Sujet 21 : lecontinent africain face au développement et à la mondialisation

De
Publié par

Sujet 21 : lecontinent africain face au développement et à la mondialisation (composition) L’Afrique est un continent vaste : il compte 30,2 millions de km2, pour 1,1 milliard d’habitants, soit 15 % de la population mondiale. Longtemps considéré comme un « continent noir voué aux ténèbres » (Dubresson), il peine à assurer les besoins de sa population. Mais cette vision afro-pessimiste est peu à peu remplacée par un afrooptimisme qui voit « l’Afrique en train de rebondir » (FMI) : l’Afrique s’insère rapidement dans la mondialisation, comme en témoigne un taux de croissance prévisionnelle de 4,6 % en 2015. Quelle est donc la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Les changements observés s’inscrivent-ils dans un temps long (structurels) ou courts (conjoncturels) ? Si l’Afrique apparaît toujours comme un continent à l’écart du développement et du monde, de nouvelles perspectives s’offrent cependant au continent. Les défis à relever sont cependant encore nombreux I- Un continent à l’écart du développement et du monde ? 1) Un continent marqué par la pauvreté - continent de la pauvreté Difficile à mesurer : poids de l’éco informelle (jusqu’à 40 % du PNB, système de solidarité informel) 45 % de pop d’Afrique subsaharienne touche moins d’un dollar par jour. IDH très faible (34 PMA, diapo) de très fortes inégalités.
Publié le : mardi 24 mai 2016
Lecture(s) : 36
Nombre de pages : 6
Voir plus Voir moins
Sujet 21 : le continent africain face au développement et à la mondialisation (composition)
L’Afrique est un continent vaste : il compte 30,2 millions de km2, pour 1,1 milliard d’habitants, soit 15 % de la population mondiale. Longtemps considéré comme un « continent noir voué aux ténèbres » (Dubresson), il peine à assurer les besoins de sa population. Mais cette vision afro-pessimiste est peu à peu remplacée par un afro-optimisme qui voit « l’Afrique en train de rebondir » (FMI) : l’Afrique s’insère rapidement dans la mondialisation, comme en témoigne un taux de croissance prévisionnelle de 4,6 % en 2015. Quelle est donc la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Les changements observés s’inscrivent-ils dans un temps long (structurels) ou courts (conjoncturels) ? Si l’Afrique apparaît toujours comme un continent à l’écart du développement et du monde, de nouvelles perspectives s’offrent cependant au continent. Les défis à relever sont cependant encore nombreux
I- Un continent à l’écart du développement et du monde ? 1) Un continent marqué par la pauvreté - continent de la pauvreté Difficile à mesurer : poids de l’éco informelle (jusqu’à 40 % du PNB, système de solidarité informel) 45 % de pop d’Afrique subsaharienne touche moins d’un dollar par jour. IDH très faible (34 PMA, diapo) de très fortes inégalités. Ex, en Côte d’Ivoire, les 20 % les + riches perçoivent les 2/3 des revenus se traduit par problème de la faim : 280 millions de sous-alimentés, dépendance à l’aide alimentaire structurelle - des risques sanitaires importants fort taux de mortalité infantile : 10 ‰ avant 1 an, 30 ‰ avant 5 ans. De forts contrastes cependant (Afrique subsaharienne : 103,9 ‰ au Mali)s’explique par manque d’équipements (1 médecin/20 000 hab en Afrique subsaharienne) persistance de certaines maladies (lèpre, choléra) + insuffisance de certains médicaments. Fléau du Sida : 23 millions de personnes touchées, plus de ¾ des décès dus au sida dans le monde (Afrique australe) - en terme d’éducation L’accès à l’école n’est pas assuré pour tous : moins de la moitié de la population d’Afrique subsaharienne est alphabétisée(en particulier pour les filles) Taux de chômage important : touche 55 % des jeunes en Afrique subsaharienne, 37 % en Afrique du Nord
2) Un continent à l’écart de la mondialisation ? - poids faible dans la production et les échanges mondiaux 4 % du PIB mondial, équivalent à celui de l’Italie
1% de la production industrielle mondiale 1 % des échanges mondiaux Part importante du secteur informel - une économie fragile Dette : lourds endettements après les indépendances, « plans d’ajustement structurels » imposés par le FMI et la Banque mondiale à partir de 1980. Aujourd’hui, se monte à 300 milliards de dollars (essentiellement les pays d’Afrique subsaharienne), composés pour les 2/3 d’intérêts, soit 40 % du budget des Etats = goulet d’étranglement pour le développement e Economie de rente (80 % des exportations africaines sont des mat 1 = minerais, hydrocarbures mais aussi denrées agricoles comme cacao, coton, café, fruits tropicaux…) : sujétion au marché ext (ne contrôle pas les prix ) + empêche la diversification de l’économie (peu de technologies) = économie de rente ou malédiction de la rente - confirmé par la situation environnementale : exploitation prédatrice = appropriation des ressources ayant pour objectif un profit immédiat, sans souci de leur renouvellement ni des conséquences écologiques et sociales à long terme altération du potentiel naturel. 3 D : désertification, dégradation des sols, déboisement. Liée à pression humaine accrue sur terres fragiles (arides) : déforestation (bois de chauffage), érosion avec pâturage, agric intensive Ex : Sahel continent réceptacle de trafics de déchets exploitation du pétrole dans le delta du Niger sans précautions (plus de 7000 marées noires entre 1970 et 2000)
3) Une forte instabilité politique - frontières reconduites par les Etats indép (70 % des frontières actuelles existent depuis WW2) /de multiples conflits locaux: quelle Afrique des conflits ? Ethnicisation des conflits, notamment urbains Lié aux trafics : narcotrafic (Maroc, rapporte deux fois plus que revenus des migrants), armes, déchets toxiques Arc des conflits Nigéria au Congo, Grands Lacs et RDC continent qui accueille le plus de pop déplacées et réfugiées (11 M) - 1 encadrement d’Etat défaillant Etat fragilisé après la décolonisation car imposé par les métropoles. Repris par les élites comme instrument de gestion administrative aps indép.1970s, éléphants blancs, armement Une machine d’extraction/redistribution des richesses au profit de ceux qui détiennent le pv et de leur réseau = Etat patrimonialisé Corruption et népotisme, confiscation des richesses par des minorités proches de régimes autocratiques, luttes partisanes pr le pv = « politique du ventre » pr J F Bayart. Les élites déteindraient 700 à 800 milliards de dollars (soit le PIB annuel de l’Afr)
II- De nouvelles perspectives pour l’Afrique 1) Des formes de décollage économique - croissance forte depuis les 5 dernières années : 3,5 % en 2014 (4,6 % prévus en 2015) La crise de 2008 a touché les Etats afr, mais résilience assez rapide Des croissances différentes selon les Etats - des relations éco accrues avec le monde IDE x 7 depuis 2000 (mais seulement 5 % des IDE dans le monde) Croissance des flux commerciaux et termes de l’échange positifs Exportations x 5 entre 1993 et 2008 Importance des transferts de fonds issus des migrants - l’Afrique est mieux connectée au reste du monde importance des ports réseaux commerciaux connectent l’Afrique au reste du monde grâce à la diaspora liée à la révolution des télécommunications (internet et téléphonie mobile) cf cours sur les territoires de la mondialisation a) Téléphonie : entre 1990 et 2000, nombre d’abonnés de tél mobile x 10 2000, 28 millions d’abonnés contre 500 millions auj Un marché du mobile adapté à l’Afrique : mobiles peu coûteux (ms grand nombre), offres de création de sites gratuits pour les petites entreprises, Google en 1 dizaine de langues africaine, système GSM pour les agriculteurs, logiciels pour envoyer de l’argent… b) Internet, connexion bien meilleure et meilleure couverture. Passe surtt par le tél portable (lié au pb d’électricité) e centre deMilieu artistique : chanson, photographie, cinéma (Nollywood = 2 prod cinématographique au monde, au Nigéria = public de 150 M de personnes)
2) Des convoitises qui reflètent l’intérêt pour le continent Les convoitises qu’elle suscite, en particulier de la part de puissances émergentes, l’insèrent de fait dans l’économie globale. - continent riche : 30 % des ressources minières. « Scandale géologique » pour la RDC : 1 des plus riches en minerais/pauvre dans les faits = pays carrière p 260 Nouvel eldorado pétrolier : 7 % des ressources, 10 % de la production (golfe de Guinée : exploitable, avantages fiscaux, pas de quotas) e Aussi 60 % des réserves de terres cultivables et 2 massif forestier du monde Ces ressources sont disputées (ex d’Areva/uranium du Niger; land-grabbing) - multiplication des échanges, en particulier avec les puissances émergentes Echanges Afr-Chine x 10 depuis 2000 (mais se concentre surtt sur les Etats pétroliers) Multiplication des sommets avec pays émergents (Asie, Brésil)
3) Une évolution différenciée - émergence d’une classe moyenne, équivalente à celle de l’Inde (100 M de personnes, essentiellement en Afrique du Sud, au Kenya et au Maghreb), épargne et dépense en Afrique = énorme marché Mode de vie occidental : famille réduite, loisirs et weekend, … - de fortes inégalités A l’échelle des pays : apparition de nouv challengers sur la scène mondiale : un BRICS (Afrique du Sud) et des « lions africains » qui concentrent les IDE = la RDC , le Tchad , l'Angola , le Mozambique , le Nigéria , la Côte d'Ivoire , le Sierra Leone , le Ghana , l'Ethiopie et le Rwanda A l’échelle des pays : forts contrastes littoraux/intérieur Aussi contrastes à l’intérieur des villes (prendre l’exemple de Johannesburg, Tsotsi)
III Des défis encore nombreux 1) Un défi démographique de premier plan - faire face à la croissance démographique la plus forte de la planète : 1,1 milliard d’hab en 2011, 15 % de la pop mondiale Explosion démographique : croissance démo de 2,5 % à 3 % par an, ce qui a fait doubler la pop en 25 ans. S’explique en partie par un phénomène de rattrapage (l’Afrique représentait 20 % de la population au début du XIXe siècle) Projection : 2 milliards d’hab en 2050 d’après les projections de l’ONU (le e Nigéria serait la 3 puissance démographique du monde, l’Afrique représenterait ¼ de la pop mondiale). La croissance démographique diminuerait mais ne se stabiliserait qu’en fin de XXIe siècle. Pluralité de situations, liées à la transition démographique : croissance démographique + 2% en Afrique du Nord, +2,5 % en Afrique de l’Ouest, + 1,7 % en Afrique australe (baisse de la natalité mais aussi mortalité qui augmente avec le Sida Conséquences = continent de la jeunesse (41 % de la pop a moins de 15 ans). Défis = santé, éducation - maîtriser l’accroissement des densités la densité a été multipliée par 5 en 50 ans question du sur-peuplement ou du sous-peuplement ? densités trop faiblesmise en valeur insuffisante très fortes densitésconflits (cf pr Sylvie Brunel, manque de terre = 1 des raisons du génocide rwandais) migrations internes importantes : politiques (voir I-3), fronts pionniers agricoles ou miniers (Sénégal, Côte d’Ivoire), exode rural, migrations vers l’Europe et les autres continents - maîtriser la croissance urbaine difficile révolution urbaine depuis 1950s : pop x 4, pop urb x 11. Mais la transition urbaine est loin d’être achevée : taux d’urbanisation auj = 30 %. En 2025, prévision à 50 % ; en 2050, prévision à 2/3
problème de la mégapolisation : des « monstres urbains » ? 1950-1980 : forte croissance des TGV. 1960, 1 ville de + de 1 M hab ; en 2010, 40 Depuis 1980, la croissance urbaine des petites et moyennes villes est plus forte que la croissance urbaine des TGV. Cela est lié à une crise urbaine africaine. Pour Dubresson, liens très forts entre la campagne et la ville, ce qui fait que le retour en campagne se fait plus facilement. (on parle parfois d’exurbanisation ou de désurbanisation, mais ces termes sont exagérés) des contrastes importants : Afr du N + urbanisée
2) Des défis économiques et environnementaux pour normaliser la situation du continent - comment redistribuer les richesses situation plus problématique en Afrique subsaharienne, poids de la dette qui « neutralise » les politiques nationales Afrique du N : infrastructures éducatives mais Etat autoritaire + chômage. Cette situation a conduit au printemps arabe. - gérer les questions environnementales Ex de l’agriculture : une Afrique en réserve d’intensification (amélioration des rendements qui passe par les OGM, l’utilisation de savoirs faire paysans…) + nombreuses terres disponibles (14 % terres arables de la planète, 4 % utilisée). Ex de la « Grande muraille verte » dans le Sahel (docs 1 et 2 p 234) Ex des marées noires dans le delta du Niger
3) Surmonter les divisions politiques - surmonter les divisions et progresser vers une intégration continentale unité africaine : plusieurs tentatives (UA en 1963), mais peu de résultats depuis 10 ans, volontarisme à nouveau au rendez-vous. Les projets régionaux transfrontaliers se multiplient (ex du transaharien) / mais échanges intracontinentaux restent faibles = 10 % - au niveau national, la transition démocratique se poursuit (bonne gouvernance) transition postapartheid, progression vers la démocratie (cas du printemps arabe) Remboursement des dettes et investissement dans l’enseignement (ex : Botswana, enseignement primaire gratuit) Réformes structurelles qui donnent de l’importance au local
CCL :plutôt que de faire preuve d’afro-pessimisme ou d’afro-optimisme en se tenant aux constats statistiques globaux, il faut regarder la pluralité des situations africaines : c’est cela l’afro-réalisme.Les changements économiques observés e sont positifs, mais les, àrevenus viennent essentiellement des matières 1 quelques rares exceptions près. Depuis le début du XXIe siècle, on assiste même à une « reprimérisation » de l’économie. Les changements seraient définitifs s’il y avait des efforts d’investissement au niveau des infrastructures, si l’Afrique prenait sa
place dans la division internationale du travail, si elle en finissait avec les problèmes de gouvernance. Le cas du Sahara est un bon résumé de ce qui se passe en Afrique : c’est un espace de fortes contraintes, mais qui comporte des dynamiques importantes. Pour qu’il puisse réellement se développer, il faut que les Etats qui le composent soient développementistes, en mettant plus l’accent sur leur développement que sur leur croissance.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.