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I/-Introduction La littérature est un acte de langage sur l’autre. De ce fait, les romanciers francophones négro-africains inscrivent dans leurs œuvres l’image du Blanc. Cette image représente les identités culturelle, sociale, idéologique et géo-politique des Occidentaux. En effet, l’image de l’Occident structure l’ensemble de l’œuvre de Sony Labou Tansi. L’enjeu de notre étude analysera l’image de l’Occident selon trois perspectives théoriques. La première perspective cernes l’image de l’Occident par les dires du texte, le discours du personnage et les déclarations de l’auteur. La seconde perspective expliquera les silences du texte sonyen sur l’image de l’Occident. Enfin, la troisième perspective justifiera l’image de l’Occident par la structure textuelle. Les trois dimensions de l’image de l’Occident répondent aux critères de la théorie de Daniel-Henri Pageaux, quand il écrit : Il s’agit d’étudier non seulement ce que disent, mais ce que taisent les textes ; de 1repérer non seulement leur organisation explicite mais aussi implicite . Dans les romans de Sony Labou Tansi, l’Occident est représenté par l’étranger blanc et ses attributs. Notre étude porte sur L’Image de l’Occident dans l’œuvre romanesque de Sony Labou Tansi. Deux raisons motivent le choix de ce sujet. D’abord, c’est la variété des thèmes que l’auteur a abordés avec la profondeur de sa créativité fictionnelle.
Publié le : vendredi 10 août 2012
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I/-Introduction
La littérature est un acte de langage sur l’autre. De ce fait, les romanciers
francophones négro-africains inscrivent dans leurs œuvres l’image du Blanc. Cette
image représente les identités culturelle, sociale, idéologique et géo-politique des
Occidentaux. En effet, l’image de l’Occident structure l’ensemble de l’œuvre de Sony
Labou Tansi. L’enjeu de notre étude analysera l’image de l’Occident selon trois
perspectives théoriques. La première perspective cernes l’image de l’Occident par les
dires du texte, le discours du personnage et les déclarations de l’auteur. La seconde
perspective expliquera les silences du texte sonyen sur l’image de l’Occident. Enfin,
la troisième perspective justifiera l’image de l’Occident par la structure textuelle.
Les trois dimensions de l’image de l’Occident répondent aux critères de la
théorie de Daniel-Henri Pageaux, quand il écrit : 
Il s’agit d’étudier non seulement ce que disent, mais ce que taisent les textes ; de
repérer non seulement leur organisation explicite mais aussi implicite1.
Dans les romans de Sony Labou Tansi, l’Occident est représenté par l’étranger
blanc et ses attributs. Notre étude porte surL’Image de l’Occident dans l’œuvre
romanesque de Sony Labou Tansi. Deux raisons motivent le choix de ce sujet.
D’abord, c’est la variété des thèmes que l’auteur a abordés avec la profondeur de sa
créativité fictionnelle. Ensuite, son œuvre, la plus abondante de son temps, fait une
représentation de l’Occident dans ses multiples images : belliqueuse, dominatrice,
gentille et attrayante. En effet, l’importance de notre thème réside dans les définitions
de deux notions : l’image et l’Occident dans les œuvres critiques. Que faut-il entendre
par l’Occident et à quoi renvoie la notion d’image ?
I.1- Définition des concepts
1Daniel-Henri Pageaux, « De l’imagination culturelle à l’imaginaire », dans Précis de littérature comparée, Paris, P.U.F., pp. 133-160.
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L’image et l’Occident sont les deux concepts fondamentaux de notre thème.
L’importance de ces notions implique une approche de définition. Celle-ci éclaire les
traits représentatifs et distinctifs de l’Occident dans l’œuvre de Sony Labou Tansi.
Dans cet optique, qu’est ce que l’image ?
I.1.1- Image
L’image est identifiable et repérable dans tous les domaines de la vie : l’art, le
cinéma, les sciences, le langage et la littérature. Elle possède une sémantique
extensive. Dans le sens étymologique, le terme image vient du latin imago;il désigne
la représentation, le portrait et l’apparence2.
La textualité et la littéralité peuvent devenir une image, puisqu’elles sont les
catégories d’une représentation. L’image est dans ce sens une représentation littéraire.
Qu’est-ce que la représentation dans l’optique de l’image ? Elle est une invention, une
copie de la réalité ou du rêve. En bref, l’étude de la représentation est prise sous
l’angle de la mise en présence d’un objet ou la prise active de celui-ci par un sujet
dans une œuvre. Dans certaines e perspectives, l’image devient un portrait. Celui-ci,
se définit commeun lieu où se dit l’humain, et donc il révèle la²vision de l’homme²
d’un auteur où d’une époque, leur capacité à individualiser les êtres, où à les
caractériser, le type, la psychologie ou la sociologie. Le portrait relève toujours de
l’épidictique. Par là, le portrait littéraire entre en concurrence avec d’autres genres
de représentation, notamment le portrait pictural3tuoja  reinatnoFe rrie P.e :c’est la
description tant moral que physique d’un être animé ou fictif4.Dans le sens
étymologique, l’image est une apparence, c’est-à-dire une manière dont un être ou
une chose se présente. Elle est un modèle de l’imagination artistique. Donc, la 2Josette Rey-Debove, Le Robert Brio nalyse c: Aevd sem moaparit85.R ,  stoP ,trebo20, isar 8p., 04 3Alain Viala et alii, Le Dictionnaire du littéraire, Paris, P.U.F., 2006, p.461. 4Pierre Fontanier, Les Figures du discours, Paris, Flammarion, 1977, 428 p.
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représentation, le portrait et l’apparence sont les catégories de l’image. Baudelaire
déclare dans son article intitulé « Le portrait » :
Le portrait, ce genre en apparence, si modeste, nécessite une immense
intelligence. Il faut sans doute que l’obéissance de l’artiste y soit grande, mais
sa divination doit être égale. Quand je vois un bon portrait, je devine tous les
efforts de l’artiste5.
Par extension, l’image a plusieurs définitions selon les théories littéraires.
Ainsi, elle peut avoir six approches définitionnelles :
- l’image et l’existence de soi ou de l’autre.
- l’image : une expression de la rhétorique.
- l’image, réalité ou description du réel.
- l’image : une réalité du signifié et du signifiant.
- l’image : la fiction et la subjectivité de l’auteur.
- l’image : idéologie de stéréotypes.
Les significations de l’image soulèvent toujours une question sur la
représentation et sur l’existence de soi ou de l’autre. Dans La poétique de l’espace6,
Gaston Bachelard soutient une telle approche de définition, lorsquil écrit : l’image,
œuvre de l’imagination absolue, est un phénomène d’être, un des phénomènes
spécifiques de l’être parlant. Dans ce raisonnement, l’image et la raison sont les
attributs de lhomme seul, puisque ce dernier possède les facultés suivantes : 
l’imagination et la formation des images, la pensée et le pouvoir de la raison. Ainsi,
limage est la représentation de lautre : L’image, en ce sens, est un schème
imaginaire acquis, un cliché qui détermine les façons de percevoir autrui7.
5Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques r ieèrfr, isrnGa,  eraP namouqit ,.p63.5se ,9126rt r LA: 6Gaston Bachelard, « La poétique de la rêverie », dans Méthodes critiques pour l’analyse littéraire, Paris, Nathan, 2002, p. 134. 7 Alain Viala et alii, Dictionnaire du littéraire, Paris, PUF, 2006, p.461.
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D’autres définissent l’image comme l’expression de la rhétorique, parce que la
métaphore et la comparaison sont les figures de l’image. C’est la démarche définie
par Pierre Fantanier et les autres stylisticiens du discours. Par contre, selon Roland
Barthes8résultat de la transformation de la valeur dénotative à celle de, l’image est le
la valeur connotative. C’est dans ce sens que Jean Suberville écrit dans Théorie de
lart et des genres littéraires : [Lesimages] dans les mots, sous-jacent aux existent
idées, il faut les faire transparaître dans le sens9.
Par ailleurs, l’image, selon l’approche structurale, est la relation du signifié et
du signifiant. Ainsi, le mot a une double image : celles de l’objet et celle de la
signification. Une telle approche sera bénéfique, quand on cherchera à saisir le sens
du code littéraire d’un texte fictif en rapport avec la réalité et ses éventuelles
significations ou bien en relation avec la notion d’Occident. Aussi, pour d’autres
théoriciens, l’image est une reproduction de la fiction, puisqu’elle marque la
subjectivité de l’auteur dans son œuvre. Paul Audran aborde dans le même sens
lorsquil écrit : L’œuvre d’art est une création de l’homme à son image. Elle réfléchit
l’organisation humaine pour sa totalité : activité, pensée10. Pierre Caminade décrit
limage comme une expression de lintentionnalité entre lauteur et le social : 
L’image, émanant d’une intentionnalité spécifique qui se situe au-delà de
l’intentionnalité commune socialement régnante, non seulement est²une
révélation qu’il se fait à lui-même ²ou qui se fait par lui, mais tend à modifier 
l’intentionnalité du lecteur. Elle lève dans l’imagination du lecteur attentif,
reproductrice en tant qu’elle se représente chacune des deux réalités et créatrice
en tant qu’elle résonne à leur rapprochement à l’objet inconnu, absent, suscité
par une²collusion flamboyante de mots².Elle devient alors, selon la puissance 8 (ApprocheRoland Barthes, Cité par Gertrude Tshilombo Bombo, La femme dans la presse féminine africaine sémio pragmatique), Paris, L’Harmattan, 2003, p. 106. 9et des genres littéraires, Paris, Les Editions de l’école, p.157.Jean Suberville, Théorie de l’art 10Paul Audra, La vision et l’expression plastique, Paris, Chiron, 1924, p. 16.
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de notre imagination totale, un de ces²faits physiques de l’irrationalité
concrète avec laquelle ² dit Dali²on peut déjà réellement se blesser²11.
Donc, l’image serait la reproduction de la pensée de l’auteur dans ses écrits.
Elle exclut la réalité et devient un exercice de l esprit ou de la conscience humaine.
Pour cela, l’image est, jusqu'à certains points, langage sur l’autre. En ce sens, elle est
un schème imaginaire acquis et un cliché dans la détermination variée de percevoir
autrui. Autant de définitions de l’image nous amènent à s’interroger sur la notion de
lOccident.
I.1.2- Occident
La notion d’Occident est au cœur de plusieurs études littéraires. C’est dans
cette perspective que nous étudions les multiples sémantiques du conceptOccident.
Dans la perspective géographique, l’Occident représente un espace défini dans lequel
vivent les peuples helléniques12saisit l’Occident du point de vue philosophique,. Si on
il évoque la raison et la civilisation. Ainsi, la civilisation hellénique donne à
l’Occident une image de puissance impressionnante sur le reste du monde. Il est
considéré comme le symbole de la raison. C’est dans ce sens qu’Henri Meschonnic
écrit : L’Occident est ou était, cette orientation : ouvrir les autres à la raison13. La
suprématie de cette civilisation par rapport à celle des autres peuples engendre des
idéologies raciales et suscite de l’inspiration chez certains romanciers qui dénoncent
cette hégémonie. Dans la vision historique, l’Occident est considéré comme la
puissance colonisatrice ; le symbole de la domination du Blanc. Beaucoup de romans
illustrent cette image l’Occident dominateur. Dans Sous L’orage, l’Occident est perçu
comme lanti-valeur de la civilisation africaine : 11Pierre Caminade, Image et métaphore, Paris, Bordas, 1970, p.160. 12De la civilisation Gréco-latine. 13Modernité, Paris, Gallimard, 2000, p. 236.Henri Meschonnic, Modernité
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Les Blancs sont venus gâter les choses, dit la vieille femme, qui avait ôté son
14 boubou et s’était mise à le raccommoder.
Malgré les approches définitionnelles ci-dessus citées, l’Occident reste nue notion à
reconstruire du fait des mutations culturelle, économique et idéologique.
14Seydou Badian, Sous L’orage,Paris,Présence Africaine, 1963, p.88.
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I.2- Etat des lieux sur l’image de l’Occident
 
L’œuvre de Sony Labou Tansi intéresse les chercheurs. La richesse littéraire de
ses romans justifie la diversité des études critiques. Les œuvres critiques abordent les
questions de langue et celles des thèmes variés. Ainsi, dans Les Procédés de création
dans l’œuvre de Sony Labou Tansi15, Anatole Mbanga analyse comment Sony
subjective la langue, emploie les symboles et les métaphores pour représenter autrui.
D’autres études critiques comme celle de Michel Dévesa16 des abordent
questions thématiques comme : l’hégémonie de la tribu kongo, la théorie du sang et
du cannibalisme. D’autres encore analysent dans les écrits de Sony Labou Tansi Le
Sens du désordre17, thème central qui structure l’ensemble de l’œuvre de Sony Labou
Tansi. Par ailleurs, la question de la femme et du corps constitue l’enjeu central d’un
colloque sur l’œuvre de Sony Labou Tansi. Ce colloque souligne implicitement
l’image de la masculinité, comme une force dominatrice et destructrice et celle de la
femme comme objet de plaisir, de la séduction et de la prostitution.
 
Bien que certaines études se focalisent précédemment sur l’œuvre de Sony
Labou Tansi, certains aspects thématiques restent moins explorés. Il s’agit sans doute
de la question de l’altérité. André Patient Bokiba18compte parmi ceux qui ont étudié
l’image de l’autre et l’approche identitaire chez Sony Labou Tansi. Cette analyse
associe la représentation de l’Autre en accord avec l’image de soi. L’étude de la
question de l’Autre est approfondie par Paul Kibangou dans Figure de l’Autre dans le
roman congolais. La question de l’altérité demeure donc inépuisée en dépit des études
menées précédemment19. Nous allons approfondir cette question déjà abordée par 15Anatole Mbanga, Les procédés de création dans l’œuvre de Sony Labou Tansi, Paris, Harmattan, 1996, 288 p. 16Michel Devésa, Sony Labou Tansi, écrivain de la honte et des rives magiques, Paris, Harmattan, 1996, 379 p. 17Le Sens du désordre, Montpellier, Université Paul Valéry, 2001, 187 p.Claude Blachére, Sony Labou Tansi, 18André Patient Bokiba, « L’identité dans le roman de Sony Labou Tansi », dans Sony Labou Tansi ou la quête permanente du sens, sous la direction de Mukala Kadima-Nzuji et al. Ed. Karthala, Paris, 1997,pp.255-275. 19Paul Kibangou, Figure de l’autre dans le roman congolais, Mémoire de D.E.A. (ELLIC) Université Marien N’Gouabi, 2003, p. 13.
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André Patient Bokiba et Paul Kibangou pour compléter la dimension qu’ils ont
donnée à cette notion. Pour cela, notre étude veut montrer particulièrement l’intérêt de
l’image occidentale dans l’oeuvre romanesque de Sony Labou Tansi. Examinons à
présent l’intérêt de l’image de l’Occident dans notre étude.
         
I.3- Objectif et intérêt de l’étude de l’image de l’Occident
Dans ses romans, Sony Labou Tansi crée une originalité dans la description de
limage de lOccident. Nous nous fixons plusieurs objectifs :
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Illustrer l’image de l’Occident en relation avec la conception de l’auteur ;
Montrer l’enjeu de l’image de l’Occident pendant l’époque de l’auteur ;
Rechercher l’idéologie de l’Occident et ses effets sur la géographie narrative de
Sony Labou Tansi.
- Démontrer que l’image de l’Occident est le symbole de l’altérité sinon de la
destruction des valeurs africaines.
Chacun de nos objectifs trouvera intérêt dans le un corpus20 composé de six
romans de Sony Labou Tansi publiés entre 1979 et 1995 aux éditions du Seuil à Paris.
Cette démarche justifiera l’ampleur de l’écriture réaliste de Sony Labou Tansi. Celui-
ci fait d’une telle notion une spécificité romanesque et théâtrale. Le roman parait le
cadre générique par lequel l’auteur exprime en toute liberté les rapports étroits entre le
réel et la fiction.
Aussi, l’histoire et le social semblent structurer l’œuvre romanesque de Sony
Labou Tansi. On remarque une image double dans son style : celle de lui-même et 20Titres des ouvrages du corpus : - Sony Labou Tansi, La Vie et demie, Paris, Le Seuil, 1979, 192p. Sony Labou Tansi, L’Etat honteux, Paris, Le Seuil, 1981, 157p. -- Sony Labou Tansi, L’Anté-peuple, Paris, Le Seuil, 1983, 189p. - Sony Labou Tansi, Les Sept solitudes de Lorsa Lopez, Paris, Le Seuil, 1985, 205p. - Sony Labou Tansi, Les Yeux du Volcan, Paris, Le Seuil, 1988, 193p. - Sony Labou Tansi, Le Commencement des douleurs, Paris, Le Seuil, 1995, 156p.
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celle de la société occidentale. Car pour Pierre Barbéris21 littéraire parait l’œuvre
suggérer la classe, le rôle et la conscience de l’homme dans son environnement
culturel. Il le confirme en ces termes:
L’écrivain et son texte sont ainsi un double produit et non quelque miracle
gratuit (…) une coupe transversale s’opère qui définit la cohérence momentanée
d’une pratique sociale et culturelle. S’ajoute également l’idée que, document, le
texte est aussi monument22.
A travers ce passage, il apparaît que le style sonyen repose sur la représentation
identitaire, culturelle, sociale et idéologique de l’image de l’Occident.
           
La négativité de l’image de l’Occident pendant la colonisation reste donc une
matière de la créativité littéraire. L’insistance et l’engagement de Sony Labou Tansi
sur l’image négative de l’Occident dans son œuvre romanesque procèdent de la
marque indélébile des actes injustes de la colonisation sur le peuple Kongo. Les
allusions de l’auteur à la répression coloniale révèlent le style militant de celui-ci
contre le néocolonialisme français. L’intérêt de l’image de l’Occident se comprend
aussi par la richesse du corpus, le contexte historique et temporel.
Enfin, la célébrité de l’auteur nous oblige à refaire la critique de son œuvre
romanesque et à fournir des pistes nouvelles dans la compréhension de la question de
l’image de l’Occident.
Donc, la notion de l’image de l’Occident constitue une écriture de prédilection dans
l’œuvre de Sony Labou Tansi. On comprendra avec le texte sonyen, la culture de
l’Occident ; ses pratiques sociales, ses mœurs, sa religion et sa cuisine.
21 Daniel Bergez, Pierre Barbéris, Pierre Marc de Biais, Luc Fraise, Marcelle Marini, Gisèle Valency, Méthodes critiques pour l’analyse littéraire, Paris, Nathan/VUEF, 2002, p. 152. 22Bergez, Pierre Barbéris, Pierre Marc de Biais, Luc Fraise, Marcelle Marini, Gisèle Valency, Ibid, p.163.Daniel
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II- PROBLEMATIQUE
Les romanciers africains représentent toujours dans leurs romans une image
culturelle, religieuse, politique et économique de l’Occident. L’enjeu de notre sujet
nous impose une série de questions qui représentent lintérêt de notre problématique : 
comment l’œuvre romanesque de Sony Labou Tansi représente-t-elle l’image de
l’Occident ? Pourquoi l’auteur compose-t-il les stéréotypes sur l’image de
lOccident ? Ces interrogations justifient lintérêt des hypothèses suivantes : 
-
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-
l’Occident gentil
l’Occident belliqueux
l’Occident dominateur
l’Occident attrayant
II.1- L’Occident gentil
L’Occident affiche une marque positive, parce qu’il a apporté de la civilisation
au peuple moins avancé culturellement : l’architecture, les écoles, les hôpitaux, la
construction des infrastructures urbaines, l’écriture et la religion. Dans l’œuvre de
Sony Labou Tansi, notre objectif est d’illustrer une telle hypothèse comme principe
de l’explication de son œuvre. Les éléments de l’Occident sont visibles dans les
relations entre l’Occident qui vient toujours en aide de l’Afrique. Dans La Vie et
demie comme dans les autres romans sonyens on remarque que certains personnages
font des louanges de l’université de Sorbonne. L’image de l’Occident reste
multiforme.
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II.2- L’Occident belliqueux
L’Occident présente une image belliqueuse et arrogante. Cet orgueil s’identifie
à travers ses multiples réalisations : sociale, culturelle, économique, militaire et
scientifique. Dans le regard sonyen, on comprendra l’image de l’Occident par son
idéologie : le pragmatisme, le matérialisme et le rationalisme. C’est dans cette
perspective que Sony Labou Tansi écrit : 
 Des Blancs de Hondo-Noote, nous disons qu’ils étaient restés coincés au
vingtième étage du siècle de leur arrivée à cause de leur prétendu pragmatisme,
de leur matérialisme, de leur arrogance insensée(LCD p.25).
Le caractère arrogant de l’Occident se dégage à travers l’image du personnage
blanc nommé Perono. Celui-ci est le symbole de l’image de l’Occident en Afrique.
Dans La Parenthèse de sang, Perono déclare : Je suis le bonheur, le malheur, l’amour,
la haine, le drapeau et la loi. Je suis le bien et le mal. Tout de ce monde
m’appartient : les idées, les hommes, les nations, tout.(LPS pp.99-100).
 II.3- L’Occident dominateur
L’Occident peut être compris comme le maître du monde. L’Occident domine
les autres par son idéologie démocratique, socialiste et communiste. Dans La Vie et
demie, la puissance dominatrice de lOccident est mentionnée ainsi quil suit : 
C’était donc en Jean Sans Cœur que les conseillers de la puissance étrangère
qui fournissait les guides avaient placé leurs espoirs. Ils travaillèrent à lui
donner le goût du pouvoir, mais le goût du pouvoir nous est inné, il suffit de le
réveiller. Celui de Jean Sans Cœur se réveilla comme un lion. Ses conseillers lui
prouvèrent que ses frères étaient des adversaires gênants. Il élabora un plan
pour les éliminer physiquement l’un après l’autre(LVD p. 155).
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