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Valentin SCHNEIDER Sous la direction de Jean QUELLIEN La présence allemande en Normandie, 1940–1948. Le sujet de ma thèse d’histoire intitulée « La présence allemande en Normandie entre 1940 et 1948 » représente de par sa nature un certain nombre de défis à la fois scientifiques et logistiques. Le thème regroupe en effet deux périodes généralement séparées aussi bien dans la bibliographie que dans les centres d’archives : les années 1940-1944 s’inscrivant dans les problématiques classiques de la recherche sur la Seconde Guerre mondiale ; la phase allant de 1944 à 1948, quant à elle, représente en France les années de la reconstruction et du renouveau après les « années noires » de l’occupation. Le changement des rapports de force qui se produit en France du fait du débarquement des armées Alliées pendant l’été 1944 est évident. L’évolution de la composante humaine et sociale est pourtant beaucoup moins facile à saisir. Bien que l’occupation par l’armée allemande se termine, la France connaît une présence allemande continue et quasiment ininterrompue sous forme de centaines de milliers de prisonniers de guerre allemands. La question des prisonniers de guerre allemands en France est quasiment inexistante dans l’historiographie et commence tout juste à faire l’objet de travaux scientifiques majeurs (cf. par exemple la thèse d’histoire de Fabien Théofilakis, travail en cours). Mais également le problème de l’évolution, entre 1940 et 1948, des ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Valentin SCHNEIDER
Sous la direction de Jean QUELLIEN

La présence allemande en Normandie, 1940–1948.

Le sujet de ma thèse d’histoire intitulée « La présence allemande en Normandie entre 1940
et 1948 » représente de par sa nature un certain nombre de défis à la fois scientifiques et logistiques.
Le thème regroupe en effet deux périodes généralement séparées aussi bien dans la
bibliographie que dans les centres d’archives : les années 1940-1944 s’inscrivant dans les
problématiques classiques de la recherche sur la Seconde Guerre mondiale ; la phase allant de
1944 à 1948, quant à elle, représente en France les années de la reconstruction et du
renouveau après les « années noires » de l’occupation.
Le changement des rapports de force qui se produit en France du fait du débarquement
des armées Alliées pendant l’été 1944 est évident. L’évolution de la composante humaine et
sociale est pourtant beaucoup moins facile à saisir. Bien que l’occupation par l’armée
allemande se termine, la France connaît une présence allemande continue et quasiment
ininterrompue sous forme de centaines de milliers de prisonniers de guerre allemands. La
question des prisonniers de guerre allemands en France est quasiment inexistante dans
l’historiographie et commence tout juste à faire l’objet de travaux scientifiques majeurs (cf. par
exemple la thèse d’histoire de Fabien Théofilakis, travail en cours). Mais également le problème
de l’évolution, entre 1940 et 1948, des rapports entre population française et soldats allemands en
France, qu’ils soient occupants ou prisonniers de guerre, est-il réellement sous- éclairé.

La France ne connaît pourtant pas de véritable rupture en termes de présence
allemande au moment de sa libération. En effet, entre l’arrivée des premières troupes de la
Wehrmacht en juin 1940 et le départ des derniers prisonniers de guerre au mois de décembre
1948, il peut être constatée la présence ininterrompue de centaines de milliers d’Allemands,
d’abord occupants, puis combattants et enfin prisonniers. Bien que la Libération en 1944
mette un terme à quatre années d’occupation militaire allemande, elle ne signifie néanmoins
pas la fin de la présence allemande en France.

Le choix de la région normande pour cette étude n’est pas injustifié. Tout au long de la
période considérée, la Normandie est en effet le théâtre d’une présence allemande particulièrement
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accentuée. Le taux d’Allemands pour cent habitants y est nettement au-dessus de la moyenne
nationale. Trois raisons principales expliquent ce constat.
Tout d’abord, la région endure une occupation militaire allemande particulièrement
forte durant les années 1940-1944. Ainsi, la Normandie constitue dès 1940 une région
stratégique sise face à l’Angleterre. En effet, la région sert dans un premier temps d’appui aux
préparatifs du projet d’invasion de la Grande-Bretagne, connu sous le nom d’opération
« Seelöwe ». De nombreuses troupes sont alors cantonnées en Normandie et se préparent à
débarquer de l’autre côté de la Manche. Puis, après l’abandon des plans de débarquement sur
les côtes anglaises et le retrait progressif d’une partie des troupes, la région est intégrée au
dispositif du Mur de l’Atlantique qui devait faire échouer toute tentative de débarquement
allié sur le continent européen. Ceci implique alors une nouvelle augmentation des effectifs
militaires stationnés en Normandie.
Ensuite, un nombre très important de prisonniers de guerre allemands est retenu dans
la région normande après la Bataille de Normandie et la libération de la France et ceci
jusqu’en 1945. Par son statut de « première région libérée », la Normandie se prête en effet
particulièrement bien à l’implantation par les Alliés de vastes camps de prisonniers de guerre
à l’arrière du front, et pouvant contenir parfois jusqu’à 80 000 prisonniers.
Enfin, la Normandie connaît une forte présence allemande jusqu’en 1948 sous la
forme de main-d’œuvre prisonnière attribuée à l’économie régionale. En effet, les importants
dégâts matériels subis par la région pendant la guerre ainsi que les centaines de milliers de
mines laissées dans les champs par les belligérants requièrent une main-d’œuvre supplémentaire à
celle fournie par la population civile. L’agriculture, la reconstruction et les services de
déminage font alors travailler des dizaines de milliers de soldats allemands prisonniers.

Pour tenter de mener à bien ce travail, je m’appuie essentiellement sur les archives
militaires allemandes à Fribourg-en-Brisgau, les archives de l’ex-WASt (Wehrmachtauskunft-
stelle) à Berlin, ainsi que les archives départementales des cinq départements normands.
D’autres fonds importants sont conservés par les archives nationales et militaires françaises,
ainsi que les archives militaires britanniques et américaines.

Valentin Schneider
E-mail : valisch@hotmail.com
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