Voir la brochure - Voltaire à Ferney

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Voir la brochure - Voltaire à Ferney

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Fondation Voltaire à Ferney
1759 - 2009
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Voltaire à Fer 250 ans
-Veytaol
Vous seriez enchanté de mon château, il est d’ordre dorique et durera mille ans. Je mets sur la frise «Voltaire fecit».
Voltaire à la comtesse d’Argental, 20 juillet 1759
Lucien Choudin (LC) Alex Décotte (AD) Jacqueline Forget (JF) André Magnan (AM) Avec la participation d’Andrew Brown (AB), Alain Gégout (AG) et Olivier Guichard (OG)
Voltaire à Ferney 1759-2009
« Si on ne m’aide pas on aura grand tort. Et pour m’aider il faut me laisser faire »
Illustrations : Garry Apgar, Hugh Bulley, Alain Gégout (Lutopic), Aline Rohrbach Centre international d’étude du XVIIIe siècle Photos : Jean-Robert Comte, Alex Décotte, Etienne-Paul Maquet
Fondation Voltaire à Ferney Sous l’égide de la Fondation de France 26 Grand’rue, 01210 Ferney-Voltaire www.fondation-voltaire.net info@fondation-voltaire.net
Dimanche au cabaret
Les vaches de madame Denis Au cabaret de Louis Zin, vigneron de surcroît, on riait sous cape mais on riait. Et comment ! Mieux : on se gaussait. Pensez ! Entre le seigneur qui faisait la chasse aux voleurs de bois et son inénarrable nièce qui courait jusque derrière les cuisinières pour leur expliquer comment éplucher les pommes de terre sans en perdre un gramme de chair – elle qui n’en manquait pas – chacun des villageois se mettait peu à peu en tête que le château et ses nouveaux propriétaires illustraient désormais, pour l’édification de tous, les vertus de la probité, de la fraternité, du respect et d’une organisation sans faille. Or, quatre jours plus tôt, le mardi vingt-huit mai de l’an de grâce 1759, le messier de Moëns, Catherin Thomas, qui ne dédaignait pas la fréquentation du cabaret, faisait ses courses ordinaires sur les six heures de relevée lorsqu’il surprit dans une pièce de vigne haute appartenant au sieur Bellami, citoyen de Genève, vingt six bêtes à cornes, tant vaches, génisses que mogeons, où elles avaient déjà fait un dégât considérable. Lesdites bêtes n’étant gardées par personne, il s’en saisit, à l’aide de Jean-Louis Alliod et de Bernard Gaillard, et les conduisit dans la cour dudit sieur Bellami où, peu de temps après, un berger et un autre do-mestique les vinrent réclamer. Si les vingt-six carnes n’avaient pas pu être identifiées, les deux hommes venus à leur quête l’étaient davantage, même par des moineaux – c’est ainsi que les irres- pectueux écorchaient les habitants du hameau de Moëns, voisin et néanmoins ennemi. Les deux larrons appartenaient à madame Denis, la nièce et dulcinée de Voltaire. Les vingt-six vaches aussi. Comme son nom l’y prédisposait, le sieur Bellami fut bon prince et beau joueur. Il permit aux vachers de repartir avec le cheptel, sous condition que la
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dame le dédommagerait dès le lendemain des dégâts commis. Las ! Rien ne vint et madame Denis, veuve Mignot, ne daigna pas même donner signe de vie. Dès lors qu’elle avait récupéré son lait, elle se moquait bien du vin du voisin. Voilà ce qui se disait, ce dimanche-là, au cabaret de Louis Zin. Dutil et Daille-douze, qui disposaient de moins de vaches mais les laissaient allègrement divaguer plus loin encore, faisaient des paris. – Chiche que le Bellami traînera la dame en justice ! – Jamais de la vie. La maîtresse de la maison et du philosophe, jamais, tu m’entends. Jamais ! Je te dis qu elle ira en justice. – Tu veux rire. – Rira bien qui rira le dernier. Pour une fois, ce fut Dailledouze qui l’emporta. Un mois plus tard, Dutil dut à regret lui payer les quatre pichets de vin blanc, un par semaine depuis la date du pari, qu’ils avaient mis en jeu. Le philosophe et sa nièce tardant à bourse délier, l’incident n’en resta en effet pas là et la justice fut saisie. Dans les minutes de l’époque, on peut lire que « l’ex-posant, ennemi des difficultés et des procès, a prié par des lettres missives la Dame Denis de lui donner satisfaction de ce dégât, même avant le rapport de l’estimation d’icelui, et il a fait inviter Germont son économe de lui en procurer la satisfaction, mais inutilement, ce domestique s’étant exprimé à cet égard en des termes que l’exposant ne croit pas être approuvés par la Dame Denis. L’exposant est tellement ennemi des diffi cultés, et si ami de la bonne harmonie, avec les propriétaires des héritages voisins des siens, qu’il ne se rappelle pas d’avoir eu des procès avec eux. S’il était d’un autre caractère, il n’avait qu’à engager le messier et ses deux assistants à conduire ces vingt six bestiaux, sitôt qu’ils les eurent amenés en sa cour, en cette ville, pour être vendus publiquement. » Voltaire se décida finalement à payer les 24 livres d’indemnité, assorties des premier frais de justice, et personne n’en entendit plus parler. Sauf les clients du cabaret de Louis Zin – et ils étaient nombreux – qui se fi rent répéter et répéter encore, dimanche après dimanche et jusqu’à plus soif par les compères Dutil et Dailledouze, gagnant et perdant confondus, l’histoire édifi ante de la dame de Ferney et de ses vingt-six bêtes à cornes.
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OG & AD
VOLTAIRE ÀFERNEY, 1759
 « Je me ruine, je le sais bien: mais il m’a fallu absolument être seigneur de Tournay et de Fernex parce qu’étant âgé de soixante et cinq ans, il arrivera infailliblement que les prêtres de Baal dans trente ou quarante ans d’ici voudront me faire brûler comme Servet et Antoine, et que je veux être en état de les faire pendre aux créneaux de mes châteaux. J’aime fort les pays libres, mais j’aime encor mieux être le maître chez moi. »
Voltaire, 6 mars 1759
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En mars 1759, au nom de sa nièce et maîtresse Mme Denis, Voltaire ac-quiert officiellement le domaine de Ferney. Même si, dès l’année précédente, il a entrepris les travaux sans attendre la signature de l’acte de vente, le château est encore inhabitable. Le philosophe se partage donc entre des journées à Ferney, pour surveiller ses maçons, des soirées dans le petit château de Tournay, qu’il a acquis en même temps que Ferney et où il fait jouer le théâtre interdit à Genève, et des nuits aux Délices, où il continue à recevoir ses amis philosophes et les amies de ceux-ci. Le contrat EntreDame Marie-Louise Mignot Denis, fille de messire François Mignot, Ecuyer, conseiller du Roi, correcteur en la chambre des comptes de Paris, veuve de messire Nicolas Charles Denis Ecuyer Capitaine au Régiment de Champagne, com-missaire des guerres et aussi correcteur en la chambre des comptes de Paris d’une part ; et de l’autremessire Jacob de Budée, fils de Guillaume de Budée, colonel au service de Hollande, lequel a vendu à la dite Dame la seigneurie de Ferney et le fief Caille au bailliage de Gex … Et le même jour entre ladite Dame et le SrAntoine Josué Diodatifils de Salo-mon Diodati, prédicant de la *R.P.R. lequel lui a vendu le domaine qu’ il possédait dans la dite terre de Fernex et autres lieux…. … Sa Majesté, par grâce spéciale… a ordonné et ordonne que la Demoiselle Loui-se Marie Mignot veuve Denis et le sieur Voltaire jouissent pendant leur vie des droits, privilèges.
Fait au château de Fernex le 8 mars 1759 *R.P.R. : Religion Prétendument Réformée
Fernex à l’arrivée de Voltaire En l’absence de vieille noblesse, il n’y avait en 1759 à Fernex d’autre notable que le curé Pierre Gros, nommé en 1745. Le Genevois André Mallet avait achevé en 1748 la construction de sa maison à proximité du château. L’important domaine Diodati, de part et d’autre de la route de Meyrin, fut acheté par Voltaire en même temps que le domaine du château. Au carrefour de la route royale Gex-Genève et de la route Meyrin-Versoix, quelques maisons dont le cabaret et la forge, ainsi qu’une fontaine.
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Pas de notaire à demeure. L’adminis-tration de l’inten-dance de Bourgogne, représentée par Louis-Gaspard Fabry, était à Gex. Les bois de jus-tice (potence en mau-vais état, etc.) se trou-vaient à la sortie du village en direction de Genève. L’agriculture étant alors la principale source de revenus des Fernèsiens, il était normal que le seigneur s’en préoccupât. Dans les fermes acquises par Voltaire comme dans la ferme Mallet, on trouvait jardins, chenevières et basses-cours à côté des maisons, carpières pour les plus fortunés. Les champs produisaient cé-réales et fourrages, de quoi subvenir aux besoins des exploitants et de leur bé-tail. Les vignes étaient nombreuses, les cultures intercalaires ne payant pas la dîme. Lors de la vente de la seigneurie de Fernex à Voltaire, Jacob de Budé (M. de Boisy) le vendeur remit au nouveau propriétaire, outre l’acte de vente et l’inven-taire général, de courts billets précisant des points particuliers, assortis parfois de commentaires personnels et d’éléments de classement de la main de Voltaire. Ces papiers sont actuellement dispersés dans divers fonds, dont l’Institut et Musée Voltaire, la Bibliothèque nationale de Russie, des archives particulières. En voici quelques uns qui précisent l’image que l’on a du petit village qui accueillit alors Voltaire.
Les habitants de Ferney ROLLE de tous les communiers et habitants de Fernex(écriture de Voltaire) Commnuniers - Monsieur BRILLON , avec femme et deux fils, communiers, laboureur - Benois L’ARCHEVÊQUE ayant deux fils, horlogers, communiers - La veuve de Pierre L’ARCHEVÊQUE ayant deux fils, manouvriers, communiers - La Veuve de Philiberth DUTUY, ayant quatre fils, pas trop bien, communiers
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Les habitants non communiers - Les MARECHAL GUENAN, cinq frères, à leur aise, braves gens, deux desdits sont horlogers et trois laboureurs - BOUQUET fermier de monsieur DEODATIF, ayant femme et famille, suisse de nation - David PERILLA charpentier ayant femme et famille, suisse de nation - Jaques GRENAD ayant femme et famille, manouvrier - Pierre DELUTRAZ ayant deux filles, manouvrier, pauvre et vieux - Jean FRELET grangé de monsieur de Boisy, ayant frères, sœurs, femme et enfans - Glaude DURAN manouvrier, ayant famille, pauvre - Louis ZIN cabaretier, vigneron de monsieur de Boisy - Pierre CARRY maréchal, ayant un fils - François BROCHU ayant femme et enfants, manouvrier - Anriette MEJEVAN ouvrière  - Marie TOMBET avec un fils impotent et imbécile - François GRAND PERRET horlogers - La veuve de Glaude FILIPE ayant un fils - Le Pastre du village ayant famille, pauvre - Jean Pierre GRAND PERRET avec un fils laboureur - La veuve de Pierre BRAMERET ayant deux fils - Menegad GOZ ayant famille, manouvrier - Daniel FONTAINE ayant famille, manouvrier Jean JORDENET manouvrier -- Monsieur PIGNE horloger - François CHABOT fermier de Monsieur le curé - Le grangé de monsieur MALLET ayant famille - Le domaine de Madame BORSAT, mons. FABRY de Bossy en est fermier - Criste CLOS tuilier, suisse - Jean L’ARCHEVÊQUE n’ayant pas famille est du nombre des communiers que j’ai omis en premier. Le Village de Fernex contient trente focages savoir cinq communiers habitants et vingt-cinq habitants non communiers.
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Il s’agit là uniquement des habitants réguliers de Fernex, les domestiques et fermiers des domaines genevois ne sont pas pris en compte. Il faut donc revoir à la baisse les estimations précédentes de la population de Fernex et s’en tenir au chiffre qu’avaient donné les premiers historiens, c’est-à-dire une centaine d’habitants.
Les domestiques du château Alors que Jacob de Budé s’apprête à vendre à M. de Voltaire le château de Ferney, une bonne douzaine de personnes y sont employées. Le Fonds Gerlier (Institut et Musée Voltaire, Genève) permet d’en reconstituer la liste. - Un chartier nommé JANDIN savoyard, brave garçon bien soin des chevaux - Un bouvier Jean DUTIL de Fernex bon laboureur - Le bouveron qui conduit les bœufs nommé JAQUES il fait son devoir - Un valet savoyard de Boisy nommé DUNAN brave garçon un peu paresseux
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