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1 Table ronde du 12 Novembre 2013. L'écoute entre toute puissance et impuissance. IRTS Besançon. L'écoute n'est pas sens unique ou monologue . Elle s'inscrit dans l'espace d'une rencontre .Je vais successivement en décliner les quatre aspects qui me semblent incontournables. 1-Une écoute de dialogue. L'écoute n'est pas de réception pure mais de dialogue. Dialogue de parité, dialogue de Je et Tu comme l'énonce Martin Buber. Elle se déroule selon une structuration horizontale de rôles pour une aide fraternelle et non pas parentale qui impliquerait à se donner, comme écoutant, un statut de supériorité ou de supervision. 2- Une écoute de précaution et d'accompagnement. C'est une présence réajustée constamment à ce qu'exprime une personne qui entreprend avec inquiétude et embarras d'élucider ses problèmes intérieurs , embrouillés, confus et inquiétants. C'est une écoute d'accompagnement dans l'élucidation tâtonnante de ses problèmes , jamais posée comme un objectif, ou comme un niveau à atteindre, ce qui naturellement renvoie à la posture de l'écoutant et à ses attentes, déçu parfois par un mouvement qui tourne en rond... 3- Une écoute de centration sur l'expérience de la personne.
Publié le : dimanche 22 juin 2014
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Table ronde du 12 Novembre 2013. L'écoute entre toute puissance et impuissance. IRTS Besançon.
L'écoute n'est pas sens unique ou monologue . Elle s'inscrit dans l'espace d'unerencontre .Je vais successivement en décliner les quatre aspects qui me semblent incontournables.
1-Une écoute de dialogue.
L'écoute n'est pas de réception pure mais de dialogue. Dialogue de parité, dialogue de Je et Tu comme l'énonce Martin Buber. Elle se déroule selon une structuration horizontale de rôles pour une aide fraternelle et non pas parentale qui impliquerait à se donner,comme écoutant, un statut de supériorité ou de supervision.
2- Une écoute de précaution et d'accompagnement.
C'est une présence réajustée constamment à ce qu'exprime une personne qui entreprend avec inquiétude etembarras d'élucider ses problèmes intérieurs , embrouillés, confus et inquiétants. C'est une écoute d'accompagnement dans l'élucidation tâtonnante de ses problèmes , jamais posée comme un objectif, ou comme un niveau à atteindre, ce qui naturellement renvoie à la posture de l'écoutantet à ses attentes,déçu parfois par un mouvement qui tourne en rond...
3- Une écoute de centrationsur l'expérience de la personne.
Ce qui fait de quelqu'un un bon auditeur est sans doute sa capacité à aider une autre personne à s'accorder au silence de l'expérience pré-articulée et de l'amener à uneexpression de plus en plus complète au lieu de faire une fixation sur un contenu particulier qui a été articulé. L'écoute donne espace et opportunité d'expression non pas àun «déjàlà» qui se déplierait en une forme intelligible pour les deux partenaires. Elle relève d'une actualisation complexe jamais préconçue. L'écoutant n'explique pas la teneur du récit. Il propose un espace pour l'humanisation partagée d'une expérience implicite, douloureuseet souventinaudible . Les paroles prononcées par l'écoutant et l'appelant ont un effet transformateur lorsqu'elles sont en résonance avec ce que l'appelant sent déjà implicitement, aidant par là même les sentiments à se révéler, à se réverbérer , à se mettre en avant . Dans cette mise en lumière se produisant à travers le dévoilement, de nouvelles compréhensions, de nouvelles profondeurs et manières d'être et de se relier à la vie apparaissent instaurant l'écoutant dans un rôle de facilitateur. Facilitateur qui reste attentif aux manifestations d'une personne en dessous de ses symptômes, entendus ici comme la médiation naturelle que la personne s'autorise à emprunter pour continuer à vivre dans la cage plus ou moins étroite d'unmoi structuré au gré de conditionsextérieures de valorisation plus ou moins dissociatives.
4- une écoute de présence à soi et à autrui.
L'écoutant ne s'oublie pas ici, sinon il peut devenir pour l'écouté un objet aux fonctions manipulables par l'écouté, un «cela»,pour reprendre la terminologie de Buber. L'écoute relationnelle pose des attitudes en synergie. Je rencontre Tu si Je se rencontre lui-même pour aller vers Tu qui n'instaure aucun pouvoir, sinon la toute puissance est au rendez-vous . Je considère Tu comme rempli d' un mouvement singulier, d'un potentiel d'actualisation pour parler comme Rogers sur lequel il n'a pas pas prise ni projet ni mainmise ni volonté de modification . Impuissance et toute puissance sont du ressort de deux «cela» entrant en collision dans un
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espace de pouvoir. Trois attitudes d'approche deviennent alors nécessaires:  -compréhensionde l'autre comme si l'écoutant se mettait à la place de l'écouté pour en visiter le monde -parfois si étrange et effrayant- et l'empathie apparaît comme fondatrice d'un «aller vers» évitant tout surplomb provocateur et hautain, au mieux condescendant, source d'emprise aliénante et de dépendance usante; -Considération positive inconditionnelle maintenant un contact actif avec la personne présente quoiqu'elle dise ou fasse – certes,dans les limites d'un cadre interne et externe- accueillant son humanité sans jugement; -écoute enfin de sincérité ,de congruence, l'écoutant restant en contact avec le flux de son expérience intime tel qu'il se manifeste dans son cadre de référence interne intégrant dans son écoute limites ,valeurs et périmètre de sécurité.
Soi , non pas soi replié mais l'autre perçu différemment, non pas l'autre distinct mais en communauté d'être ressentie dans la relation. Ecoute triple selon 3 phases simultanées: soi, l'autre, la relation. Bref, une écoute située à ce triple foyer de la coexistence des êtres en dialogue. Je terminerai avec cette citation de John Welwood(«Pour une psychologie de l'éveil-»édition de la Table Ronde):«Dans les recoins les plus douloureux de notre expérience quelque chose de vivan attend toujours pour émerger. Quelque soit donc la douleur ou le problème que nous avons, si elle nous aide à trouver une qualité de présence dans laquelle nous pouvons nous ouvrir à cette douleur, la voir, la sentir, l'incorporer et trouver la vérité cachée en elle, c'est elle notre guérison.». Et enfin Buber: «le Je et le Tu il n'y a ni buts ni appétit ni anticipation; et les aspirations Entre elle-mêmes changent quand elles passent de l'image rêvée à l'image apparue. Tout moyen est obstacle. Quand tous les moyens sont abolis, alors seulement seproduit la rencontre
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