Pour qui s’interroge que comment aider des jeunes – et des adultes – à grandir dans la foi, la

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Homélie pour la fête de la Sainte Trinité 4 mai 2008 (Évangile : Jean 3,16-18) Pour qui se demande comment aider des jeunes – et des adultes – à grandir dans la foi, la fête de la Sainte Trinité nous donne une bonne occasion de réfléchir ensemble. Si on nous présente cette fête en nous disant sans plus : « aujourd'hui, c’est la fête de la Sainte Trinité, c’est une grande fête, la Trinité est un dogme très important dans l’Église, donc vous devez la célébrer », il y a fortes chances que nous ne nous sentions pas très concernés. Beaucoup poseraient légitimement cette question : « en célébrant cette fête, vous fêtez quoi ? qu’y a-t-il à fêter ? » Un dogme ça ne se fête pas. On fête des personnes, des étapes, des événements. L’Évangile de ce jour va nous aider à découvrir en quoi chacun peut se sentir concerné et avoir envie de fêter. Jésus dit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils pour que tout homme soit sauvé. » Arrêtons-nous sur les trois verbes : AIMER – SAUVER, et au milieu des deux : DONNER, et tâchons d’en saisir la portée. « AIMER » : Dieu aime ce monde. Tous, nous savons ce qu’aimer veut dire. Nous avons des amis, des êtres qui nous sont chers, un conjoint, des enfants, des parents. Ce mot n’est pas une théorie, c’est une expérience qui nous colle à la peau. Et on nous dit : Dieu aime ce monde. Pas un amour général, abstrait, mais un amour pour ce monde. Ce monde que certains trouvent fantastique, et dont d’autres disent que ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Homélie pour la fête de la Sainte Trinité
4 mai
2008
(Évangile : Jean 3,16-18)
Pour qui se demande comment aider des jeunes – et des adultes – à grandir dans la foi, la fête
de la Sainte Trinité nous donne une bonne occasion de réfléchir ensemble.
Si on nous présente cette fête en nous disant sans plus : « aujourd'hui, c’est la fête de la Sainte
Trinité, c’est une grande fête, la Trinité est un dogme très important dans l’Église, donc vous
devez la célébrer », il y a fortes chances que nous ne nous sentions pas très concernés.
Beaucoup poseraient légitimement cette question : « en célébrant cette fête, vous fêtez quoi ?
qu’y a-t-il à fêter ? » Un dogme ça ne se fête pas. On fête des personnes, des étapes, des
événements.
L’Évangile de ce jour va nous aider à découvrir en quoi chacun peut se sentir concerné et
avoir envie de fêter. Jésus dit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils pour que
tout homme soit sauvé. » Arrêtons-nous sur les trois verbes : AIMER – SAUVER, et au
milieu des deux : DONNER, et tâchons d’en saisir la portée.
« AIMER » : Dieu
aime ce monde
. Tous, nous savons ce qu’aimer veut dire. Nous avons des
amis, des êtres qui nous sont chers, un conjoint, des enfants, des parents. Ce mot n’est pas une
théorie, c’est une expérience qui nous colle à la peau. Et on nous dit : Dieu
aime
ce monde.
Pas un amour général, abstrait, mais un amour pour
ce monde
. Ce monde que certains
trouvent fantastique, et dont d’autres disent que “tout fout le camp”. Ce monde qui se réjouit
et ce monde qui souffre. Ce monde rempli de bien et rempli de mal. Ce monde qui nous
passionne et qui nous énerve. Ce monde qui en est digne et qui n’en est pas digne. « Dieu
aime ce monde ». Prenez cette phrase avec vous et partez vous promenez. Faites un tour sur le
marché de Wavre, et dites-vous :
Dieu aime ce monde
. Et puis passez dans les quartiers, ceux
où il y a des maisons cossues et ceux où les maisons sont petites et où les vitres sont sales.
Dans ceux-ci comme dans ceux-là, dites-vous :
Dieu aime ce monde
. Ensuite, prenez le train
jusque Bruxelles et déambulez au milieu des touristes sur la Grand-Place ; passez aussi par les
quartier de la Gare du Midi ou de la Gare du Nord. Et partout, dans tous ces lieux, gardez ces
mots comme un refrain (à la manière des bouddhistes qui aiment répéter sans fin de petites
phrases) et redites-vous :
Dieu aime ce monde
. Dieu aime d’un amour qui ne compte pas, qui
ne fait pas le tri, qu’on n’enferme pas. Si fêter la Trinité, c’est fêter cet amour tellement
gratuit et universel, offert à n’importe quel être humain et à moi-même y compris, alors je
veux bien faire la fête jusqu’au milieu de la nuit !
« SAUVER » : Quelle est la portée de ce verbe ? Parfois des gens me disent : « moi, je vais
très bien, je ne vois pas en quoi je pourrais être sauvé. Pourquoi me parler de salut ? Que me
voulez-vous au juste ? » Il me semble pourtant que l’être humain est de naissance un être
assoiffé, un être en manque. Nous sommes remplis d’attentes, de secrètes aspirations,
d’espoirs (parfois déçus). Il y a peu, je parlais avec une fille de 18 ans à propos de l’Église et
de la foi. Elle me disait : « dans les églises, beaucoup de gens ont souvent l’air si tristes ! » Ne
peut-on justement y voir un signe de ce que leur vie est encore en attente, à la recherche d’un
bonheur ? A 6 ans comme à 18 ans, à 35 ans comme à 50 ans et à 75 ans, nous sommes
travaillés par des désirs et des épreuves, par des déceptions, des questions et des espérances.
Dieu veut que les hommes soient sauvés
, c’est-à-dire : Dieu s’est approché de notre désir
d’une vie heureuse et il est capable d’accueillir ce désir et d’en faire quelque chose. Il peut
faire que ce désir devienne chemin, exaucement. Dieu est capable d’ouvrir des chemins dans
le cœur de l’homme et de faire que sa vie soit orientée, tendue vers un but qui donne sens à
ses soifs. Si fêter la Sainte Trinité, c’est fêter ce salut, cette offre de bonheur venue de Dieu en
réponse aux souffrances et à la quête des humains, voilà une fête qui en vaut la peine et à
laquelle je veux bien me joindre !
Entre « aimer » et « sauver », il y a le verbe « DONNER ». « Dieu a donné son Fils. » C’est sa
réponse. Par amour et pour notre salut, Dieu donne Jésus. Jésus n’est pas venu sur terre pour
voir comment nous allions et pour aller faire rapport à son Père ! Il EST, il incarne
l’ « aimer » et le « sauver » de Dieu. Par Jésus et dans son Esprit, l’Amour entre dans nos vies
et le Salut devient réalité.
On voit entrer dans les églises des hommes et des femmes de tout âge. Ils sont à la recherche
d’un amour et d’un salut. Et ils sortent de ces mêmes églises en ayant reçu un don : Jésus.
Ceux qui ont déjà été initiés à ce don viennent à l’église y recevoir Jésus. Et ils rentrent chez
eux avec, inscrit dans leur cœur et leur vie, un amour, un salut, un bonheur.
Aujourd'hui, “Dimanche à la carte” dans notre paroisse, nous avons réfléchi à la manière
d’aider les jeunes à grandir dans la foi. Souvent les jeunes nous interpellent : « la messe ne me
dit rien, je m’y ennuie. » Entendons derrière ces réflexions un désir souvent inexprimé :
montrez-nous, donnez-nous une Église qui accueille nos soifs d’être aimés, nos
questionnements et nos doutes, nos espérances et nos désirs d’une vie heureuse, une Église où
Amour et Salut ne sont pas des dogmes mais des chemins qui nous font vivre et grandir. C’est
la volonté de Dieu.
Fête de la Sainte Trinité. Pas la fête d’un concept ou d’une abstraction. Nous sommes plutôt
conviés à fêter un Événement, une Personne, un Amour, une Promesse. C’est le trésor qui est
confié à ceux qui en ont reçu l’annonce. Nous avons beau le porter dans des vases d’argile,
tout fragiles et pleins de doutes que nous sommes, il n’en est pas moins infiniment précieux !
Eric Mattheeuws
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