Du pillage au don

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« L'origine des États se perd dans un mythe auquel on doit croire et qu'on ne doit pas discuter », écrivait Marx en 1848. En rapportant l'invention de la civilisation à la création des États il y a plus de 5000 ans avant J.-C., à Uruk, Du pillage au don aide à comprendre dans quel temps nous vivons.
Publié le : mercredi 1 octobre 2014
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EAN13 : 9782336358215
Nombre de pages : 108
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Questions contemporaines
Diane Baratier
et Jean MonodQ
DU PILLAGE AU DON
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« L’origine des États se perd dans un mythe auquel on doit croire et qu’on ne DU PILLAGE AU DONQQQ
doit pas discuter », écrivait Marx en 1848. En rapportant l’invention de la
civilisation à la création des États il y a 5 500 ans à Uruk, Du pillage au don
aide à comprendre dans quel temps nous vivons.
Formée à l’école Louis Lumière, Diane Baratier apprend son
métier auprès de Raoul Coutard. Elle est engagée par Eric Rohmer
en 1991. C’est le début d’une longue collaboration puisqu’elle signe
dès lors l’image de l’ensemble des fi lms du cinéaste, à la lumière
comme au cadre. En 2009, elle réalise son premier documentaire
et poursuit depuis son travail de réalisatrice et d’enseignante.
Du Pillage au don est un premier essai né de la confrontation
avec Jean Monod.
Ethnologue, ancien assistant au Collège de France sous la
direction de Claude Lévi-Strauss et maître-assistant à l’Université
Paris 7 dans l’équipe de Robert Jaulin, Jean Monod démissionne
de la fonction publique en 1979. Il s’intéresse aux rapports entre
mythes et idéologie, écrit des essais, des récits et de la poésie
et a réalisé six documentaires, dont Histoire de Wahari avec
Vincent Blanchet et Catherine Poitevin, qui a reçu le Prix Georges
Sadoul en 1974.
Questions contemporaines
ISBN : 978-2-343-03869-8
12 €
Diane Baratier et Jean Monod
DU PILLAGE AU DON




Du pillage au don




Ouvrages de Jean Monod

Essais

Les barjots, Julliard, 1968
Le fœtus astral, avec Jean-Paul Dumont, Christian Bourgois
1970 Wora, la déesse cachée, Editeurs Evidant, 1987
Quipus, Editeurs Evidant, 1988 Le Poisson de Tolède,
Éditeurs Evidant, 1990

Récits

Un riche cannibale, 10/18, 1972
Pièces détachées, Christian Bourgois, 1974
Dionysos, Editeurs Evidant, 1986
Raid, Editeurs Evidant, 1990
Colonel FFI, Aiou, 1998




Illustration en couverture, peinture de Kamal Robinson.






© L'HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03869-8
EAN : 9782343038698
Diane Baratier Jean Monod





Du pillage au don






Critique de l’idée de civilisation

















Sommaire
Et si la civilisation était… .................................................. 9
Préhistoire .................................................................... 10
La fin d’une glaciation ................................................. 11
La métallurgie .............................................................. 13
À quoi sert l’histoire ? .................................................. 16
L’État armé ................................................................... 17
Le clergé ....................................................................... 19
Le système pillard ........................................................ 22
Du pillage à la guerre généralisée ................................ 26
Des dieux aux hommes .................................................... 29
La Théogonie ............................................................... 32
La création d’un nouvel ordre ...................................... 33
Éros ou la disparition ................................................... 36
De la mère manipulatrice à la manipulation du mythe
créateur ......................................................................... 38
Le don .............................................................................. 43
La civilisation néolithique ............................................ 43
L’hypothèse kourgane .................................................. 45
Les survivants .............................................................. 45
Fondation ..................................................................... 52
5Le don premier ............................................................. 55
Principe ........................................................................ 58
Des chefs ...................................................................... 60
La réciprocité avec le monde, source de connaissance 62
La réciprocité dans l’organisation sociale .................... 64
Réciprocité alimentaire ................................................ 65
Origine possible des pillards ........................................ 67
Le Cinquième soleil ......................................................... 69
Coup d’état théologique ............................................... 73
La fabrication de l’homme civilisé .................................. 77
Nécessité d’une nature de l’homme mauvaise ............. 78
Nécessité de rendre la guerre naturelle ........................ 82
L’évolutionnisme ......................................................... 87
La lutte des classes ....................................................... 90
L ’État ............................................................................ 93
Verrouillage du système ............................................... 98
Icono-Biblio-Filmographie chronologique .................... 103







Qui écrira l’histoire de ce qui aurait pu être ?

Fernando Pessoa, Péché originel


Tout bipèdes qu’ils fussent, ils n’étaient pas plus
singuliers que l’éléphant, le rhinocéros, le renne, le
lion, l’aigle ou l’aurochs. On a tout lieu de penser
que l’humanité à ses « débuts » ne se conçut
ellemême que comme une espèce parmi les autres,
innombrables, infiniment variées par la taille et
l’aspect, et douées des capacités les plus
extraordinaires, qui firent de sa part l’objet d’une
observation passionnée, dont elle nous a laissé la
trace dans son art.
La civilisation néolithique a duré environ 10 000
ans (cent siècles) et rien n’interdit de penser
qu’elle a eu une gestation encore plus longue. S’il
faut trouver un temps où, sous le nom de
civilisation, s’exalte tout le bonheur que nous
pouvons imaginer d’être au monde, c’est de loin la
période la plus longue, notre réserve d’expériences
la plus profonde.

Albert Deschamps, Paradis retrouvé

7 Et si la civilisation était…
Au temps des rois, l’histoire commençait avec les rois.
Ils descendaient du ciel. Dans les pays où la religion fait la
loi, l’histoire se remonte jusqu’à la Création. Dans les
leçons que nous avons apprises à l’école, l’histoire
commence avec la civilisation. Depuis Uruk, qui a « sorti
l’humanité de la préhistoire », depuis les Grecs, qui ont
« inventé la démocratie », depuis Rome qui nous a
« sauvés de la barbarie », et de nouveau depuis la
Révolution française qui a « apporté la liberté au monde »,
la Civilisation, c’est la Cité.
e Ce n’est qu’à la fin du XVII siècle que le terme
devient d’un usage courant en Europe. Formé à partir du
mot latin civis (citoyen), qui a donné naissance à civilis
(poli, de mœurs convenables et raffinées), le nouveau
substantif consacre une distinction qui s’est instituée entre
citadins et campagnards, ces derniers étant considérés
comme plus proches de l’ « état de nature ». Sous
l’influence des Lumières, le mot « civilisation » devient
l’incarnation d’un idéal vers lequel doivent tendre tous les
peuples.
L’histoire nous présente l’apparition de la civilisation
comme un bond dans l’évolution des sociétés humaines à
partir du moment où elles se constituent en unités
politiques. Pas de civilisation sans cité, pas de cité sans
État.
Avec Uruk, comme avec Ur, comme avec Assur, avec
toutes ces cités prestigieuses, il se serait produit comme
une explosion : explosion des techniques, des arts, des
9

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