[TRIBUNE] Mettre sur pied une police européenne des frontières - Mai 2014

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Mettre sur pied une police européenne des frontières Tribune publiée sur le Figaro.fr le 21 mai 2014. Par La Boîte à idées, et Arnaud Danjean, Jean-Paul Gauzès, Elisabeth Morin-Chartier, Alain Lamassoure et Agnès Le Brun, députés européens PPE, candidats aux élections européennes sur les listes de l’UMP.  Traditionnellement en tête au palmarès de l’abstention, elles doivent être l’occasion de porter un message clair et sincère en direction de citoyens dont le désenchantement à l’égard de l’Europe ne cesse de croître. L’Europe, au mieux jugée inefficace par les Français quand elle n’est pas identifiée comme la source de tous les maux - avec la lâche complicité d’une partie de la classe politiques - mérite cependant un engagement renouvelé. Un engagement renouvelé mais aussi perspicace : il est de notre responsabilité de reconnaître les faiblesses de l’Europe pour mieux y répondre. UN ESPACE DE LIBERTE ET DE RESPECT DU DROIT La liberté ne se conçoit pas sans respect du droit. La liberté de circulation est un principe fondamental de l’Union européenne qui bénéficie à tous les citoyens européens. Mais cette liberté de circulation connaît certaines limitations qui doivent être respectées comme celle de disposer de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge déraisonnable pour le système d’assurance sociale de l’Etat d’accueil. La liberté, oui, mais pas sans conditions.
Publié le : vendredi 10 octobre 2014
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Mettre sur pied une police européenne des frontières Tribune publiée sur le Figaro.fr le 21 mai 2014. Par La Boîte à idées, et Arnaud Danjean, Jean-Paul Gauzès, Elisabeth Morin-Chartier, Alain Lamassoure et Agnès Le Brun, députés européens PPE, candidats aux élections européennes sur les listes de l’UMP. Traditionnellement en tête au palmarès de l’abstention, elles doivent être l’occasion de porter un message clair et sincère en direction de citoyens dont le désenchantement à l’égard de l’Europe ne cesse de croître. L’Europe, au mieux jugée inefficace par les Français quand elle n’est pas identifiée comme la source de tous les maux - avec la lâche complicité d’une partie de la classe politiques - mérite cependant un engagement renouvelé. Un engagement renouvelé mais aussi perspicace : il est de notre responsabilité de reconnaître les faiblesses de l’Europe pour mieux y répondre. UN ESPACE DE LIBERTE ET DE RESPECT DU DROIT La liberté ne se conçoit pas sans respect du droit. La liberté de circulation est un principe fondamental de l’Union européenne qui bénéficie à tous les citoyens européens. Mais cette liberté de circulation connaît certaines limitations qui doivent être respectées comme celle de disposer de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge déraisonnable pour le système d’assurance sociale de l’Etat d’accueil. La liberté, oui, mais pas sans conditions. S’il est précisé que cette liberté bénéficie aux citoyens européens, cela signifie que les citoyens non européens n’ont pas les mêmes droits. Il est normal, et il importe de l’assumer, que les citoyens des Etats membres de l’Union européenne, qui ont fait le choix de la confiance collective et de la mise en commun, en retirent un bénéfice qui leur est propre. Dès lors, la préservation de la liberté de circulation passe par le respect du droit des citoyens d’aller et venir sur le territoire européen et par le respect
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simultané de l’intégrité des frontières de l’Union européenne. Ainsi, le même degré d’exigence doit s’appliquer à la lutte contre l’immigration irrégulière comme à la préservation des libertés européennes. Il en va de la crédibilité de l’action de l’Europe.
LE CHOIX DE L’EUROPE DOIT ETRE ASSUME, LES ERREURS D’APPRECIATION AUSSI Le principe de responsabilité impose d’assumer les choix qui ont été faits et de rectifier ce qui doit l’être lorsque c’est nécessaire. La France a décidé d’intégrer l’espace Schengen, et donc de supprimer ses contrôles aux frontières au sein de cet espace. Elle a aussi accepté les élargissements successifs de l’Europe, à un rythme soutenu. Aujourd’hui, il est manifeste que l’abolition des contrôles aux frontières au sein de l’espace Schengen combiné à un élargissement rapide de l’Europe a affaibli les moyens de lutte contre l’immigration irrégulière. Le nier revient à ne pas assumer ce qui peut, et donc doit, être qualifié d’erreur d’appréciation. Une erreur d’appréciation sur la capacité de tous les Etats membres à maîtriser les flux d’immigration illégale dans un contexte d’accroissement des inégalités dans le monde. La forte augmentation de la demande d’asile que connaît la France (+73 % en 5 ans) tout comme l’Union européenne (+49 % sur la même période) correspond, en grande partie, à une immigration économique. Ainsi, malgré cette hausse considérable du nombre de demandes d’asile, la part des demandes acceptées est restée stable à environ 11 % au niveau de lOffice français de protection des réfugiés et apatrides(OFPRA).Il est désormais de la responsabilité de l’Europe, et de ses Etats membres, de dresser un diagnostic objectif des faiblesses de la maîtrise des frontières européennes et de renforcer ce qui doit l’être. Il ne faut pas rougir d’une politique de lutte contre l’immigration irrégulière. Ne laissons pas l’extrême droite caricaturer l’immigration ! Ne cédons pas non plus à l’angélisme béat auquel les Français eux-mêmes ne croient pas ! La lutte contre l’immigration irrégulière est un enjeu de droit, et elle n’est pas synonyme de lutte contre l’immigration. L’immigration, légale, est souhaitable pour la France et pour l’Europe. L’immigration des talents doit être encouragée.
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RETROUVER LA MAITRISE DES FRONTIERES EUROPEENNES : DES MOYENS A LA HAUTEUR DES ENJEUX Dans un contexte, latent ou prégnant, de renforcement des populismes en Europe, il est du devoir des institutions, françaises et européennes, des partis nationaux et des représentants européens, de s’emparer du sujet de la maîtrise de nos frontières. La question ne doit pas être taboue : il s’agit du respect du droit, ni plus, ni moins. Nous devons bien cela aux citoyens européens qui ont fait le pari d’un avenir commun. C’est pour cette raison que nous proposons de mettre sur pied une police européenne des frontières.Ce corps européen, dont l’accès sera ouvert à tous les policiers et gendarmes de l’Union européenne, aura la charge d’assurer l’intégrité de notre espace commun de liberté, de sécurité et de justice. La police européenne des frontières pourra capitaliser sur la richesse des expériences de ses membres, fonctionnaires en détachement, dont elle devra retirer les meilleures synergies. La mobilisation de tous, collectivement, est un gage crucial d’efficacité de l’action européenne. La simple coopération ou coordination, notamment à travers l’agence européenne Frontex, n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels nous faisons face, la réalité en atteste. Les instruments de coordination existent lorsqu’il s’agit d’opérations à l’extérieur de nos frontières (PSDC). Pourquoi ne pas les mobiliser pour nous protéger ? Cette police européenne des frontières, placée sous la responsabilité directe de l’Union européenne,pourra servir de laboratoire en vue de la création d’une force de police aux compétences élargies en matière de criminalité organisée et de lutte contre la délinquance itinérante. Il est temps de passer à la vitesse supérieure pour doter l’Europe des moyens nécessaires afin d’accompagner les décisions prises depuis le traité de Rome en 1957 en matière de libre circulation des personnes. Trop peu a été fait jusqu’à présent dans ce domaine. L’Europe doit avancer sur ses deux pieds : son espace de liberté doit aussi être un espace de justice et de sécurité. * * *
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La France a fait le choix de l’Europe. C’est un choix responsable, au regard de l’Histoire ; c’est un choix stratégique, pour l’avenir. Ce choix mérite d’être réaffirmé, avec force. Mais c’est un choix qui comporte des exigences. Ces exigences que réclament les citoyens français et européens sont celles, notamment, d’un espace de liberté dans le respect du droit et donc de la maîtrise des frontières extérieures de l’Union européenne. Ces exigences sont plus que légitimes et doivent être entendues.
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