Un cours de morale pour tous les enfants

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Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel Un cours de morale et de philosophie pour tous les enfants Les Analyses de la FAPEO (Juillet 2005) Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel Avenue du Onze novembre, 57 1040 Bruxelles 02/527.25.75 – 02/525.25.70 www.fapeo.be – secretariat@fapeo.be FAPEO 1 / 6 5 juillet 2005 Un cours de morale et de philosophie pour tous les enfants SOMMAIRE SOMMAIRE .............................................................................................................................. 2 Introduction ....................................................................................................... 3 Un cours de morale pour tous les élèves .................................................... 3 La proposition de la FAPEO .............................................................................................. 3 Ce qui unit et ce qui divise ............................................................................. 4 Inclure la philosophie ....................................................................................... 5 Le débat ......................................................................................................................... ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Fédération desAssociations deParents de l’EnseignementOfficiel
Un cours de morale et de philosophie pour tous les enfants
Les Analyses de la FAPEO (Juillet 2005)
Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel Avenue du Onze novembre, 57 1040 Bruxelles 02/527.25.75 – 02/525.25.70 www.fapeo.besecretariat@fapeo.be
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Un cours de morale et de philosophie pour tous les enfants
SOMMAIRE
SOMMAIRE.............................................................................................................................. 2 Introduction............................................................................................................................... 3 Un cours de morale pour tous les élèves............................................................................ 3 La proposition de la FAPEO.............................................................................................. 3 Ce qui unit et ce qui divise..................................................................................................... 4 Inclure la philosophie.............................................................................................................. 5 Le débat.................................................................................................................................... 5 L’obstacle constitutionnel....................................................................................................... 6
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Introduction « …Il y a plusieurs métaphysiques, mais il n’y a qu’une morale: la morale des droits de l’homme… La morale n’est pas affaire d’opinion; elle se fonde sur le simple fait du dialogue, plus précisément sur le fait que tout homme, dans le dialogue, reconnaisse son interlocuteur comme étant en droit son égal… La morale est une, les éthiques sont multiples; alors que la morale enveloppe la notion d’obligation inconditionnelle, l’éthique relève du libre choix de chacun. »(Marcel CONCHE « Confession d’un philosophe » – Albin Michel, 2003, p. 270) Un cours de morale pour tous les élèves La proposition de la FAPEO Dans l’article qui suit, publié par LE VIF/L’EXPRESS le 15 décembre 2000, la FAPEO a proposé de rendre le cours de morale obligatoire pour tous les élèves dans l’Enseignement officiel, et de rendre les cours de religion facultatifs : « La vie ensemble, dans une même démocratie, ne peut se dérouler harmonieusement sans des valeurs et des lois communes, sans connaître les points de vue des autres, leur manière de penser, sans être capable d'examiner et de penser librement. De l'ignorance naît la peur, et de la peur, le rejet, avec toutes ses conséquences possible, et malheureusement trop bien connues. De la connaissance peut naître la compréhension, l'élévation de l'esprit et le respect des convictions de chacun. Cet apprentissage est fondamental dans la construction par les enfants de leur propre conscience, et il est insuffisamment développé dans les écoles. Pourquoi les matières les plus porteuses de sens et de débat sontelles enseignées différemment et séparément aux enfants selon l'appartenance religieuse de leurs parents ? Pourquoi n'y atil pas un même cours de philosophie pour tous ? Estce le rôle de l'Enseignement Officiel de mettre les parents devant l'obligation de faire basculer leur enfant vers une religion ou vers l'absence de religion, et cela, dès la première primaire ? Pourquoi la morale non confessionnelle estelle réservée à ceux qui ne suivent pas un cours de religion ? Pourquoi les valeurs humanistes et laïques ne pourraientelles pas être partagées par tous les enfants ? Rendre le cours de morale obligatoire…En réponse à ces questions, la FAPEO souhaite et a publiquement proposé, pour tous les élèves et à tous les niveaux de l'enseignement primaire et secondaire,un cours communsur la connaissance comparative des diverses philosophies et religions, la compréhension de ce que
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chacune apporte à ceux qui la vivent, les fondements de la morale commune et des valeurs laïques de l'Enseignement Officiel  l'humanisme, la liberté de conscience, le pluralisme, l'ouverture, la démocratie  ainsi que la Constitution et des éléments pratiques du droit. Le cours de morale actuel servirait de base au développement du nouveau cours commun. Les professeurs chargés de ce cours devront bien entendu adhérer aux valeurs laïques de l'Enseignement Officiel, et ils auront besoin au préalable d'une formation approfondie, afin d'acquérir les compétences qui leur manqueraient pour s'adresser à tous les enfants, de façon adaptée à leur âge et respectueuse de leur liberté de conscience. … et les cours de religion facultatifs.Les cours de religion actuels resteraient obligatoirement organisés par les écoles officielles, mais deviendraientfacultatifspour les élèves, dès qu'ils bénéficieront du cours commun. Nous pensons en effet que les deux réformes doivent être liées. Quel que soit le réseau d'enseignement, l'éducation religieuse éventuelle a lieu en dehors de l'école, et est subsidiée par la part du budget de l'Etat consacrée aux cultes. L'objectif des cours de religion donnés dans les écoles est de permettre à ceux qui le souhaitent de réfléchir sur les fondements philosophiques de leurs racines familiales, et de se construire une identité qui les intègre. Ce qui unit et ce qui divise Cette nouvelle organisation des cours philosophiques dans l'Enseignement Officiel est à l'image de leur contenu : un cours obligatoire sur ce qui unit et des cours facultatifs sur ce qui divise. Le système actuel privilégie ce qui divise. Le système proposé tend à rendre la primauté à ce qui unit, en ce compris la connaissance objective de ce qui peut diviser. Ce qui divise, c'est la recherche d'une représentation unificatrice de l'espace et du temps, propre à conférer à l'esprit cette dimension ressentie par beaucoup comme manquant à la vie, l'éternité. Partant du constat qu'il peut y avoir une infinité de représentations spirituelles de la vie, une religion ou une philosophie ne peut être ni dominante, ni dominée, et, par conséquent, chacune doit avoir la liberté de proposer, sans avoir le pouvoir d'imposer. Cette séparation du spirituel et du temporel est le principe même de la laïcité. Celleci est par essence pluraliste, puisqu'elle revendique la libre pensée. Elle n'exclut pas de désigner la relation entre la conscience de l'homme et son univers par un symbole, de lui donner une dimension poétique, de croire en un fondateur mystérieux et d'en pratiquer le culte, dès lors qu'est reconnue et garantie à chacun la liberté de faire un tel choix et d'y renoncer, à l'abri de toute contrainte ou conditionnement. La laïcité ne se limite donc pas au non confessionnel, elle rassemble tous ceux qui, au sein des communautés chrétiennes, israélites, musulmanes et autres, partagent ses valeurs. La réforme proposée y trouve ses fondements : la liberté de conscience, l'égalité entre les options religieuses ou philosophiques offertes au libre choix, la fraternité dans le partage de valeurs communes.
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Elle suppose de respecter définitivement une distinction entre la vie spirituelle de l'homme et sa vie publique de citoyen, une démarcation entre ce qui relève de la liberté individuelle, et ce qui est commun à tous les hommes. » Inclure la philosophie De son côté, Hervé HASQUIN, ex MinistrePrésident de la Communauté française a fait une autre proposition, qui a suscité un vif débat dans tous les milieux intéressés : créer un cours de philosophie et d'histoire comparée des religions dans les deux dernières années de l'enseignement secondaire. Pour sa part, la FAPEO a accueilli favorablement ce principe d'introduire plus de philosophie dans les programmes scolaires. Cependant, limiter le nouveau cours aux deux dernières années du secondaire est, selon nous, totalement insuffisant : la recherche d'identité et la quête de l'autonomie commence bien avant 16 ans et devrait pouvoir s'appuyer sur de solides connaissances relatives aux questions essentielles, aux valeurs communes, à la philosophie et aux diverses représentations spirituelles de la vie. C'est tout au long de la scolarité, depuis la 1re primaire, que tous les enfants devraient recevoir les éléments de connaissances nécessaires à la construction progressive de leur propre conscience, à l’exercice de leur esprit critique et à l’acquisition de leur indépendance de jugement. Le débat Le débat en cours sur les diverses options en présence relatives aux cours dits philosophiques a permis de clarifier progressivement les points de vue. La principale objection avancée à l’encontre de notre proposition d’un cours de morale commun consiste à dire que les valeurs laïques ne pourraient pas être partagées par tous. Or, à ce jour, aucun exemple de valeur non partageable n'a pu être donné. Le seul exemple avancé a été le rejet des dogmes, mais il ne résiste pas à l'examen, car chacun sait que la réponse est fort différente selon qu'on vise la proposition ou l'imposition d'une croyance. Par rapport aux dogmes, la valeur laïque n'estelle pas, pour chaque philosophie ou religion, d'accepter la liberté de proposer, mais de rejeter le pouvoir d'imposer, c'estàdire de reconnaître à chaque enfant, quels que soient son âge et ses origines familiales, une totale liberté de conscience ? Alors, si en réalité le contenu du cours de morale peut effectivement être entendu par les enfants inscrits à un cours de religion, pourquoi vouloir empêcher ces derniers de suivreaussile cours de morale ? Par ailleurs, le maintien de cours de religion facultatifs que nous proposons n’introduirait en pratique aucun changement : en début d'année, chaque famille recevrait, comme actuellement, un formulaire à remplir où elle aurait le choix entre les cours des diverses religions reconnues
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ou pas de cours de religion (dans ce dernier cas, le temps disponible pourrait être consacré à d'autres activités facultatives). L’obstacle constitutionnel La mise en œuvre de notre proposition d’un cours de morale commun et de cours de religion facultatifs nécessite la révision de l’article 24 de la Constitution, qui impose d’offrir « le choix entre l’enseignement d’une des religions reconnues et celui de la morale confessionnelle ». La possibilité d’une révision constitutionnelle sur ce thème devrait être explorée, mais on sait qu’elle nécessiterait un accord de la Flandre, ce qui risque de prendre du temps. C’est pourquoi une solution intermédiaire a été proposée, qui consiste à réduire les cours philosophiques actuels (morale non confessionnelle ou une des religions reconnues) à une période/semaine, et de consacrer la seconde période/semaine au cours commun. Cette proposition présente l’avantage de pouvoir être mise en œuvre par un simple décret du Parlement de la Communauté française. Formulée à l’origine par André FLAHAUT, elle a été reformulée par le CCEO (Conseil de Concertation de l’Enseignement officiel, qui rassemble des représentants de tous les Pouvoirs organisateurs de l’Enseignement officiel). Conscient que, dans l’enseignement secondaire, une seule période chaque semaine ne serait er guère pédagogique, le CCEO suggère notamment dans son communiqué du 1février 2002 de permettre, pour chaque cours, le regroupement des heures en 2 périodes/semaine, en alternance (par exemple une semaine sur deux ou un semestre sur deux). La FAPEO souhaite vivement qu’en cas de blocage constitutionnel de sa propre proposition, la proposition du CCEO puisse rapidement aboutir et être mise en application, afin, aussi tôt que possible, de sortir du système de ségrégation philosophique actuel, et de mieux aider nos enfants à comprendre le genre humain et à prendre demain leurs responsabilités de citoyens. P.S.
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