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Une interface Nord / Sud, lʼespace méditerranéen I. Lʼespace méditerranéen une identité commune (leçon 1 p. 306-307) 1) Une mer et des rivages (carte majeure p.300-301 : lʼespace méditerranéen, quelle originalité des milieux?) - Une mer intérieure dʼenviron 2,5 millions de km², étirée sur 4000 km dʼOuest en Est mais resserrée sur moins de 1000 km du Nord au Sud, divisée en bassins par trois péninsules montagneuses – ibériques, italienne, balkanique… - Une mer bordée par un amphithéâtre de montagnes qui dominent dʼétroites plaines littorales qui concentrent une grande partie des hommes et des activités - Une des mers les plus fréquentées du monde, espace de transit entre lʼOcéan Atlantique (par le détroit de Gibraltar) et lʼOcéan Indien (par le canal de Suez) - des plaines littorales étroites où se concentre la population et les activités (littoralisation). 100 hbts/km2 en moyenne. Tourisme surtout balnéaire renforce la littoralisation (photo doc.1 p.307 : un rivage méditerranéen au Liban) 2) Un milieu qui présente de fortes contraintes (carte des climats et sécheresse p.301) - Le climat (plus encore que le relief) facteur dʼunité, avec comme caractéristique principale la sécheresse estivale (qui sʼaccentue vers lʼEst et le Sud) - Une végétation adaptée à la rareté des précipitations : garrigues, maquis, forêts constituées dʼessences arbustives xérophiles => Un milieu fragile, à risques majeurs ; un espace où la maîtrise de lʼeau est un impératif ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Une interface Nord / Sud, lʼespace méditerranéen
I. Lʼespace méditerranéen une identité commune (leçon 1 p. 306-307)
1) Une mer et des rivages (carte majeure p.300-301 : lʼespace méditerranéen, quelle originalité des milieux?)
- Une mer intérieure dʼenviron 2,5 millions de km², étirée sur 4000 km dʼOuest en Est mais resserrée sur moins de 1000
km du Nord au Sud, divisée en bassins par trois péninsules montagneuses – ibériques, italienne, balkanique…
- Une mer bordée par un amphithéâtre de montagnes qui dominent dʼétroites plaines littorales qui concentrent une
grande partie des hommes et des activités
- Une des mers les plus fréquentées du monde, espace de transit entre lʼOcéan Atlantique (par le détroit de Gibraltar) et
lʼOcéan Indien (par le canal de Suez)
- des plaines littorales étroites où se concentre la population et les activités (littoralisation). 100 hbts/km2 en moyenne.
Tourisme surtout balnéaire renforce la littoralisation
(photo doc.1 p.307 : un rivage méditerranéen au Liban)
2) Un milieu qui présente de fortes contraintes (carte des climats et sécheresse p.301)
- Le climat (plus encore que le relief) facteur dʼunité, avec comme caractéristique principale la sécheresse estivale (qui
sʼaccentue vers lʼEst et le Sud)
- Une végétation adaptée à la rareté des précipitations : garrigues, maquis, forêts constituées dʼessences arbustives
xérophiles
=> Un milieu fragile, à risques majeurs ; un espace où la maîtrise de lʼeau est un impératif majeur ; un important potentiel
touristique, premier espace touristique du monde.
3) Une histoire riche et tumultueuse, entre échanges et affrontements
- Dans lʼAntiquité, la Méditerranée espace des colonisations grecque et phénicienne avant de devenir la « Mare nostrum»
des Romains, du 1
er
siècle avant Jésus-Christ au 5
ème
siècle après Jésus Christ
- La Méditerranée espace dʼétablissement de trois grandes religions monothéistes, judaïsme, christianisme et Islam (->
Jérusalem, ville trois fois sainte)
- Au Moyen-Age, un espace de confrontations (≠ dʼaffrontements) entre la Chrétienté latine, Chrétienté byzantine et Islam
- pendant la période coloniale, domination européenne sur lʼensemble du bassin.
- de nos jours un espace de migrations
(carte 4 p.303)
II. Lʼespace méditerranéen, un espace de contrastes (leçon 2 p.308-309)
1) Des contrastes de civilisation (fruit dʼune histoire riche et tumultueuse)
Globalement :
- Au Nord-Ouest : une Méditerranée « romaine » relevant de lʼaire de civilisation occidentale
- Au Nord-Est : une Méditerranée « byzantine » relevant de lʼaire de civilisation slave-orthodoxe et une Méditerranée
musulmane
- Au Sud : une Méditerranée musulmane
- Présence importante de minorités
- Ethniques (au Sud, Berbères, Kurdes, Arméniens ; au Nord, Serbes, Albanais…)
- Religieuse (surtout au Sud – chiites, druzes, alaouites, maronites, coptes…)
2) Les contrastes de développement
(carte doc.1 p.304)
- Les contrastes démographiques (carte 6 p.309 : «perspectives démographiques : le poids du Sud et de lʼEst»)
- Au Nord (rive nord), une croissance très faible
- Au Sud dans les PSEM : pays de Sud et de lʼEst méditerranéens) une croissance très soutenue (mais la fécondité
autour de 2,5 enfants/femme en moyenne est en net repli presque partout)
- Les contrastes économiques (cartes 2 «une industrialisation inégale» et 3 «les différences de richesse» p.
304-305)
- La rive Sud -> Une situation économique globale caractéristique des pays en développement : production agricole
incapable de répondre aux besoins de la population ; tissu industriel fragmenté et incomplet ; forte dépendance à lʼégard
des Etats développés pour les échanges (avec lʼUE
±50
% des échanges de la zone Sud-méditerranéenne mais cela
représente moins de 5% du commerce global de lʼUE) comme pour lʼindustrialisation (-> Délocalisations – textiles surtout)
1
- La rive Nord -> Secteur agricole très productif, industrialisation tournée vers les secteurs de pointe (cf. France, Italie)
- Des contrastes au Sud et des contrastes au Nord (carte 3b p.305 «PIB ppa total»)
- Au Nord : la coupure Ouest / Est toujours perceptible. Etats du Nord-Ouest riches (PIB> 20 000 $/an/hbts) mais plus
faible à lʼEst (Balkans et Grèce)
- Au Sud : des pays émergents (Turquie, Tunisie, Maroc…) ; deux pays pétroliers la Libye et lʼAlgérie ; des pays
intermédiaires et un pays du « Nord », Israël.
- Les contrastes dʼinstruction : taux de scolarisation élevés au Nord mais plus faibles au Sud avec une jeunesse très
nombreuse et souvent misérable.
=> Les contrastes des IDH =>
refaire le schéma 1 : les contrastes de développement p.320 dans les cahiers du bac
- Dans le bassin occidental : un clivage « Nord » / « Sud » bien net
- Dans le bassin oriental : une situation plus complexe
3) Les contrastes du peuplement et de la vulnérabilité territoriale
- Littoralisation et métropolisation
(
concentration des populations dans les villes du littoral)
- Au Sud, une donnée ancienne mais qui sʼest fortement accentuée (dans lʼarrière pays, quelques foyers seulement sont
occupés avec une pression humaine forte – montagnes agricoles ; oasis et périmètres irrigués sahariens ; sites
pétroliers)
- Au Nord, une donnée plus récente (avec la « bonification » des plaines littorales – drainage, irrigation, développement
industrialo-portuaire, tourisme balnéaire)
- Lʼurbanisation (photo doc.4 p.309 «habitat précaire au Maghreb»)
- Au Nord, une croissance globalement maîtrisée
- Au Sud, une croissance explosive, difficilement maîtrisable (habitat spontané, problèmes dʼinfrastructures et
dʼapprovisionnements ; congestion et pollution…, construction dʼensembles dʼimmeubles résidentiels en banlieue)
- Risques naturels et dégradations de lʼespace
:
des risques importants
(liés aux climats, sécheresse, glissements
de terrain lors des orages, manque dʼeau, risque sismique)
- Des dégradations préoccupantes :
des littoraux saturés, bétonnés, grignotés ; des espaces montagnards déboisés,
dépeuplés -> ravinement et incendies ; des arrière-pays en péril par lʼassèchement des nappes phréatiques et
lʼépuisement des sols ; un milieu maritime menacé – pollutions, surpêche…
III. Lʼespace méditerranéen, un espace dʼéchanges intenses (leçon p.310-311)
1) Dʼamples flux migratoires vers « la forteresse Europe » (revoir doc.4 p.303)
- Durant les Trente glorieuses, une immigration de main dʼoeuvre pour les besoins dʼéconomies développées en pleine
croissance (France, Allemagne, Italie du Nord), en provenance du Portugal, dʼEspagne, dʼItalie du Sud, de Grèce puis du
Maghreb et de Turquie (10 millions entre 1950 et 1973)
- Un coup dʼarrêt brutal en 1974 (choc pétrolier, chômage croissant en Europe, restructurations industrielles pour réduire
les coûts de production)
- Actuellement, une immigration qui se poursuit, légalement (regroupements familiaux, octroi de visas à profil dʼemplois
déterminés, octroi du statut de réfugié) et illégalement (en dépit des mesures prises dans le cadre de «lʼespace
Shengen»)
- Des logiques migratoires qui se sont assez nettement modifiées
- Toujours des flux en provenance du Maghreb et de Turquie mais Espagne, Portugal, Grèce, Italie sont désormais des
pôles récepteurs
- Nouveaux flux en provenance des Etats balkaniques vers lʼOuest et en provenance dʼAfrique Noire vers Afrique du Nord
perçue comme un espace de transit vers lʼEurope
,
en provenance du Maghreb, dʼEgypte et dʼAfrique Noire vers Libye.
- Les immigrés (et leurs descendants) continuent, pour une bonne majorité dʼentre eux, à entretenir des relations avec le
pays de départ -> Des flux financiers qui ne sont pas négligeables (envois dʼargent + séjours de vacances)
2) Des flux touristiques massif
- Le premier bassin touristique mondial avec plus de 200 millions dʼarrivées internationales (40% des flux mondiaux –
30% des recettes)
2
- La rive Nord
: le littoral touristique majeur
(
un tourisme ancien (dès le 18
ème
siècle), des aménagements massifs (plus
encore à lʼOuest quʼà lʼEst – qui est en voie de rattrapage) et une plus grande proximité des pôles émetteurs et une
meilleure accessibilité.
- La rive Sud :
des aménagements plus ponctuels
(
un démarrage plus récent, des Etats à lʼécart (Algérie, Lybie) mais
pour combien de temps? et trois pôles principaux : Tunisie, Maroc, Israël
Et Une très grande sensibilité à la géopolitique régionale et mondiale (baisse du tourisme en Egypte)
3) Des flux économiques et financiers importants (carte doc.7 p.311 «Lʼespace méditerranéen, des échanges
déséquilibrés»)
- Un bassin dʼéchanges commerciaux importants
- Les transports terrestres sont orientés par les différentiels économiques (oléoducs et gazoducs dans le sens Sud ->
Nord ; commerce informel de commerçants marocains acheminant dans le sens Nord -> Sud dans des camionnettes
pleines à craquer des marchandises achetées en France, Italie, Espagne mais venue dʼAsie ou dʼEurope de lʼEst)
- Les échanges maritimes : les flux intra-méditerranéens + les flux extra-méditerranéens (qui traversent la Méditerranée
en direction (et/ou en provenance) dʼautres espaces maritimes – armateurs grecs en tête –
-
Des échanges de marchandises dissymétriques
- en volume : les pays de lʼU.E exportent 6 fois plus que les PSEM.
- en nature : biens peu élaborés exportés par les PED (matières premières, fruits et légumes, énergies) et produits
manufacturés venus dʼEurope.
- polarisation des échanges pour les PSEM (sauf Israël) avec près de 60% des échanges avec lʼU.E (donc peu de flux
Sud/Sud).
- Les flux financiers essentiellement des flux Nord/Sud
- Transfert de revenus des travailleurs à lʼétranger -> Pays du Sud et de lʼEst méditerranéens : des possibilités
dʼinvestissements non négligeables
- Les IDE des firmes du Nord restent assez limités (risques dʼinstabilité politique) et dirigés vers les pays du Sud et de
lʼEst (textile ; industries électriques et électroniques ; tourisme), surtout Turquie, Maroc, Tunisie pour exploiter une main
dʼoeuvre abondante, bon marché et proche.
- le tourisme est la première source de devises étrangères, flux concentrés au Maroc, en Tunisie, en Egypte et en
Turquie.
Conclusion : le défi de lʼunité
Un zone majeure de conflits à lʼéchelle mondiale et régionale
- Des tensions où interfèrent facteurs politiques, idéologiques, ethniques et socio-économiques – parmi lesquels la
question de lʼeau peut devenir primordiale (au Proche-Orient notamment)
Un espace encore économiquement différencié
- Un schéma centre – UE - / périphérie – globalement plus dominée quʼintégrée
- Les flux majeurs ont lieu entre pays développés
Des tendances au regroupement?
- Sur la rive Sud, une tentative peu aboutie, lʼUnion du Maghreb Arabe
- Les impulsions de lʼUnion Européenne et lʼélargissement vers le Sud-Est (Balkans + Turquie) : un processus plus ou
moins long et problématique
- Le partenariat économique et financier avec la plupart des pays du Sud et de lʼEst méditerranéen -> Le programme
MEDA lancé à Barcelone en 1995. Des perspectives encore floues.
=> lire
le dossier sur lʼenjeu méditerranéen p.314-315 : recherche de coopérations et partenariats euro-
méditerranéens (conférence de Barcelone en 1995, accords de libre-échange)
CROQUIS DE SYNTHÈSE SUR LE SITE DU LYCÉE DE VINCENDO DE M. CAPDEPUY
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