La creation d entreprise - Projets et realisations - 7e seminaire de la Direction des Statistiques

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Les nouvelles entreprises et les créations d’emplois : une étude économétrique sur données individuelles Alors que les analyses en termes de survie des En appliquant différents modèles économétriques aux entreprises nouvellement créées sont largement variations de l’emploi dans les entreprises nouvellement développées, celles qui recherchent les facteurs créées à partir de 1994, la partie statistique de l’étude d’expansion, ou au contraire de stagnation, voire de visera à déterminer les facteurs qui favorisent la pérennité diminution et de destruction des emplois dans les et la croissance de l’emploi. Les facteurs de l’emploi qui entreprises nouvellement créées le sont beaucoup moins. seront testés concerneront notamment le capital humain du créateur (formation, expérience), les moyens de L’étude se propose tout d’abord de synthétiser les financement utilisés (y compris les aides publiques), le analyses qui tentent d’expliquer l’expansion, la stagnation marché sur lequel se lance le créateur, la région et le ou la disparition des emplois des entreprises nouvellement secteur de la création.créées. Elle s’appuiera particulièrement sur les théories schumpeterienne ou néo-schumpeterienne de l’activité économique : coût de transaction, limites de l’organisation. Créer : mythes et réalités 77 Start-ups and job creations: an econometric study While there is an abundance of studies on the survival of By applying different econometric models to the variations ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Les nouvelles entreprises et les créations d’emplois : une étude économétrique sur données individuelles
Alors que les analyses en termes de survie des entreprises nouvellement créées sont largement développées, celles qui recherchent les facteurs d’expansion, ou au contraire de stagnation, voire de diminution et de destruction des emplois dans les entreprises nouvellement créées le sont beaucoup moins. L’étude se propose tout d’abord de synthétiser les analyses qui tentent d’expliquer l’expansion, la stagnation ou la disparition des emplois des entreprises nouvellement créées. Elle s’appuiera particulièrement sur les théories schumpeterienne ou néo-schumpeterienne de l’activité économique : coût de transaction, limites de l’organisation.
Créer : mythes et réalités  
En appliquant différents modèles économétriques aux variations de l’emploi dans les entreprises nouvellement créées à partir de 1994, la partie statistique de l’étude visera à déterminer les facteurs qui favorisent la pérennité et la croissance de l’emploi. Les facteurs de l’emploi qui seront testés concerneront notamment le capital humain du créateur (formation, expérience), les moyens de financement utilisés (y compris les aides publiques), le marché sur lequel se lance le créateur, la région et le secteur de la création.
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Start-ups and job creations: an econometric study
While there is an abundance of studies on the survival of newly created enterprises, there has been much less analysis of the factors underlying job creations, stabilization or reduction in start-ups. The paper begins with a summary of the analyses that seek to explain these employment patterns. Reference is made in particular to Schumpeterian and neo-Schumpeterian theories of economic activity centered on transaction costs and organizational limits.  
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By applying different econometric models to the variations in employment in newly created enterprises since 1994, the statistical section will seek to determine the factors conducive to employment stability and growth. The main employment factors tested are the founder’s human capital (skills, experience), the financing resources used (including public subsidies), the market in which the start-up is being launched, and the new firm’s location and industry.
Insee Méthodes  
LES NOUVELLES ENTREPRISES ET LES CREATIONS D’EMPLOIS : UNE ETUDE ECONOMETRIQUE SUR DONNEES INDIVIDUELLES  
Madeleine Andreff Université de Marne-la-Vallée OEP (Organisation et efficacité de la production)
Dominique Redor Université de Marne-la-Vallée GIP MIS (groupement d’intérêt public Mutations des industries et des services)  
Selon les données américaines, les créations de nouvelles activités ont été à l’origine de 50 % des emplois nets créés (emplois des nouveaux établissements, diminués des emplois des établissements ayant cessé leur activité, comparés à l’expansion des emplois dans les établissements existants, diminués des suppressions d’emplois dans les établissements existants) aux États -Unis au cours de la période de prospérité des années quatre -vingt-dix ( Monthly Labour Review Statistics , 2001). En France, en 2000, 272 000 entreprises ont été créées, reprises ou « réactivées » (APCE, 2001, reprenant les sources Sirene). Il est de plus remarquable qu’en France, le nombre annuel d’entreprises créées au cours des années quatre -vingt-dix ait peu varié, et n’ait pas de liens apparents avec le cycle économique. Plusieurs études économétriques américaines et françaises (Davis, Haltiwanger, 1990 ; Monthly Labour Review Statistics , 2001, p. 6-7 ; Bonnet, Renou-Maissant, 2000) confirment que si les cessations d’activité et les suppressions d’emplois qui les accompagnent sont sensibles à la conjoncture, les créations d’entreprises conservent un rythme élevé en période de basse conjoncture. En effet, en période de récession et de chômage, le coût d’opportunité de création d’une entreprise nouvelle s’abaisse en raison des difficultés qu’il y a à trouver un emploi dans les entreprises existantes. De plus, Bonnet et Renou-Maissant (2000) distinguent les créations dans les secteurs concurrentiels (peu concentrés) et dans les secteurs oligopolistiques (très concentrés). Dans la phase ascendante du cycle, les entreprises de ces derniers secteurs renforceraient leur position sur leurs marchés et les barrières à l’entrée, ce qui aurait pour effet de rendre plus difficiles et coûteuses les créations. Par ailleurs l’enquête SINE, présentée en détail ci-après, montre que le développement des firmes nouvellement créées est très inégal. Sur 87 000 firmes créées au premier semestre 1994, trois ans plus tard 40 100 avaient disparu, 29 100 avaient leurs effectifs stagnants ou déclinant, et 17 800 seulement avaient augmenté leurs effectifs, montrant ainsi la concentration du développement de l’emploi sur un nombre relativement restreint de nouvelles entreprises. L’analyse économique des facteurs de la création et du développement des nouvelles entreprises revêt donc une importance particulière à plusieurs égards. Tout d’abord, du point de vue de la politique de l’emploi, les gouvernements des pays occidentaux, mais aussi de nombreux pays en voie de développement, ont mis en œuvre des moyens financiers pour stimuler la création des nouvelles entreprises et, par ce biais, tenter d’augmenter le volume de l’emploi. L’objectif est également d’amortir les effets négatifs des récessions sur l’emploi, étant donné le caractère contra -cyclique des créations d’entreprises. La question de l’efficacité de l’utilisation des moyens mis en œuvre se pose donc. D’un point de vue théorique, le créateur d’entreprise est avant tout un « entrepreneur » dont les caractéristiques individuelles, si l’on reprend les analyses des économistes d’inspiration schumpeterienne, sont un des déterminants du développement des nouvelles activités. Cependant, l’environnement macroéconomique, conditionné en partie par l’État, doit être également pris en compte, ne serait -ce que par la place que tient le crédit dans les analyses schumpeteriennes. Enfin, différents courants de l’économie industrielle contemporaine insistent sur les conditions sectorielles et microéconomiques du développement des firmes. En effet, celui-ci
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dépend des caractéristiques des biens ou services qu’elles vendent sur leur marché, des liens de coopération, des alliances qu’elles sont susceptibles de créer avec des entreprises intervenant à l’intérieur, en aval ou en amont de leur propre secteur d’activité. Notre contribution s’organise de la façon suivante. Dans une première partie, nous reprenons les différentes analyses théoriques qui visent à individualiser les facteurs de la création et du développement en termes d’emplois des firmes. Cette présentation s’articule spécialement autour de l’existence de très petites et de petites firmes dans des économies modernes, qui sont par ailleurs dominées par des entreprises multinationales de très grande taille. La deuxième partie est empirique et utilise l’enquête SINE réalisée par l’Insee sur une cohorte d’entreprises nées au premier trimestre 1994, et à nouveau interrogées en 1997 et 1999. En nous fondant sur les enseignements de la première partie, nous y présentons les grandes lignes du développement des entreprises de l’échantillon étudié, et estimons un modèle statistique d’analyse de l’évolution des effectifs des entreprises nées en 1994, en nous centrant sur les conditions et facteurs initiaux de la croissance de ces firmes. Notre conclusion se concentre sur les effets des politiques d’aide à la création d’entreprise, et sur la portée et les limites des résultats de nos estimations statistiques par rapport aux courants théoriques mobilisés précédemment.
1. Les facteurs du développement des nouvelles entreprises
Les entreprises nouvellement créées sont de très petite taille : la majorité d’entre elles comptent un seul emploi qui est le plus souvent non salarié. La distinction entre le dirigeant (ou les dirigeants) qui finance(nt) et contrôle(nt) l’activité et l’entrepreneur qui recherche une « nouvelle combinaison » (selon les analyses de Schumpeter, 1934) n’est le plus souvent pas pertinente. De ce fait, le créateur d’entreprise a pendant plusieurs années une position dominante et détermine pour une large part l’organisation interne de la firme, la définition de sa position commerciale et la stratégie par rapport à ses concurrents. Il est donc fondamental de prendre en compte, dans un premier temps, l’origine du créateur, sa formation, son expérience et ses motivations. Néanmoins, l’environnement de la nouvelle firme impose au créateur un vaste ensemble de contraintes qu’il prend en compte, et qui influencent largement ses décisions. La survie de la firme, et son éventuel développement, dépendent donc des caractéristiques individuelles du créateur, et de sa capacité à s’adapter à son environnement économique.
1.1. Les caractéristiques individuelles du créateur La mission de l’entrepreneur est, selon Schumpeter, de rechercher des opportunités et des ressources à mobiliser pour obtenir une nouvelle fonction de production dont il puisse recueillir « les avantages temporaires et des revenus extraordinaires provenant de l’innovation ». Et Schumpeter ajoute : « L’exécution des nouvelles tâches est une fonction particulière, pour cette raison, les entrepreneurs sont un type particulier d’agents » (Schumpeter, 1934, p. 106 et 116). Cependant, deux reproches principaux ont été adressés aux conceptions schumpeteriennes de l’entrepreneur-innovateur. Tout d’abord, l’innovation est une fonction certes importante, mais qui est loin d’être unique de l’entrepreneur. Celui-ci a en fait un rôle pluri-fonctionnel qui concerne la direction, l’organisation, la politique commerciale. Dans cette optique, l’innovation est une fonction parmi d’autres, inégalement développée suivant les secteurs, et les technologiques utilisées. Ensuite l’entrepreneur apparaît, dans les conceptions schumpeteriennes, comme un « deus ex-machina », dont les qualités et les caractéristiques individuelles restent cachées. Certains estiment même que l’accent mis par Schumpeter sur l’entrepreneur, dont les qualités intrinsèques demeurent mystérieuses, ont bloqué la recherche sur les fonctions entrepreneuriales (Romani, 1991, p. 87). Deux pistes de recherche demeurent cependant, selon nous, ouvertes. Premièrement, s’il est admis que les qualités de l’entrepreneur demeurent cachées et inobservables, il peut néanmoins exister des variables ou des facteurs corrélés avec les qualités entrepreneuriales dont l’étude pourrait en quelque sorte « révéler » ces qualités.
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Le premier facteur que l’on peut avancer est le capital humain, et principalement le diplôme obtenu par le créateur d’entreprise. On peut supposer cependant (hyp othèse qu’il conviendra de vérifier) que, contrairement à la théorie du capital humain dans sa version standard, la spécialisation du diplôme compte davantage que son niveau (Redor, 1999, p. 65-72). On peut faire l’hypothèse en effet que les diplômes spécialisés dans les disciplines techniques et liées à la gestion d’entreprise ont un rôle plus significatif que le nombre d’années d’études. Il faut ici distinguer les différentes catégories d’entrepreneurs et les secteurs, formes d’organisation, marchés sur lesquels ils opèrent. De nombreuses typologies ont été construites à cet effet (voir par exemple Marchesnay, 1991 ; Picory, 1994 ; Rizzoni, 1994). Si l’on s’en tient aux activités artisanales, Marchesnay (1991, p. 462-465) distingue trois catégories d’entre prises. La première est constituée d’entreprises utilisant une technologie à faible complexité, donc accessible à un grand nombre de concurrents, et relativement stable. La seconde maîtrise des technologies plus complexes, accessibles à un nombre limité de spécialistes, et évolutives. La troisième est constituée par les « nouveaux entrepreneurs » qui évoluent dans le domaine des technologies de l’information et de la communication et se trouvent confrontés à des technologies innovantes et des marchés très fluctuants. Cette simple typologie montre bien à quel point les qualifications et diplômes nécessaires pour créer et développer une entreprise nouvelle peuvent être différenciés. Quant à « l’expérience », elle ne saurait se limiter au nombre d’années de vie professionnelle comme dans la théorie du capital humain, mais devrait distinguer les emplois et fonctions occupés avant la création d’entreprise. Une première expérience réussie dans une fonction entrepreneuriale peut être un facteur qui révèle les capacités à entreprendre. On peut se demander aussi si une expérience de salarié est favorable à la création d’entreprise, si on compare ce salarié à une personne qui n’a jamais eu d’expérience professionnelle (jeune qui sort du système éducatif) par exemple. L’étude statistique menée ci-après permettra d’apporter une réponse concrète à ces questions. Deuxièmement, si les qualités de l’entrepreneur-créateur d’entreprise demeurent, pour une large part « latentes », il est intéressant de connaître les motivations qui sont exprimées par celui-ci. En d’autres termes, l’entrepreneur est-il en mesure de révéler à l’observateur les qualités, goûts, aspirations qui font de lui un bon créateur susceptible de développer son entreprise ? Bien sûr, la position de l’observateur n’est pas neutre, et il faut se demander si le créateur enquêté n’a pas intérêt à manipuler l’information qu’il transmet à l’enquêteur. Même si l’on répond par la négative à cette question, c’est en quelque sorte la capacité de l’entrepreneur à s’auto -évaluer qui est ici en jeu. Ce phénomène pourra être étudié dans l’exploitation statistique de l’enquête, présentée dans notre deuxième partie, grâce aux questions qualitatives qui sont posées aux créateurs d’entreprises.
1.2. La création -développement des firmes et leur environnement Rappelons que, dans notre étude, le développement est saisi au moyen de la croissance des effectifs des personnes, quel que soit leur statut, qui travaillent dans la firme nouvellement créée. Ces effectifs dépendent en partie de l’environnement macroéconomique dont les caractéristiques sont largement déterminées par l’État. Ils dépendent aussi du positionnement de la firme nouvelle au sein de son secteur d’activité et sur son marché, et enfin de sa capacité à créer des liens priv ilégiés avec d’autres firmes, surtout avec celles ayant une position déjà établie sur leur marché. Parmi les facteurs macroéconomiques qui influent sur la création et le développement de l’entreprise, il faut citer les conditions du financement des nouvelles entreprises. Si le crédit est relativement abondant et les taux d’intérêt peu élevés, ceci aura, toutes choses égales par ailleurs, un effet positif sur la création et le développement des nouvelles firmes qui, par nature, ont des moyens d’autofinanceme nt limités à l’apport du créateur. Néanmoins se pose la question de l’attribution des crédits. Les banques ont tendance à financer les projets les plus sûrs. C’est pourquoi certains financements publics sont attribués à des créateurs que l’État peut avoir des raisons particulières de soutenir. C’est le cas des chômeurs pour lesquels l’efficacité de l’aide publique pourra être évaluée grâce aux estimations statistiques effectuées ci-après. Pour ce qui est de l’environnement économique de la firme nouvelle, nous nous référerons, dans un premier temps, à la théorie évolutionniste qui pose d’emblée la question du processus de sélection des firmes, c’est-à-dire du processus qui va permettre leur développement ou au contraire entraîner leur disparition.
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Les théoriciens « évolutionnistes » (Nelson et Winter, 1982, p. 232) insistent sur la pluralité des environnements de sélection des firmes. Ils partent de la conception de la diversité « des voies par lesquelles les innovations sont filtrées, certaines essayées et rejetées, d’autres acceptées et propagées ». Cette diversité ou pluralité concerne à la fois les trajectoires technologiques, les formes institutionnelles, les structures de marché et les caractéristiques de la concurrence dans laquelle les entreprises évoluent. Dans ce processus de sélection, comment les firmes nouvelles, qui sont essentiellement de petite, voire de très petite taille, peuvent-elles survivre, voire se développer, face aux entreprises existantes ? La réponse à cette question dépend tout d’abord de leur environnement tel qu’il est appréhendé ci-dessus. Elle doit être aussi rattachée à la notion d’économies externes à la firme, appliquée, dans la lignée marshallienne, à un système territorial de firmes (district) ou à un secteur d’activité (Pic ory, 1994, p. 46-48). Selon cette conception, de petites entreprises peuvent bénéficier d’avantages liés à leur localisation, soit en raison de la circulation des idées et de la main -d’œuvre sur leur territoire, soit en raison de la spécialisation de la firme, et de la division du travail et des coopérations et collaborations qui s’établissent entre les firmes appartenant à un même territoire. Pour ce qui est de l’innovation (qu’elle soit organisationnelle ou repose sur l’utilisation de technologies avancées), les petites firmes seraient plutôt complémentaires qu’en concurrence directe avec les grandes firmes (Picory, 1994, p. 48). Tout d’abord, les PME disposeraient d’avantages comparatifs en matière d’innovation liés aux structures organisationnelles et aux incitations individuelles qui en résultent (Arrow, 1983). Ensuite, les PME peuvent tirer avantages d’économies externes sectorielles en profitant des opportunités technologiques et des produits de la recherche (Dosi, 1984) qui proviennent des grandes entreprises. Les liens entre petites et grandes firmes peuvent être informels, ou concerner l’échange de savoir (y compris des brevets) et les mouvements de départs et d’embauches des hommes entre les entreprises. Mais il peut aussi s’agir de liens établis lo rs d’accords de coopération dont les formes peuvent être multiples. Un troisième courant d’analyse se rapporte au modèle de spécialisation flexible dans un contexte de marché caractérisé par la diversité et la variabilité de la demande (Piore et Sabel, 198 4). Dans ce cadre, les petites entreprises sont susceptibles de mettre en place une organisation non hiérarchisée et plus réactive aux variations de la demande, surtout dans les secteurs des services où le rapport à la clientèle est immédiat. La flexibilit é et l’innovation organisationnelles sont ici en cause. Dans cette perspective, les données empiriques font ressortir que, dans les économies modernes, les nouvelles entreprises concernent majoritairement des activités de service dont la nature peut d’ailleurs fortement varier suivant les types de clientèle. Or, les petites entreprises peuvent disposer d’avantages comparatifs dans ce domaine également. Tout d’abord, pour ces activités, il existe rarement des économies d’échelle internes à la firme qui pourraient profiter aux plus grandes d’entre elles. Les entreprises les mieux adaptées doivent avoir une spécialisation flexible pour répondre aux besoins des clients, usagers ou partenaires (selon le cas : grand public, petit nombre de partenaires -entreprises, voire donneur d’ordres unique, Marchesnay, 1991, p. 461- 462). Finalement, les avantages comparatifs potentiels des petites firmes nouvellement créées ne sont pas négligeables, et la théorie évolutionniste définit les conditions de sélection (disparition / développement) des firmes en fonction de leur capacité à s’adapter aux conditions changeantes de leur environnement. La théorie des coûts de transaction (Coase, 1934 ; Williamson 1975, 1985), quant à elle, présente l’intérêt d’intégrer en une même analyse les transactions marchandes (contrats commerciaux, mais aussi contrats de prestations de services de long terme) et non marchandes (relations internes à la firme). Elle vise à établir une théorie générale de l’organisation des firmes, et des formes contractuelles et de coopération entre elles. À cet égard, elle apporte des enseignements intéressants, pour notre propos, sur les conditions du développement des firmes. Le choix des formes d’organisation de la firme (y compris de la taille et du développement de celle-ci), et des liens contractuels inter-firmes, est déterminé par l’objectif de minimisation de ses coûts de transaction et de production. Une notion importante est celle d’actif, qui est défini comme spécifique, lorsque son utilisation efficace est liée exclusivement à une transaction ou opération particulière. Ceci s’applique par exemple aux investissements matériels ou humains. Par exemple, un travailleur a une qualification spécifique lorsque celle -ci n’est pleinement
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utilisable que dans une entreprise particulière (en raison de son activité, son organisation, etc.). Dans ces conditions, la transaction ne peut pas être anonyme et instantanée comme dans les transactions commerciales classiques, et elle crée un lien de dépendance entre les parties. Lorsque les transactions d’une entreprise portent sur les actifs très spécifiques, que de plus elles sont entachées d’une forte incertitude et très fréquentes, l’entreprise aura intérêt, pour minimiser ses coûts de transaction, à « internaliser » la plupart des opérations correspondantes, en les absorbant. Williamson (1991) explique ainsi l’intégration verticale de certaines firmes. À l’opposé, les transactions de marché classiques (contrats commerciaux de simple achat-vente), sont ponctuelles et anonymes, et leur objet est parfaitement connu. Entre ces deux cas polaires, on trouve un grand nombre de situations intermédiaires correspondant à des arrangements institutionnels et organisationnels nettement différenciés (tels que la sous-traitance, les accords d e coopération). Si l’objectif de minimisation des coûts de transaction détermine les formes de relations entre firmes, il détermine aussi leur organisation interne et finalement leur taille. En effet, dans un de ses premiers ouvrages, Williamson (1975) a montré comment l’arbitrage entre l’internalisation des activités et leur externalisation (faire ou bien faire-faire) est guidé par le même objectif. Puisque la hiérarchie de l’organisation, lorsqu’elle se développe, peut être à l’origine de coûts croissants , on comprend que l’entreprise puisse avoir intérêt à limiter sa taille, et à établir des partenariats et des alliances avec d’autres entreprises. Cette théorie a des implications importantes pour l’analyse de la création et du développement des firmes. Tout d’abord, la petite taille n’est pas nécessairement un désavantage ; la taille la plus adaptée de l’entreprise dépend du calcul de minimisation des coûts de transaction. Ensuite, pour les petites firmes, les accords de long terme avec des firmes plus imp ortantes peuvent être une opportunité pour « monter en puissance », voire même pour occuper en permanence des positions de sous -traitants, ou de prestataires de service. La qualité de ces liens est alors au centre de la pérennité et du développement de l’e ntreprise. Une trop grande dépendance vis -à-vis d’un petit nombre de donneurs d’ordres peut mettre en danger l’existence même de la firme sous-traitante ou prestataire de service, dans un espace temporel qui, on l’a vu, est incertain. Dans cette perspectiv e, il est sûr que l’entreprise a intérêt à diversifier les risques auxquels elle peut être exposée, en multipliant le nombre de ses partenaires, et éventuellement, la nature des liens qui l’unissent à ceux-ci (par exemple en ayant une activité propre, en d ehors des activités de sous -traitance). Ce rapide tour d’horizon va servir de fondement à nos analyses statistiques. Il va contribuer tout d’abord à la sélection des variables pertinentes, celles dont on peut penser qu’elles ont une influence sur le dévelo ppement des firmes. Ensuite, il servira de guide d’interprétation aux résultats obtenus.
2. Étude du développement d’une cohorte d’entreprises nées en 1994 : analyse statistique et économétrique Nous présentons tout d’abord l’enquête utilisée, son contenu, et quelques tendances globales sur l’évolution de la démographie des entreprises étudiées et de leurs effectifs d’actifs et de salariés en 1994, 1997 et 1999. Ensuite, nous menons une analyse économétrique des facteurs qui sont à l’origine du développement de ces firmes.
2.1. Analyse statistique L’enquête SINE utilisée ci-après est constituée d’un échantillon d’entreprises créées au cours du premier semestre 1994 (et ayant vécu au moins un mois) et qui est suivi pendant cinq ans. En effet, interrogées une première fois en septembre 1994, les entreprises ont été à nouveau enquêtées en septembre 1997, puis en septembre 1999. Les entreprises retenues appartiennent au champ ICS de la démographie des entreprises (c’est-à-dire les secteurs industrie, construction, commerce et services, à l’exclusion de l’agriculture et des institutions financières). Sont exclues les entreprises réactivées, certaines sociétés civiles, les activités d’administration, les unités sans activité et les montages juridiques. Sont donc retenues les « créations pures » d’entreprises, les reprises et les transformations d’entreprise individuelle en société.
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Le questionnaire de la première vague d’interrogation en 1994 se composait de trois parties : le profil du créateur, les conditions de la création, et le descriptif de l’entreprise. Les questionnaires des deuxième et troisième vagues, remplis par les entreprises encore en activité, reprennent certaines de ces rubriques ; de plus, ils portent sur les débouchés, les relations avec les autres entreprises, le bilan de l’emploi et des investissements, et les principales difficultés rencontrées. Dans notre étude, nous n’avons pas tenu compte des entreprises hors champ en 1997 et/ou en 1999. La partie économétrique se limitera aux entreprises indiv iduelles, en excluant les projets d’équipe et les filiales, afin de pouvoir prendre en compte de manière correcte les variables liées au profil du créateur. Au premier semestre 1994, 87 040 entreprises ont été créées (dont 70 % en création pure, 26 % en reprise et 4 % en transformation). Ces entreprises sont à l’origine de 185 000 nouveaux emplois 1 (dont 55 % pour les créations pures, 36 % pour les reprises et 8 % pour les transformations). Comme on pouvait s’y attendre, la taille des entreprises est largement inférieure pour les créations pures (1,7 actif), que pour les reprises (3,1) ou les transformations (4,2). Un grand nombre d’entreprises disparaissent rapidement : plus de 17 % d’entre elles meurent avant la première année ; au bout de trois ans il n’e n reste plus que 59 %, et au bout de cinq ans 46 % (tableau 1). Cette mortalité précoce des entreprises entraîne une diminution du nombre de personnes actives dans les entreprises qui survivent : en 1997, il restait 155 000 actifs et, en 1999, 145 000, sur un total initial, rappelons le, de 185 000. Cette diminution de l’emploi est, cependant, moins importante que celle des entreprises : 16 % en trois ans (au lieu de 41 %) et 22 % en cinq ans (au lieu de 54 %). Par contre, si on ne s’intéresse qu’aux entreprises encore en activité en 1997 ou 1999, l’évolution du nombre d’actifs est différente : il y a, alors, une croissance forte du nombre d’actifs dans ces entreprises : 39 % entre 1994 et 1997 pour les entreprises en vie en 1997, et 54 % entre 1994 et 1999 pour les entreprises en vie en 1999 (tableau 2). La création d’emplois salariés, elle, est favorable : de 75 000 salariés au démarrage, on passe à 96 000 en 1997, et à 97 000 en 1999. Malgré la mort de nombreuses entreprises, les taux d’évolution restent donc positifs. Ceci provient de deux phénomènes que nous ne sommes pas en mesure de dissocier : l’expansion de l’emploi salarié dans les entreprises survivantes, mais aussi la transformation d’emplois non salariés en emplois salariés. Tableau 1 - Taille moyenne des entreprises selon le nombre d’années de vie* Nombre d’années % d’entreprises Nombre d’actifs % d’actifs au Taille moyenne de vie au démarrage démarrage au démarrage 0 à 1 an 17,3 23 920 12,9 1,59 1 à 2 ans 12,9 20 699 11,1 1,85 2 à 3 ans 10,9 19 641 10,6 2,07 3 à 4 ans 9,3 15 845 8,6 2,00 4 à 5 ans 2,9 6 060 3,3 2,37 5 ans et plus 46,7 99 245 53,5 2,42 Total 100,0 185 410 100,0 2,1 * entreprises créées au premier semestre 1994 Source : SINE et calculs des auteurs                                                                  1. Nous travaillons sur le nombre d’actifs de l’entreprise et non pas seulement sur le nombre de salariés. Il s’agit donc des dirigeants salariés ou non, des conjoints collaborateurs, des salariés à temps plein ou à temps partiel. 84 Insee Méthodes  
Tableau 2 - Création d’entreprises et créations d’emplois   Entreprises créées au 1er semestre 1994 Entreprises en vie en 1997 Entreprises en vie en 1999  nb entreprises nb actifs nb salariés nb actifs nb salariés nb actifs nb salariés 1994 87 040 185 410 75 340 111 520 51 090 94 330 44 280 1997 46 860 155 030 95 680 155 030 95 680 131 880 82 439 1999 38 800 145 260 96 520 145 260 96 520 145 260 96 520 taux dévolution en % 94/97 -46,2 -16,4 27,0 39,0 87,3 39,8 86,2 94/99 -55,4 -21,7 28,1 30,3 88,9 54,0 118,0 97/99 -17,2 -6,3 8,8 -6,3 8,8 10,1 17,1  Source : SINE et calculs des auteurs ; les valeurs sont arrondies à la dizaine. Le tableau 1 met en évidence une relation croissante entre le taille des entreprises au départ, et leur nombre d’années de vie. Pour les entreprises qui survivent jusqu’en 1999, la croissance de l’emploi est rapide : leur taille moyenne s’accroît de 50% en 5 ans : 2,4 actifs au démarrage, 3,3 en 1997, et 3,7 en 1999. Néanmoins, cette croissance est très inégale : beaucoup d’entreprises ont gardé le même nombre d’actifs : 47 % entre le démarrage et 1997, 41 % entre le démarrage et 1999, et 48 % entre les deux vagues d’interrogation. Si les entreprises ne meurent pas, cela n’empêche pas leur taille de diminuer pour une part non négligeable d’entre elles : 15 % entre le démarrage et 1997, 16 % entre le démarrage et 1999, et 20 % entre 1997 et 1999. Les entreprises pérennes restent donc fragiles du point de vue de l’emploi. En revanche 43 % des entreprises encore en vie en 1999 ont augmenté leur emploi depuis leur création. Cependant, étant donné que moins de la moitié des entreprises sont encore en activité au bout de cinq ans, ce ne sont que 19 % des entreprises créées en 1994 qui ont pu augmenter leurs effectifs au terme de cette période. Ajoutons que le sect eur d’activité de l’entreprise n’est pas une variable très discriminante de la taille moyenne : la plupart des entreprises ont un nombre moyen d’emplois compris entre 1,8 et 2,5, sauf pour les entreprises de l’agro-alimentaire ou les autres industries dont la taille moyenne est de 3 actifs (mais cela ne concerne que 10 % des entreprises). Si on s’intéresse aux aides financières au démarrage, le fait d’avoir obtenu un prêt permet à l’entreprise de démarrer avec un plus grand nombre d’actifs (2,5) ; à l’inverse, les entreprises qui ont demandé un prêt sans l’obtenir ont une taille moyenne au démarrage plus faible (1,9 actif). Par contre, obtenir une aide financière publique est surtout le fait d’entreprises de plus petite taille (1,7 actif). En général, les créateurs d’entreprises qui sont au chômage ou sans activité démarrent leur activité dans des structures plus petites que les créateurs actifs (2 contre 2,4).
Tableau 3 - Pertes et créations d’emplois Emplois Au En 1997 Emplois perdus Emplois créés En 1999 Emplois perdus Emplois créés démarrage entre 94 et 9 7 entre 94 et 97 entre 94 et 99 entre 94 et 99 actifs 185 410 155 030 73 890 43 510 145 260 91 080 50 930 salariés 75 340 95 680 24 250 44 590 96 520 31 060 52 240 Source : SINE et calculs des auteurs ; les valeurs sont arrondies à la dizaine. Le tableau 3 montre que les flux de créations / disparitions d’emplois sont élevés au cours de chaque période, et confirme que le diagnostic est différent selon que l’on considère l’ensemble des emplois ou seuleme nt les emplois salariés.
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De plus, il est difficile de mesurer l’impact de ces flux sur la situation générale du marché du travail, exprimée en stock de population active ayant un emploi ou de chômeurs. La seule comparaison significative doit concerner les flux de créations / suppressions d’emplois au niveau macroéconomique. Dans cette perspective, il est intéressant de noter qu’en 1993 300 000 emplois auraient été créés dans les établissements existants de plus de 10 salariés (Belloc, Le Minez, 1994, les informations comparables concernant les suppressions d'emplois ne sont pas disponibles). Si l’on s’en tient aux créations de SINE (185 000 pour le seul premier semestre 1994), l’impact des nouvelles entreprises sur l’évolution générale de l’emploi serait pro che de 50 %, ce qui correspond au taux avancé pour les États -Unis (voir l’introduction de cet article). Cette évaluation demanderait cependant une analyse approfondie, ne serait -ce qu’en raison de l’impact des suppressions d’emplois correspondant à des entreprises qui disparaissent, et qui est, en dehors de l’enquête SINE, mal saisi par notre appareil statistique.
2.2. Analyse économétrique L’objectif de l’analyse économétrique est de mettre en évidence, au niveau de chaque entreprise de l’échantillon de l’enquête SINE, les facteurs qui, à l’origine (en 1994), déterminent l’évolution des effectifs d’emplois à échéance de 1997 et 1999. La notion d’emploi est ici prise dans son acception la plus large : il s’agit de l’actif ou des actifs qui travaillent dans les entreprises, quel que soit leur statut (dirigeant non salarié, dirigeant salarié, employé salarié à temps complet, temps partiel etc.) 2 . Il nous a semblé en effet que, pour avoir une analyse exhaustive et globale des créations d’emplois par les entreprises nouvelles, il était plus pertinent d’étudier la totalité des actifs ayant un emploi, et non pas seulement les salariés. Par ailleurs, ne prendre en compte que les salariés risquait d’introduire un biais dans l’analyse puisque l’on ne peut pas exclure qu’une substitution intervienne au cours du temps entre salarié et non salarié, le passage d’une catégorie dans l’autre pouvant avoir une motivation juridique, et non pas économique. Le type de modèle économétrique utilisé a été conditionné par la nature des variables disponibles et des phénomènes étudiés. Tout d’abord, l’enquête complète (contenant les résultats de l’interrogation de 1999) contient plus de 400 variables qui sont pour la quasi-totalité non numériques. Il s’agit donc de variables qualitatives par lesquelles les créateurs d’entreprise répondent par exemple sur leur motivation d’entrepreneurs, suivant un très petit nombre de modalités (souvent la réponse aux questions comprend deux modalités : oui, non). Or ce type de variable ne peut s’analyser au moyen des techniques les plus courantes de régression linéaire. En effet, dans le souci de prendre en compte la population d’entreprises et d’emplois la plus large possible, nous voulons étudier les entreprises qui ont augmenté leurs effectifs, celles qui ont stagné, et celle qui ont régressé. Parmi ces dernières, on trouve celles dont l’emploi a diminué mais qui ont survécu, et celles qui ont purement et simplement disparu. Cette dernière catégorie est très nombreuse comme cela est montré ci-dessus (40 % de l’effectif initial avant 3 ans, et 53 % avant 5 ans). Le très grand nombre d’entreprises ayant disparu et pour lesquelles aucun emploi n’a subsisté donne bien l’intuition que la forme linéaire du modèle est inadaptée. Nous avons donc adopté, de façon classique pour des modèles à variables qualitatives, un modèle de type logit. Cependant, la question de la définition de la variable expliquée doit être précisée. Nous avons construit une nouvelle variable qui a pour objectif d’inclure l’ensemble de la population de départ, de distinguer clairement différentes classes d’entreprises du point de vue de l’évolution de l’emploi, et dont les effectifs par classe ne sont pas dissemblables.
                                                                 2. En revanche, les créations de filiales et les projets d’équipe sont exclus de notre analyse.
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Finalement nous avons défini une variable qui comporte quatre classes d’entreprises (variable à quatre modalités) : 1. Les entreprises dont l’emploi a diminué de 100 % entre 1994 et 1999 (il s’agit donc des entreprises qui ont disparu au cours de la période considérée). 2. Les entreprises dont l’emploi a diminué de moins de 100 % entre 1994 et 1999 (variation négative des effectifs comprise entre 0 et 100 %, ces deux bornes étant exclues). 3. Les entreprises dont l’emploi a stagné de 1994 à 1999 (variation nulle des effectifs entre ces deux dates). 4. Les entreprises dont l’emploi a augmenté entre 1994 et 1999 (variation positive des effectifs entre ces deux dates). En réalité, deux modèles identiques ont été estimés, l’un sur la période 1994-1999, l’autre sur la période 1994-1997. Le modèle estimé est un modèle logit polytomique ordonné à quatre modalités, correspondant à chacune des quatre classes d’entreprises définies ci-dessus. La relation d’ordre repose donc ici sur un critère de performance économique : la capacité croissante, suivant les différentes classes de nouvelles entreprises considérées, à faire évoluer favorablement leur emploi. Les variables explicatives ont été sélectionnées en fonction des développements de notre première partie. On peut donc les répartir en trois groupes : celles qui concernent les caractéristiques individ uelles de chaque créateur, celles qui formalisent la politique macroéconomique et les aides de l’État, et enfin celles qui tiennent compte de la position de chaque entreprise sur le marché et de ses liens éventuels avec d’autres entreprises. Pour chaque mo dèle, la probabilité d’appartenance de chaque entreprise à l’une des classes définies ci-dessus est expliquée par un ensemble de facteurs supposés être à l’origine, selon les théories exposées ci-dessus, du développement des firmes nouvellement créées. Il faut insister sur le fait que la probabilité que chaque firme se  trouve dans la classe 1, 2, 3, ou 4 est reliée aux variables observées en 1994, et dont  on fait l’hypothèse (qui est testée) qu’elles déterminent le développement des firmes. Le modèle est donc statique puisque toutes les variables qui expliquent ce développement sont observées au moment de la « naissance » de celles-ci. Aucune d’entre elle ne reflète son « histoire » au cours de la période 1994 -1999 (ou 1994-1997).  D’un point de vue général, la qualité des estimations est bonne, et la plupart des variables introduites dans l’estimation pour expliquer le développement des firmes sont significatives (au seuil de 5 %). De plus, les résultats des estimations, y compris des coefficients de régression, sont très proches, que l’on étudie les firmes nouvellement créées à 3 ans d’échéance (1997), ou à 5 ans d’échéance (1999) ; c’est pourquoi seuls les résultats de la seconde estimation sont rapportés ici (en annexe 1). Ceci signifie que les facteurs initiaux du démarrage de chaque entreprise déterminent pour une part importante son développement sur une longue période, et ceci justifie la démarche que nous avons adoptée. Ajoutons que toutes les variables explicatives ont été dichotomisées (voir la définition des variables dans l’annexe 2), ce qui simplifie l’interprétation des estimations. Pour chaque variable, ces coefficients doivent être rapportés à la modalité de référence ; s’il est positif, plus le coefficient de régression est élevé, plus son impact est fort sur la probabilité que la firme se trouve dans une modalité élevée (stagnation plutôt que disparition, ou augmentation plutôt que stagnation). Nous présentons ci-après les résultats de façon générale pour la période 1994-1999 (en signalant d’éventuelles différences entre l’échéance 1997). 2.2.1. Les caractéristiques personnelles des créateurs Il est clair que l’impact de chaque facteur est analysé toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire en maintenant les autres facteurs constants.
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