Etude de cas d’une stratégie de développement

Publié par

Modèle de développement (Extrait du guide Changer d’échelle : Dupliquer les réussites sur de nouveaux territoires : une voie pour développer l’entrepreneuriat social, par Géraldine Chalencon et Anne-Claire Pache, avec la collaboration de Sophie Caillat et Christian Valadou. Un partenariat entre la Chaire Entrepreneuriat Social de l’ESSEC, la Caisse des dépôts et l’AVISE). #3 : LE DEVELOPPEMENT PAR ESSAIMAGE FRANCHISE Les clés de ce modèle  Maîtriser et contrôler son développement  Recruter des entrepreneurs locaux  Posséder une image de « marque » cohérente 1. Les grands axes de ce modèle Définition Le développement par essaimage repose sur la création de structures juridiques autonomes qui mettent en œuvre un projet donné sur de nouveaux territoires. Dans le cas de « l’essaimage en franchise », les structures autonomes « franchisées » signent avec la structure fondatrice, « le franchiseur », un contrat par lequel elles s’engagent à respecter un certain nombre de principes, objectifs, outils et mode de fonctionnement, constitutifs d’une « marque ». Le « franchiseur », qui détient la marque, est garant du respect de ce contrat par les structures franchisées. C’est lui qui anime la capitalisation de l’expérience au sein du réseau et fournit aux porteurs de projets locaux le programme « clé en main » qui peut être mis en œuvre directement de manière opérationnelle. Forces et faiblesses La force de ce modèle de ...
Publié le : vendredi 23 septembre 2011
Lecture(s) : 40
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins




Modèle de développement

(Extrait du guide Changer d’échelle : Dupliquer les réussites sur de nouveaux territoires : une voie pour
développer l’entrepreneuriat social, par Géraldine Chalencon et Anne-Claire Pache, avec la collaboration de
Sophie Caillat et Christian Valadou.
Un partenariat entre la Chaire Entrepreneuriat Social de l’ESSEC, la Caisse des dépôts et l’AVISE).

#3 : LE DEVELOPPEMENT PAR ESSAIMAGE FRANCHISE


Les clés de ce modèle
 Maîtriser et contrôler son développement
 Recruter des entrepreneurs locaux
 Posséder une image de « marque » cohérente


1. Les grands axes de ce modèle


Définition
Le développement par essaimage repose sur la création de structures juridiques autonomes qui mettent en
œuvre un projet donné sur de nouveaux territoires.

Dans le cas de « l’essaimage en franchise », les structures autonomes « franchisées » signent avec la
structure fondatrice, « le franchiseur », un contrat par lequel elles s’engagent à respecter un certain
nombre de principes, objectifs, outils et mode de fonctionnement, constitutifs d’une « marque ». Le
« franchiseur », qui détient la marque, est garant du respect de ce contrat par les structures franchisées.
C’est lui qui anime la capitalisation de l’expérience au sein du réseau et fournit aux porteurs de projets
locaux le programme « clé en main » qui peut être mis en œuvre directement de manière opérationnelle.

Forces et faiblesses
La force de ce modèle de développement est cette possibilité de recruter des porteurs de projets
«entrepreneurs » attirés par la prise de responsabilité et le risque de la création, mais en même temps
rassurés par l’expérience de la franchise et le programme « clé en main ».
Il présente également l’avantage de limiter l’investissement financier de la structure initiale. En contrepartie,
les structures locales peuvent rencontrer des difficultés pour trouver les fonds d’amorçage.

Au niveau organisationnel, la maîtrise de la qualité est assurée par la relation contractuelle, ce qui n’est
pas le cas dans une stratégie d’essaimage souple. Le contrat garantit une cohérence de marque et donc une
visibilité importante. D’autre part, l’ancrage local fort permet une adaptation aux spécificités locales et un
accès aux financements locaux. La forte capitalisation des pratiques est aussi une force de ce modèle. On
peut néanmoins reprocher à cette stratégie la répartition complexe des pouvoirs et des fonctions entre
la structure fondatrice et les structures locales qu’elle crée en fonction du type de contrat. Cette dualité
du pouvoir peut entraîner des résistances dans la prise de décisions et dans leur mise en œuvre. L’autonomie
laissée aux structures locales limite enfin la maîtrise des risques, notamment en termes d’image (l’échec de
l’une d’elle peut rejaillir sur toutes les autres).


2. Quelques exemples

De nombreuses organisations ont fait appel à ce modèle de développement qui permet de maîtriser son
développement et d’assurer la réplication à l’identique de la structure initiale.
C’est le cas par exemple d’Habitat et Humanisme, de l’Union des PIMMS, d’Unis-Cité, de Balise CIME et
d’ENVIE.


3. Zoom sur… : ENVIE (Entreprise Nouvelle Vers l’Insertion Economique)

 Présentation de la structure

La fédération ENVIE a pour activité l’insertion de personnes en difficulté par le biais de deux activités
économiques : le réemploi d’électroménagers (Envie EMO pour « l’électroménager d’occasion ») et le
recyclage de déchets électriques et électroniques (Envie 2E pour « environnement et emploi »).


 Explication du modèle de développement par essaimage franchisé mis en place

ENVIE est né d’un projet expérimental mené sur Strasbourg en 1985 de collecte et de revente d’appareils
électroménagers. Trois ans plus tard, la première réplication du modèle voyait le jour, tout comme la
structure ENVIE Développement chargée d’essaimer le modèle sur le territoire. La Fédération ENVIE est une
association constituée d’entreprises sociales sous forme associative.


Missions principales de la tête de réseau
La Fédération signe avec les entreprises sociales Envie un contrat de licence de marque ; elle assure pour
elles l’approvisionnement, l’aide au développement, la communication, le lobbying et la garantie du
projet social.

Initiative de développement
La création de nouvelles structures est le fait d’initiatives internes ou externes. La fédération cherche en
effet à s’implanter de plus en plus dans de nouvelles régions et incite ses structures à se regrouper
régionalement pour faire face à la concurrence. En externe, un porteur de projet peut aussi présenter une
étude de faisabilité à la Fédération et créé sa propre franchise.

Financement
Dans les deux cas, la Fédération ne supporte pas le coût financier de la création d’une nouvelle
structure. Les franchises sont indépendantes financièrement et elles doivent s’acquitter d’une cotisation
envers la tête du réseau. Un fond de solidarité fédératif a néanmoins été créé et statue sur une aide
éventuelle en cas de défaillance.

Gouvernance
Le CA de la Fédération est composé de représentants des associations adhérentes (bénévoles et directeurs)
et de personnalités qualifiées. La Fédération est représentée dans chaque CA local.
Quant au degré d’autonomie des décisions, les associations locales ont l’obligation de suivre les orientations
stratégiques définies nationalement et de respecter la charte nationale et le règlement intérieur.

Fondements et outils communs
Une charte d’engagement et un règlement intérieur lient les associations à la Fédération, en plus du
contrat de licence. La modélisation économique est pré-établie pour toutes les phases du développement.
Toutes les associations ont les mêmes outils de gestion de comptabilité et elles doivent fournir chaque à
la Fédération un tableau de bord consolidé.


 Résultats de ce modèle de développement

La Fédération ENVIE regroupe aujourd’hui 29 franchises et permet d’accompagner chaque année environ
600 chômeurs de longue durée.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.