Candide de Voltaire – Chapitres 13 à 18

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Candide de Voltaire – Chapitres 13 à 18

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Massimo Alvarez, Cindy Leal Martins, Meghann Linder, Omar Urtasun
Candide de Voltaire – Chapitres 13 à 18
Candide, Cunégonde et la vieille arrivent à Buenos Aires. Le gouverneur est tellement intéressé par Cunégonde qu’il la demande en mariage. Candide, pourchassé par les autorités pour un double meurtre doit fuir. En compagnie de s on valet, Cacambo, Candide trouve refuge chez l’ordre des jésuites du Paraguay. Il re trouve ici le frère de Cunégonde, qu’il croyait mort. Celui ci refusant l’idée d’un mariage entre Candide et sa sœur, il le tue, sans réfléchir. Après ce nouveau meurtre, les deux compa gnons fuient de nouveau dans le pays des Oreillons, ou les meurs semblent bien étranges. Ils arrivent finalement dans l’Eldorado, véritable mythe de l’imaginaire collectif européen. Dans ce pays tout est vraiment pour le mieux dans le meilleur des mondes et le territoire regorge de richesses.
Personnages Candide : Du latin « Candidus » qui veut dire blanc, symbolisant « la page blanche sur laquelle on peut écrire ». L’œuvre de Voltaire donna une signification nouvelle au mot candide, symbolisant la naïveté grâce au personnage principal de son œuv re. Candide est un personnage tout-à-fait innocent, naïf et malléable. Il également décr it comme étant une personne fondamentalement bonne. Cette description ne vaut que pour une partie du livre. Au fur et à mesure de l’avancement de l’intrigue, on se rend compte de son évolution. Il perd peu à peu son coté crédule a mesure que les pires événeme nts lui tombent dessus. Il symbolise Voltaire et sa prise de conscience sur la philosophie optimiste.
Cunégonde :
Le prénom médiéval « Cunégonde », issu du germaniqu e « Kühn » (« audacieux », « qui mérite d’être fait »), ainsi que du mot « Gund » (« le combat ») signifie « celle qui ne craint rien ». Ce prénom, attribué ici à l’amoureuse de Candide, se trouve être ridicule.
C’est le leitmotiv de l’œuvre. C’est parce que Candide est amoureux d’elle qu’il voyage et acquiert de l’expérience. A travers ce personnage, Voltaire veut nous dire que les femmes n’apportent que des problèmes. Le plus bel exemple de cette affirmation est le renvoi de Candide au chapitre 1.
Cacambo :
Il a une grande expérience des hommes et des milieu x sociaux qui peut être expliquée par les divers métiers qu’il a exercé et par ses origines diverses . « Cacao », « Caca », « samba », son des mots qui nous viennent à l’esprit en lisant son nom. Il s’agit là de termes qui nous font penser à des lieux divers, et qui sont drôles.
Il joue le rôle de guide en conseillant Candide. C’ est donc lui qui accélère le récit. Il précipitant le départ de Candide, mais le ralentit aussi en se lançant par exemple dans une longue description satirique de l’État jésuite car il connaît bien le royaume des prêtres. Il a d’ailleurs un regard très critique sur les jésuites.
Cacambo joue aussi le rôle de porte parole de Candide dans le chapitre 16. La parole est un point très important dans ce chapitre car c’est le beau discours de Cacambo qui les sauve. L’éloquence peut donc défendre n’importe quelle thèse. Dans son discours, nous trouvons notamment la dénonciation de la guerre, par Voltair e, faite avec ironie « le droit naturel nous enseigne à tuer notre prochain ». L’importance de la parole est à nouveau soulignée dans les chapitres 17 et 18, car c’est Cacambo qui traduit et qui explique les discours des habitants à Candide.
Il est misogyne. Notons qu’il incarne la voix de la raison ce qui nous fait dire que Voltaire l’était aussi, ou du moins en partie.
La vieille :
Personnage très utile pour Candide. C’est la seule personne avec Cacambo et Martin à lui donner des conseils utiles et basés sur le concret (grâce à sa grande expérience de la vie). Elle incite d’ailleurs Cunégonde à rester à Buenos-Aires pour vivre protégée de l’inquisition.
Le Gouverneur de Buenos-Aires :
Personnage dont le côté ridicule égale, voire dépas se, celui de Candide. Son nom d’une longueur interminable nous indique qu’il est noble. Voltaire se moque à travers ce personnage des nobles et de leurs manières surfaite s. Bien qu’il soit un personnage secondaire, il a droit à une description étonnamment bien construite. Le lecteur découvre le personnage comme il est vu par les autres ce qui donne un effet très marquant.
Le Fils des Thunder-ten-Tronckh :
C’est un jésuite très fier de sa noblesse. Ce qui saute tout d’abord aux yeux, c’est son nom. Difficile de faire plus ridicule. Il s’agit d’une parodie de langue allemande. « Thunder-Ten-Tronckh » possède une allitération en « T » et n’est pas un nom facile à prononcer. Le m ot « thunder » qui signifie tonnerre nous amène à une image de puissance, mais la consonance du nom complet évoque un personnage très prétentieux. Il est donc l’incarnation du mépris que Voltaire réserve a ce genre de personnes. Son coté prétentieux et arrogant apparaît au grand jour lorsque Candide lui fait savoir qu’il a l’intention d’épouser sa sœur.
« Commentaire [O1] : C’était un quart d’Espagnol, né d’un métis dans le Tucuman ; il avait été enfant de chœur, sacristain, matelot, moine, facteur, soldat, laquais ».
Ch Commentaire [O2] : apitre 15
« Commentaire [O3] : Dès qu’ils furent arrivés à la première barrière, Cacambo dit à la garde avancée qu’un capitaine demandait à parler à monseigneur le commandant. »
« Commentaire [O4] : Les femmes ne sont jamais embarrassées d’elles, Dieu y pourvoit. »
Mais voilà, il est également homme d’église et il devrait donc faire preuve de tolérance et d’un peu d’humilité mais ce n’est absolument pas le cas. On l’aura bien compris, avec ce personnage, Voltaire fait d’une pierre deux coups : Il critique à la fois la noblesse et la religion. Structure
Il est important de noter que l’œuvre de Voltaire d onne l’impression d’une addition d’aventures décousues, sans structure apparente. Pourtant, le conte est très bien construit. Les chapitres sont courts, mais ils vont à l’essent iel. Le rythme de la narration relie les péripéties de Candide les unes aux autres. Les temp s de narration sont le passé-simple et l’imparfait.
Les titres des chapitres de Candide se présentent s ous forme de phrases courtes, et totalement neutres, qui résument brièvement les événements du texte qui les suit. Ces titres s’appellent des sommaires. Les faits principaux du chapitre se regroupent en une seule phrase, donnant au lecteur l’envie de lire ce qui s uit ainsi que de voir de quelle manière Voltaire décrit et critique la société au travers de son chapitre.
Dans son œuvre, Voltaire recourt aux récits emboîtés. Il s’agit d’insérer dans le récit l’histoire d’un personnage secondaire. Dans le chapitre 15, le baron nous raconte les dernières heures de Thunder-ten-Tronkh de cette manière. Ce sont ces récits emboîtés qui firent les succès des romans du XVIIè siècle et qui seront ensuite reprit au XVIIIè siècle.
La fantaisie chronologique de Voltaire est complété e par une grande liberté dans le traitement des thèmes. Dans le chapitre 16, Voltair e traite de la zoophilie, et il évoque l’esclavage dans le chapitre 19. A vrai dire, l’aut eur n’hésite pas à énoncer/dénoncer un grand nombre de sujets et de problématiques dont les gens n’osent pas forcément parler.
L’auteur s’inspire également de toutes formes de contes. Ainsi, le chapitre 17, où Candide et Cacambo arrivent en Eldorado (en passant dans une grotte où coule une rivière), rappelle le sixième voyage de Sindbad le marin.
Le récit des aventures de Candide, même s’il peut sembler décousu au départ, est en réalité très bien construit. Il s’agit d’un conte philosoph ique, qui en plus d’être amusant est dénonciateur.
Genre Dans le chapitre 14, Voltaire utilise lasatire religieuseafin de dénoncer les inégalités entre le clergé et le peuple.
Cette inégalité injustifiée apparaît aussi lorsque l’on compare le repas des religieux qui est décrit comme « un excellent déjeuner était préparé dans des vases d’or » tandis que « Les Paraguains mangèrent du maïs dans des écuelles de b ois, en plein champ, à l’ardeur du soleil ».
Laparodie du roman sentimentaleaussi l’un des genres que l’on retrouve dans l  est chapitre 14 lors des retrouvailles de Candide et du baron
Dans les chapitres 17 et 18, le conte philosophique a l’apparence d’un conte traditionnel grâce au genre merveilleux. Car l’Eldorado représente lasociété idéale(=Utopie).
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L’humour, l’ironie
L’ironie, ses nombreuses figures de style et l’humour en général sont utilisées pour laisser entendre des choses souvent peu reluisantes sur différentes théories ou personnes avec lesquelles Voltaire n’est pas d’accord. L’essentiel de l’ironie du texte provient du narrateur bien que Cacambo en aie parfois l’usage pour raisonner Candide.
Dans le chapitre 13, la situation est parfaitement ironique : Cunégonde, hypocrite, ayant appris le passé de la vieille la considère tout autrement. Le gouverneur est décrit comme étant un personnage parfaitement agaçant. Après une raillerie sur son nom et une description peignant un personnage arrogant, la chute d’une plaisanterie apparaît soudainement. Bien que le gouverneur soit un personnage secondaire, cette petite touche d’humour incisif dans sa description marque le lecteur.
Dans le chapitre 14, un humour particulièrement noir est utilisé pour décrire les autorités religieuses comme étant tyranniques et hypocrites.
Dans le chapitre 16, Cacambo utilise l’antiphrase pour faire remarquer à son maitre qu’il a mal fait en tuant les deux singes.
« Commentaire [O5] : Los Padres y ont tout, et les peuples rien ; c'est le chef-d’œuvre de la raison et de la justice. Pour moi, je ne vois rien de si divin que Los Padres, qui font ici la guerre au roi d'Espagne et au roi de Portugal, et qui en Europe confessent ces rois ; qui tuent ici des Espagnols, et qui à Madrid les envoient au ciel : cela me ravit »
: Commentaire [O6] : « Ô ciel ! est-il possible ? s’écria le commandant. - Quel miracle ! s’écria Candide. -Serait-ce vous ? dit le commandant. - Cela n’est pas possible », dit Candide. Ils se laissent tomber tous deux à la renverse, ils s’embrassent, ils versent des ruisseaux de larmes. »
“[ Commentaire [O7] : Cunégonde] lui fit toutes les politesses qu’on devait a une personne de son rang et de son mérite”
[… Commentaire [O8] : ] que tous ceux qui le saluaient étaient tentés de le battre.
« Commentaire [O9] : Vous avez fait là un beau chef-d’œuvre, mon maitre »
L’optimisme
La définition actuelle de l’optimisme ne saurait expliquer celui de l’œuvre. L’optimisme du livre est Leibnizien. Ce dernier pensait que le mon de dans lequel nous vivons est « le meilleur des mondes possible ».
Leibniz prouve ce qu’il avance par le procédé suiva nt : Si Dieu existe, il est parfait et est le seul à l’être (sa création ne l’est donc pas). Il est parfait dans tous les sens du terme c’est à dire qu’il est tout puissant, de toute bonté et tou te sagesse. C’est donc en toute connaissance de cause, tout volontairement et tout généreusement qu’il a crée le monde se rapprochant le plus possible de la perfection.
En prenant connaissance de cette définition, on se rend vite compte (dès le premier chapitre en fait) que le personnage de Pangloss, tant de fois ridiculisé dans ses théories farfelues est en fait grandement inspiré de Leibniz et de ses idé es auxquelles Voltaire n’adhère plus depuis bien longtemps, la vie ayant été trop cruelle avec lui.
Si Pangloss est un Leibniz simplifié, Candide symbolise Voltaire et ce qu’il considérait comme ses erreurs de jeunesse. On peut donc faire un para llèle intéressant entre les personnages réels et fictifs. Voltaire-Candide était adepte des idées Leibniz-Panglossiennes avant de connaître de grands malheurs.
Dans notre passage, Pangloss étant contre toute vraisemblance mort, ses idées sur le monde nous apparaissent exclusivement sous forme de souve nirs ou de réflexions de Candide comme au chapitre 13 dans lequel il imagine sa réaction face à une certaine situation et au chapitre 15 où il revient sous forme de souvenir.
Reste le disciple de Pangloss, Candide, qui, s’il e st de moins en moins d’accord avec les théories de son maître au fur et a mesure que le so rt s’abat sur lui, reste l’uns des plus grands vecteurs de l’optimisme du texte.
Dans le chapitre 16, Candide est optimiste en pensant que tuer les deux singes est un acte qui lui vaudra quelques faveurs. Toujours dans le c hapitre 16, bien qu’il ait failli servir de repas aux oreillons, il reconsidère en un éclair l’ opinion qu’il s’est fait sur les idées de Pangloss. Les chapitres 17 et 18 faisant office de véritable rêve éveillé, Candide n’a même pas besoin d’être optimiste. Dans l’Eldorado, tout dépasse ses espérances.
Commentaire [O10] : Tournure d’esprit qui dispose à prendre les choses du bon coté, en négligeant leurs aspect fâcheux.” (Le Robert Micro)
E Commentaire [O11] : n effet, Voltaire, du temps où tout allait bien pour lui n’était pas hostile aux idées de Leibniz.
« Commentaire [O12] : Il nous dirait des choses admirables sur le mal physique et le mal moral […]»
« Commentaire [O13] : Maître Pangloss m'a toujours dit que les hommes sont égaux » Cette citation relève presque plus de la sottise que de l’optimisme. C’est un idéal, as une réalité.
« Commentaire [O14] : Dieu soit loué, mon cher Cacambo ! J’ai délivré d'un grand péril ces deux pauvres créatures ; si j'ai commis un péché en tuant un inquisiteur et un jésuite, je l'ai bien réparé en sauvant la vie à deux filles. Ce sont peut-être deux demoiselles de condition, et cette aventure nous peut procurer de très grands avantages dans le pays. »
« Commentaire [O15] : Mais, après tout, la pure nature est bonne, puisque ces gens-ci, au lieu de me manger, m'ont fait mille honnêtetés dès qu'ils ont su que je n'étais pas jésuite. »
Le Pessimisme
Le Pessimisme est un thème important pour la compréhension de la psychologie de Candide. Celui ci, sans son maître à penser se laisse par mo ments quelque peu aller à des sautes d’humeurs et remet en question le jugement de Pangloss. Candide plonge peu-à-peu dans le pessimisme, d’autant plus que le sort continue à s’acharner sur lui.
Ici encore, on peut faire le parallélisme avec l’au teur qui sombra dans un pessimisme grandissant pendant son exil à Ferney.
Dans le chapitre 13, Candide tombe des nues, Il perd Cunégonde qu’il laisse à un gouverneur prétentieux et il est pourchassé par l’inquisition pour meurtre. Le chapitre termine donc sur une phrase qui reflète bien l’état d’esprit de Candide et qui laisse prévoir le pire au chapitre 14 dans lequel Candide est complètement perdu et est pessimiste quant à son avenir sans Cunégonde. Il n’a plus aucun esprit d’initiative et c’est Cacambo qui prend les rennes.
Le chapitre 15 est clairement le chapitre principal de notre passage en ce qui concerne le pessimisme. Pendant des retrouvailles joyeuses et inattendues, le moral de Candide est au plus haut mais le dédain que le baron lui réserve a insi que son refus catégorique de l’idée d’un mariage entre sa sœur et Candide amèneront ce dernier à le tuer dans un accès de rage. Il tombe de haut en se rendant compte de ce q u’il vient de faire et est alors très pessimiste sur sa nature et sur la nature de l’homm e en général mais aussi et encore sur l’avenir qu’il juge plus qu’incertain.
On observe dans le chapitre 16 un certain rejet par Candide des idées panglossiennes quand il est sur le point de servir de repas aux habitant s locaux. Juste avant de découvrir le pays d’Eldorado qui sera pour Candide une véritable bouf fée d’air frais il fait une nouvelle fois preuve de pessimisme concernant l’avenir .
V Commentaire [O16] : oici ce qu’on peut lire dans uns de ses poèmes après la catastrophe de Lisbonne : « Un jour, tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion. »
Commentaire [O17] : « Mais comment se séparer de Cunégonde, et ou se réfugier ? »
« Commentaire [O18] : Candide versa des larmes. « O ma chère Cunégonde ! Faut-il vous abandonner dans le temps que monsieur le gouverneur va faire nos noces ! Cunégonde amenée de si loin, que deviendrez-vous ? » »
« Commentaire [O19] : Hélas ! Mon Dieu, dit-il, j'ai tué mon ancien maître, mon ami, mon beau-frère ; je suis le meilleur homme du monde, et voilà déjà trois hommes que je tue ; et dans ces trois il y a deux prêtres. »Si il est le meilleur des hommes, les autres ne feraient as mieu
« Commentaire [O20] : Il ne nous reste qu'à vendre cher notre vie, lui dit son maître : on va sans doute entrer dans la feuillée, il faut mourir les armes à la main. »
Commentaire [O21] : ous allons certainement être rôtis ou bouillis. Ah ! que dirait maître Pangloss, s'il voyait comme la pure nature est faite ? Tout est bien ; soit, mais j'avoue qu'il est bien cruel d'avoir perdu Mlle Cunégonde et d'être mis à la broche par des Oreillons »
-Commentaire [O22] : Comment y retourner ? dit Candide, et où aller ? Si je vais dans mon pays, les Bulgares et les Abares y égorgent tout ; si je retourne en Portugal, j'y suis brûlé ; si nous restons dans ce pays-ci, nous risquons à tout moment d'être mis en broche. Mais comment se résoudre à quitter la partie du monde que Mlle ... [1]
La vision des femmes
Les femmes d’un certain âge ont acquis tout au long de leur vie l’expérience. Elles incarnent par conséquent la prudence et ont pour rôle de conseiller les plus jeunes jouant ainsi le rôle de guide.
La Vieille convainc Cunégonde d’épouser le gouverne ur. Ce passage nous montre aussi que la vie n’est pas toujours comme nous le désirons et qu’il faut savoir s’adapter à la réalité pour survivre.
La Vieille guide Candide en lui conseillant de part ir.
Les femmes jeunes n’ont pas d’expérience, par consé quent elles n’agissent pas de manière autonome. Comme lorsque Cunégonde demande « un quart d’heure pour se recueillir, pour consulter la vieille et pour se déterminer. » Ce qui prouve à nouveau la sagesse des vieilles femmes. De plus, ce passage nous montre la dégradation morale de Cunégonde. Elle est tout de suite intéressée par l’offre du gouverneur et ne cherche pas à savoir quel est l’avis de Candide, l’homme qui l’aime. On ne manquera pas de remarquer qu’une fois de plus, Cunégonde fait du tord à Candide, comme d’autres femmes dans le livre.
Le personnage de Cunégonde nous permet aussi de voir le comportement des hommes face aux femmes. On voit que la seule chose qui les inté resse est la beauté. Par conséquent le seul fait qu’elle soit belle est une raison valable pour la demander en mariage. L’apparence a donc une importance primordiale.
Les jeunes femmes sont aussi représentées comme étant frivoles et aimant se faire courir après, comme on le voit dans le chapitre 16.
« Commentaire [O23] : Mademoiselle, vous avez soixante et douze quartiers, et pas une obole ; il ne tient qu’à vous d’être la femme du plus grand seigneur de l’Amérique méridionale, qui a une très belle moustache ; est-ce à vous de vous piquer d’une fidélité à toute épreuve ? Vous avez été violée par les Bulgares ; un Juif et un inquisiteur ont eu vos bonnes grâces : les malheurs donnent des droits. J’avoue que, si j’étais à votre place, je ne ferais aucun scrupule d’épouser monsieur le gouverneur et de faire la fortune de M. le capitaine Candide. »« Commentaire [O24] : Fuyez, dit-elle, ou dans une heure vous allez être brûlé »
« Commentaire [O25] : Cunégonde lui parut ce qu’il avait jamais vu de plus beau. La première chose qu’il fit fut demander si elle n’était point la femme du capitaine. »
« Commentaire [O26] : Ces clameurs partaient de deux filles toutes nues qui couraient légèrement au bord de la prairie, tandis que deux singes les suivaient en leur mordant les fesses. »
L’Eldorado
L’Eldorado est un monde véritablementparfait:
1. Pas de fossé social : si les inégalités sociales perdurent Il n’y a pas de fossé entre deux classes (selon Voltaire, il était normal de prétend re à un idéal d’égalité entre les hommes mais il pensait qu’il était impossible de co nstruire une société sur ce principe.). Tout le monde vit confortablement et le s nobles semblent se comporter tout-à-fait simplement avec le reste de la populati on. On observe également, plus qu’une égalité entre les classes, une égalité entre les sexes 2. Les connaissances, notamment les sciences, occupent une place prépondérante dans la société. 3. L’art, l’urbanisme ne sont pas oubliés. 4. La religion y est présente mais ses institutions no n. Les gens peuvent croire librement, sans intermédiaire. Ainsi, sans institut ions, plus d’intolérances, plus d’exécutions à petit feu.
Ce sont les idéaux du siècle des lumières
Mais voilà, il y a un problème et ça, tout le monde, de Candide et Cacambo au lecteur incrédule, le remarque :tout ceci est trop beau pour être vrai. D’ailleurs, même Candide, si peu perspicace d’habitude, s’en aperçoit. En tant que lecteur, on s’en rend compte parce que les descriptions regorgent d’hyperboles qui évoquent des quantités tout bonnement inimaginables et des énumérations qui soulignent la volonté de nous montrer à quel point le pays est parfait.
Aussi, Voltaire prend soin de ne pas achever son livre avec une fin aussi heureuse, cet idéal étant tout bonnement impossible à atteindre.
« Commentaire [O27] : On servit quatre potages garnis chacun de deux perroquets […] liqueurs faites de canne de sucre. » […] «Vous avez fait mauvaise chère ici, parce que c'est un auvre villa e » «
« Commentaire [O28] : L'usage, dit le grand officier, est d'embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable et qui les pria poliment à souper. »
« Commentaire [O29] : Après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne »« Commentaire [O30] : Ce qui le surprit davantage, et qui lui fit le plus de plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d'instruments de mathématique et de h si ue. »« Commentaire [O31] : Espaces publics élevés jusqu’aux nues » « Galeries de deux mille pas » « Pavés odoriférants » « Commentaire [O32] : Quoi ! Vous n'avez point de moines qui enseignent, qui disputent, qui gouvernent, qui cabalent, et qui font brûler les gens qui ne sont pas de leur avis ? »« Commentaire [O33] : C'est probablement le pays où tout va bien ; car il faut absolument qu'il y en ait de cette espèce. »« Commentaire [O34] : On servit quatre potages garnis chacun de deux perroquets […] liqueurs faites de canne de sucre. »« Portail [...] de deux cent vingt pieds de haut et ... [2] « Commentaire [O35] : Fontaines d'eau pure » « Fontaines d'eau rose » « Celles de liqueurs de canne de sucre »
Bibliographie:
·DUMESTE Marie-Hélène,Candide Voltaire, Hatier, Profil d'une œuvre, Paris, 2001, 128 pages ·GAILLARD Pol,Candide Voltaire, Hatier, Profil d’une œuvre, Paris, 1992, 79 pages
Webographie:
·http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/nature_et_civilisation/2.htm ·http://16003.ifrance.com/pop/personnages.pdf
Page 6: [1] Commentaire [O22] Omar 14/03/2010 23:02:00 - Comment y retourner ? dit Candide, et où aller ? Si je vais dans mon pays, les Bulgares et les Abares y égorgent tout ; si je retourne en Portugal, j'y suis brûlé ; si nous restons dans ce pays-ci, nous risquons à tout moment d'être mis en broche. Mais comment se résoudre à quitter la partie du monde que Mlle Cunégonde habite ?
Page 8: [2] Commentaire [O34] Omar 30/03/2010 22:10:00 «On servit quatre potages garnis chacun de deux perroquets […] liqueurs faites de canne de sucre. »« Portail [...] de deux cent vingt pieds de haut et de cent de large » « Galerie de deux mille pas » etc.
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