Tome3 La vie du pionier

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Tome3 La vie du pionier

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Chapitre 3
LA VIE DU PIONNIER
La vie difficile des premiers temps
Les Bretons
achètent à Prince Albert les outils nécessaires à la
construction de
leur maison.
Ils reviennent au Lac Lenore avec leur famille.
Les premières années seront celles des privations car l’argent est rare.
Ils auront le courage et la persévérance des Bretons. La solidarité aussi.
Ils vivront dans un grand isolement pour deux raisons : tout d’abord le gouvernement les a
éloignés les uns des autres afin d’y installer entre eux d’autres émigrants non français. Ensuite
les chemins n’existent pas et il faudra traverser les bois avec des charrettes qui s’embourbent.
Certains seront surpris par l’hiver qui arrive vite : les premières neiges tombent fin septembre.
La première maison est construite et mais la réserve de bois ne sera pas suffisante pour
certains.
Pendant les premières années il faut défricher afin de pouvoir mettre en valeur les terres. Les
forêts font une bonne terre mais il faut abattre les arbres à la hache, bien sûr.
Des chemins de fortune seront faits pour se rendre le dimanche à l’église-maison occupée par
L’abbé Le Floc’h
mais aussi pour s’approvisionner.
François FAGNOU créé le premier commerce d’épicerie dans un coin
de sa maison ;
L’abbé Le Floc’h officie tous les dimanches et sa maison tient lieu de bureau de poste.
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Les pionniers, chrétiens, prient Dieu de leur donner le courage pour passer les prochaines
années.
Les rencontres le dimanche sont des occasions
d’échanges et une grande solidarité les aide à
vivre les difficultés des premières années.
La foi également
les aide à survivre et certains pensent à leur patrie la France où le retour est
impossible faute d’argent.
Les premiers hivers les pionniers vont travailler à Prince Albert : le salaire de bûcherons
permettra d’investir dans les outillages et les chevaux nécessaires aux travaux forestiers et aux
premières
cultures.
Les premiers jours des pionniers sont pleins de surprise.
La première préoccupation à leur arrivée dans « la plaine » sera alimentaire. Deux d’entre eux
sont boulangers de métier mais le premier pain sera surprenant : la farine est différente de
celle en France et le mode de fabrication aussi. Les premiers pains seront durs.
Ils connaîtront la nature canadienne à l’état sauvage
L’ours fera bien entendu la connaissance des Bretons qui apprennent que la viande de l’ours
est immangeable.
Par contre les lièvres pullulent ce qui fera une nourriture gratuite pour les pionniers.
Ma cabane au Canada
L’abbé Lefloch est revenu de Prince Albert avec deux charpentiers de métier, Savidan et
Abgral. Ils sont sensés construire l’Eglise au bord du Lac Lenore. Mais les plans n’étant pas
établis, ils travailleront pour les Bretons, pas du tout charpentiers.
Denys BERGOT nous raconte qu’il était nécessaire de relier « la Plaine » aux concessions ce
qui a nécessité la construction de chemins. La solidarité s’organise et les uns vont aider les
autres qui deviendront maîtres en travaux publics.
Les chemins « communaux » sont le fait des pionniers car sans eux pas de vie collective.
Mais les deux prétendus spécialistes s’avèrent être de piètres charpentiers et il faudra faire
appel à deux personnes expérimentées dans l’art de construire « en logs ».
Ces maisons typiquement canadiennes sont construites avec des troncs d’arbres posés les uns
sur les autres.
L’église de la mission appelée encore la Paroisse est également construite en log au bord du
lac Lenore. Elle comportera un étage dédié à la chapelle, le rez-de-chaussée étant consacré au
logement de l’abbé.
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« l’église est bien pauvre, mais elle est, malgré son dénuement, notre refuge au milieu des
épreuves et des difficultés. Loin de la patrie et de ceux qui nous sont chers, c’est devant
l’autel de cette petite chapelle que nous venons puiser force, courage et consolation »
(Denys BERGOT, réminiscence d’un pionnier)
Tous les colons commencent leur installation.
Ils ont construit certains des petits abris et l’un d’eux ne se sent pas en sécurité dans son logis.
La connaissance de l’ours blanc
Victor QUINIOU a la visite d’un ours régulièrement lequel fait le tour de sa maison. Parfois il
rôde des heures allant jusqu’à mettre son museau sur la fenêtre. En réalité l’ours regarde la
nourriture sur la table avec des yeux émerveillés. L’ours obstiné fait un trou dans le toit de la
maison de QUINIOU troublant la solitude du maître des lieux. La seule solution pour
retrouver la quiétude c’est, sur les conseils de BERGOT, de tirer sur la bête. Ce qu’il fera,
l’animal partant dans la forêt. Mais après une absence de plusieurs jours, il trouvera près de la
maison, l’ours mort.
Le pionnier doit faire face à différents problèmes.
Il
fera à ses dépens la connaissance avec le climat et les usages du pays où la nature est reine.
Celui qui n’aura pas fait une
réserve suffisante de bois pour l’hiver s’en ressentira et devra
attendre pendant des jours que la
tempête de neige s’arrête. Un fil de fer doit relier la maison
à la petite ferme pour ne pas perdre son chemin dans les tempêtes de neiges épaisses.
Les souffrances physiques et morales sont dues une vie de travail ardu et des privations.
Le découragement poursuit le breton.
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Il faut savoir que le déboisement va durer des années voire 10 ans avant que la terre soit
cultivable en totalité.
D’ici là nos colons produisent un peu mais pas suffisamment pour vivre et le produit de la
vente doit être réinvesti dans de l’outillage et des animaux.
L’abbé Le Floc’h, préposé au service de la Poste, demande à l’administration canadienne
l’ouverture d’un bureau de Poste. Pour ce faire il sera demandé aux colons de donner un nom
au Bureau et leur communauté.
Ils se réunissent un dimanche et décide de donner le nom de ST.BRIEUX à leur communauté
compte tenu que la majorité d’eux venaient des Côtes d’Armor.
L’histoire officielle du « X » qui s’est substituée au « C » n’est pas connue.
Le fonctionnaire des Postes aurait transformé le C en X et ce serait simplement une erreur de
plume.
Nos bretons ne s’arrêteront pas à ce détail car ils ont d’autres soucis.
Le dimanche le courrier sera distribué à
l’ensemble de la communauté présente après l’office
religieux.
Le dimanche est un jour important, car il permet à tous de se rassembler et de sortir de
l’isolement qui est le leur dans leur « homestead ».
Les liens avec la Bretagne
se font
de plus en plus rares mais certains favoriseront la venue
soit d’un membre de la famille soit d’amis bretons.
Les familles d’émigrants viennent essentiellement des Côtes du Nord (Trégor) et le Finistère
(Léon) puis plus tard certains viendront de Loire Atlantique (région de Blain) et d’Ile et
Vilaine.
Dans les 15 années qui suivront l’installation des pionniers d’autres les rejoindront sans doute
avec les conseils des premiers. Les pionniers
serviront de guide à ceux qui quitteront leur
douce France. Solidarité et convivialité des Bretons bien connues.
Revenons aux pionniers qui pratiquent leur religion avec ferveur.
Ils bravent les difficultés
surtout en hivers et à la fonte des neiges. Les routes sont
impraticables mais l’ Eglise procure un bonheur et réconfort à tous.
Les pionniers amènent
avec eux des vêtements de rechange qu’ils mettent en arrivant à
l’Eglise, car ils ont fait une longue marche parfois 10 kms dans des chemins difficiles..
Tous arrivent à l’office « endimanchés ».
Denys BERGOT évoque le courage du père et de la mère THEBAUD, âgés de 60 ans qui
partent très tôt le matin de leur homestead et accomplissent plus de 5 miles à pieds, traversant
maris et mauvais passages pour se rendre à l’Eglise.
Cette ferveur tend à disparaître 29 ans après.
L’Eglise favorisera ainsi la création d’une communauté forte et dynamique, celle du XXIè
que l’on connaît aujourd’hui.
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Le premier automne arrive et avec lui deux nouvelles familles : la famille ROCHER
originaire de Carquefou et Paul BOULANGER qui vient du Manitoba.
Ce dernier ouvre un magasin à ST.BRIEUX.
L’hiver sera dur pour beaucoup de pionniers.
«
Il (l’hiver)
arrive traîtreusement et nous nous trouvons pris par surprise. Pour nous protéger
du froid nous n’avons que nos vêtements apportés de France, et certes ils ne nous garantissent
guère;
notre provision de bois n’est pas suffisante, et il faudra par les journées les plus froides
la compléter au fur et à mesure des besoins.
Nous devons sortir pour nous procurer le bois et les vivres nécessaires. Nous nous gelons
tantôt les doigts, tantôt quelque partie du visage.
Malgré tout nous ne pouvons songer à rester près de notre feu, car la chasse aux lapins et aux
rats musqués est notre grande ressource. Aussi tant que nous vivrons, nous ne pourrons
oublier notre premier hiver au Canada. »
(Denys BERGOT, Réminiscence, op cité)
Histoire racontée par Christian PICAUD
Note du rédacteur :
« L’hommage aux pionniers qui ont créé ST.BRIEUX ne sera jamais assez fort
et il faudra sans cesse raconter la dure vie des premières années de souffrance
et de privation qui ont été nécessaires à
la création d’un village réputé pour sa
réussite. »
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