[TRIBUNE] Défense : les choix dangereux du gouvernement

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22-10-2014 Désarmer dans un monde qui réarme :les choix dangereux du Gouvernement Tribune du pôle Défense de la Boîte à Idées, publiée dans l’Opinion du 22 octobre 2014.

Publié le : jeudi 23 octobre 2014
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22-10-2014 Désarmer dans un monde qui réarme :les choix dangereux du GouvernementTribune du pôle Défense de la Boîte à Idées, publiée dans l’Opinion du 22 octobre 2014.Alors que s’ouvrent les débats budgétaires,le budget de la Défense risque à nouveau de servir de variable d’ajustement, tant il est vrai que les militaires sont les proies idéales des Gouvernements qui n’osent pas s’attaquer à la dépense publique. Cette politique ne constitue malheureusement pas une exception française : depuis plus de 20 ans, les budgets militaires ont été considérés comme des dépenses à réduire par l’ensemble des gouvernements européens, décidés à profiter jusqu’au bout des « dividendes de la paix » pour financer le développement de leurs Etats providence. CETTE SITUATION EST DANGEREUSE A PLUSIEURS TITRES Elle l’est d’abord carmonde est dangereux le : les tensions qui se multiplient aux marches de l’Europe ou dans des régions stratégiques pour la France (Ukraine, bande sahélienne, Proche Orient), les interdépendances économiques, les flux migratoires ou encore le terrorisme, tout indique que l’Europe ne restera une zone de paix et de prospérité que si elle s’en donne les moyens. Elle l’est aussi dans la mesure où l’absence d’investissement dans l’outil de défense revient à faire reposer la sécurité européennesur la seule alliance américaine, ce qui limite de fait toute possibilité d’autonomie stratégique, voire politique de l’Europe. Elle l’est enfin au regard dela progression des dépenses militaires dans le monde, qui témoigne elle-même de la montée des tensions sur tous les continents.
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Les grands pays émergents ont ainsi connu une progression spectaculaire de leurs dépenses militaires depuis 10 ans, à l’instar de la Chine (+170% pour atteindre 188 Md$), la Russie (+110%, 88 Md$) ou encore l’Arabie Saoudite (+120%, 67 Md$). Dans ce contexte, la France désarme dans une Europe déjà désarmée. L’effort de défense français se situe à 1,5% du PIB hors retraites des militaires, ce qui est inférieur au Royaume-Uni (2,3%) mais supérieur à la plupart des pays européens (1,1% en Allemagne, 0,7% en Italie, la moyenne de l’Union européenne se situant à 1,25 %). Cette place relativement favorable de la France ne doit pas faire illusion, car en réalité, la quasi-totalité des États européens se situent très en-dessous de la recommandation de l’OTAN demandant aux États de consacrer 2% de leur PIB à la défense (rappelons à titre de comparaison que les Etats-Unis ont dépensé en 2012 640 Md$, soit 4,3% de leur PIB, à leur outil militaire). Pire : la tendance est continuellement à la baisse dans tous ces pays, et cette baisse s’accentue depuis le début de la crise de 2008. Le projet de loi de finances pour l’année 2015 vient confirmer cette inquiétante tendance. Le Président de la République, que la Constitution désigne comme le « chef des armées », a confirmé la suppression de 7 500 nouveaux postes, la dissolution d’un régiment et le désarmement de quatre navires. Les militaires ont ainsi le triste privilège de toujours compenser l’absence de maîtrise des effectifs dans la fonction publique et l’explosion du coût de notre modèle social. Il est temps d’inverser cette tendance pour reconstruire une défense européenne crédible, dont la France doit être le fer de lance. Et d’affirmer que la droite au pouvoir augmentera les crédits militaires, dans le cadre général d’un ajustement budgétaire très rigoureux. A défaut, avec des capacités en décroissance constante, l’UE et la France, se condamneraient aux actions symboliques et aux gesticulations, ce qui n’est ni leur vocation, ni leur intérêt.
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