[TRIBUNE] Le Gaz de Schiste est un atout qui doit être exploité - Oct. 2013

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Le gaz de schiste est un atout qui doit être exploité Tribune publiée dans le Monde daté du 14 octobre 2013. Par Xavier Bertrand, ancien ministre, député de l’Aisne et maire de Saint-Quentin, et la Boite à Idées.  La validation vendredi par le Conseil constitutionnel de la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique ne doit pas surprendre : ce n’était pas au juge de se prononcer sur une reprise éventuelle de l’exploration des gaz de schiste, mais au politique. C’est également au politique qu’il appartient d’exposer à l’opinion publique les choix qui s’offrent à la France. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la question du gaz de schiste gagnerait à être analysée avec moins de passion. En France, on est « pour » ou « contre » par principe. On s’affronte à coup de slogans, de chiffres jamais vérifiés, de termes techniques dont personne ne maîtrise le sens.Les Torquemada de l’écologie, rangés en légions derrière Cécile Duflot s’opposent au gaz de schiste comme ils s’opposent au progrès, à la science, au développement sous toutes ses formes, et poussent leur logique si loin qu’ils refusent toute recherche sur le gaz de schiste ! En face, la vieille garde socialiste avec Arnaud Montebourg, attend du gaz de schiste une baisse massive des prix de l’énergie, c'est-à-dire un choc de compétitivité qu’ils sont incapables de susciter par ailleurs au travers d’une politique fiscale audacieuse.
Publié le : vendredi 10 octobre 2014
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Le gaz de schiste est un atout qui doit être exploité Tribune publiée dans le Monde daté du 14 octobre 2013. Par Xavier Bertrand, ancien ministre, député de l’Aisne et maire de Saint-Quentin, et la Boite à Idées. La validation vendredi par le Conseil constitutionnel de la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique ne doit pas surprendre : ce n’était pas au juge de se prononcer sur une reprise éventuelle de l’exploration des gaz de schiste, mais au politique. C’est également au politique qu’il appartient d’exposer à l’opinion publique les choix qui s’offrent à la France. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la question du gaz de schiste gagnerait à être analysée avec moins de passion. En France, on est « pour » ou « contre » par principe. On s’affronte à coup de slogans, de chiffres jamais vérifiés, de termes techniques dont personne ne maîtrise le sens.Les Torquemada de l’écologie, rangés en légions derrière Cécile Duflot s’opposent au gaz de schiste comme ils s’opposent au progrès, à la science, au développement sous toutes ses formes, et poussent leur logique si loin qu’ils refusent toute recherche sur le gaz de schiste ! En face, la vieille garde socialiste avec Arnaud Montebourg, attend du gaz de schiste une baisse massive des prix de l’énergie, c'est-à-dire un choc de compétitivité qu’ils sont incapables de susciter par ailleurs au travers d’une politique fiscale audacieuse. Nous appelons pour notre part à réécrire la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, et nous prononçons pour une reprise raisonnée de l’exploration. Pourquoi ? D’abord parce que l’exploitation des gaz de schiste n’a plus rien à voir avec l’apocalypse environnementaleà laquelle on la réduit souvent: si elle présente des nuisances qu’il faut prendre en compte et des risques qu’il faut encadrer (consommation en eau, utilisation de produits chimiques, possibles conséquences sismiques), des progrès techniques considérables ont été réalisés depuis 2011, qui réduisent par exemple par dix l’emprise au sol des puits de forage. La prudence qui avait amené la droite à interdire la fracturation hydraulique était alors justifiée. Elle l’est moins aujourd’hui.
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Ensuite parce qu’il nous faut en savoir davantage: nous disposerions de plusieurs dizaines d’années de réserves dans notre sol, de près d’un tiers des réserves européennes, mais en réalité, nous ne savons rien de précis : localisation et ampleur des réserves, nature des sols, estimation des coûts d’extraction etc. Avant d’autoriser une éventuelle exploitation, il nous faut en savoir davantage … mais pour savoir il faut forer ! Enfin parce que ce potentiel ne doit pas être écarté d’un revers de la main: une exploitation pourrait avoir des conséquences stratégiques liées à une plus grande indépendance énergétique (alors que nous importons aujourd’hui tout notre gaz, dont 30% depuis la Russie et l’Algérie), réduire notre facture énergétique (qui s’élève à 14 Mdan), créer des milliers par d’emplois dans le cadre de la constitution d’une nouvelle filière industrielle etc. La France peut elle se permettre de tourner le dos à une telle richesse « par principe » ? Le gaz de schiste ne constitue pas la pierre philosophale et ne résoudra pas tous nos problèmes: pour un certain nombre de raisons que la Boîte à idées a développées dans son rapport, son exploitation ne provoquera pas de choc de compétitivité par la baisse des prix de l’énergie : nos coûts d’exploitation seront nettement plus élevés qu’aux Etats-Unis, et notre parc électronucléaire nous offre déjà une énergie bon marché.Il n’est pas non plus sans inconvénients, mais toute activité industrielle en a ! Les six propositions formulées par la Boîte à idées visent à reprendre l’exploration des gaz de schiste sous l’égide d’un organisme public qui existe déjà et dont c’est la mission (le BRGM), à remettre d’urgence à jour nos données géologiques, et à encourager la recherche pour faire naitre de nouvelles techniques de forage. Elles sont concrètes, elles visent à offrir au politique les moyens de décider en toute connaissance de cause. En ce sens, elles correspondent à l’idée que nous nous faisons de l’opposition: un moment court pour se préparer avec exigence à l’exercice du pouvoir, pour que le jour venu, la droite soit en mesure de moderniser et transformer la France.
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