Étude comparative des discours des jeunes et des intervenants

De
Publié par

Vers des ateliers de prévention et de résolution du « taxage » :étude comparative des discours des jeunes et des intervenants sociauxsection Québec.l’Université Laval et supervisée par Andrée Fortin et Simon Langlois, professeurs.Cette recherche fut menée dans le cadre du cours Laboratoire de recherche du département de sociologie deavril 2000Éric Belleau et Jocelyn LachancePardirectrice de la Ligue des Droits et Libertésmadame Nathalie Massé Remis à__________________________________________________________2Résuméphénomène. De nos jours, il existe un double discours sur la violence au sein de notre société. D’unepart, les mass-médias participent à une augmentation substantielle de la violence dans notreenvironnement quotidien. D’autre part, les lois et les différents intervenants sociaux tiennent undiscours de tolérance 0 à l’endroit de toutes les formes de violence. Nous avons voulu vérifier sil’inefficacité de la prévention faite auprès des jeunes sur le sujet est engendrée par des distorsionsissues de ce double discours, comme si l’intransigeance des intervenants se heurtait à la banalisationDans un premier temps, nous avons fait une vaste recherche documentaire que nous avonsétoffé grâce à trois entrevues auprès d’intervenants en délinquance et de policiers. Dans un deuxièmetemps, nous avons sondé les jeunes par le biais d’un questionnaire distribué dans quinze classes : soit une classe par niveau en cheminement régulier et ce, dans trois ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
Lecture(s) : 60
Nombre de pages : 105
Voir plus Voir moins

Vers des ateliers de prévention et de résolution du « taxage » :
étude comparative des discours des jeunes et des intervenants sociaux
section Québec.
l’Université Laval et supervisée par Andrée Fortin et Simon Langlois, professeurs.
Cette recherche fut menée dans le cadre du cours Laboratoire de recherche du département de sociologie de
avril 2000
Éric Belleau et Jocelyn Lachance
Par
directrice de la Ligue des Droits et Libertés
madame Nathalie Massé
Remis à__________________________________________________________
2
Résumé
phénomène. De nos jours, il existe un double discours sur la violence au sein de notre société. D’une
part, les mass-médias participent à une augmentation substantielle de la violence dans notre
environnement quotidien. D’autre part, les lois et les différents intervenants sociaux tiennent un
discours de tolérance 0 à l’endroit de toutes les formes de violence. Nous avons voulu vérifier si
l’inefficacité de la prévention faite auprès des jeunes sur le sujet est engendrée par des distorsions
issues de ce double discours, comme si l’intransigeance des intervenants se heurtait à la banalisation
Dans un premier temps, nous avons fait une vaste recherche documentaire que nous avons
étoffé grâce à trois entrevues auprès d’intervenants en délinquance et de policiers. Dans un deuxième
temps, nous avons sondé les jeunes par le biais d’un questionnaire distribué dans quinze classes
: soit une classe par niveau en cheminement régulier et ce, dans trois écoles de la région de
Le « taxage » est une réalité qui touche une proportion importante des adolescents et
sont en inadéquation avec les caractéristiques propres aux adolescents. Dans ce contexte, le problème
contenu transmis. Aussi, nous avons élaboré des typologies pour faciliter la compréhension du
phénomène dans toute sa complexité et permettre aux jeunes de s’identifier davantage aux différents
acteurs du « taxage ».
de sensibilisation des jeunes ne peut pas être résolu uniquement par une attention particulière portée au
de façon tangible. En fait, les stratégies et les techniques de conscientisation utilisées par les spécialistes
sociaux et les jeunes. Les distorsions n’apparaissent pas uniquement au niveau du discours, mais aussi
son expansion. Mais pour y arriver, une communication efficace doit être établie entre les intervenants
de nos répondants, ont une expérience directe du phénomène), ce qui montre la pertinence de prévenir
adolescentes (8,5 % en ont été victimes au moins une fois dans leur vie et 94 jeunes sur 375, soit 25 %
Québec, pour un grand total de 375 répondants.
distinctes
des jeunes, ce qui entraînerait des problèmes de communication et de conscientisation.
violence qu’engendre le « taxage », la ligue des Droits et Libertés a voulu se pencher davantage sur ce
Afin d’élaborer des ateliers de prévention pour conscientiser les adolescents et adolescentes à la3
Nous tenons à remercier la directrice de la Ligue des Droits et Libertés section Québec, madame
être réalisé. Nous remercions également les intervenants Jacinthe Bernard et Pierre Laprise du Centre
Jeunesse Le Gouvernail de Beauport, ainsi que Réjean Pleau et Jean-Pierre Veilleux du département
des relations publiques de la police de Québec, qui se sont prêtés à nos questions. Nous remercions
aussi Sébastien Roy-Lavallée, intervenant en délinquance, qui nous a donné de précieuses références
Par ailleurs, nous remercions spécialement les directeurs de chacune des écoles secondaires où
nous avons distribué nos questionnaires, soit monsieur Tremblay de la polyvalente de Rochebelle,
les nombreux professeurs qui ont accepté de sacrifier quelques minutes de cours pour l’administration
de nos questionnaires. Évidemment, nous remercions particulièrement tous les élèves qui ont répondu
Finalement, nous remercions Andrée Fortin, professeure au département de sociologie de
l’Université Laval, pour sa supervision ainsi que Joëlle Gardette pour ses précieux conseils.
sérieusement à notre questionnaire et sans qui cette recherche n’aurait pas eu de pertinence.
monsieur Barbeau de l’école secondaire Cardinal-Roy et monsieur Thériault de l’école Vanier ainsi que
sur la criminalité.
; sans elle ce projet n’aurait pas pu Nathalie Massé, pour son aide ainsi que pour sa grande disponibilité
Remerciements59
4
p.2
p.3
p.4
p.6
Introduction p.8
banalisation p.13
1.1 p.14
1.2 p.16
1.3 p.19
1.4 Discours opposé p.20
2. p.23
2.1 p.24
2.2 p.27
3. p.29
II. Méthodologie p.30
p.30
p.33
p.35
p.44
p.44
p.46
p.46
p.49
p.57
p.
p.67
1.4 Outils de prévention
1.3 Ampleur verticale
1.2 Ampleur horizontale
1.1 Conception du phénomène
1.Analyse générale des résultats
III. Ambivalence et sentiment d’immunité chez les jeunes
5. Collecte des données
4. Échantillon
3. Techniques choisies
2. Stratégies de recherche
1. Définition des concepts
Hypothèse de recherche
Violence et influence des pairs
Influences sociales au cours du processus d’autonomisation
Dynamique inhérente au processus d’autonomisation
: une intolérance face à la violence
: la loi sur les jeunes contrevenants Banalisation institutionnalisée
Banalisation intériorisée par la société
Banalisation de la violence dans les médias
versus : Intolérance I. Double discours sur la violence
Table des tableaux
Table des matières
Remerciements
Résumé
Table des matières5
p.71
p.77
1. p.77
p.81
p.85
les inadéquations. p.88
1. p.88
2. p.90
3.1 p.90
3.2 p.91
p.101
p.108
P.110 Annexes
Bibliographie
Conclusion
Présentation des typologies
Le pourquoi des typologies
écalage temporel D
Identification aux pairs
V. Vers des ateliers de prévention : recommandations pour enrayer
3. Le contenu et le contenant des ateliers de prévention
2. Nature de la dénonciation
Banalisation de la violence psychologique
sur le « taxage » : repérage de décalages.
IV. Comparaison entre la vision des spécialistes et des jeunes
1.5 Outils de résolution »
6
Tableau 1 p.47
Tableau 2 taxeur p.48
Tableau 3 p.49
Tableau 4 p.49
Tableau 5 p.50
Tableau 6 p.51
Tableau 7a : p.52
Tableau 7b p.52
Tableau 8 p.53
Tableau 9 p.54
Tableau 10 p.55
Tableau 11 p.56
Tableau 12 : Statut du « taxeur p.56
Tableau 13a p.58
Tableau 13b
du « p.58
Tableau 14 p.59
Tableau 15 p.60
Tableau 16 p.61
impliqués dans le phénomène
» selon les répondants taxage : Nature des actes constituant le «
» taxage Nature (violente ou non) des actes constituant le « :
: Taux de dénonciation selon les jeunes
taxage
: Facteurs qui expliquent la diminution ou la stagnation
» taxage : Facteurs qui expliquent l’augmentation du «
» selon les jeunes
: Qui devrait punir les agresseurs selon les jeunes
» taxage : Facteurs qui protègent les jeunes contre le «
: Fréquence d’utilisation de la violence physique par l’agresseur
: Fréquence d’utilisation de la violence psychologique par l’agresseur
» (lieux avec présence d’adultes) taxage : Absence ou présence de «
» (lieux adolescents) taxage Absence ou présence de «
trois éléments
: présence des : Définition du phénomène selon ceux qui l’ont vécu
: présence des trois éléments : Définition du phénomène
» selon le sexe taxage : Implication directe ou indirecte du «
» taxage : Sexe des victimes du «
» : Âge auquel le jeune a été «
» taxage : Âge auquel le jeune a été victime «
Tableaux7
Tableau 17 taxeur p.63
Tableau 18 p.64
Tableau 19 p.65
Tableau 20 p.65
Tableau 21 : p.65
Tableau 22 : p.66
Tableau 23 p.68
Tableau 24 p.70
Tableau 25 p.72
Tableau 26a p.73
Tableau 26b p.73
p.73
Tableau 27 p.74
Tableau 28 p.75
Tableau 29 p.78
Tableau 30 p.79
Tableau 31 p.80
Tableau 32 p.81
Tableau 33 p.82
Tableau 34 p.83
Tableau 35 p.85
Tableau 36 p.86
Tableau 37 taxeurs p.92
Tableau 38 p.95
: Typologie des victimes
» : Typologie des «
: Candidats pour les ateliers de prévention selon le sexe
: Intérêt des jeunes envers des ateliers de prévention selon le sexe
éventuelles
: Vengeance ou dénonciation selon le sexe chez les victimes
: Intention de dénonciation selon le sexe
: Sensation ressentie par les victimes éventuelles
: Sensation ressentie par les victimes réelles
Selon le sexe
: Répondants qui considèrent les actes énoncés comme violents
: Danger de la violence psychologique selon le sexe
Buts de la dénonciation ou de la non dénonciation :
: Taux de dénonciation anticipé par les jeunes
: Vengeance directe Tableau 26c
Protection avec des amis :
Nombre de jeunes qui dénonceraient à un adulte :
Dénonciation selon le sexe :
Réaction en cas d’agression (passivité ou résistance) :
Âge auquel le jeune a assisté à un atelier de prévention :
Profil de la victime selon les facteurs évoqués
Fréquence du danger occasionné par la violence physique
Fréquence du danger occasionné par la violence psychologique :
: Sentiment d’agressivité selon le sexe
» taxage Conséquences individuelles d’un acte de « :
» : Thèmes évoqués par l’image du «8
Tableau 39 p.98
l’Homme. Dans ce contexte, la moindre atteinte aux droits humains, par exemple celui du droit à
Même si la LDL s’est beaucoup développée depuis sa fondation en 1963, son existence
demeure toujours précaire. Encore aujourd’hui, ses budgets sont restreints, ce qui la rend
dont les moyens financiers sont nettement supérieurs aux siens. Cette situation est cependant le
prix à payer pour que l’organisme conserve son autonomie : en refusant l’aide financière du
secteur privé, la LDL empêche la contamination de son idéologie par des intérêts privés, mais elle
C’est pourquoi la LDL ne s’attaque pas seulement aux structures sociales d’où découlent
plusieurs injustices. Elle s’engage aussi, et de façon prioritaire, dans une lutte contre l’injustice au
libérale. Elle s’attarde donc beaucoup à la condition des femmes, des personnes âgées, des
minorités ethniques et, évidemment, à la situation des jeunes.
quotidien, celle vécue par les groupes sociaux particulièrement défavorisés dans notre société néo-
se prive, du même coup, d’une importante source de revenus.
vulnérable puisqu’elle s’élève, la plupart du temps, contre des pouvoirs économiques et politiques
la sûreté de sa personne, est perçue par la LDL comme une injustice de plus, une injustice de trop.
l’idéologie néo-libérale dont l’influence grandissante met en péril certains droits fondamentaux de
La ligue des Droits et Libertés (LDL) est un organisme qui tente d’établir un contrepoids à
Introduction
» taxage : Typologie du «9
De nos jours, les jeunes Québécois et Québécoises font face à une situation particulière,
voire nouvelle. Devant la génération des babyboomers, ils se retrouvent minoritaires, n’accédant
pas ainsi au pouvoir politique détenu par leurs aînés et n’ayant pas l’occasion de redéfinir la
société à leur image. Dans ce contexte, l’action de la jeunesse, qui se traduit de façon cyclique à
les années soixante. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas l’occasion de s’affirmer collectivement.
Cette façon de se valoriser doit donc être remplacer par d’autres stratégies par l’adolescent qui
s’autonomise, processus fondamental de la formation de la personnalité. C’est dans ce sens que le
Pertinence de l’étude appronfondie du « taxage »
Il est important dans un premier temps de contextualiser le phénomène dans une
perspective plus large. À la base, le phénomène du « taxage » représente ni plus ni moins qu’une
violation d’un droit fondamental de l’être humain : le droit à la dignité et au respect de sa
personne. Le « taxage » est donc une injustice et c’est pourquoi il est important, voire même
urgent, de s’attarder à ce phénomène, dans le but de mettre sur pied des ateliers visant son
Dans un deuxième temps, l’intérêt de l’étude d’un phénomène comme le « taxage
» est aussi lié au fait que les cas de « taxage » sont très peu dénoncés. Le faible taux de
dénonciation découle entre autres du fait que les jeunes banalisent le phénomène. En effet, ces
derniers considèrent souvent le « taxage » comme un phénomène normal sans répercussions
importantes. Cependant, le « taxage » est un acte criminel au même titre qu’un vol qualifié, et qui
élimination ou du moins sa diminution.
« taxage » sera ici abordé, comme un outils de valorisation dans le contexte social d’aujourd’hui.
travers le conflit de générations, ne conduit pas à de vastes bouleversements sociaux, comme dans10
« taxage » peut dépendre de plusieurs facteurs (ex : résistance de la victime, détermination du «
feu, et donc, entraîner des conséquences graves. De façon générale, le peu d’intérêt manifesté par
les jeunes face au « taxage » provient peut-être du fait qu’ils ne connaissent pas l’ampleur du
phénomène ainsi du fait qu’ils baignent dans un environnement où la violence est de plus en plus
Le « taxage » attire aussi l’attention et suscite de plus en plus d’intérêt étant donné que les
médias en parlent davantage mais surtout à cause de son augmentation inquiétante. L’Institut de
criminologie de Montréal a dernièrement dévoilé des chiffres alarmants. En effet, d’après les
statistiques de l’Institut, 14,5% des jeunes auraient déjà été victimes de « taxage » à Montréal.
Toutefois, ce taux important n’est peut-être pas un reflet fidèle de la réalité puisque l’on a de
promettent souvent de se venger si la victime tente de les dénoncer. Dans de telles circonstances,
la victime peut commencer à développer des problèmes scolaires, personnels et familiaux et peut-
être même des tendances suicidaires. Or ces conséquences désastreuses sont trop souvent
ignorées, ce qui contribue à banaliser le phénomène aux yeux des principaux concernés, c’est-à-
») à l’intérieur du contexte plus restreint qu’est celui de la ville de Québec, en le mettant en
parallèle avec la réalité montréalaise. Nous avons parlé plus haut du contexte montréalais,
caractérisé entre autres par une plus grande densité de population, un taux plus élevé
Maintenant, considérons le phénomène de la violence (importante composante du « taxage
dire les jeunes.
de représailles. En fait, à Montréal, le « taxage » se fait principalement en « gang » et ces dernières
bonnes raisons de croire qu’une majorité des victimes ne dénonce pas leur(s) agresseur(s) par peur
banalisée (dessins animés, cinéma, etc.).
taxeur », etc.) mais il peut, dans certains cas, aller jusqu’à l’utilisation d’arme blanche ou d’arme à
va même parfois plus loin lorsqu’il y a utilisation de violence. Le degré de violence utilisé lors d’un

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.