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La Nouvelle Politique Industrielle peut-elle favoriser le retour à la compétitivité ? 1 Entreprises & Développement est une structure de recherche en économie créée en 2006 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Grand Lille et Entreprises & Cités. Son but est double. Premièrement, identifier, analyser et expliquer les fondamentaux de l’économie du Nord-Pas de Calais afin de bâtir un socle de connaissances partagées entre l’ensemble des décideurs publics et privés de la région. Deuxièmement, susciter le débat de manière à ce que l’économie de la région sorte de ses ornières macroéconomiques à travers des idées qui se veulent originales, novatrices, iconoclastes, mais avant tout pragmatiques. Ainsi, Entreprises & Développement se veut être un outil d’aide à la décision. Aussi, cette étude réalisée sur l’industrie régionale, au moment où la France se dote d’une Nouvelle Politique Industrielle, vise à mettre en avant la situation de ce secteur qui représente 18% de la valeur ajoutée totale et 18% des emplois salariés du Nord-Pas de Calais, mais dont l’importance est réelle. Savoir où en est l’industrie régionale ; c’est se donner les moyens d’un diagnostic qui pourra être décliné en action pour redonner de la compétitivité aux entreprises, améliorer l’attractivité du territoire et favoriser l’emploi. 2 PLAN La Nouvelle Politique Industrielle peut-elle favoriser le ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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La Nouvelle Politique Industrielle peut-elle favoriser le retour à la compétitivité ?
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Entreprises & Développement est une structure de recherche en économie créée en 2006 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Grand Lille et Entreprises & Cités. Son but est double. Premièrement, identifier, analyser et expliquer les fondamentaux de l’économie du Nord-Pas de Calais afin de bâtir un socle de connaissances partagées entre l’ensemble des décideurs publics et privés de la région. Deuxièmement, susciter le débat de manière à ce que l’économie de la région sorte de ses ornières macroéconomiques à travers des idées qui se veulent originales, novatrices, iconoclastes, mais avant tout pragmatiques. Ainsi, Entreprises & Développement se veut être un outil d’aide à la décision. Aussi, cette étude réalisée sur l’industrie régionale, au moment où la France se dote d’une Nouvelle Politique Industrielle, vise à mettre en avant la situation de ce secteur qui représente 18% de la valeur ajoutée totale et 18% des emplois salariés du Nord-Pas de Calais, mais dont l’importance est réelle. Savoir où en est l’industrie régionale ; c’est se donner les moyens d’un diagnostic qui pourra être décliné en action pour redonner de la compétitivité aux entreprises, améliorer l’attractivité du territoire et favoriser l’emploi.
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PLAN La Nouvelle Politique Industrielle peut-elle favoriser le retour compétitivité ? Introduction : Une nouvelle Politique Industrielle qui pose question
 L’industrie régionale crée-t-elle encore de la richesse ?  L’industrie régionale est-elle compétitive ?  Quelles sont les perspectives de l’industrie régionale d’ici 2013 ?  Un Panorama des Etats généraux de l’Industrie  Quelles stratégies, quelles réformes ?
Conclusion : Devenir un Land français
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La Nouvelle Politique peut-elle favoriser le retour à la compétitivité ? L’industrie occupe dans l’imaginaire nordiste une place importante tant elle fut le pilier de l’économie régionale. La relation qui lie l’industrie au territoire du Nord-Pas de Calais est passionnelle, rythmée par les aléas de la conjoncture économique et par son adaptation aux phénomènes socioéconomiques comme la mondialisation. D’ailleurs, cette dernière poursuit une oeuvre destabilisatrice de sélection « naturelle », qui tance les secteurs industriels fragiles et encense les secteurs industriels innovants. Aussi, devant les défis de compétitivité qu’elle érige, l’industrie de la région se doit de trouver ses avantages concurrentiels propices à sa croissance. L’avis des expertsUne Nouvelle Politique Industriellequi pose question« La suppression de la taxeLa crise économique a marqué une prise de conscienc professionnelle, le « grandde reconsidérer le modèle économique français fondé sur la toute puissance des services. Aussi, un modèle plus équilibré et équilibrant emprunt » les Etats généraux de :semble se constituer autour du triptyque service-production-l’industrie traduisent la prise deLe repositionnement et le renouveau de l’industrieinnovation. icnodnussctireinelc e» récente de limpératif s’imbrique dans un schéma créateur de réseaux et de partenariats  Didieravec en ligne de mire la reconquête d’une compétitivité perdue. Michel , Coe-Rexecode.La situation de l’industrie française est dans son ensemble peu  « Le déclin industriel est relatif. Enreluisante. Impactée par une concurrence accrue en provenance des réalité, la baisse de l’emploipays émergents, mais aussi par une devise européenne qui ne favorise industriel direct est tempérée parpas sa compétitivité-prix, l’industrie française perd des parts de une hausse des services auxD’ailleurs, entre 1998 et 2008, la part desmarché à l’exportation. entreprises. Ce phénomèneexportations française dans celle de la zone euro a fléchi de 3,6 points d’externalisation est une tendanceà 13,2%. forte, qui accélère le retrait apparentaux enjeux de la mondialisation, les industriels français ontConfrontés dCee nltirne ddusAtrniea l»y.s e Stratégique.baisse de leurs prix de vente, contribuant à unedû consentir à une  baisse relative de la valeur ajoutée créée. Cette dernière a pour effet  de contracter les marges des entreprises qui, par ricochet, diminuent j«o uAev e[c… ]l auvneen irp ardt e ilmipnodrtuasntrtiee  dsee  leurs investissements, pourtant essentiels pour leur croissance. A titre l’avenir de l’emploi dans lesde comparaison, le taux de marge (Excédent brut d’exploitation/VA) territoires de France et de la valeurdes sociétés non financières françaises est de 30,5% en 2009, lorsqu’il ajoutée nationale mais encoreest de 38,5% en Allemagne.  caDevant ce constat, les pouvoirs publics, en concertation avec les ddaivnannotvaagtei onc deluu ip aydse  ». la pacité décideurs privés, tentent de mettre en place ce qui pourrait constituer o intune nouvelle politique industrielle à travers la constitution de pôles de dRiaapgpnorsttic et leers meéndjieauirxe  priosruitra irelse,  compétitivité, la mise en place du crédit impôt-recherche, le Etats Généraux de l’Industrie.développement d’OSEO (organisme public d’aide à l’innovation).  
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L’avis des experts «Le poids de l’industrie en rechercher et développement et dans les exportations justifie une politique dédiée. D’autant que le contexte de croissances est susceptible d’accélérer la désindustrialisation ». Jean-Luc Gaffard, Professeur des Universités.  « Le gouvernement a l’air de prendre la mesure des difficultés mais ses propositions ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Il est illusoire de croire que l’Etat peut désigner les secteurs, les entreprises ou les technologies stratégiques. Rien de décisif, par contre, n’est proposé pour développer des écosystèmes innovants et faciliter l’émergence d’un tissu dense de PME exportatrices ». Elie Cohen, Directeur de recherches au CNRS.
Pour des raisons d’échelle statistique, nous nous référons à la France des régions, c'est-à-dire la métropole amputée de l’Ile de France. Le découpage sectoriel utilisé est celui fournit par l’INSEE en NES 14.
 
En amont de ce constat, des questions générales surviennent, mais dont les enjeux sont fondamentaux pour l’industrie française. D’abord quelle définition donne-t-on à l’industrie ? Au sens traditionnel, l’industrie concerne, au sens de l’INSEE les activités économiques qui combinent des facteurs de production (installations, approvisionnements, travail, savoir) pour produire des biens matériels destinés au marché. Cependant, cette définition paraît restrictive. En effet, à mesure que l’industrie consomme des services et s’engage dans une course à la technologie, son contour devient flou. Ensuite, qu’est-ce que la désindustrialisation ? Elle se définit comme le recul de la part de l’emploi industriel dans l’emploi total. Or, la question de la désindustrialisation se posait déjà en 1993 avec le rapport Arthuis. Enfin quels sont les effets de la désindustrialisation ? Les conséquences du délitement de l’industrie nationale ont été approfondies par le rapport de Fontagné et Lorenzi en 2005. Selon eux « les effets macroéconomiques de ce processus […] peuvent être dévastateurs si le tissu industriel ne se renouvelle pas, si la mobilité des ressources est entravée par les rigidités de l’économie ou la faiblesse de l’investissement, si les positions dominantes dans la technologie ne sont pas entretenues faute de dépenses suffisantes en recherche et développement ou en raison d’une organisation déficiente de la recherche, si les services à haute valeur ajoutée tardent à prendre le relais ». Ce rapport se concluait par des préconisations, connues des économistes et des politiques, pour certaines reprises dans les conclusions des Etats Généraux de l’Industrie (EGI), qui constituent la base de la Nouvelle Politique Industrielle (NPI) de la France. Au demeurant, la NPI française dévoilée le 4 mars 2010 affiche une volonté de promouvoir certaines filières qui devraient être les vitrines du « made in France » en matière d’industrie. Cependant, deux interrogations surviennent quant aux choix des filières. Une première, concerne la capacité de l’Etat à décréter les futurs secteurs porteurs de croissance et de développement pour l’ensemble des régions françaises ; une deuxième, plus effective, sur la réelle capacité de l’industrie du Nord-Pas de Calais à recouvrer sa compétitivité via les mesures de la NPI.
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Lindustrie régionale crée-t-elle encore de la richesse?  UnpoidsdealvaluerauojétetooujrsuFigure 2 – Evolution de la part des industries régionales dans la · important!gatn)eertneecnivorPdeencraFrueceoptndpio(en2008et1990 L’industrie produit 17,8% de la valeur ajoutée1,5 régionale à prix courants. Même si cette part tend à se rétracter dans le temps, l’industrie régionale1,0 crée encore de la richesse. Pour preuve, entre 1990 et 2008, la valeur ajoutée industrielle a cru de 23%.0,5 Toutefois, comparée à d’autres régions, Pays de la Loire (+66%) et PACA (+56%) notamment,0,0 l’industrie nordiste reste en retrait (figure 1). -0,5 Figure 1 – Croissance de la valeur ajoutée de l’industrie entre 1990 et 2008 (en %)-1,0 70 -1,5 60 Source INSEE, calculs E&D 50 ·ialiustrindgionredFésemèitéreiuHaecndes 40ons!érig30L’histoire socio-économique du NPDC s’est 20 le textile, industriels :construite sur trois piliers lur ie-10is.eAruigdirésgétallamtexuarénimstiduropesdietrusuelaredval40,5%7,nedn,i97l1 us 0ajoutée régionale provenaient de l’industrie prise Pays de la PACA Rhône- France des Alsace Nord - Pas Picardiedans son ensemble. Loire Alpes régions de CalaisMais, la succession des récessions les  frappant Source : INSEE, calculs E&Ddifférents piliers industriels, additionnée au fait que  li Malgrédesécartsimportantsentermedelespouvoirspublicsdansleurpdoitnidquusetriinedsusàtrfioerltlsecroissance,lesindustrielsdelarégionontproduitpnootnetntpiealssadcecomdépvaeglnoéppleemsseonrt,ontcontribuéà en 2008 pour 15,9 milliards d’euros de valeur déspécialiser l’industrie régionale sur les biens à ajoutée, seulement devancés par Rhône-Alpes (30 fort contenu technologique. milliards d’euros). Au total, les différentes industries Ai i itoire qui était considéré comme l’usine régionalesontcontribuéàhauteurde8,3%àladensla,cFertaenrcreavulepoidsdesonindustriesecréation de richesse industrielle en France des restreindre dans son propre tissu économique. La rTéoguitoenfso.is,depuis1990,lérosiondelatdecontributiondesonindustriedanssavaleurajoutée par totale la classe au huitième rang des régions les l’industrie nordiste dans la création de valeur plus industrialisées (figure 3). ajoutée de la France des régions atteint -0,8 point de pourcentage (figure 2), marquant un recul de son poids en France des régions. Selon l’OCDE, un secteur est dit à forte valeur ajoutée lorsqu’il s’agit de se référer aux potentiels technologiques susceptibles d’être incorporés dans le processus de production. Cette approche permet de mettre l’économie de la connaissance au cœur de la problématique industrielle.  6
Figure 3 – Régions les plus industrialisés (part de la VApropension à s’insérer dans des réseaux qui industrielle dans la VA totale, en %)favorisent la création d’effets de seuil et 21 d’avantages concurrentiels. 20Le dernier groupe, celui de la Picardie et du Nord-Pas de Calais comprend des régions qui possèdent 19encore une forte spécificité à créer de la richesse relativement à la France des régions, mais en net 18 recul. La dépendance vis-à-vis des établissements 17orientés sur des marchés matures (automobile, mécanique, métallurgie, textile) couplée à une 16faible présence de PMI/PME sont des facteurs lic la baisse constatée. 15exp atifs de Figure 4 – Une industrie qui s’essouffle (indicateur de création de richesse, en point)  1,4 Source : INSEE, calculs E&D 1,2 A la lecture de ce graphique nous pouvons toutefois constater que, les régions, dont le poids de1,0 l’industrie est élevé, ne sont pas celles qui créent0,8 nécessairement le plus de richesses. Ainsi, la0,6 Franche-Comté qui est la région où l’industrie est la plus forte contributrice de richesse dans son0,4 économie, produit pour 5,3 milliards d’euros de0,2 valeur ajoutée. Le NPDC, pour une économie moins dépendante de l’industrie produit 3 fois plus de0,0 valeur ajoutée. Cependant, Rhône-Alpes crée 1,9lp-AesPays de laLoirePciraidPeCARAôhenNecaslAislaCades Pad-or fois plus de richesse que le NPDC. Industrie 2008Industrie 1990 Source : INSEE, calculs E&D · Uenspécifcitéiàceérrdalericehess enorceforte· DeulrcesnelpiosmeL’analyse de la capacité des industries des régions En 2007, 239 736 personnes travaillaient dans à générer de la valeur ajoutée comparativement à l’industrie en NPDC. Elles étaient 327 858 en 1990, la France des régions (figure 4) permet de ce qui représente une destruction de 5 184 emplois distinguer trois groupes de régions.en moyenne par an. Aussi, cette baisse ne trouve Le premier groupe, celui du Pays de la Loire et de pas sa cause première dans les phénomènes PACA, révèle une capacité à créer de la valeur conjoncturels. Au contraire, il s’agit d’un tendance ajoutée croissante dans le temps. L’implantation de lourde orchestrée par une mutation de l’industrie branches industrielles de pointe comme que l’on retrouve dans l’ensemble de la France l’aéronautique, la pharmaceutique, voire l’industrie (figure 5). des composants électriques et électroniques, est caractéristique d’un tissu industriel capable d’innover sur des marchés à haute valeur ajoutée et concu ti ls.L’indice de création de richesse donne la spécificité d’un Lesecrroenndgeroupe,celuidelAlsaceetdeRhônsecteur situé dans une région à pouvoir créer de la valeur e-ajoutée comparativement à la France des régions. Ainsi, si Alpes reflète un tissu industriel qui conserve sasecteur en question crée plus del’indice est supérieur à 1, le -spécificité à créer de la richesse malgré la présenced’un tissu d’industries exposé à la concurrence des pays à bas coût de production (automobile, sidérurgie). Néanmoins, leur industrie a une
 
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 utilisateurs de facteur travail. Aussi, ceci ne relève Figure 5 – Des emplois en déclin (emploi salarié industriel,pas d’une contradiction puisque ce phénomène est base 100 en 1990)généralisé en France. En revanche, cela questionne 110sur la compétitivité de l’industrie du Nord-Pas de Calais à soutenir une compétitivité vis-à-vis de la concurrence extérieure à la région. 100 Alsace Nord-Pas de Calais Pays de la Loire 90 Picardie PACA Rhône-Alpes France des régions 80
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Source : INSEE, calculs E&D Dans notre échantillon, nous trouvons trois groupes de régions. Le premier groupe, constitué du Pays de la Loire, dévoile une croissance de la valeur ajoutée qui n’est pas corrélée avec la diminution des effectifs industriels de cette région. Il semblerait que le tissu économique du Pays de la Loire ne soit pas dans une phase de mutation profonde de son organisation. Le deuxième groupe, composé de l’Alsace, du Rhône-Alpes et de PACA, est marqué par une détérioration des effectifs salariés industriels. Aussi, l’ensemble des filières se sont restructurées afin d’accroître leur productivité sur des filières touchées par la concurrence mondiale (textile-habillement, imprimerie, automobile, métallurgie, matériel de transport). Le troisième groupe incluant la Picardie et le NPDC suggère que le tissu industriel vit une profonde mutation pouvant s’expliquer par l’externalisation des emplois autrefois intégrés dans l’industrie et aujourd’hui sous-traités à des entreprises tertiaires, comme les services opérationnels (nettoyage, gardiennage, etc.), mais aussi par une structure industrielle concentrée sur le bas ou de moyen de gamme qui se heurte à une concurrence étrangère vigoureuse à l’instar de l’industrie automobile, des biens intermédiaires (textile, métallurgie, chimie-caoutchouc-plastique), voire des équipements mécaniques. Ce constat confirme la prédisposition de l’industrie régionale à créer encore de la richesse. Mais dans le même temps, la destruction d’emplois salariés perdure, notamment dans les secteurs les plus
 
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L’industrie régionale est-elle compétitive? · Unûoctudtrvaialocmitétipf!·nrcétenaeciossUnpreucodvitiLe coût du travail annuel par salarié en NPDC, qui La productivité constitue l’un des principaux émarge à 39 103 euros, est l’un des plus vecteurs de croissance et de développement pour compétitifs de France des régions (figure 6). les entreprises, pour les salariés via une hausse des D’ailleurs, le coût de la main d’œuvre y est inférieur salaires et/ou une diminution de la durée du temps de 4,6% par rapport au coût moyen en France des de travail, mais aussi pour les consommateurs à régions. travers une diminution des prix de vente. De plus, sur la période 1996-2004, le coût de la main d’œuvre a cru de manière prononcée dans les Sur la période 1990-2008, les gains de régions du pourtour méditerranéen (+20%), en productivité annuels sont ressortis à 2,5%, Rhône-Alpes (+24,2%) et dans les régions de l’Est traduisant un effort desindustriels pour de la France (+19,6%) comparativement au NPDC rationnaliser leurs processus de production afin (+17,7%). d’accroître leur compétitivité (figure 7). Dans les faits, la structure productive de l’industrie Comparativement à d’autres régions françaises, le pourrait expliquer ces écarts. En effet, la faible NPDC se classe parmi les régions de tête. Trois présence d’industries à haute valeur ajoutée éléments peuvent l’expliquer : les entrepreneurs mobilise des personnes moins qualifiées, donc ont investi dans des machines plus performantes, potentiellement moins onéreuses sur le marché du les salariés sont relativement mieux formés et travail. Combiné à cela, le chômage élevé en NPDC l’ensemble des innovations (progrès technique) a amoindrit la pression sur les salaires dans modifié la structure de production vers plus l’industrie. d’efficacité. Dès lors, l’industrie régionale détient un avantage aFigure 7 – Des gains de productivité élevés dans la région cuonimtapirerartéifeilnptuéirseqsusailnetstendem0a,t3iè7reeudreocpoaûrtusnaitléaridael(TCAM, %, période 1990-2008) richesse produite évaluée en euro. A titre de3,5 ecto0m,p4a2reaiusroon,enceRrhaôtioe-aAtltpeienstrespectivement0,483,0 n et en PACA. 2,5 Figure 6 – Un coût de la main d’œuvre compétitif en NPDC (en 2,0 euros) 45000 1,5 400001,0 35000 0,5 30000 0,0 25000 PACA Pays de la NPDC Rhône-Alpes Alsace Picardie Loire 20000 15000Source : INSEE, calculs E&D 10000Enfin, la productivité apparente du travail annuelle, 5000qui mesure la valeur ajoutée produite par un 0salarié, se chiffre à 61 929 euros en NPDC, lorsque 1996NPDCFra2nc00e 0des régions 819 en Rhône-ce même salarié en produit 58 Source : Eurostat, calculs E&D 202 en 079 en Pays de la Loire, mais 71Alpes, 50 PACA. Toutefois, la composition du tissu économique du NPDC incite à regarder avec prudence ce type d’indicateur. En effet, la présence de secteurs
 
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soumis à la concurrence internationale, mobilisant un stock de main d’œuvre encore élevé situé sur des segments bas ou moyen de gamme laisse à penser que des efforts particuliers en terme de gain de productivité sont à prévoir. Cela se traduira par une substitution du capital au facteur travail afin de diminuer les coûts de production et gagner en rendement. Ceci est surtout vrai pour la métallurgie, le textile-habillement, voire l’industrie du verre. La baisse de l’emploi dans l’industrie régionale est à rechercher dans l’adaptation de l’industrie à des éléments exogènes comme l’arrivée de nouveaux pays concurrents ou les changements de consommation vers des produits plus innovants. Néanmoins, d’autres éléments, moins subis, peuvent jouer sur le renforcement de sa compétitivité.· Versalfnidunespécifudtsirecitiénile?Les externalisations, qui comptent pour 20 à 25% de la diminution des effectifs industriels, conjuguées à la tertiarisation de l’activité industrielle contribuent à une mutation du tissu économique qui amenuise la diversification sectorielle au profit des services. A titre d’exemple, l’indice de diversification sectorielle du NPDC entre 1990 et 2008 est passé de 0,49 à 0,59 (figure 8). Autrement dit, le tissu économique de la région, puisqu’il se rapproche de l’unité, se concentre sur un secteur : le tertiaire. Figure 8 – Une diversification qui s’amenuise Alsace 0,80 0,60 France des régions Nord - Pas-de-Calais 0,40 0,20 0,00 Rhône-Alpes Pays de la Loire
PACA Picardie 1990 2008 Source : INSEE, calculs E&D
 
 
Force est de constater que l’industrie n’a jamais été aussi proche des services. L’entreprise industrielle, lieu de production du « matériel », mute, devenant un lieu de production de l’immatériel. Brevet, design, marque, recherche et développement, commercialisation, organisation, deviennent aussi importants que la production, tant la capacité à générer de la valeur ajoutée passe désormais par ces canaux. Quelques exemples illustrent cette évolution qui met à jour une nouvelle manière de faire de l’industrie. Renault ne se définit plus comme un fabriquant d’automobile, mais comme un concepteur. Dans le même registre, les sidérurgistes ne vendent plus des tonnes d’acier, mais élaborent des solutions-acier pour leurs clients. De même, l’industrie textile ne produit plus des vêtements, mais propose une identification sociale. Dès lors, l’industrie régionale, pour améliorer sa compétitivité, devra intégrer l’immatériel dans sa chaine de production. De ce fait, l’industrie contemporaine est transformée et accompagnée par ces métiers du service provenant du tertiaire supérieur. ·  flbasLilbiaatessesedédesntmesetaile moyenneComme le concède le Centre d’Analyse Economique, le mal français est de ne pas avoir suffisamment d’établissements de taille intermédiaire. Or, comme le prouvent les exemples italiens et allemands, les établissements de 10 à 199 salariés bien que moins innovants que les plus de 250 salariés possèdent des potentiels d’innovation susceptibles de jouer un rôle essentiel dans le processus de croissance micro et macroéconomique. Un constat similaire peut être fait pour le NPDC (figure 9).
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Figure 9 – Où sont les entreprises de taille intermédiaire ? (en unité) 4000 70000 350060000 300050000 2500 40000 2000 30000 1500 1000 20000 500 10000 0 0
Etablissements Effectifs salariés Source : INSEE, calculs E& Parmi les 98% de PMI qui regroupent 56% des effectifs salariés de l’industrie régionale, 35% des établissements ont une taille comprise entre 10 et 199 salariés, contre près de 30% en France des régions. De même la région compte 12 établissements de taille moyenne pour 1000 salariés dans l’industrie contre 14 en France des régions. Pour égaler ce chiffre, il faudrait 389 établissements supplémentaires de 10 à 199 salariés. Dans ce contexte, l’incitation des chefs d’entreprises à développer leurs PMI s’impose comme un enjeu essentiel en termes d’innovation, de création d’emploi directe et induite, de positionnement à l’international, voire de dynamique concurrentielle. ·Linvstesisementseffirte La formation brute de capital fixe (FBCF), qui mesure la valeur des acquisitions d’actifs fixes utilisée dans le processus de production, dévoile une situation pernicieuse pour l’avenir. Effectivement, l’histoire économique révèle que la croissance économique d’un agent économique, telles que les entreprises, passe par une phase d’investissement qui enclenche un mécanisme d’effet multiplicateur propre à accroître son revenu. Toujours est-il qu’en matière de FBCF dans l’industrie, le NPDC arrive en deuxième position en France des régions avec 2,5 milliards d’euros en
 
2003, en baisse de 4,9% depuis 1995. Il est à remarquer que parmi les cinq premières régions, le NPDC est la seule à voir ses investissements industriels diminuer (figure 10). Figure 10 – Un investissement en légère diminution (base 100 en 1995) 250 200 150
Rhône-Alpes Nord - Pas-de-Calais  Pays de la Loire Midi-Pyrénées Provence-Alpes-Côte d'Azur
100 50 0 1995 1997 1999 2001 2003  Source : INSEE, calculs E&D Par ailleurs, il existe une corrélation positive entre la présence d’industries à forte valeur ajoutée et la croissance de l’investissement. Ainsi, que ce soit en Midi-Pyrénées (+113,7%) ou en Pays de la Loire (+44,1%) les industriels investissent plus qu’ailleurs du fait de la présence de l’aéronautique, de la pharmaceutique, ou de la mécanique de pointe. Pareillement, le taux d’investissement confirme les faits précédents pour Midi-Pyrénées (+25%) et pour PACA (+19,3%). En revanche, ce taux atteint +19,1% en région NPDC, soit 1,9 point de moins qu’en France des régions. Le danger de rendre inefficients les processus de production en termes de productivité et de rentabilité existe du fait d’un moindre investissement. Autrement dit, la capacité d’être leader sur un marché provient en partie de la volonté et de la faculté d’investissement des entreprises. La question est d’autant plus cruciale dans la gestion de l’après crise, puisque les gains de productivité seront déterminés parl’obsolescence ou non du capital physique, c'est-à-dire des machines.
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