Préservatif et Gaspillage de Semence (Zera' le-Vattâlâ) dans le Judaïme

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Halakhot (lois et modalités) du gaspillage de sperme et de l'utilisation du préservatif (condom) selon le judaïsme.

Publié le : vendredi 13 novembre 2015
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a Beshém Adônây Él raḥûm weḥannûn na‘asè wenaṣlî
PRÉSERVATIF ETZÈRALE-VAṬṬÂLA(GASPILLAGESÉMINAL)Comme l’indique le titre, nous abordons succinctement dans cet essai les questions jointes du préservatif masculin (condom) et duzèra‘ levaṭṭâla“semence en vain” ou (litt. “gaspillage de sperme”, c.-à-d. l’éjaculation hors d’un orifice féminin) selon le judaïsme, ainsi 1 que leurs différentes prescriptions et modalités dans laHalâkha(Loi juive). Semence en vain – modalités Lezèra‘ levaṭṭâladans la Bible avec la faute spécifique d’Er ( apparaît ‘Ér) et d’Onan (Ônân) : en gaspillant leur semence en dehors de l’un des orifices de Tamar (Tâmâr) – qu’ils ne voulaient pas engrosser pour ne pas flétrir sa beauté (cf. Genèse XXXVIII) – Dieu les a punis de mort. Nos Commentateurs se posent ici la question évidente : « pourquoi n’ont-ils 2 pas simplement sodomisé Tamar, au lieu d’éjaculer hors d’elle ? » Et y répondent ainsi (T. Yevâmôt34b) : « Tamar désirait tomber enceinte, c’est pour cela qu’elle ne s’est pas laissée donner à Er et à Onan analement (ou même oralement). » C’est également la faute de la génération du Déluge (dôr ham-Mabbûl), selon le verset (Gen. VI, 12) : « […] toute créature (kol-bâsâr) ayant perverti (hišḥît) sa voie (darkô) sur la Terre. » L’éventail de cette « perversion » allant, selon nos Sages, de la zoophilie au zèra‘ levaṭṭâlaen passant par le mélange des espèces (T. lui-même, Sanhédrîn 108a). De toute façon, cette dépravation représente un refus de vie, un refus de construire une espèce w saine selon le principe deperû urvû(croissez et multipliez), et engendre donc logiquement le déluge purificateur à propos duquel cette génération avait été dûment avertie. Concept central pour laTôra, et préoccupation de tout Juif pratiquant, l’interdiction du zèra‘ levaṭṭâla est pourtant particulièrement méconnue du grand public. La plupart des traditions religieuses (en dehors du judaïsme) ne se soucient d’ailleurs pas (ou que très peu) du fait qu’un homme éjacule en dehors d’une femme, permettant ainsi lecoitus interruptus(‘azl en arabe). Pourtant, selon nos Sages (cf.Tôsâfôt, T.Yevâmôtle gaspillage de 34b), 3 sperme est une faute passible de la peine capitale (par Tribunal céleste ), à l’instar de ce qui s’est passé dans l’épisode d’Er et d’Onan. Cependant, lezèra‘ levaṭṭâla n’est puni de mort que s’il réunit simultanément les deux 4 conditions suivantes : 1. volonté (mitkawwén) de ne pas enfanter/engrosser sa femme (refus de procréation) ; et 2. pratique de manière habituelle (râghîl tâmîd). Toutefois, l’une ou l’autre de ces conditions est interdite en elle-même et constitue déjà une‘avéra(faute) – même si elle n’est pas suffisante pour entraîner la peine capitale. Ainsi, si lecoitus w5 interruptusest pratiqué alors que lamiṣwadeperû urvû(croissez et multipliez) a déjà été accomplie avec son épouse, ou si l’éjaculation externe n’est qu’occasionnelle (mais intentionnelle), ou si elle est accidentelle (mais habituelle), cela suffit pour que l’homme soit considéré comme ayant transgressé cette faute grave.
1 Nous nous appuierons essentiellement ici sur les très nombreusesresponsa des Décisionnaires (Rîshônîm et Aḥarônîm) qui traitent de ces sujets. 2 Voir à ce propos l’article intitulé «La Sodomie dans le Judaïsme». 3 Unbêt-dîn(tribunal) humain se contente de condamner le coupable auḥèrem(anathème, excommunication). 4 Cf.Tôsâfôtsur T.Yevâmôt34b et sur T.Sanhédrîn58b. 5 Commandement basé sur le verset de la Genèse (IX, 7), et qui consiste d’avoir un fils et une fille viables et aptes à procréer (cf.Mishna YevâmôtVI, 6 – la discussion entre l’école de Shammaï [Bêt-Shammay] et celle d’Hillel [Bêt-Hillél]).
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Nos Rabbins, portés par nos traditions mystiques, font du gaspillage de sperme la faute la plus grave de laTôra, au même titre que le meurtre et l’idolâtrie (T.Nidda 13a ;Shulḥân ‘Ârûkh,Èven hâ-‘Èzer XXIII). Sur ceux qui enfreignent ce péché, il est dit (Isaïe I, 15) : «Yedêkhèm dâmîm mâlé’umains sont pleines de sang).  (vos » Les textes qabbalistiques rapportent que l’émission de chaque goutte de semence en vain entraine la création d’âmes, qui sont accaparées par les forces ténébreuses (siṭrâ oḥorâ) et deviennent des entités démoniaques, provoquant de nombreuses souffrances dans la vie d’une personne. Ces âmes, elles aussi, souffrent dans une misère sans espoir – à moins que nous nous corrigions (tiqqûn) –, et après notre mort, elles interviennent contre nous en tant que terribles accusateurs 6 (meqaṭreghîm) . Selon R. Yiṣḥâq Luria Ashkénazi (1534-1572), lezèra‘ levaṭṭâlaallonge l’Exil (Gâlût) et empêche la Rédemption (Ge’ulla). Additionnellement au repentir (teshûva), deuxtiqqûnîmrectifications) (réparations, spécifiques de cette faute ont accédé à la notoriété : 1. la “Réparation Universelle (hat-Tiqqûn hak-Kelâlî)”, constituée de 10 psaumes (XVI, XXXII, XLI, XLII, LIX, LXXVII, XC, CV, CXXXVII et CL), dévoilée par R. Naḥmân de Bracław (1772-1810) ; et 2. le “Tiqqûn-Yesôd Yeshû‘at-Éliyyâhudu Fondement de la Rédemption d’Élie)”, composé de 13 (Réparation psaumes (LXIX, LV, XXII, CXXIX, XXVII, CXXV, XIII, CXXIV, LXXXIX, LXXXV, LXXII, XXVIII et XXIX), élaboré par R. Éliyyâhu Léon Levi (1939-2015) – ditBaba Léon. Après avoir éjaculé dans l’un des orifices de son épouse, il est bon d’attendre un peu de manière à s’assurer que tout le sperme soit bien sorti – de crainte d’une gouttelevaṭṭâlaalors seulement on peut retirer son pénis pour l’essuyer. Les femmes pieuses nettoient le sexe de leur mari de toutes traces de sperme avec leur bouche, afin qu’il ne transgresse jamais la faute dezèra‘ levaṭṭâla: «sur elles, il est dit (Juges V, 24)  – minnâshîm bâ’ohel tevorâkhElle est plus bénie que nosest plus bénie que les femmes de la tente) » – «  (elle Matriarches Sarah, Rebecca, Rachel et Léa réunies (T.Hôrâyôt10b, T.Nâzîr23b). » Une fois lezèra‘sorti de manière licite, il est permis à la copulée de nettoyer l’extérieur de ses parties intimes (vagin ou anus) des traces de celui-ci (afin de prier, par exemple), mais seulement après une heure. Toutes les conditions énoncées précédemment (volonté et habitude) concernent le zèra‘ levaṭṭâlaémis en compagnie de son épouse ; mais dans le cas où l’homme est seul (c.-à-d. la masturbation), cela est considéré duné’ûf bayyâd“adultère manuel”). En plus (litt. d’être strictement interdit, on entre dans le domaine des lois bibliques degillûy ‘arâyôt (interdit sexuel) – car ici, il est «meghallè èt ‘erwat ‘aṣmô(il attente à sa propre nudité) » –, qui constitue unpegham-hab-Berît (une profanation de l’Alliance). La mise en garde est unanime parmi les Décisionnaires, et le masturbateur est passible deniddûy (exclusion), 7 mise au ban de la communauté pour 30 joursa priori(Shulḥân ‘Ârûkh,Yôrè Dé‘aCCCXXXIV) – en plus d’être passible de la peine capitale par Justice divine. Leqerî-layla(émission nocturne,wet dream), même s’il est involontaire, constitue quand 8 même une faute, à un certain niveau , et nécessite une purification. Nos Sages considèrent 6 Voir le très bon ouvrage d’Henri Atlan abordant cette question : «Les Étincelles de Hasard – Connaissance Spermatique» (Éditions du Seuil, 1999). 7 Lemenuddè (l’exclu) ne compte pas pour leminyân ni pour lezimmûn, il n’est pas appelé à laTôra, on ne s’assied pas à côté de lui,etc. C’est l’étape juste avant leḥèrem(anathème, excommunication). 8 Celui qui n’a jamais éprouvé deqerî est le dépositaire providentiel d’un mérite (zekhût) certain. Ceci est corroboré dans l’hagiographie de R. Yiṣḥâq Luria Ashkénazi (1534-1572) – dit leArî haq-Qâdôsh(le Saint Lion) –, où il est raconté que ce célèbre Qabbaliste de Safed a conseillé à une femme enceinte de jumeaux de prendre en bouche l’Alliance (c.-à-d. le pénis) d’un homme qui n’aurait jamais connu deqerî, durant ses contractions, commeseghulla (tiqqûn) pour que son accouchement se passe bien. Seul le pieux R. Môshè
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que cette occurrence survient à cause du manque deshemîrat ‘ênayim(préservation de son regard) devant les courbes féminines (T.‘Avôda Zâra20b). Ainsi, il est enseigné (Massèkhet KallaT. II ; Nedârîm 20a) : «Kol haṣ-ṣôfè ban-nâshîm sôfô bâ lîdê-‘avéracelui qui (tout observe les femmes sera entraîné vers la faute). » De même (T.‘Avôda Zâra 20a) : « Un homme ne doit pas contempler une belle femme, même célibataire (penûya), ni une femme mariée, même laide (mekhô‘èret). » Ceci dit, leqerî-laylaconstitue l’un des bons signes chez 9 le malade, signalant qu’il est en voie de guérison (T.Berâkhôt57b) . Il est important de souligner qu’ici, concernant le sperme, le concept delevaṭṭâla(en vain) 2 n’est paslevaṭṭâla d’enfantement est permise, ainsi(de procréation) – vu que la sodomie que le coït avec une femme enceinte, allaitante, stérile ou ménopausée –, maislevaṭṭâla10 d’un orifice féminin. La semence (zèra‘) masculine doit ensemencer la terre (qarqa‘-‘ôlâm), c.-à-d. la femme, par n’importe lequel de ses 3 orifices (mishkâvîm), même si certains sont infertiles au niveau terrestre – car il y a toujours enfantement au niveau spirituel (ZoharIII, 168a ;Shenê Lûḥôt hab-Berît,Sha‘ar hâ-Otiyyôt,Qeduššat haz-Ziwwûgh). Après toute émission de sperme (licite ou illicite, volontaire ou involontaire), l’homme est tenu de procéder à unereḥîṣa(grande ablution) en versant sur son corps en entier au moins 11 9qabbîmd’eau (environ 11 litres ) avant de pouvoir prier ou étudier laTôra(cf. Maïmonide, Hilkhôt TefillaIV, 6 ;Shulḥân ‘Ârûkh,Èven hâ-‘ÈzerXXIII, 1). Par contre, la copulée (par l’un de ses 3 orifices) n’a pas besoin de 9qabbîm pour vaquer à ses occupations religieuses, et 12 uneneṭîla(petite ablution) suffit après s’être essuyée (comme après avoir fait ses besoins). Semence en vainvs.‘arâyôtLa femme possède 3 orifices sexuels, appelés chacun en hébreu “bouche ()” – 1.pî-hallâshôn(“bouche de la langue”,sc. la bouche), 2.pî-haṭṭabba‘at(“bouche de l’anneau”,sc. l’anus) et 3.pî-hârèḥem(“bouche de la matrice”,sc. le vagin) – dans lesquels il est licite au mari d’éjaculer sans transgresser le gaspillage de semence. Ces 3 orifices sont dénommés mishkâvîm(litt. “couchages”), selon le langage biblique des versets du type «lô yishkav(il ne couchera pas) ». Selon nos Sages, laTôradéfinit 2 sortes de rapports sexuels : 1. les rapports majeurs (bî’a ḥamûra) par l’anus ou par le vagin, et 2. les rapports mineurs (bî’a qalla) par la bouche. Quand la Bible interdit certaines relations sexuelles (inceste, adultère, fornication, zoophilie, etc.) en utilisant le terme «meghallè ‘erwâtâh» ( (dévoiler sa nudité [à elle]) cf. Lévitique XVIII), tous nos Commentateurs s’accordent que seuls les rapports majeurs sont concernés ici – la bouche n’étant pas une‘erwa(nudité), bien qu’elle soit unmishkâv(couchage) – c.-à-
Galante (†1608) – ordonné rabbin à 28 ans par R. Yôséf Karo (l’auteur duShulḥân ‘Ârûkh, XVIe siècle) – fut trouvé correspondant à cette étrange condition. Sitôt le saint sexe circoncis embouché par la parturiente, son enfantement gémellaire eut lieu sans aucune complication (Séfer Toledôt hâ-Arî, pp. 224-225). 9 « 6 choses sont un bon signe pour le malade : l’éternuement (‘iṭṭûsh), la sueur (zé‘a), la diarrhée(shilshûl), l’émission nocturne(qerî), le sommeil(shéna) et le rêve (ḥalôm). » 10 En hébreu,qarqa‘-‘ôlâmsignifie littéralement “sol du monde” ou “sol perpétuel”. Le concept apparaît chez les Commentateurs du Livre d’Esther pour expliquer le fait qu’elle n’a pas fauté en épousant un non-juif (Assuérus), car elle est passive, à l’instar de toutes les femmes, lors de l’acte sexuel. 11 Leqavvaut entre 1,2 et 1,3 litre – mais entre 2,3 et 2,4 litres selon R. Avrohom Yeshaya Karelitz, dit leḤazôn Îsh(1878-1953). De nos jours, une douche remplit parfaitement ce rôle (Minḥat Yiṣḥâq, tome III, XV, 11). 12 À la différence de lareḥîṣa, laneṭîlajuste au lavage des mains, du visage et des pieds. Elle est consiste obligatoire au lever (après la toilette intime), et avant chaque prière (si l’on s’est sali). Elle fut instituée par le Roi Salomon (Shelômô ham-Mèlekh) à l’instar desKôhanîm(Prêtres) du Temple lors de leur Service sacerdotal. Lareḥîṣaet laneṭîlasont à l’origine, respectivement, dughuslet duwuḍû’en islam.
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d. que l’orifice buccal féminin, bien qu’il soit un orifice licite pour l’éjaculation du conjoint (mishkâv), ne constitue pas un orifice dans lequel l’intromission du pénis entraine une transgression des relations sexuelles interdites. Néanmoins, il existe une interdiction (issûr) rabbinique (de-Rabbânan) sur les rapports mineurs quand les rapports majeurs sont interdits par laTôra(T.Qiddûshîn10a-b) : «ne’esrâ vî’â qallâ kâḥamûrâLa femme qui transgresse cet. » issûr est juste considérée comme une 13 perûṣa(et non unezôna) – et, dans le cas d’une jeune fille, peut toujours épouser unkôhén. 14 Dans laHalâkha(Loi juive), est appelée‘erwa(litt. “nudité”) toute femme avec laquelle un homme ne peut se marier – c.-à-d. dont le coït rentre dans le cadre de l’adultère ou de 15 16 l’inceste (puni de mort ). Les relations sexuelles hors mariage avec quelqu’une épousable 17 potentiellement, bien qu’elles soient de la fornication (zenûtne rentrent pas dans ce) , cadre et ne font pas de la conjointe une‘erwa. Selon nos Décisionnaires, la transgression des rapports mineurs (inceste ou adultèrede-Rabbânan) est préférable à la transgression d’un interdit de laTôra(lâwde-Oraytâ). C.-à-d. que la fellation par une‘erwaautorisée quand il s’agit de sauver quelqu’un de la devient masturbation (zéra‘ levaṭṭâla). Le rapport buccal ne constituant pas un coït à proprement dit – même si la bouche est l’un des trois orifices féminins (appelésmishkâvîm) dans lequel il est 18 licite d’éjaculer – sa pratique avec une femme interdite (‘erwapas de l’adultère) n’est (né’ûf) ni de l’inceste (qérûvpromiscuité lascive (), mais une « perîṣûttoujours moins) », 19 grave que le gaspillage de sperme. Bien sûr, la fellatrice se doit d’avaler entièrement la semence produite lors de l’éjaculation, sous peine de faire transgresser à son partenaire 20 l’interdit duzéra‘ levaṭṭâlaet de se rendre complice (mesayya‘at) de cette faute capitale. 21 22 Ainsi, par exemple, une mère peut pratiquer une fellation à son fils majeur célibataire 23 (ou une femme mariée à un hôte ) pour l’empêcher de se masturber, sans qu’aucun (ni elle, ni lui) ne se rende coupable d’inceste (ou d’adultère). Au contraire même, elle réalise un grandḥesedde charité). C’est ce que la (acte Halâkha (Loi juive) appelle une fellation dite 13 Épouser unezônaa été interdit explicitement aux descendants d’Aaron par laTôra. De même, une femme, fille dekôhénou mariée avec unkôhén, ne doit être renduezôna(cf. Lévitique XXI, 7 et 9). 14 Pluriel :‘arâyôt. 15 L’adultère est passible de strangulation (ḥèneq) – maisde facto l’épouse adultère est divorcée sans compensation financière (ketubba). Le reste des interdits sexuels est passible de lapidation (seqîla) ou de crémation/bûcher (serîfa) selon laTôra. Toutes ces peines judiciaires bibliques, bien entendu, ne sont applicables qu’en fonction d’un tribunal rabbinique spécifique (sanhédrîn) de 23 membres, qui n’existe plus de nos jours. Elles ne sont donc plus exécutées actuellement, mais remplacées par diverses sanctions communautaires (nezîfa,niddûy,ḥèrem). 16 Les seules relations intimes hors du mariage autorisées par laTôrasont celles client-zônadans le cadre légal et réglementé de la prostitution halakhique. Ce cadre très codifié amène certains Commentateurs à le surnommer “petit mariage (nissû’în ze‘îrîn)”.Voir à ce sujet l’article intitulé «Lois de la Prostitution Féminine Légale (dans le Judaïsme)». 17 Passible de flagellation (malqût)selon laTôra. 18 Ou avec n’importe quelle autre en dehors des liens du mariage. 19 Incidemment, bien qu’impur (ṭâmé), Le sperme est explicitementkâshér (permis) à la consommation. Son ingestion (fréquente) est bonne pour la santé de la femme (refû’a hî lâh), et est conseillée par nos Sages comme remède à plusieurs maladies (T.Shabbat67a). 20a Lemessayyé ‘(complice, acolyte, auxiliaire) d’un fauteur, en plus d’être passible d’une punition d’un degré inférieur à ce dernier, transgresse également l’interdit (lâw) de laTôra(Lévitique XIX, 14) : « Devant l’aveugle (‘iwwér), tu ne mettras pas d’achoppement (mikhshôl). » 21 Si le fils est mineur, sa faute dezéra‘ levaṭṭâlan’est pas toraïque (de-Oraytâ) mais rabbinique (de-Rabbânan). Elle ne peut donc pas repousser un autre interdit rabbinique – dans ce cas celui de la fellation par une‘erwa. 22 Si le fils est marié, il n’a qu’à aller se soulager chez son épouse. 23 Dans l’impossibilité géographique d’aller licitement se soulager ailleurs.
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« de faveur » ou « de service »(pillûr-ṭôva), à laquelle a droit toute personne sujette à une 24 excitation sexuelle involontaire dans le cadre de ses activités légitimes . De ce fait, une jeune fille qui a pratiqué la fellation hors mariage, même incestueuse (père, frère), n’est pas devenue unezôna(débauchée) – mais juste uneperûṣa– et peut se marier avec unkôhén, comme nous l’avons dit plus haut. (cf. Maïmonide,Hilkhôt Issûrê-Vî’a). Par contre, les rapports homosexuels oraux entre hommes sont toujours strictement interdits par laTôra, car ce sont tous lesmishkâvîm: qui sont prohibés (selon les termes du verset «mishkevê-išša» [Lévitique XVIII, 22 et XX, 13]) – et donc“couchages de femme”)  (litt. même la fellation est passible de mort. Afin d’éduquer les jeunes garçons à la maîtrise de leurs pulsions sexuelles, à résister à la masturbation, pour forger leur caractère (volonté,etc.) – et ce, dès leurs 9 ans, au nom de la 25 miṣwaduḥinnûkh(éducation) – il est bon que les femmes de leur entourage (mère, tante, grande sœur,etc.) leur proposent de les “soulager” oralement selon une cadence plus ou moins hebdomadaire. Il est important de pratiquer ce service buccal à l’écart du regard des autres (derrière un paravent, ou dans une chambre à part, par exemple) pour préserver la pudeur du jeune fellationné. Bien qu’il soit interdit delehishtammésh be’iššad’une femme [qui n’est pas la (utiliser 26 sienne]) , justement pour s’éloigner des relations sexuelles interdites (lehitraḥéq min hâ-27 ‘arâyôt) – au même titre que leyéḥûdcela reste permis pour une(isolement) –, miṣwa. Et il n’existe pas de plus grandemiṣwaque de sauver quelqu’un de la faute dezèra‘ levaṭṭâla. Masturbation féminine Accessoirement, il est intéressant d’aborder ici la position du judaïsme vis-à-vis de la masturbation féminine. Au contraire de celle de l’homme, celle-ci ne provoque chez la femme aucune émission externe de semence – elle n’est donc pas concernée par l’interdit dezèra‘ levaṭṭâla. Le Talmud (Nidda13a) permet à la femme de vérifier souvent la présence éventuelle de 28 sang dans son vagin , même si le fait de se toucher fréquemment la vulve l’amène à une excitation sexuelle que seule la masturbation apaiserait (cf.Tôsâfôt,ad loc.). Les Décisionnaires modernes interdisent quand même à la femme de se masturber lorsqu’elle 29 estnidda, et si elle a eu un orgasme (d’elle-même, ou bien provoqué par une excitation extérieure) elle doit alors jeûner 1 jour.
24 La liste de ces activités est longue. On peut citer le fait d’assister à une punition conjugale (voir l’article «Lois des Punitions Conjugales (dans le judaïsme)»), d’être témoin à unyéḥûdnuptial (voir l’article «Lois duYéḥûd Nuptial»),etc. 25 Quant à lamiṣwaduḥinnûkh,cf. Prov. XXII, 6 ;Râshîsur T.Berâkhôt48a ; Maïmonide (Mishné Tôra, Lois des Nourritures Interdites XVII, 28) ;Riṭbasur T.Sukka2b ;etc. 26 Cf.Shulḥân ‘Ârûkh,Èven hâ-‘ÉzerXXI, 5. 27 La Loi juive interdit normalement l’isolement (yéḥûd) dans un endroit privé d’un homme et d’une femme qui ne sont pas mariés niqerôvîmde famille proches), afin d’éviter la tentation et la possibilité de (membres commettre des actes de promiscuité sexuelle (fornication, adultère,etc.). Cependant, 2 hommes peuvent s’isoler avec une femme, ainsi que 2 femmes avec un homme. 28 Qui la rendrait impure (ṭemé’a), ainsi que tout ce qu’elle a touché (neghî‘a), tout ce sur lequel elle s’est assise (mishkâv) – même sans contact direct, comme à travers un matelas – ou tout ce qu’elle aurait déplacé (hasséṭ) – même sans le toucher directement, comme à l’aide d’un bâton. 29 Estnidda(au sens large) toute femme qui a un écoulement sanguin sortant de son vagin (menstrues [niddaau sens spécifique], écoulement inhabituel (métrorragie) [zâva],etc.) jusqu’à sa purification. Tant qu’il n’y a pas eu de purification, même plusieurs semaines après la fin de l’écoulement, elle est toujoursnidda.
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De ce fait, «nâshîm ha-mesôlelôt zô be-zô(des femmes qui se frottent [la vulve] l’une sur 30 l’autre) » ne transgressent qu’un interdit rabbinique, rattaché au verset (Lévitique XVIII, 3) : 31 «Kema‘asé èreṣ-miṣrayim[…]lô ta‘asû»(vous n’agirez pas à la manière du pays d’Égypte). 32 Une jeune fille s’adonnant à des plaisirs lesbiens, même avec une‘erwa(entre sœurs , par 13 exemple), n’est donc pas unezôna mais uneperûṣa, et peut même épouser unkôhén(Maïmonide,Hilkhôt Issûrê-Vî’aXXI, 8). Préservatif – modalités Le préservatif est appelé en hébreukîs hâ-évâr“étui du membre [sexuel]”), parce (litt. qu’il consistait à l’origine d’unkîsgaine) en boyau enveloppant le phallus, et dont (poche, des illustrations existent depuis l’Antiquité dans l’iconographie égyptienne, grecque et romaine. Même s’il est ultra-fin de nos jours, il constitue néanmoins uneḥaṣîṣa (obstacle, séparation, barrière) pour les rapports sexuels. Du fait que le sperme n’arrive pas dans l’un des orifices de la femme, mais reste dans un réceptacle, éjaculer dans un préservatif lors d’un rapport avec sa femme – de manière habituelle ou non – est donc duzèra‘ levaṭṭâlaselon tous les avis (cf.ResponsaduMaharshâm, Clés du Vol. III, 268 ;Dôvév Mêshârîm, Vol. I, XX ;Iggerôt Môshè,Èven hâ-‘Èzer, Vol. I, LXIII). Selon les Décisionnaires modernes, vu la recrudescence des maladies sexuellement 33 transmissibles (MST, ou IST) souvent mortelles, lazônaen mesurejuive) est  (prostituée d’exiger de son client de porter un préservatif lors de sa pénétration et d’adopter une conduite sexuelle générale précautionneuse. En effet, le principe de «wenishmartèm me’ôd 34 lenafshôtêkhèmbien garde à vos âmes) » est plus important que celui de (prenez zèra‘ levaṭṭâla– selon la règle de «‘asé dôḥè lô ta‘asè(une injonction mandatoire repousse 35 une interdiction) » (T.Yevâmôt4a, T.Menâḥôt40a). 36 Nos Sages permettent, dans certaines conditions, de placer un tampon, appelémokh, au fond du vagin, devant le col de l’utérus, pour éviter la conception – comme il est dit (TôseftaNiddaII, 4 ; T.Yevâmôt12b) : « 3 femmes copulent (meshammeshôt) dans unmokh: 37 38 39 laqeṭanna(jeune) , lame‘ubbèretet la(enceinte) , mênîqa(allaitante) . » Cependant, les spécificités dumokhsont bien différentes de celles du condom, car lemokh– qui correspond de nos jours au diaphragme (ou à la cape cervicale) – n’empêche pas le contact normal des organes sexuels, et le coït s’effectue de manière naturelle (dèrekh-bî’a), contrairement au
30 T.Yevâmôt76a. 31 Où un homme en épousait un autre, et une femme en épousait une autre – où 2 hommes épousaient une seule femme – où un frère épousait sa sœur, et une fille épousait un animal (Sifrâsur Lévitique XVIII, 3). 32 Ces jeux sexuels expérimentaux entre préadolescent(e)s d’une même fratrie font partie de leur développement psycho-sexuel normal, et ne doivent pas être réprimés trop durement. 33 Voir à ce sujet l’article intitulé «Lois de la Prostitution Féminine Légale (dans le Judaïsme)». 34 Deutéronome IV, 15. 35 Ne s’appliquent pas dans ce cas-ci (de lazôna) deux autres règles (qu’on aurait pu penser pertinentes ici) : 1. «shév we’al-ta‘asè(cesse et ne fais [rien]) », et 2. «miṣwa hab-bâ’a ba‘avéra(une injonction réalisée sur une transgression) ». Toutes ces règles sont exhaustivement traitées dans le Talmud, dans plusieurs passages (qu’il serait rébarbatif de tous rapporter ici). 36 Pluriel :mukkîm. Lemokhest fait de fibres végétales (lin, coton,etc.) ou animales (laine, soie,etc.), tissées ou non, imbibées d’huiles ou d’onguents divers supposés aider à tuer la potence du sperme. 37 De peur qu’elle ne tombe enceinte et décède en couches à cause de son jeune âge (avant sa 13ème année). 38 De peur que son fœtus ne devienne une “semelle (sandâl)” – la croyance à l’époque étant qu’une nouvelle grossesse pouvait advenir, et le second fœtus aplatir le premier (cf.Tôsâfôt,ad loc.). 39 De peur qu’elle ne tue son nourrisson (par tarissement du lait, si elle tombe enceinte avant le sevrage).
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préservatif. La copulation dans unmokh équivaut donc à la sodomie ou à la fellation (cf. Tôsefôt-Rîd,ad loc.), et ne constitue pas duzèra‘ levaṭṭâlamais de la contraception. De même, bien qu’une relation sexuelle avec condom soit strictement interdite (avec son épouse), la contraception féminine orale esta priori(pilule permise contraceptive) – sans conditions particulières, vu que le coït s’accomplit naturellement (dèrekh-bî’a) –, à l’instar du 40 classiquekôs-‘aqârîm(litt. “coupe de stérilité”). Halakhiquement, un rapport sexuel où le pénis est vêtu d’un préservatif n’en est pas un. En effet, pour laTôra, seul le contact direct (peau sur peau, ou chair sur chair) des organes sexuels définit le coït. C’est-à-direa minima, plus précisément, la pénétration du gland (en 41 entier) de l’un dans le vagin ou dans l’anus de l’autre . C’est ce qu’on appelle unebî’a 42 ḥamûra(un rapport majeur) . De ce fait, l’intromission du pénis dans tout autre orifice (par exemple dans la bouche, ce qui constitue unebî’a qalla [un rapport mineur]), ou bien l’enveloppage du membre masculin dans une gaine (afin d’éviter le contact direct) pour la pénétration, ne sont pas considérés comme un coïtper se, mais comme une « promiscuité lascive (perîṣût) ». Cette définition stricte du rapport sexuel sert à valider son existence, à la fois pour les interdits dans un contexte pénal (inceste [qérûv], adultère [né’ûf], bestialité [revî‘a], viol [ones], fornication [zenûnîm], homosexualité [mishkav-zâkhâr],etc.) comme pour les relations licites dans un contexte demiṣwôtc.-à-d. que ce soit pour condamner (ou – disculper) quelqu’un dans le cas d’un coït prohibé, ou pour l’obliger (ou non) à recommencer 43 dans le cas d’un coït obligatoire (mariage [nissû’îm], lévirat [yibbûm],etc.). Au niveau du péché dezèra‘ levaṭṭâlahomme éjacule dans un préservatif lorsqu’un durant un rapport sexuel protégé, il n’existe pas de différence s’il était avec sa femme ou s’il copulait avec n’importe qui d’autre –i.e. c’est la semence en vain qui est ici la transgression la plus grave, plus que laperîṣût(promiscuité lascive). Il découle de cela, par exemple, qu’une femme mariée et son amant ne sont passibles d’adultère que s’ils ont eu des rapports sexuels sans préservatif. De même, un homme qui a eu des rapports sexuels hors mariage, le pénis revêtu d’un condom, avec une jeune fille, ne 44 lui retire pas le droit d’épouser unkôhén(ni à une fille dekôhénde manger laterûma) . Bien sûr, nos Sages ne faisant pas l’apologie de la débauche sexuelle, lorsque le coït est prohibé avec une femme (inceste, adultère, fornication,etc.), alors son utilisation (tashmîsh) 45 à des fins lascives – une pénétration avec condom, dans notre cas ici – reste interdite . C’est cette promiscuité (perîṣût) que l’on nomme traditionnellement dans la littérature rabbinique «qérûv-bâsâr dèrekh ḥibba weta’awa (rapprochement charnel par chérissement et lubricité) » ou «ḥibbûq weniššûq(étreinte et baisement, enlaçage et embrassage) ».
40 Connue aussi des peuples méditerranéens de l’Antiquité, ce mélange abortif contenait, outre certains minéraux, des plantes telles la grenade, la menthe poivrée, le pin (parasol et d’Alep) et le gattilier (ditpoivrier des moines). 41 Nos Sages nomment cela poétiquementkammakhḥôl bash-shefôfèret“comme l’écouvillon dans le (litt. flacon [de collyre]”). 42 Voir ci-dessus, p. 3 (au bas). 43 Dans le cas d’unemiṣwa, il est demandé additionnellement deux va-et-vient/oscillations du pénis dans l’orifice féminin afin d’être acquitté selon tous les avis (lekhol-haddé‘ôt). 44 Cette jeune fille (na‘ara) a le statut deperûṣa, pas dezôna– et l’homme celui depârûṣ. 45 C’est une discussion (maḥloqet) entre les Décisionnaires si cette interdiction est rabbinique (de-Rabbânan) ou biblique (de-Oraytâ).
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Mais incidemment, un viol commis avec préservatif en constitue quand même un – et le 46 47 perpétrateur est passible de l’amende (qenâs. Tout ceci du point de vue des) appropriée dommages et intérêts que le violeur doit éventuellement verser à sa victime, mais pas au niveau des relations sexuelles interdites – c.-à-d. par exemple, que le violeur (avec condom) n’interdit pas à une épouse violée de rester avec son mari quand elle est femme dekôhén, ni à une jeune fille d’épouser unkôhén, ni ne se rend coupable (en plus) d’inceste si sa victime est une proche parente (qerôva). L’homme qui éjacule dans un condom nécessite unereḥîṣa(grande ablution) de 9qabbîmcomme n’importe quel autre émetteur de semence (ba‘al qerî). Préservatifvs.‘arâyôtDevant l’éventail de toutes ces transgressions –gillûy ‘arâyôt(inconduite charnelle), et zèra‘ levaṭṭâla par masturbation ou dans un condom –, se pose le dilemme de tout Juif religieux : quelle est la faute la moins grave ? Que faire quand l’épreuve du désir est vécue par deux êtres pieux sur lesquels tombe une interdiction sexuelle (‘erwa) entre eux ? LaTôra– à travers laHalâkha(Loi juive) – n’est pas là pour créer des problèmes, mais pour proposer 48 des solutions dans la cohérence de sa Révélation . Vu que le coït de la‘erwasans préservatif et la masturbation sont équivalents au niveau de leur gravité, tous deux appartenant augillûy ‘arâyôt– péché biblique passible de mort –, la copulation de cette‘erwacondom est ici la transgression la plus légère – surtout avec pour les Décisionnaires qui pensent que cetteperîṣût n’est qu’un interdit rabbinique (cf. Séfer Ḥarédîm; et LXIII Avnê-Nézer,Èven hâ-‘Ézer LXXXIII). Toutefois, afin d’alléger encore plus le procédé, il convient d’éjaculer dans la bouche de la‘erwaque dans le plutôt préservatif, évitant ainsi à l’homme d’enfreindre lezèra‘ levaṭṭâla. De ce fait, pour réaliser unemiṣwa, cet interdit deperîṣûtAinsi, une femme qui tombe. 49 n’arrive pas à l’orgasme avec son mari – ce dernier se devant d’assurer à son épouse du 50 plaisir sexuel pour sa‘ôna– peut être permise à la copulation extraconjugale d’un amant 51 avec préservatif, si aucun autre moyen licite n’est possible (shôshevînût, sexuelle yibbûm52 53 ante mortem,qiddûshsexuel ,etc.), à condition d’éjaculer (si besoin est) dans sa bouche (cf.Lèḥem YehûdaXLVII). 54 Même durant letashmîshde la (litt. “utilisation, service”) ‘erwa, il est obligatoire de préserver sa pudeur et de pratiquer à l’écart d’autres personnes éventuellement présentes, 46 Seul undayyân(juge rabbinique) dûmentsâmûkh(ordonné) est habilité à appliquer les lois liées auxqenâsôt(amendes bibliques). De nos jours, depuis la perte de lasemîkha(litt. “imposition [des mains]”,i.e. ordination rabbinique) et l’échec de son rétablissement au XVIe siècle, lesdayyânîmne sont plus autorisés à appliquer lesqenâsôtbibliques. Une peine deniddûy(mise au ban de la communauté) est instituée à la place, jusqu’à ce que le perpétrateur paye de lui-même la réparation financière correspondant à son délit. 47 50 pièces d’argent dans le cas de celui qui déchire l’hymen d’une jeune fille, même de son doigt (cf. Deut. XXII, 29). 48Selon le principe fondamental de «koḥ â de-hattérâ ‘adîfforce de la permission est préférable) » (T. (la Berâkhôt60a, T.‘Érûvîn72b, T.Bêṣa2b, T.Ḥullîn58a et T.Nidda59b). 49 S’il possède un sexe trop petit, par exemple. 50 Lamiṣwa deôna (litt. “moment”) – ouônâtâh“son moment [à elle]”), selon la leçon du verset dans (litt. Exode (XXI, 10) – est le droit de la femme au coït conjugal, où son mari est obligé de lui procurer du plaisir sexuel (au moins une fois par mois). 51 Voir à ce propos l’article intitulé «Lois de laShôshevînût(Sigisbéat) dans le Judaïsme». 52 Voir à ce propos l’article intitulé «Lois duYibbûm(Lévirat) Ante Mortem». 53 Voir à ce propos l’article intitulé «Quelques Lois duQiddûshIntime deShabbâtet desYâmîm Ṭôvîm(Fêtes)». 54 Euphémisme rabbinique courant pour désigner une relation sexuelle.
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dans une chambre à part, ou derrière un paravent, par exemple. Additionnellement, il est 55 bon de garder ses habits le plus possible – toujours parṣenî‘ût (pudeur) . C.-à-d. qu’idéalement, l’homme ne se dénude pas plus que ce qu’il fait d’habitude pour uriner ; la 56 femme s’agenouille et retrousse sa jupe pour dévoiler seulement son fessier (elle écarte ses fesses avec ses mains afin de faciliter l’accès à ses orifices). Toutefois, même dans ce cas, le copulant peut toucher physiquement sa partenaire de ses mains, et agripper tout endroit de son corps nécessaire au bon accomplissement de son coït. Ceci dit, certains Décisionnaires affirment au contraire, pour tout ce qui concerne le sexe, – en se basant sur le verset (Genèse II, 25) : « L’homme et sa femme étaient tous deux nus (‘arummîm), et ils n’en avaient pas honte (lô yitbôshâshu). » – qu’aucune honte (bûsha) entre les amants ne les 57 empêche de bien assouvir leurs désirs . Une fois leur affaire conclue, il est obligatoire que les deux copulants non mariés agissent comme avant, c.-à-d. comme si rien d’intime ne s’était passé entre eux. Il est interdit de se comporter l’un envers l’autre avec familiarité – pour lutter contre l’immoralité charnelle (perîṣût) –, ni d’évoquer devant quiconque le fait qu’ils aient eu un rapport sexuel (avec un préservatif). Ils doivent rester discrets à ce sujet (ainsi que leurs éventuels conjoints au courant). Dès cetashmîsheffectué (pour lequel ils ont momentanément dû particulier copuler), ils redeviennent comme deux personnes étrangères sur lesquelles tombent tous les interdits des‘arâyôt(adultère, fornication,etc.), ainsi que ceux duyéḥûd. Un passage talmudique mentionne l’histoire suivante (T.Sanhédrîn: «  75b) Un homme 58 est tombé malade d’amour d’une femme [interdite] sur laquelle il avait des vues, et on a été demander [son remède] aux médecins. 59 Ils dirent : “Il n’a de remède (taqqâna) que si elle se fasse copuler (tibbâ‘él) [par lui].” LesḤakhâmîm(Sages) dirent : “Qu’il meure (yâmût), et qu’elle ne se fasse pas copuler !” 60 “Qu’elle se tienne nue (‘arumma) devant lui .” “Qu’il meure, et qu’elle ne se tienne pas nue devant lui !” 61 “Qu’elle lui parle (tesappér ‘immôl’autre côté de la clôture () de gâdér).” “Qu’il meure, et qu’elle ne lui parle pas de l’autre côté de la clôture !” » Les Rabbins du Talmud se questionnent (ad loc.) sur le statut de cette dame et sur la sévérité étonnante desḤakhâmîm. Même s’il s’agit d’une femme mariée ou d’une fille de kôhénet – a fortioricélibataire – il n’y a aucun problème pour qu’elle prodigue une d’une fellation afin de sauver la santé de quelqu’un. Le motif avancé – «shèllô yehû benôt yisrâ’él perûṣôt[bâ‘arâyôt] ([afin] que les filles d’Israël ne soient pas immorales [charnellement]) » – 62 montre bien qu’il s’agit ici d’unehôrâyat shâ‘a(décret provisoire, injonction exceptionnelle) pour des raisons circonstancielles qui ont été oubliées. LaHalâkhaest plutôt ici : « Qu’elle le fellationne, et qu’il vive ! »
55 Ce n’est pas parce qu’une personne utilise des dispositions permissives de laTôra pour arriver à ses fins lubriques avec des femmesa prioriinterdites (‘arâyôt), qu’elle doit écarter également toutes les autres vertus. 56 Cette position est appelée traditionnellement « le char (merkâva) » ; elle correspond à « la levrette ». 57 Et que toutes les autres positions sont permises : la roue (ma‘agâl), le paon (ṭâwôs), la charrue (maḥrésha), la paume (kaf), la chamelle (nâqa), l’ânesse (atôn), le puits (bôr), le palmier (tâmâr),etc. 58 En l’occurrence, un engorgement testiculaire du genre orchiépididymite atypique aigüe. 59 Il guérirait, mais au prix d’avoir transgressé un interdit sexuel (gillûy ‘arâyôt) – ce qui lui serait permis pour a sauver sa vie (nèfeshpiqqû ḥ ), mais resterait interdit à cette femme. 60 Afin qu’il se masturbe en la regardant, mais en se rendant coupable dezèra‘ levaṭṭâla. 61 Euphémisme rabbinique pour désigner la fellation. 62 Pour le concept dehôrâyat shâ‘a, voir, par exemple : T.Yevâmôt35a ; Maïmonide,Hilkhôt SanhédrînXXIV, 10-11, etHilkhôt MamrîmII, 4.
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ConclusionLezèra‘(sperme) de l’homme est sacré, car il est le «yayin ha-meshummâr(vin gardé) », le « nectar de vie (‘asîs-ḥayyîm) » – la sacralité de la vie étant le principe le plus absolu de la Tôra–, dont le gaspillage (hašḥâta) est puni de mort par Tribunal divin. Comme le sexe est central dans le cœur de l’être humain, et que c’est dans la sexualité que se trouvent ses paramètres véritables, laTôraa demandé de nous sanctifier à ce nous niveau-là. Ainsi, deux personnes non mariées ou non membres proches de la même famille (père-fille, mère-fils, sœur-frère,etc.) – eta fortiorilesquelles tombe un interdit sexuel sur (adultère, inceste,etc.) – ne doivent pas avoir de contacts physiques intimes (autres que 63 ceux qui sont normatifs dans la culture , tels se serrer la main, s’embrasser sur les joues, s’étreindre à l’américaine [hugging],etc: « .), comme il est dit (Lévitique XVIII, 6) […]tiqrevû leghallôt ‘erwa([que nul] ne s’approche pour découvrir la nudité) ». Le «qérûv bâsâr(rapprochement charnel) » est prohibé – par exemple, dormir nus l’un contre l’autre –, et «yâshénhû vikhsûtô wehî vikhsûtâh(il dort dans sa robe et elle dans la sienne) » (cf.Mishna QiddûshînIV, 12 ; Maïmonide,HilkhôtIssûrê-Vî’aXXI, 6-7 ;Shulḥân ‘Ârûkh,Èven hâ-‘ÈzerXXI, 7 ;etc.). 64 Ceci dit, tout ceci lorsque l’homme n’éprouve pas d’excitation sexuelle involontaire qui risque de l’amener à transgresser le péché dezèra‘ levaṭṭâla. Car dans ce cas, pour le sauver 65 de cette faute très grave, il est permis d’enfreindre une interdiction plus légère – celle de 66 perîṣût, même avec une‘erwa–, c.-à-d. soit par une fellation de service (pillûr-ṭôva), ou soit par un rapport sexuel (vaginal, anal), son phallus recouvert d’un préservatif, mais à condition de finir oralement pour ne pas gaspiller sonzèra‘. Ainsi nos Sages de dire, en parlant de la‘erwa (Shemôt Rabbâ« Je  XVI) : la pelote/caresse, et je ne pèche pas (ên lî ‘âwôn; car ma chair; je la pénètre, et je ne pèche pas je l’embrasse, et je ne pèche pas ) ; (besârî) n’approche pas la sienne (besârâh). » Par le mérite de cetteshemîrat hab-Berît (préservation de l’Alliance) – de se garder de transgresser lezèra‘ levaṭṭâla– nous unissons le nomY-Havec le nomW-H, infusons ici-bas 67 la Lumière divine, sanctifions nos âmes, réalisons letiqqûnduYesôd, et hâtons de ce fait la a venue duMâshî ḥ (Messie). Ainsi, s’accomplissent en nous les versets : « Soyez saints (qedôshîm), car Je suis saint, Moi, l’Éternel, votre Dieu. » (Lévitique XIX, 2) ; « Saint (qâdôsh), saint, saint est l’Éternel des Armées (YHWH Ṣevâ’ôttoute la terre est pleine de Sa gloire) ! (kevôdô; et « Ils Me construiront un Sanctuaire () ! » (Ésaïe VI, 3) Miqdâsh), et Je résiderai parmi eux (betôkhâm). » (Exode XXV, 8). ***** Bârûkh Adônây le‘ôlâm âmén we’âmén
63 Ainsi que le permettent l’écrasante majorité des Décisionnaire, à l’exception de quelques Ashkénazes ultra-rigides, comme (bien sûr) R. Avrohom Yeshaya Karelitz, dit leḤazôn Îsh(1878-1953). 64 Si l’homme s’excite volontairement, il n’est alors qu’unnawwâl(crapule, scélérat, mécréant) sous couvert de Tôrâ, et son châtiment est doublé par Jugement céleste. 65 C’est même unemiṣwa, selon certains Décisionnaires. 66 Seuls les rapports hétérosexuels bénéficient de cette lénience. Les rapports homosexuels (entre hommes) sont toujours punis de mort, sans exception. 67 LeYesôd(Fondement) est l’avant-dernièreSefîra, avant celle deMalkhût(Royauté).
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