Martin Boutet

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Martin Boutet, professeur de mathématique, arpenteur et maître de chapelle. L’encyclopédie de musique canadienne mentionne ceci : « Martin Boutet de Saint-Martin est maître de chapelle, violoniste, professeur, soldat, tailleur, menuisier (Sceaux, France, v. 1617 - Québec, v. 1686). Après s'être engagé, le 7 avril 1643 à La Rochelle, à aller servir au Canada pour trois ans comme soldat et manœuvre, il élut domicile à Québec vers 1645. Il ne quitta cette ville que pour un séjour en France (1677). Jusqu'à la mort de sa femme (entre 1661 et 1664), il semble avoir été attaché à la garnison du fort Saint-Louis; il se « donna » ensuite aux Jésuites, agissant à titre de procureur. Inaugurant au même moment un cours de mathématiques au collège des Jésuites, il cumula les titres de professeur d'arpentage, d'hydrographie et de pilotage, qui lui valurent un brevet d'ingénieur (1678) décerné par Louis XIV. Artiste autant qu'ingénieur et savant, Boutet fut amené à jouer un rôle non moins important sur le plan musical, particulièrement lors des cérémonies d'église. On sait qu'il joua du violon à la messe de Noël 1645 et à une noce célébrée la même année. Chantre et maître des enfants de choeur à l'église paroissiale de Québec à partir de 1651, il dut pourvoir d'office à l'enseignement de la lecture, de l'écriture, du plain-chant et des cérémonies du culte. Il fournit même l'argent nécessaire à l'achat de cahiers de chant.
Publié le : jeudi 2 octobre 2014
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Martin Boutet, professeur de mathématique, arpenteur et maître de chapelle.
L’encyclopédie de musique canadienne mentionne ceci :
« Martin Boutet de Saint-Martin est maître de chapelle, violoniste, professeur, soldat, tailleur, menuisier (Sceaux, France, v. 1617 - Québec, v. 1686). Après s'être engagé, le 7 avril 1643 à La Rochelle, à aller servir au Canada pour trois ans comme soldat et manœuvre, il élut domicile à Québec vers 1645. Il ne quitta cette ville que pour un séjour en France (1677). Jusqu'à la mort de sa femme (entre 1661 et 1664), il semble avoir été
attaché à la garnison du fort Saint-Louis; il se « donna » ensuite aux Jésuites, agissant à titre de procureur.
Inaugurant au même moment un cours de mathématiques au collège des Jésuites, il cumula les titres de professeur d'arpentage, d'hydrographie et de pilotage, qui lui valurent un brevet d'ingénieur (1678) décerné par Louis XIV.
Artiste autant qu'ingénieur et savant, Boutet fut amené à jouer un rôle non moins important sur le plan musical, particulièrement lors des cérémonies d'église. On sait qu'il joua du violon à la messe de Noël 1645 et à une noce célébrée la même année. Chantre et maître des enfants de choeur à l'église paroissiale de Québec à partir de 1651, il dut pourvoir d'office à l'enseignement de la lecture, de l'écriture, du plain-chant et des cérémonies du culte. Il fournit
même l'argent nécessaire à l'achat de cahiers de chant. On sait qu'un des deux enfants qu'il prit en charge à cette époque, Louis Jolliet, devint par la suite un des premiers organistes en Nouvelle-France. Il est vraisemblable qu'il ait pu être initié à l'orgue par Boutet. Charles-Amador Martin fut aussi un de ses élèves. Dès 1656, Boutet agit comme clerc de la Fabrique Notre-Dame de Québec. Les historiens n'ont pas manqué de souligner les services précieux rendus à la colonie naissante par ce laïc, premier maître d'école et de mathématiques, premier chantre séculier et premier maître de chapelle. »
 Martin Boutet reçoit de la Fabrique, le 1er septembre 1651, une maison pour ses fonctions de Clerc de la paroisse.
Honorius Provost explique:
« Hélène Desportes (1620-1675), femme de Guillaume Hébert, est le premier enfant blanc né au pays. Le 27 décembre 1639, devant le notaire Piraube, elle épouse en secondes noces, Noël Morin (1616-1680). Celle-ci déclarait alors avoir la jouissance d'une maison en bois située près de l'Eglise Notre-Dame-de-Recouvrance. En 1648, le Conseil de Québec et la Fabrique achetaient la cabane en bois de Noël Morin pour le compte de Martin Boutet, maître de chapelle et chef de la chorale paroissiale.»
Honorius Provost nous parle du bénéficiaire de la transaction:
 "Sur le dos de cet extrait, est écrit de la main du Père Jérôme Lallemant, supérieur des Jésuites: Papier concernant la maison du Clerc et de l'Eglise ou des enfans et Officiers de Choeur... Extrait du registre du magasin, pour le payement de la maison du presbytère où est à présent St-Martin, c'est à dire Monsieur Martin Boutet dont le surnom était de Saint-Martin".
 Honorius Provost décrit les bâtisses de Martin Boutet:
 " Sur cet emplacement se trouvaient deux maisons, dont l'une, en bois, n'était autre que celle citée plus haut, acquise par le Conseil de Québec au bénéfice de la Fabrique, et occupée par Martin Boutet en vertu d'une convention datée du 1er septembre 1651. La
deuxième maison était de maçonnerie, ayant été bâtie par Boutet en 1649, et nous pourrions peut-être l'identifier avec la maison Vallée ou le Musée de cire actuel".
Source : Archives nationales d’outre-mer, Aix-en-provence. 1671
Localisation du terrain de Martin Boutet de Saint-Martin, rue Sainte-Anne coin rue du trésor.
 Entre 1649 et le 21 janvier 1652, Anne Gasnier, occupera cette maison. Lucien Campeau souligne qu'en 1651, Martin Boutet était responsable du pensionnat du Collège des Jésuites. Les Jésuites n'avaient pas de pensionnaires dans le collège proprement dit. Le pensionnat était sans doute localisé près du fort des Hurons.
 En 1661, le Père Joseph Antoine Poncet, curé, demande à Madame d'Ailleboust (Barbe de Boullongne), de céder un morceau de terrain situé sur la réserve d'Ailleboust, sur lequel se trouve "une vieille cabane descorce" qui sert comme école de chant dirigée par Martin Boutet. Cette cession est confirmée par une lettre de Madame d'Ailleboust à Monseigneur de Laval, le 16 septembre 1661.
Lettre de Mme d’Ailleboust à Mgr de Laval.
Source : Archives du séminaire de Québec, fonds Fraribault http://maf.mcq.org/anq/fiches/fiche-15826.html?p=9
Plan de Jean Bourdon de 1660 (détail)
 L'édifice en bois d'écorce occupé par Martin Boutet, construit peut-être par les Hurons est situé près de leur fort sur le plan de Jean Bourdon de 1660 (voir la flèche sur le plan ci-dessus). De nombreux chercheurs, dont Ernest Myrand, Pierre-Baby Casgrain et Silvio Dumas y situaient au même endroit la chapelle Champlain, chapelle funéraire qui a abrité la dépouille de Champlain entre 1636 et 1661.
Sources : Provost, Honorius, "La réserve de M. d'Ailleboust à Québec", Bulletin des recherches historiques, Lévis, 1947, vol. 53, no.6, p.179
Provost, Honorius, La censive Notre-Dame de Québec, Québec, Société historique de Québec, no. 6, 1954, 32p.
Campeau, Lucien, La première mission des Jésuites en Nouvelle-France et Les commencements du Collège de Québec, Montréal, Bellarmin, 1972, p. 84
Encyclopédie de la musique au Canada. http://www.thecanadianencyclopedia.co m/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1 ARTQ0000396
Contrat entre la Fabrique et Martin Boutet (Collection Faribault no. P29/083A) http://maf.mcq.org/anq/fiches/fiche-3609.html?p=10
Lettre autographe de Mme d'Ailleboust à Mgr de Laval concernant cet emplacement. 16 septembre 1661. http://maf.mcq.org/anq/fiches/fiche-15826.html?p=9
Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (18 septembre 1663 au 19 décembre 1676), f. 184v.
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