Le baobab et son double ou Deux regards sur un même arbre

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Le baobab ne laisse personne indifférent. Son profil atypique nourrit des sentiments d'autant plus contrastés que les cavités dont il se creuse abritent des génies, bons ou mauvais, qu'il s'agit de ménager. D'où l'ambivalence de cet arbre légendaire, très présent dans les mythes, les contes et la littérature. Souvent considéré comme une personne, le baobab exerce une fascination sur les hommes qui profitent de ses nombreux bienfaits tout en s'efforçant d'intégrer sa forte personnalité dans leurs imaginaires.
Publié le : lundi 1 décembre 2014
Lecture(s) : 6
EAN13 : 9782336363974
Nombre de pages : 126
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Le baobab et son double
ou
Deux regards sur un même arbre
Le baobab ne laisse personne indifférent. On le redoute ou on le
vénère, on le sacralise ou on le détruit. Et le regard des Européens
sur cet arbre a beaucoup changé au fil du temps, à mesure que
se modifiait leur vision de l’Afrique. Ils furent d’abord rebutés
par la difformité « monstrueuse » de cet arbre inutile qui « ne
pouvait même pas fournir quelques planches » alors que les
touristes, de nos jours, ne se lassent pas de le photographier.
Son profil atypique nourrit des sentiments d’autant plus
contrastés que les cavités dont il se creuse abritent des génies,
bons ou mauvais, qu’il s’agit de ménager.
D’où l’ambivalence de cet arbre légendaire, très présent dans
les mythes, les contes et la littérature. Souvent considéré comme
une personne le baobab exerce une fascination sur les hommes,
qui profitent de ses nombreux bienfaits tout en s'efforçant d'in-
tégrer sa forte personnalité dans leurs imaginaires.
Roland Louvel
Roland Louvel, né en 1944, a travaillé plus de 35 ans en Afrique
noire, comme volontaire, assistant technique puis consultant,
notamment sur des projets de développement rural dans le domaine
de l’eau, de l’énergie et de l’environnement. Le dossier sur le Le baobab baobab s’est bâti lors des missions effectuées.
et son double
ou
Deux regards sur un même arbre
Photographie de couverture : Baobab (Adansonia
Rubrostipa) près de Morombe (Madagascar)
© Photo Solofo Rakotondrabesa
ISBN : 978-2-343-05021-8
13,50 e
Le baobab et son double Roland Louvel








Le baobab et son double










Roland Louvel











Le baobab et son double
ou
Deux regards sur un même arbre


































































































Du même auteur
chez le même éditeur

Les ruses de la mondialisation en Afrique noire, 2013.
La sculpture sous haute tension, 2004.
Une Afrique sans objets, 1999.
L’Afrique noire et la différence culturelle, 1996.
Quelle Afrique pour quelle coopération ?, 1994.


















































































































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05021-8
EAN : 9782343050218








REMERCIEMENTS


Je remercie chaleureusement Geneviève Pelletier qui a réalisé
tout spécialement les aquarelles illustrant cet ouvrage.

Je remercie sincèrement tous les amis qui ont mis
gracieusement leurs photos de baobabs à ma disposition :

Jean-Philippe Jorez
Quentin Nahan
Simon Pelletier
Solofo Rakotondrabesa








































































INTRODUCTION





Photogénique, le baobab ? Certes. Mais le plus africain de
tous les arbres, devenu la mascotte du continent, ne fut pas
toujours aussi populaire. Si nombre d'Africains le vénèrent,
certains le craignent tout autant et le bannissent de certaines
régions. Quant aux Européens qui l'affectionnent aujourd'hui,
ils furent d'abord rebutés par sa "difformité" monstrueuse et
regrettèrent longtemps que cet arbre "inutile" ne puisse même
pas fournir quelques planches. Alors à quoi tiennent tous ces
revirements ? Et que sait-on finalement de cet arbre qui ne
laisse personne indifférent ?

Nom, prénom : Adansonia digitata - ainsi baptisé pour
rendre hommage au botaniste Michel Adanson qui le décrivit en
détail dans son Histoire naturelle du Sénégal (1757).

Âge : Difficile à préciser, beaucoup de spécimens étant nés
avant la mise en place des premiers états civils. Évaluer l'âge
d'un baobab reste problématique du fait qu'en vieillissant,
l'arbre se creuse à cœur en effaçant peu à peu les cernes qui
témoignaient de sa croissance. On a d'abord cru qu'il pouvait
vivre jusqu'à 5 ou 6 000 ans mais on estime aujourd'hui, sur la
base de datations au carbone 14, qu'il devrait plutôt se contenter
d'un bon millier d'années - ce qui demeure tout à fait
respectable.


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Taille : Les plus gros baobabs - qu'on trouve en Afrique du
Sud, dans la province du Limpopo - s'enorgueillissent d'un tour
de taille dépassant les 30 mètres. En hauteur, cependant, le
baobab ne dépasse guère les 20-25 mètres et n'est plus l'arbre le
plus volumineux du monde depuis qu'on a découvert les
séquoias sur la côte américaine du Pacifique. Nous sommes
donc en présence d'un ventripotent massif, passablement
tortueux.

Domicile et Habitat : Nomade au long cours, le baobab
semble avoir suivi les hommes au cours de leurs déplacements.
Leur présence est liée à celle d'habitats humains qui contribuent
grandement à sa dissémination. Un troupeau de baobabs en
pleine brousse donne à penser qu'il s'agit d'anciens sites habités
qui furent abandonnés. On peut suivre ainsi le grand
mouvement de migration des peuples africains à travers le
continent grâce au témoignage des baobabs qui les
accompagnèrent...

Signes particuliers : Dépourvues de feuilles pendant la
majeure partie de l'année, ses branches grisâtres, tortueuses et
chauves évoquent davantage un écheveau de racines qu'un joli
houppier. D'où l'explication qu'en donnent plusieurs contes
africains : il s'agit d'un "arbre à l'envers" qu'on a retourné sens
dessus-dessous pour le punir. Mais de quel forfait ? Cet original
n'est pas toujours le bienvenu auprès de certaines populations...

Les cartes postales - avec baobabs sur fond de soleil
couchant qui font aujourd'hui le bonheur des touristes - diffèrent
sensiblement de l'image qu'en donnèrent souvent nos aïeux,
d'abord frappés par sa "monstruosité". Notre vision de l'Afrique
et des Africains s'est elle aussi modifiée au fil du temps comme
s'est transformée notre manière de considérer la nature...
Comment le baobab est-il regardé par les autochtones qui le
fréquentent quotidiennement comme par les étrangers qui le
découvrent à l'occasion de leurs voyages ? Comment leur
perception de cet arbre a-t-elle évolué dans leurs imaginaires
respectifs ?

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Baobabs jumeaux (Nord Bénin) - © Photo Simon Pelletier



Fleur de baobab - Région de Koutiala (Mali) © D.R.

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Son pouvoir d'envoûtement se nourrit certainement des
cavités dont il se creuse - où viennent trouver refuge toutes
sortes d'animaux de la brousse - parmi lesquels des serpents, des
chauves-souris ou des chouettes ! Mais c'est là surtout que des
génies, pas toujours bienfaisants, élisent fréquemment domicile.
Des chauves-souris, la nuit, viennent lécher le nectar et le
pollen de ses fleurs qu'elles maculent de leurs griffures. Elles ne
disposent que d'une seule nuit pour les polliniser. Et le sol, au
petit matin, se retrouve jonché de leurs blanches corolles
lacérées par ces vampires...

Si cet arbre ambivalent sème le doute, c'est qu'il se partage
entre deux polarités - entre le ciel vers lequel s'élève sa ramure
et le monde souterrain où s'enfoncent ses racines. D'où l'intérêt
de suivre ces deux regards croisés - celui du Noir et celui du
Blanc - et de voir comment cette dualité se décline dans leurs
pratiques et dans leurs mythes, suivant les circonstances et les
époques. Où l'on verra que le baobab a su garder un certain
ascendant sur les hommes qui cherchent à l'exploiter tout en
s'efforçant d'intégrer sa forte personnalité dans leurs
imaginaires...


Aquarelle de Geneviève Pelletier, 2013 © D.R.
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PREMIÈRE PARTIE





LE BAOBAB DANS LES SOCIÉTÉS AFRICAINES





Aquarelle de Geneviève Pelletier, 2013 © D.R.

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