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"Puissances de l'Imagination"

de Guillaume Constans (Auteur)

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henricoco

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Imagination  ­  Perception  (29 septembre 2006  PSI)   A première vue, l’imagination ne fait partie que de l’esprit et, loin de celle­ci, le pouvoir de  la perception s’intéresse au corps et à ses différents états. Pourtant Alain tend à montrer ces  deux   mondes   comme   liés   et   en   constante   communication,  évoquant   le   « rapport   de  l’imagination   aux  états   et   aux   mouvements   de   note   corps ».   Ainsi,   comment   les   sens  influencent­ils l’imagination ? Jusqu’ou s’étend le pouvoir de l’imagination ? On peut se  poser la question, dans quelle mesure imagination et perception sont­ils li és. Tout d’abord ces  deux concepts sont deux ordres, deux mondes différents. Mais l’imagination peut­elle exister   sans la perception  ? Ne serait­ce pas plut ôt alors deux puissances compl émentaires ?    L’imagination et la perception sont deux concepts que tout oppose. Le second nous rend  compte de la réalité vivante autour de nous, de ce que l’on peut voir, sentir, toucher. Avec  l’aide des sens, ces facultés à éprouver les impressions que font les objets du monde, la  perception nous permet de nous déplacer, de communiquer, de vivre, elle est une torche dans  les ténèbres. Face à elle, l’imagination, faculté pure de l’esprit, « jeux libre sans objet réel »,  déconnectée du corps, telle une brise int érieure. Dans Don Quichotte de Cervant ès nous avons   d’un coté le monde réel et de l’autre les romans de chevalerie, ces derniers renfermant toute  l’imagination  qui   permet   d’entrer   dans   certains   univers   de  l’esprit.  Mais   vaine   est  cette  imagination.     Ainsi   Alain  écrit,   ose  écrire,   l’imagination,   « cette   perception   fausse ».   Derrière   une  définition idéalisée ne se cache­t­il pas un concept plus mauvais, plus vil ? Car cette faculté  déconnectée   du   corps   et   des   ses  états   renvoie   pourtant   une   image   souvent   négative,  dangereuse,   même   vicieuse.   Alain   ne   dit   pas   fausse   perception,   mais   perception   fausse,  l’imagination nous influencerait donc vers l’erreur, une erreur de jugement. Sa fonction vaine  nous détourne de la rélfexion intellectuelle. Dans de la Recherche de la Vérité, Malebranche  critique l’imagination à travers le trio des trois savants dont l’esprit perturbé ne permet pas  l’obtention de r ésultats clairs.    Il apparaît donc que la perception doit pouvoir dominer face à cette faculté d’imaginer.  Encore selon Malebranche, l’imagination nous éloigne de Dieu, de la vérité absolue. Il faut  donc combattre cette « perception fausse » qui pousse sans cesse notre corps vers l’erreur.  Mais d’un autre coté, nous venons de voir que l’imagination peut être capable d’influencer  notre corps  entier  dans  ces  choix. N’y existerait­il pas  des  liaisons  entre imagination  et  extérieur ? Entre elle et la surface de notre chair ? Son pourvoir ne s’arrêterait donc pas au  niveau de l’esprit.   L’imagination comme fil conducteur de la pensée, est­ce possible  ? C’est­à­dire au­del à de  toute perception ou de tout mouvement, modification du corps, jusqu’ou s’étend la puissance  de l’imagination ? L’imagination possède une fonction créatrice. Elle permet l’invention, la  découverte, elle rend capable de faire des sauts, de voir le futur. «Tout apprentissage sage  sollicite l’imagination » nous dévoile Malebranche, il parle à travers ce concept de l’éclairage  de notre imagination sur notre intuition. Ainsi toute création, qu’elle soit scientifique ou  artistique a besoin de l’étincelle imaginative. Dans un Amour de Swan de Proust la petite  phrase composée par Vinteuil est non seulement le fruit d’une telle étincelle, mais elle même  crée à son tour sa propre  étincelle dans l’imagination de Swann pour son amour avec Odette.   Pourtant l’imagination utilise la perception, voilà peut­être sa force. Alain écrit « d’après des  données nettement saisies, nous nous risquons à deviner beaucoup ». L’imagination n’utilise  donc pas seulement les sens elle s’appuie sur eux, les use pour en faire sortir leur substance  profonde. On peut remarque  cette  utilisation  dans  Un Amour de  Swann, lorsque Proust  écrit : « le mot  d’ ’’œuvre florentine’’  […] lui permit,  comme  un titre,  de faire pénétrer  l’image   d’Odette   dans   un   monde   de   rêves ».   Un   son   a   donné  à   l’imagination   toute   sa  puissance, son énergie interne. De même dans Don Quichotte, Cervantès montre comment ce  que Sancho Panza voit lui a permis de s’imaginer lui­m ême futur roi d’un archipel. En plus de   sa propre inertie, l’imagination est capable d’utiliser le corps pour arriver à ses fîns. Mais  peut­elle se suffire  à elle­m ême ? Peut­elle nier les perceptions  ?    L’imagination est capable de transformer les perceptions qu’elle reçoit, nous le voyons  lorsque Don Quichotte prend des montons pour une armée en marche. Elle peut créer une  contradiction dans une vie. Dans Proust, l’histoire de Swann ne devient ainsi, par ce va et  vient incessant entre r éel et imagination qu’une gigantesque contradiction. L’imagination lui a   permis de tomber amoureux de Odette, ou plutôt de l’image qu’il a mise en Odette, mais elle  lui a ensuite permis la jalousie, la peur, la folie interne. Lorsque l’imagination elle­même perd  ses repères par rapport à la réalité, l’esprit ne peut plus suivre. La folie de Don Quichotte est  puissante par sa cohérence. Il vit dans son monde clos, dirigés par son imagination, les  enchanteurs et les géants, il est cohérent dans ses pensées, ne voyant plus que son monde  virtuel. L’imagination est par cet exemple capable de construire un univers entier tel celui de  Don quichotte mais aussi d’en détruire, tel celui de Swann. La puissance de l’imagination  pouvant supplanter les perceptions semble incontr ôlable.    On ressent le besoin de complémentarité entre imagination et perception pour maîtriser la  première. Nous avons vu que l’imagination pouvait s’appuyer sur la perception mais les  perceptions s’appuient aussi sur l’imagination, le souvenir. Pour anticiper nous avons besoin  d’imagination.   Or   il   nous   est   nécessaire   d’anticiper   l’avenir   pour   nous  ôter   la   peur   de  l’inconnu qui approche ; comme la peur du noir, la peur de l’inconnu remet l’Homme dans sa  condition pascalienne :’’un infini entre rien et tout’’. Ainsi notre passé, nos expériences nous  influencent, influence nos sens, d’où la citation d’Alain, « liaison de toutes nos expériences »,  nous sommes ce que nous avons  été ?      Nous   vivons   entre   imagination   et   perception.   En   passant   continuellement   du   réel  à  l’imaginaire et de l’imaginaire au réel, se crée une corrélation particulière au sein de l’esprit  avec les mouvements du corps. Les deux concepts peuvent se contrarier et s’entraider, ils sont   un couple, l’union parfaite.  L’aboutissement de cette fusion peut être décrit par l’œuvre  artistique.  Sachant mêler  émotion,  sensation,  imaginaire,  puissance, beau, elle  incarne la  victoire  de cette union, sur la mort. Que ce soit dans la folie  pleine  de valeur de Don  Quichotte ou dans l’amour passion de Swann, la réaction entre deux mondes a rempli chaque  acte d’une puissance sans  égal.     Pas   de   combat,   pas   de   domination,   l’imagination   et   la   perception   sont   faits   pour   se  transcender ensemble, vers un même but, un même objectif ; Seule la vérité doit être trouvée,  seule la v érité peut nous apporter le bonheur.  Henri CONSTANS

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Publié le : 21/07/2011
Langue : Français
Nombre de pages : 2
Thème : Savoirs >

Religions

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