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LA COMMUNICATION DES COLLECTIVITES LOCALES eRésumé du cours de Gérard PRIEBE en 3 année de Licence « Art Communication Langage » à la Faculté de Lettres de l’Université de Nice Sophia-Antipolis PREAMBULE Communiquer n’est pas un choix. Ce sont les outils et les modes de contrôle de la communication qui peuvent être l’objet de décisions et de choix. Mais la communication elle-même est toujours présente, y compris dans l’acte de ne pas communiquer. Ce postulat est vrai pour les personnes physiques comme pour les personnes morales (sociétés, associations), qu’il s’agisse du secteur privé (entreprises) ou du secteur public (pour ce qui nous concerne : les collectivités locales et territoriales). Les lois portant sur la décentralisation ont accru profondément l’importance des pouvoirs locaux, qu’il s’agisse des municipalités, des conseils généraux, des conseils régionaux. Leurs domaines de compétence se sont étendus et leurs engagements financiers sont devenus de plus en plus importants. Or, quand les responsabilités augmentent, le rôle de la communication s’amplifie puisque celle-ci sert à justifier les décisions du pouvoir politique et, par voie de conséquence, tend à susciter l’adhésion des administrés aux décisions prises. Dans nos sociétés modernes et démocratiques, la communication a pour enjeu de transmettre et faire partager les valeurs et les objectifs des décideurs par une population de plus en plus différenciée ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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LA COMMUNICATION
DES COLLECTIVITES LOCALES
Résumé du cours de Gérard PRIEBE en 3
e
année de Licence
« Art Communication Langage » à la Faculté de Lettres de
l’Université de Nice Sophia-Antipolis
PREAMBULE
Communiquer n’est pas un choix.
Ce sont les outils et les modes de contrôle de la communication qui peuvent
être l’objet de décisions et de choix.
Mais la communication elle-même est toujours présente, y compris dans l’acte
de ne pas communiquer. Ce postulat est vrai pour les personnes physiques
comme pour les personnes morales (sociétés, associations), qu’il s’agisse du
secteur privé (entreprises) ou du secteur public (pour ce qui nous concerne : les
collectivités locales et territoriales).
Les lois portant sur la décentralisation ont accru profondément l’importance
des pouvoirs locaux, qu’il s’agisse des municipalités, des conseils généraux, des
conseils régionaux. Leurs domaines de compétence se sont étendus et leurs
engagements financiers sont devenus de plus en plus importants.
Or, quand les responsabilités augmentent, le rôle de la communication
s’amplifie puisque celle-ci sert à justifier les décisions du pouvoir politique et,
par voie de conséquence, tend à susciter l’adhésion des administrés aux
décisions prises.
Dans nos sociétés modernes et démocratiques, la communication a pour enjeu
de transmettre et faire partager les valeurs et les objectifs des décideurs par une
population de plus en plus différenciée culturellement et socialement. Elle vise
donc à créer du « collectif » là où éclate la victoire de l’individualisme, de la
différence. La communication est donc, par nature, liée à l’action politique et à
son objectif.
FINALITES DE LA COMMUNICATION
DES COLLECTIVITES LOCALES
La communication des collectivités locales a deux finalités :
a)
Finalité à but purement politique :
1)
Expliquer le pourquoi et le comment des décisions en matière budgétaire, en
ce qui concerne les choix d’investissement, de planification des travaux etc.
Tout ceci afin de susciter l’adhésion des administrés aux initiatives de la
municipalité et,
in fine
, obtenir leur voix en faveur de la majorité en place
lors des prochaines élections.
2)
« Vendre » la personnalité du leader, de celui, ou celle, qui incarne l’exécutif
(Maire, Président du Conseil Général ou Président du Conseil Régional),
afin de favoriser la suite de sa carrière en politique.
b)
Finalité à but pratique : la communication institutionnelle.
C’est-à-dire expliquer le « mode d’emploi » des services publics mis en
place par la municipalité. Exemples : modes d’inscription dans une
bibliothèque, une crèche, un gymnase, les heures d’ouverture des services,
les dates d’application d’un nouveau plan de circulation, etc.
A noter que ces deux finalités ni ne se contredisent, ni ne s’ignorent. Une
bibliothèque ou un gymnase bénéficiant d’une forte fréquentation, voilà qui
justifie les dépenses consenties pour les réaliser et démontrent que ces deux
équipements sont bien tenus. Ce succès prouve la clairvoyance, le bon sens
de l’exécutif et de sa majorité et génère donc un impact politique tout à fait
positif qui sera pris en compte par les administrés lorsqu’ils voteront.
LES OUTILS DE LA COMMUNICATION
A)
Les outils fédérateurs.
1)
Le magazine municipal (ou du département ou de la région)
Le magazine municipal (ou du département ou de la Région) est l’un des
outils de communication les plus efficaces, surtout lorsqu’il est déposé dans les
boîtes aux lettres individuelles. Il est également placé en dépose dans les lieux
publics municipaux : mairie principales et annexes, centres administratifs de la
municipalité, bibliothèques municipales, musées municipaux, etc.
Les magazines des collectivités locales sont gratuits (puisque réalisé avec
l’argent public), leur rythme de parution est généralement mensuel ou
bimestriel.
Sur la forme comme sur le fond, ils ont beaucoup évolué au fil du temps et
l’on est loin désormais du « bulletin officiel de la municipalité » des années 50
qui ne contenait que des compte-rendu de manifestations officielles, des extraits
de discours, des éditoriaux, des communiqués.
La maquette
Les maquettes des magazines des collectivités se sont modernisées et
ressemblent désormais beaucoup à celles des magazines de la presse privée.
Il convient cependant ne pas trop les sophistiquer, de ne pas sacrifier le fond à
la forme par des excès d’audace, par trop d’ « effets fun ». La maquette doit en
effet tenir compte des habitudes de lecture des populations et donc ne pas trop
surprendre, et donc dérouter, d’autant que ces magazines sont d’abord lus par les
personnes les moins actives et qui disposent donc de temps : retraités, personnes
âgées. L’autre famille de lecteurs est celle composée par les personnes qui ont
l’habitude de lire de manière générale en raison de leur bon niveau culturel et de
l’intérêt qu’il porte à la vie politique (classes moyennes et supérieures de la
population).
Ceux qui lisent le moins sont les jeunes (moins de trente ans) et les actifs des
catégories sociales les moins favorisées.
Le choix des sujets
a) Les sujets doivent tout d’abord porter sur les différents aspects des actions
de
la municipalité : ses décisions, ses initiatives, ses investissements (budget,
équipements collectifs, services à la population, événements festifs, culturels,
sportifs, etc.) Mais ces sujets doivent être traités journalistiquement, c’est-à-dire
avec commentaires, comparaisons, évocations des difficultés, etc.
D’ailleurs, ce sont désormais majoritairement des journalistes professionnels
qui collaborent à la rédaction de ces magazines.
b) Outre les sujets ayant trait à la politique de la collectivité locale, le magazine
doit également, afin de renforcer son attractivité, comporter dans son sommaire
des sujets généralistes sur tout ce qui fait la vie de la cité et des ses habitants.
Exemples : annonces et compte-rendu de manifestations de tous ordres
(culturels, sportifs, folkloriques) même si elles ne sont pas d’origine municipale
à partir du moment où elles bénéficient d’une sensible popularité ; présentation
de figures locales et de talents locaux (artistes, artisans, sportifs), présentation
d’entreprises locales ; articles sur l’histoire et les traditions.
c)
L’impératif de la présence d’une « Tribune libre »
La loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité prévoit que
lorsqu’une collectivité locale diffuse un bulletin d’informations, un espace doit y
être réservé pour l’expression des élus n’appartenant pas à la majorité.
Cet espace d’expression se nomme : « Tribune Libre ».
2)
L’affichage
Parce qu’il y a des populations qui ne sont pas touchées par l’écrit (support
papier), il importe d’avoir une politique d’affichage (panneaux affiches 4x4,
affichage électronique type panneaux Decaux, etc).
L’affichage peut porter sur deux types de message :
a)
Soit un message de type institutionnel (exemples : telle date, ouverture du
nouveau conservatoire, explication sur un chantier de grands travaux, voeux
du nouvel an à la population pour créer du lien affectif).
b)
Soit un message d’information ponctuel pour annoncer les dates d’un
événement dont la municipalité est organisatrice ou co-organisatrice
(exemples : carnaval, festival de musique, etc.)
L’affichage est l’outil de communication le plus efficace pour les populations
les moins potentiellement informées parce qu’elles ne lisent pas de presse écrite
ou ne prêtent pas beaucoup d’attention aux informations audiovisuelles (les
actifs, les jeunes, les catégories sociales les moins favorisées culturellement).
3)
Internet
C’est le dernier né des outils de la communication mais son très rapide
développement le rend tout à fait incontournable. Toutes les communes
grandes et moyennes sont désormais dotées d’un site.
Le site d’un collectivité locale comporte, d’une part, des rubriques
thématiques qui tendent à refléter l’ensembles des services proposés aux
administrés. Exemples : les services administratifs et sociaux, l’offre
sportive, l’offre culturelle, calendrier des événements, des rubriques
historiques.
D’autre part, le site d’une collectivité locale doit informer sur tous les
engagements, initiatives et projets de l’exécutif
dans tous les domaines :
équipements collectifs, aménagements, développement économique, actions
sociales, enseignement, transports publics, etc.
Enfin, le site peut comporter un forum d’expression où peut s’instaurer un
dialogue « questions-réponses » entre les élus et les administrés.
3)
La presse (écrite ou audiovisuelle)
Qu’elle soit écrite ou audiovisuelle, la presse « indépendante» (par opposition
à celle « institutionnelle constituée par exemple par le magazine municipale où
la radio ou la télé municipale s’il en existe une) est l’outil des communication
qui, potentiellement, peut conférer de la légitimité aux informations véhiculées
par les autres outils de la communication évoqués précédemment.
Tout message émis par la collectivité locale est d’abord traduit par ceux qui la
reçoivent comme un message contrôlé (et donc suspect) par les politiques.
Si ce même message est relayé par la presse indépendante, il gagnera en
crédibilité car il aura été traité, vérifié par des journalistes qui ne sont réputés ne
pas être aux ordres des politiques.
Au regard des enjeux politiques des élus des collectivités locales et
territoriales, c’est bien sûr la presse régionale qui joue le premier rôle en raison
de la quantité d’informations de proximité qu’elle délivre.
Presse régionale écrite: quotidiens régionaux ou locaux, périodiques régionaux
ou locaux.
Presse régionale audiovisuelle : France 3 Région, Radio France Bleu région (ici
France Bleu Azur), les informations régionale de M6,les radios locales.
Concernant la presse nationale, les services « communication » des
collectivités locales les sensibilisent également mais, en général, pas pour des
enjeux de politiques locale mais plutôt pour :
-
Promouvoir à l’extérieur l’image de marque de la commune (ou du
département, ou de la région) afin de favoriser par exemple le tourisme,
l’installation de nouvelles entreprises (synonymes de créations d’emplois
pour la population locale).
-
Promouvoir à l’extérieur l’image de marque des élus afin de leur conférer
une plus grande dimension et favoriser ainsi une progression de leur carrière
politique.
Les moyens de sensibiliser la presse
-
L’envoi de communiqués auprès des médias, soit afin qu’ils soient repris
comme tels (ou presque) lorsqu’il s’agit d’informations pratiques de petite
amplitude (heures d’ouverture d’une piscine, d’un gymnase, neutralisation
d’une rue pour cause de travaux, etc) ; soit afin qu’ils suscitent chez les
journalistes des demandes d’interviews ou des réalisations de reportages si
ces communiqués portent sur des informations plus importantes.
-
L’organisation de conférences de presse.
-
La création d’événements.
Exemples : expositions dans les musées,
festivals
de musique, de théâtre, festivités folkloriques, manifestations culturelles ou
sportives. Ces événements peuvent potentiellement générer des couvertures
médiatiques. Si ces événements ont été bien organisés et ont eu un succès de
fréquentation, les retombées presse seront positives et l’image de marque de
la municipalité sera bonifiée.
-
L’achat d’espaces publicitaires.
Ces achats, outre qu’ils permettent de délivrer un message aux lecteurs (ou
aux auditeurs, ou aux téléspectateurs) suscitent l’attention et l’intérêt des
directions de rédaction lesquelles peuvent éventuellement déclencher des
reportages sur l’information « portée » par la publicité. De plus, ces achats
d’espaces publicitaires permettent éventuellement de négocier des
« couvertures » médiatiques avec les directions des médias où ils ont été
effectués.
B)
Les outils complémentaires
1)
Les brochures thématiques
Les documents réalisés, par exemple, par les services culturels, le service des
sports, le service social, l’office de tourisme.
Il s’agit de brochures fournissant des informations pratiques et des
commentaires dans un domaine bien spécialisé.
2)
Les opérations ponctuelles de téléphone vert, type « Allo Monsieur le
Maire ».
Organiser ce genre d’opération va émettre un signe de proximité : on obtient
directement le maire en ligne et on peut avoir un dialogue sans intermédiaire
avec lui.
3)
Les réponses au courrier
De très nombreuses lettres d’administrés interpellant les élus sur tel ou tel
point d’une décision prise, ou sur un projet, ou sur un dysfonctionnement,
parviennent quotidiennement dans les mairies ou les Conseils généraux ou les
Conseils régionaux.
Il faut impérativement que chaque lettre obtienne une réponse, la plus claire et
explicite possible.
En recevant une réponse précise et argumentée, l’administré, d’une part, prend
acte du respect qu’on lui porte et, d’autre part, constate l’efficacité et le savoir
faire des personnes (élus et fonctionnaires) qui ont en charge la collectivité.
A l’inverse, une absence de réponse est interprétée comme une preuve de
mépris qui nuit grandement à la réputation des élus de la majorité qui pilotent la
collectivité locale.
CONCLUSION : LES LIMITES DE LA COMMUNICATION
Il convient d’évoquer les limites de la communication quant à sa finalité
politique, c’est-à-dire l’objectif de la réélection de la majorité en place.
Si un tel effet manipulatoire existe bien, il est pas absolument garanti. Si tel
était le cas, tout effet d’alternance serait impossible or il n’en est rien.
La communication ne peut générer de la légitimité, de la crédibilité que si elle
porte sur des actions concrètes dans lesquelles s’impliquent les élus et qui
correspondent aux vraies attentes des administrés.
Il est rassurant, pour la démocratie, de savoir qu’une communication, aussi
performante et dépensière soit-elle, n’a aucun effet positif à moyen et long terme
si elle ne repose pas sur une politique qui convient aux besoins et aux attentes
des administrés.
Autrement dit, ce n’est pas parce que l’on contrôle parfaitement sa
communication que l’on est assuré de son élection ou de sa réélection.
La reconnaissance, la légitimité se construisent d’abord dans l’action politique.
Si la communication accélère ces processus, elle ne les créé pas
ex nihilo.
Les
élus inefficaces, ceux qui n’ont pas compris les enjeux de leur collectivité, ceux
qui sont absents du terrain ou qui ont démontré une incapacité à bien gérer sont
en général sanctionnés par le corps électoral.
Si la communication est un instrument pour promouvoir une politique, aider à
sa mise en oeuvre, elle ne pallie pas, en revanche, l’absence de « fond »
politique.
La capacité des élus à cerner les enjeux de leur collectivité, à les comprendre,
à les concrétiser dans l’action, à faire des choix, tout cela est plus important que
politique de communication, aussi bien conduite soit-elle.
Une bonne communication aide à la réélection des élus mais elle n’en est pas
la cause première malgré le « bonus au sortant » qu’elle suscite par un effet de
visibilité et de notoriété.
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