocrates de gauche.
Il est né de la conscience des difficultés culturelles et
politiques que traversent la gauche italienne et sa principale force politique. Nous
sommes nettement en désaccord avec la proposition du groupe dirigeant des
Démocrates de gauche de créer une nouvelle formation politique qui conduirait au
dépassement du parti des Démocrates de gauche. Nous voulons défendre, développer
et rénover profondément les Démocrates de Gauche comme grande force d’inspiration
socialiste pleinement intégrée au Parti Socialiste Européen.
Ce document n’est pas encore la motion du congrès. Il veut être une contribution que
nous proposons à la discussion de nos adhérents et
à tous ceux qui regardent avec
attention et intérêt notre initiative politique. C’est un point de départ qui devra être
enrichi avec la contribution de tous dans un parcours que nous organiserons dans les
prochaines semaines pour parvenir à une version définitive et largement partagée.
Chacun peut également envoyer sa propre contribution par le biais du site
www.socialismodelfuturo.it qui sera actif à partir du 13 novembre prochain.
POUR LE SOCIALISME DU FUTUR
LES VALEURS
1) Le monde réclame un nouveau socialisme.
Travail, paix, liberté, laïcité, développement durable sont les valeurs du
nouveau socialisme.
Jamais comme aujourd’hui la mondialisation ne s’est étendue, jamais
comme aujourd’hui, nous avons dominé le marché. Jamais l’humanité n’a
vu croître comme aujourd’hui le travail salarié et le travail intellectuel.
Jamais les moyens de communications n’ont été aussi développés,
distribuant à tous le savoir, mettant en pleine lumière l’injustice, la
pauvreté, les inégalités, la violence. Jamais comme aujourd’hui les
peuples n’ont tissé ensemble des liens aussi étroits, Auparavant, jamais
l’économie n’a fait régner sur l’humanité la menace d’une catastrophe
environnementale.
Étendre les libertés individuelles et les droits des citoyens ; affirmer et
promouvoir la démocratie ; valoriser la liberté et la différence de la femme
; distribuer les bienfaits universels de la connaissance et de la technique ;
redistribuer la richesse selon des principes d’équité et assurer à toutes les
femmes et tous les hommes de la planète la liberté de travail; remplacer la
politique de la force par la coopération internationale; sauvegarder
l’intégrité de la terre pour les générations présentes et futures ; s’opposer
aux neoidéologies tribales, racistes, ethnocentriques, fondamentalistes
constituent les points de son programme.
2) Au cours des 19ème et 20ème siècles la montée des capitalismes
nationaux, à quoi se sont ajoutés de dramatiques conflits, s’est
accompagnée du développement de la démocratie et de l’état social. La
pensée de la liberté, le mouvement socialiste inspiré aux principes de la
démocratie, les mouvements anticolonialistes en ont été les principaux
acteurs.
Aujourd’hui, un processus analogue est nécessaire à l’échelle globale.
Avec le développement des institutions économiques qui régissent le
marché, qui apportent le développement là où il ne parvient pas
spontanément (a partir de l’Afrique), qui contribuent à édifier une
économie pour tous les hommes, protagonistes et non pas exploités.
Avec l’édification d’institutions politiques supranationales qui préfigurent
un gouvernement
démocratique et solidaire du monde.
C’est pourquoi l’Europe politique est une bonne carte dans les mains de
l’humanité. Le principal espace politique dans lequel évolue la gauche
italienne.
3.Construire la paix constitue le premier impératif de la politique mondiale.
La guerre n’est pas une solution, comme le démontrent clairement les
événements du Moyen-Orient. C’est pourquoi le processus de
désarmement doit être relancé. Le monde est en plein boom de dépenses
militaires, qui ont augmenté de plus de 1 000 milliards de dollars par an,
dont la moitié au budget des Etats-Unis. La dynamique de construction de
nouvelles armes atomiques, chimiques et bactériologiques a repris. Une
part grandissante du surplus mondial aboutit dans les armements.
L’usage de la force militaire pour régler les conflits, éviter le génocide,
maintenir la paix n’est légitime que dans le cadre des Nations Unies et de
l’accord de la communauté internationale. Cette légitimité doit être
accompagnée de la capacité à prévenir les conflits, en intervenant sur les
causes.
La civilisation humaine est une. Les diverses cultures ne peuvent se
transmettre réciproquement les principes universalistes, telles la liberté
des femmes et de la démocratie
,
qu’en dehors des logiques de pouvoir et
de l’esprit de guerre. La non-violence est une valeur vers laquelle il faut
tendre.
4. Un nouvel inventaire des biens communs de l’humanité, non
disponibles pour les intérêts privés ou spéculatifs, doit être établi et mis à
l’abri de l’égoïsme et de l’avidité :
a. biens communs naturels : eau douce, mers et océans, forêts, espace ;
b. accès de tous aux médicaments et aux soins de santé ;
c. distribution équitable du savoir, de l’information et de la technologie.
Les “Objectifs de développement du Millénaire” indiquées par les Nations
Unies ne peuvent être mis en veilleuse.
5. En ce nouveau siècle, l’humanité doit affronter le plus grand défi : avec
une population et une économie croissantes, le tarissement progressif des
ressources énergétiques fossiles
et le réchauffement de la planète.
Un tel défi implique des changements radicaux au niveau de l’économie et
de la société, et un saut technologique inedit vers des systèmes
d’économie d’énergie et des sources renouvelables et non polluantes.
Le temps presse, et l’entreprise requiert une organisation à grande échelle
de l’instruction, de la science, des modes de production, et un
gigantesque plan d’investissement.
L’écologie devient partie essentielle d’un socialisme moderne de même
que d’un gouvernement rationnel du monde.
6. Science et connaissance sont les instruments les plus formidables
que
l’humanité a à sa disposition. Pour le plaisir de la découverte sans laquelle
il n’y aurait pas d’histoire humaine, et pour les bienfaits qu’elle recèle.
Dans le monde entier les investissements consacrés à la formation et à la
recherche explosent. Il est vrai que lorsque la science produit de la
technologie qui utilise des énergies hautement productives pour
s'appliquer ensuite dans les mécanismes de la vie, on peut se poser alors
la question des limites et
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M
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liberté de la science,
laborieusement conquise à l’aube de la modernité, est une valeur
inaliénable.
7. Le pluralisme des choix éthiques – individuels et collectifs – est le coeur
de la liberté. De ce fait, le principe de laïcité de l’Etat n’est pas négociable
: c’est la condition première du pluralisme des choix, y compris les choix
religieux.
Les devoirs des Etats ne peuvent peser sur les syles de vie des citoyens
et sur l’autonomie des choix des personnes. Sexualité, procréation,
relations familiales se confrontent librement dans une société ouverte à
tous.
8. Les forces socialistes représentent le travail à grande échelle. Le droit
au travail constitue la base même des droits humains. L’objectif historique
d’un emploi
satisfaisant, plein et stable pour tous n’est pas dépassé.
En Occident les caractères du travail ont profondément changé. Nous
sommes face à une multitude de travaux, plus flexibles. Mais l’existence
d’une quantité industrielle de réserve (travail au noir, travail précaire,
travail des immigrés sous-payés), la disparité grandissante des pouvoirs
entre entreprise et travailleur, la disparité croissante des revenus entre
management et travail dépendant, ne dépendent pas de la technique.
Il est essentiel de garantir une forte représentation syndicale et une forte
représentation politique des travailleurs de tous les niveaux. Le
corporatisme étouffe les énergies de la société.
Le forces socialistes affirment l’universalité de l’Etat social, en matière de
santé, d’instruction, de prévoyance, d’assistance. L’évidente nécessité
d’un “nouveau welfare”, plus tourné vers la personne, plus efficace et
fiscalement acceptable, n’admet pas “l’Etat minimal”. Et si l’action directe
de l’Etat peut être en maints cas subventionné par le secteur privé, par le
volontariat et le non-profit, les devoirs fondamentaux demeurent non
délégables.
Dans l’économie sociale de marché l’entreprise, qui a un rôle essentiel,
doit se former à la culture de sa responsabilité sociale.
9. Une démocratie n’existe pas sans partis politiques forts, porteurs de
valeurs, d’idéaux, de mémoire, de conscience. Il n’y a pas de stabilité
fonction nationale de partis politiques s’ils ne sont pas porteurs d’une
éthique. L’éthique publique est la principale valeur immatérielle sur
laquelle s’appuient les nations.
Les éléments fondamentaux de l’éthique publique sont le refus de tout
amalgame entre affaires et politique, et le comportement rigoureux en
matière d’utilisation de l’argent public. Un parti moderne doit se fonder sur
une pratique politique d’un type nouveau, caractérisé par le rôle actif des
adhérents, par la participation démocratique, par des règles solides et
transparentes, par un pluralisme reconnu comme richesse et non comme
dévalorisation.
Si les partis s'affranchissent de l’éthique, ils deviennent des machines
électorales de pouvoir, qui finissent par représenter une propre classe
politique qui se sélectionne elle-même dans les institutions locales et
nationales. Il est nécessaire de casser ce cercle vicieux, en rétablissant la
primauté des représentants, en réduisant les marges de la politique, en
valorisant le volontariat et l’engagement généreux et gratuit, la beauté de
la participation démocratique et de l’engagement civil et social.
EN ITALIE, UNE GRANDE FORCE UNITAIRE,
DE GAUCHE ET D’INSPIRATION SOCIALISTE.
10. L’Italie se gouverne avec une large alliance démocratique. L’Olivier a
fait grandir cette idée, l’Union l’a réalisée.
La droite populiste-plebiscitaire constituée autour de Berlusconi a
finalement été battue.
Aujourd’hui le succès du gouvernement de centre-gauche, présidé par
Romano Prodi, est fondamental pour éviter une régression de la vie
nationale qui peut aussi conduire à une crise de régime démocratique, et
pour ouvrir la perspective d’une profonde rénovation de la vie civile,
démocratique et sociale du pays. Nous nous sentons absolument liés à
cet engagement.
11. L’Italie, pour aujourd’hui et pour demain, a besoin d’une gauche
d’inspiration socialiste forte et autonome, élément du socialisme
européen, ouverte aux mouvements et aux cultures alternatives qui se
sont formés en dehors du champ socialiste traditionnel. C’est la condition
pour répondre positivement aux nouvelles contradictions et aux problèmes
de notre temps et de notre pays. L’hypothèse d’une “gauche de centre”,
qui a aussi traversé quelques forces du socialisme européen, apparaît
toujours plus inadéquate et est en controverse avec ceux-là mêmes des
pays qui l’avaient soutenue.
La proposition du parti démocratique ne se présente pas seulement
comme un développement de cette hypothèse, mais va plus loin. Un parti
qui, déjà par le nom et par le symbole, perd les références à la gauche et
au socialisme. Un parti qui n’a pas d’équivalent en Europe.
12. Nous nous adressons à toute
la gauche italienne, qui représente une
grande partie de la politique, de la société, de la culture de notre pays. A
toute
la
gauche,
qui
partage
aujourd’hui
les
responsabilités
gouvernementales.
Maintes divisions du passé n’ont plus de raisons d’être. Il est nécessaire
de s’implanter en Italie, et d’offrir aux nouvelles générations une grande
force de gauche, capable d’affronter le défi du gouvernement,
conjointement à d’autres grandes forces du socialisme démocratique de
l’Europe et du monde. Un processus nouveau peut s’ouvrir.
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