Guide techniques: aménagement des boisés et terres privés pour la ...

De
Publié par

Guide techniques: aménagement des boisés et terres privés pour la ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 89
Nombre de pages : 6
Voir plus Voir moins
GUIDES TECHNIQUES
Notions dÕhabitat 1
AM … NAG E M E NDT E SB O I S …EST T E R R EPSR I V …PSO U RL A F AU N E
INTRODUCTION DOM QuÕest-ce quÕun habitat?LÕhabitat nÕest nul autre queLe le milieu de vie dÕune espËce animale.Il est constituÈ deindivid lÕenvironnement physique et biologique du milieu.Quant ‡ Les composantes principales de lÕhabitat sont la nourriture,populati lÕeau et le couvert de protection auxquels sÕajoutent le ¿ l, processus de succession vÈgÈtale et les bordures.Tous ces tous les ÈlÈments nÈcessaires ‡ ses besoins.La superficie ÈlÈments sont dÈterminants dans la qualitÈ dÕun habitat et couverte normalement par lÕanimal, pour ses activitÈs peuvent affecter la productivitÈ et lÕabondance des populations quotidiennes, peut varier selon le sexe, la pÈriode de lÕannÈe et animales. Ilexiste, comme on peut le constater, des relations la qualitÈ de lÕhabitat.Dans un habitat de mauvaise qualitÈ, Ètroites entre la faune et son milieu.Nous dÈcrirons lÕanimal devra accroÓtre la dimension de son domaine vital sommairement ces relations de faÁon ‡ faire ressortir les pour combler lÕensemble de ses besoins. ÈlÈments importants dans la planification dÕamÈnagements de lÕhabitat.Une meute de loups parcourt plusieurs milliers de kilomËtres carrÈs pour trouver suffisamment de proies pour CHOIX DÕUN HABITAT se nourrir (figure 1).Les animaux de grande taille nÈcessitent LÕhabitat idÈal pour une espËce animale est celui quiplus dÕespace que les petits, tels les campagnols et les souris comble le mieux ses besoins dÕalimentation, de reproduction,(figure 2). de repos, dÕabri, etc. Chaque espËce possËde des besoins particuliers dÕhabitat, impliquant la prÈsence dans le milieu dÕÈlÈments essentiels ‡ sa survie.Dans un habitat qui ne lui convient pas, un animal est condamnÈ ‡ mourir rapidement par manque de nourriture, par prÈdation ou encore en raison des intempÈries.
La bÈcasse dÕAmÈrique recherche plusieurs catÈgories de milieux (aulnaies, friches, jeunes forÍts de feuillus), selon la saison et lÕÈtape de son cycle annuel (reproduction, nidification, Èlevage des jeunes).
La compÈtition entre les espËces pour le partage de lÕhabitat est aussi un ÈlÈment important susceptible de modifier ce choix.
Fig. 1 - Les loups parcourent de grands territoires ‡ la recherche de leurs proies.
Fig. 2 - Les campagnols nÕont besoin que dÕun espace rÈduit pourvivre.
ALIMENTATION Selon la nourriture quÕils consomment, on divise les espËces fauniques en trois grands groupes : les herbivores se nourrissant de matiËres vÈgÈtales (liËvre, porc-Èpic), les carnivores mangeant des matiËres animales (grand-duc, salamandre) et les omnivores consommant ‡ la fois des plantes et des animaux (corneille, ours) (figure 3).
Fig. 3 - La corneille est une espËce omnivore qui sÕalimente de vÈgÈtaux et dÕanimaux.
LÕutilisation de la nourriture, par les herbivores, dÈpend de lÕabondance et de la disponibilitÈ des matiËres vÈgÈtales, mais aussi de leur accessibilitÈ.Les herbivores sont gÈnÈralement des proies pour les carnivores.Ils sont presque toujours aux aguets et lÕaccËs ‡ la nourriture ne doit pas les mettre en danger.La nourriture devient accessible par la prÈsence dÕabris ou de couverts de fuite.
LÕhabitat fournit aux espËces une nourriture qui varie en qualitÈ et en quantitÈ selon les saisons.La qualitÈ et la quantitÈ de la nourriture disponible influencent la productivitÈ, la croissance et la rÈpartition des populations animales.
Les plantes ont un cycle saisonnier, qui affecte leur disponibilitÈ pour les herbivores.LÕÈtÈ, les plantes sont abondantes; lÕhiver, elles entrent en dormance et la disponibilitÈ de la nourriture diminue.¿ lÕarrivÈe de lÕhiver et des premiËres neiges, les herbivores migrateurs partent, tandis que les espËces sÈdentaires utilisent leur rÈserve de graisses pour survivre ‡ lÕhiver.Elles limitent le plus possible leurs dÈplacements et se mettent ‡ lÕabri des rigueurs du climat hivernal. Ceci implique que le nombre de proies disponibles pour les carnivores, varie lui aussi selon un cycle saisonnier, les proies Ètant plus nombreuses en ÈtÈ quÕen hiver.
Les besoins en nourriture peuvent varier selon le sexe ou lÕ‚ge des individus.Les aliments consommÈs par les adultes ne conviennent pas nÈcessairement aux jeunes en dÈbut de croissance. CÕestainsi que, plusieurs espËces dÕoiseaux herbivores sont carnivores durant les premiËres semaines de leur vie.
CÕest le cas pour la gÈlinotte huppÈe qui est herbivore ‡ lÕ‚ge adulte; consommant feuilles, graines, bourgeons, fruits et trËs peu dÕinsectes (5%).Par contre, les jeunes sÕalimentent principalement de proies animales (85%), pour ensuite devenir herbivores.
LÕeau est aussi un ÈlÈment essentiel ‡ la vie des animaux. Elle est nÈcessaire aussi bien aux besoins biologiques que comportementaux (toilettage, reproduction...). En pÈriode de sÈcheresse, lÕabsence dÕeau devient un facteur limitant pour la plupart des espËces. Gr‚ce ‡ des adaptations ou des comportements particuliers, certaines espËces parviennent ‡ survivre en pÈriode de raretÈ en eau.Dans la nature, elle est disponible de diffÈrentes sources : lÕeau des lacs, des cours dÕeau, de la rosÈe, de la pluie et de la sËve des plantes.
La bÈcasse tire lÕeau nÈcessaire ‡ ses besoins biologiques exclusivement de sa nourriture, constituÈe principalement de vers de terre.
La pluie joue un rÙle important dans la production de nourriture pour la faune, mais en lÕabsence dÕun couvert de protection de bonne qualitÈ, elle peut occasionner des mortalitÈs importantes chez les jeunes animaux.
Ð 2 Ð
COUVERT DE PROTECTION Le couvert de protection remplit deux rÙles principaux : il protËge des intempÈries (pluies, froid, grÍle, neige...) et aussi des prÈdateurs.
Une espËce proie, comme le liËvre, vit continuellement en Ètat dÕalerte.Dans un habitat, il doit pouvoir se dÈplacer sans courir trop de risques et se rÈfugier sous un couvert de fuite, advenant lÕattaque dÕun prÈdateur (figure 4).
Fig. 4 - Le liËvre se rÈfugie sous un couvert de fuite pour ÈviterlÕattaque du lynx.
Le couvert de protection ou dÕabri est un ÈlÈment nÈcessaire aux espËces animales pour assurer leur survie. En gÈnÈral, la vÈgÈtation procure une bonne structure de protection.
Les conifËres, par exemple, reprÈsentent une excellente structure dÕabri, car ils ont la propriÈtÈ dÕarrÍter le vent. Toutefois, pour les essences feuillues, les saisons affectent la qualitÈ des abris, ‡ cause de la chute des feuilles.
La neige, peut aussi reprÈsenter une forme dÕabri, car elle offre une protection contre le froid.
Pour se protÈger du froid et du vent, la gÈlinotte huppÈe sÕenfouit sous la neige o˘ la tempÈrature descend rarement en bas de -7∞C.
Les besoins de protection changent selon les diffÈrentes activitÈs de la faune (alimentation, repos, reproduction) et selon les saisons.Selon lÕespËce, il peut sÕagir de milieux diffÈrents pour chaque situation.Mais, dans bien des cas, les structures dÕabri demeurent assez semblables.
Plusieurs espËces animales, comme le butor et le liËvre, augmentent leurs chances de survie ‡ lÕaide de la coloration du plumage ou de la fourrure, qui leur permet de se dissimuler dans le paysage et ainsi dÕÈchapper aux prÈdateurs (figure 5).
Fig. 5 - Le butor se dissimule parfaitement dans son environnement.
SUCCESSION VƒGƒTALE La faune et les habitats quÕelle frÈquente, sont en constante Èvolution.Au fil des ans, la vÈgÈtation change; ces changements transforment la structure de lÕhabitat et provoque des modifications au niveau de la diversitÈ et de lÕabondance de la faune.CÕest le processus de succession Ècologique. On appelle succession vÈgÈtale, le processus dÕÈvolution qui sÕopËre au niveau de la flore seulement; celui-ci Ètant plus Èvident ‡ observer. Une coupe, un feu ou toute autre perturbation du milieu sont des ÈlÈments dÈclencheurs du processus de succession vÈgÈtale (figure 6).La premiËre Ètape, que lÕon appelle succession pionniËre ou secondaire, sÕamorce par une recolonisation du milieu par des espËces vÈgÈtales de lumiËre. Ces essences intolÈrantes ‡ lÕombre croissent rapidement en milieu dÈgagÈ.Le peuplier faux-tremble et le bouleau ‡ papier en font partie.
Ð 3 Ð
RÈgÈnÈration
Gaulis et perchis
Fig. 6 - Les diffÈrentes Ètapes du processus de succession vÈgÈtale.
Dans un deuxiËme temps, ces essences seront remplacÈes graduellement par des espËces tolÈrantes ‡ lÕombre, comme lÕÈrable ‡ sucre et le sapin baumier; leurs semences parvenant ‡ se dÈvelopper sous un couvert vÈgÈtal.Les espËces tolÈrantes croissent plus lentement que les espËces intolÈrantes; cÕest ainsi que sÕamorce le long processus de succession vÈgÈtale vers lÕatteinte dÕune forÍt ‡ maturitÈ.
Avec le temps, lÕÈvolution des habitats affecte la composition des populations animales.Un habitat convenable pour une espËce, peut cesser de lÕÍtre et devenir plus appropriÈ pour une autre.
Certaines espËces, comme le tÈtras, le pÈkan et la martre, prÈfËrent les vieilles forÍts de fin de succession, tandis que dÕautres favorisent les milieux perturbÈs du dÈbut de succession (la bÈcasse, le castor, le liËvre) (figure 7).La gÈlinotte huppÈe, quant ‡ elle, opte pour les deux types de succession. Elleutilise les premiers stades pour lÕÈlevage des jeunes et quand les arbustes et les jeunes arbres sÕÈtablissent, lÕhabitat lui procure un couvert de fuite; les forÍts plus ‚gÈes (25 ‡ 30 ans) servent ‡ la nidification et comme nourriture dÕhiver lorsque le tremble est prÈsent.
Futaie
ForÍt mature
Fig. 7 - La martre a une prÈfÈrence marquÈe pourles vieilles forÍts.
Ð 4 Ð
BORDURES Les bordures sont bien connues des chasseurs qui les frÈquentent en raison dÕune plus grande abondance de gibier. Les bordures, aussi connues sous les noms de lisiËres ou dÕÈcotones, correspondent ‡ la zone de transition entre deux ou plusieurs milieux (figure 8). Il peut sÕagir, par exemple, de la zone de contact entre deux successions vÈgÈtales dÕ‚ges diffÈrents ou de la rencontre dÕune coupe forestiËre et dÕune forÍt mature.Les animaux furtifs qui ont besoin de nourriture et dÕabris de nature diffÈrente sont attirÈs par les bordures (cerf de Virginie, renard roux, gÈlinotte huppÈe).Dans la bordure, les espËces animales retrouvent des conditions plus diversifiÈes pour satisfaire leurs besoins; cÕest ce que lÕon appelle ´lÕeffet de bordureª.
Fig. 8 - La bordure est frÈquentÈe parde nombreuses espËces fauniques.
FACTEURS LIMITANTS Il arrive parfois quÕun milieu soit non propice ‡ une population animale et limite son abondance.Des facteurs limitants sont en cause et doivent Ítre corrigÈs par lÕamÈnagiste qui dÈsire favoriser la croissance de cette population animale. La construction de nichoirs pour le merlebleu permet de solutionner un problËme de nidification chez cette espËce. Toutefois, certains facteurs sont hors de notre contrÙle, les conditions climatiques rigoureuses et les ÈpidÈmies par exemple, tandis que dÕautres peuvent Ítre contrÙlÈs par des moyens relativement simples. AMƒNAGEMENT DE LÕHABITAT LÕamÈnagement dÕun habitat consiste ‡ rÈunir les ÈlÈments essentiels ‡ une espËce (eau, nourriture, couvert...), dans les limites de son domaine vital.En gros, il sÕagit de contrÙler la structure dÕ‚ge des successions vÈgÈtales pour assurer une diversitÈ de peuplements forestiers ‡ lÕintÈrieur
dÕune superficie convenable.On applique Ègalement, lÕeffet de bordure et le contrÙle des facteurs limitants.
LÕamÈnagement de lÕhabitat exige ‡ la fois des actions de protection (maintien dÕhabitats prÈfÈrentiels) et dÕintervention (crÈation de nouveaux habitats).
Le maintien de zones boisÈes autour des ruisseaux, des zones humides ou des mares temporaires favorise les populations dÕamphibiens forestiers (les crapauds et les salamandres) (figure 9).
Une ouverture de la forÍt permet la production dÕune nouvelle repousse plus accessible aux herbivores, en plus de
Fig. 9 - Le crapaud est un des amphibiens favorisÈ parla protection des milieux humides
CONCLUSION Le propriÈtaire de boisÈs, intÈressÈ ‡ faire des amÈnagements de lÕhabitat pour mettre en valeur la faune, doit bien Èvaluer lÕhabitat actuel avant dÕintervenir.Il doit possÈder des notions dÕhabitat, connaÓtre la biologie des espËces visÈes et les principes dÕamÈnagement sylvicole. Si non, il est prÈfÈrable de faire appel ‡ un conseiller qualifiÈ pour lÕÈlaboration dÕun plan dÕamÈnagement dÈtaillÈ des boisÈs.
Ð 5 Ð
DOCUMENTS ¿ CONSULTER FERRON, J., R. COUTURE et Y.LEMAY. 1996. Manuel dÕamÈnagement des boisÈs privÈs pour la petite faune. Fondation de la faune du QuÈbec. 198 p.
MLCP, 1986.La faune du QuÈbec et son habitat. SÈrie de 15 brochures.Les publications du QuÈbec.
La rÈalisation de ce fascicule a ÈtÈ rendue possible gr‚ce au soutien des partenaires suivants : ¥ Fondationde la faune du QuÈbec et Hydro QuÈbec, ¥ MinistËredes Ressources naturelles, ¥ MinistËrede lÕEnvironnement et de la Faune : Direction des territoires fauniques Direction de la faune et des habitats.
Textes : AdaptÈs de Ferron et al. 1996 par Lynn Collin MinistËre de lÕEnvironnement et de la Faune du QuÈbec
Figures : Claire Gagnon RÈjean Roy Rosemarie Schwab
DÈpÙt lÈgal - BlibliothËque nationale du QuÈbec, 1996
ISBN : ISBN :
2-550-30118-8 2-550-30119-6
Pour obtenir des exemplaires additionnels de ce fascicule, vous Ítes priÈ dÕadresser votre demande ‡ lÕun ou lÕautre des points de distribution suivants : ¥ Fondationde la faune du QuÈbecTÈl.: (418) 644-7926 ¥ FÈdÈrationdes producteurs de bois du QuÈbecTÈl.: (514) 679-0530 ¥ Regroupementdes sociÈtÈs dÕamÈnagement forestier du QuÈbecTÈl.: (418) 877-1344 ou votre bureau rÈgional des ministËres suivants : ¥ MinistËredes Ressources naturelles ¥ MinistËrede lÕEnvironnement et de la Faune ou encore auprËs des organismes suivants Ïuvrant sur votre territoire : ¥ desSyndicats et des Offices de producteurs de bois ¥ desOrganismes de gestion en commun
96-3117-1-03
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.