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Marine MORELLEL’élève bouc émissaireà l’école élémentaireIUFM Nord – Pas-de-Calais2 bis, rue Parmentier 59650 Villeneuve d’AscqDirectrice : Madame CarraTutrice : Madame Chapuis2SOMMAIRE INTRODUCTION ..................................................................................5DÉFINITION DU BOUC ÉMISSAIRE...................................................7 I - L’origine du bouc émissaire..............................................................7II - La définition communément admise................................................7 III - La sociologie et le bouc émissaire..................................................8 IV - Le désir mimétique dans le mécanisme du bouc émissaire ........11 V-Lerôle du bouc émissaire .............................................................11 L’ÉLÈVE BOUC ÉMISSAIRE13 I-L ’élève bouc émissaire dans la littérature ......................................13 II - Etude des interventions entre le bouc émissaire et la classe........15 III - Etude des interventions entre le bouc émissaire et l’enseignant .21 ANALYSE DE LA SITUATION...........................................................27 I-L’explication du maître....................................................................27 II - L’explication psychosociologique ..................................................28 III - Le rôle du maître...........................................................................29 COMMENT AGIR FACE À CE PHÉNOMÈNE ? .. ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Marine MORELLE
L’élève bouc émissaire
à l’école élémentaire
IUFM Nord – Pas-de-Calais
2 bis, rue Parmentier 59650 Villeneuve d’AscqDirectrice : Madame Carra
Tutrice : Madame Chapuis
2SOMMAIRE

INTRODUCTION ..................................................................................5
DÉFINITION DU BOUC ÉMISSAIRE...................................................7
I - L’origine du bouc émissaire..............................................................7
II - La définition communément admise................................................7
III - La sociologie et le bouc émissaire..................................................8
IV - Le désir mimétique dans le mécanisme du bouc émissaire ........11
V-Lerôle du bouc émissaire .............................................................11
L’ÉLÈVE BOUC ÉMISSAIRE13
I-L ’élève bouc émissaire dans la littérature ......................................13
II - Etude des interventions entre le bouc émissaire et la classe........15
III - Etude des interventions entre le bouc émissaire et l’enseignant .21
ANALYSE DE LA SITUATION...........................................................27
I-L’explication du maître....................................................................27
II - L’explication psychosociologique ..................................................28
III - Le rôle du maître...........................................................................29
COMMENT AGIR FACE À CE PHÉNOMÈNE ? ..............................31
I - La prévention ..................................................................................31
II - Les moyens mis en place dans les classes observées.................33
III-Miseenexp érimentation de situations .........................................36
3CONCLUSION....................................................................................41
BIBLIOGRAPHIE ...............................................................................43
Ouvrages.............................................................................................43
Revues ................................................................................................43
ANNEXES...........................................................................................45
4INTRODUCTION
Dans son livre La femme du bouc émissaire,AgnèsDesarthedonne
une définition simplifiée et très imagée de la notion et du rôle du bouc
émissaire : « Un bouc émissaire, c’est très utile, c’est même
indispensable. C’est un bouc que les gens appellent quand ils ont fait
une grosse bêtise et que personne ne veut se dénoncer ou alors quand
tout va mal et que l’on ne comprend pas pourquoi. Dans ce cas là on
dit : - C’est la faute à quoi ? C’est la faute à qui ? Et on répond que
c’est la faute du bouc émissaire. On lui téléphone et on lui dit de venir
très vite. Le bouc émissaire met ses bottes et va se faire accuser par
tout le monde. Ensuite, quand les gens se sont moqués de lui, l’ont
bien montré du doigt, injurié et battu, ils le renvoient et se sentent
mieux. »
L’expression « bouc émissaire » est souvent employée, cependant
elle est mal connue. C’est pourquoi il est nécessaire de montrer qu’au-
delà d’une définition commune, il existe une définition sociologique
qui met en évidence le mécanisme de mise en place d’un bouc
émissaire, les causes et le pourquoi de sa désignation.
A l’école, on trouve malheureusement des élèves qui sont des
boucs émissaires. Il est alors intéressant de vérifier comment et
pourquoi ce phénomène se met en place dans une classe.
5Face à ces manifestations cruelles et Humiliantes, l’école a un rôle à
jouer. Il est nécessaire que les enseignants cherchent à prévenir ou à
enrayer la constitution d’un bouc émissaire.
6DÉFINITION DU BOUC ÉMISSAIRE
I-L ’origine du bouc émissaire
Le terme « bouc émissaire » trouve son origine dans la religion. En
effet dans la religion hébraïque le grand prêtre procédait, le jour de
l’expiation (Yom Kippour), à l’envoi d’un bouc dans le désert,
symboliquement chargé de toutes les iniquités du peuple. Le bouc
portesurluileMal,etsonrejethorsdelacommunautéestlegeste
enécessaire à l’expiation. Au IX siècle apparaît la théorie du pêché
collectif qui a pour but d’effacer la peur de l’autre et la notion du bouc
émissaire. Mais ce principe du châtiment divin collectif n’a nullement
empêché la superstition populaire de sévir chaque fois que
l’inexplicable frappait, donc on continue à incriminer l’Autre à cause
de ce qu’il a fait ou de ce qu’il est.
II - La définition communément admise
Le dictionnaire nous donne la définition suivante : «personne
1rendueresponsabledetouteslesfautes,detouslestorts.»
1 Larousse, Paris, 1997.
7Aujourd’hui, l’expression bouc émissaire est couramment
employée. Cela permet de désigner une personne comme responsable
d’un dysfonctionnement spécifique, sans que les charges soient
prouvées, et cela rassure tout le monde. En effet le bouc émissaire c’est
celui qui « porte le chapeau » pour d’autres.
Il y a une tendance commune à tout homme, c’est le besoin de
désigner des boucs émissaires pour expliquer le malheur ou les
catastrophes. Et quel désarroi lorsqu’il n’y a personne à incriminer !
D’ailleurs, l’Express du 15 novembre 1999 titrait « Les victimes des
inondations n’ont même pas un bouc émissaire à maudire ! »
III - La sociologie et le bouc émissaire
Le psychosociologue René GIRARD a analysé, à travers l’histoire,
les mythes et les Evangiles, que la grande constante des sociétés
humaines c’est la persécution comme principe originaire et structurel
de tout ordre social. La notion de bouc émissaire apparaît, alors,
comme « nécessaire » à l’équilibre d’une société.
Pour René GIRARD « bouc émissaire désigne simultanément
l’innocence des victimes, la polarisation collective qui s’effectue contre
2elles et la finalité collective de cette polarisation. » Lorsque cette
situation de persécution se met en place dans un groupe, cela
implique la présence de persécuteurs qui sacrifient une ou plusieurs
victimes innocentes en vue de l’élimination d’un phénomène réel ou
imaginaire.
C’est à travers l’étude de différents écrits que René GIRARD a
distingué trois stéréotypes récurrents qui sont présents lors de
persécutions.
2 R. GIRARD, Le bouc émissaire, Biblio essais, Grasset et Fasquelles,
1982, p 62.
8A. Un contexte de crise
Les persécutions ont toujours lieu en temps de crise sociale et
culturelle, c’est-à-dire lors d’une indifférenciation généralisée, lorsque
chaque individu se replie sur lui-même. Ces crises peuvent avoir «des
causes externes comme les épidémies ou encore la sécheresse … ou
descausesinternescommedestroublespolitiquesoudesconflits
3religieux ». Mais quelles que soient les circonstances qui favorisent
ces persécutions, on constate qu’il s’agit bien là d’une crise du social.
En effet, ce sont les rapports humains qui se désagrègent, et ce sont
ces mêmes hommes qui sont responsables de cette situation. Comme
ils ne peuvent pas agir sur la cause même du problème, alors ils se
retournent contre une cause accessible, à savoir un ou des boucs
émissaires.
B. Les accusations
Les chefs d’accusation sont assez divers, mais pourtant ils ont une
ressemblance, car tous « s’attaquent aux fondements mêmes de l’ordre
culturel, aux différences familiales et hiérarchiques sans lesquelles il
4n’y aurait pas d’ordre social ».
Il y a d’abord les crimes de violence qui ont pour objet les êtres.
Ces personnes représentent soit l’autorité (un roi, un père…), soit la
faiblesse (un enfant, un infirme…). Viennent ensuite les crimes sexuels
(viol, inceste…). Puis enfin les crimes religieux (profanation
d’hosties…).
Pour que les victimes incriminées réussissent à indifférencier toute
la communauté, il faut, soit qu’ils l’aient frappée directement, soit
3 ibid., p 21
4 R.GIRARD, op. cit., p. 25.
9qu’ils aient commis un crime dans leur sphère individuelle. Mais de
toutefaçonlespersécuteursariventtoujoursàseconvaincrequ’un
ou plusieurs individus puissent être nuisibles à toute une société, et
que ce n’est qu’en purgeant la communauté de ces éléments impures
qu’ils seront « sauvés ». Que les accusations soient fondées ou non,
c’est l’accusation stéréotypée qui autorise et facilite cette croyance en
jouant un rôle médiateur.
C. Les signes victimaires
Les victimes d’une foule peuvent être aléatoires ou au contraire
choisies pour leur appartenance à certaines catégories. Les catégories
particulièrement exposées à la persécution sont les minorités
ethniques et religieuses, à cause de leur culture. Les personnes
exposées, peuvent aussi l’être par une particularité physique telles
que certaines maladies, la folie, les difformités et les infirmités.
Tous ces critères physiques, sociaux ou culturels tendent à
polariser les persécuteurs. Les victimes sont donc «choisies en vertu
non des crimes qu’on leur attribue mais de leurs signes victimaires, de
5tout ce qui suggère leur affinité coupable avec la crise ». Le point
commun entre tous ces persécutés c’est qu’ils ne sont pas dans la
norme. Et c’est cette «anormalité» qui terrifie car elle paraît menacer
l’équilibre de tout un système.
Il n’est pas nécessaire que tous les stéréotypes soient présents pour
conclureàlapersécution.
5 R.GIRARD,op.cit.,p.37.
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