La vie et l’œuvre d’un maître de la littérature Léon Tolstoï

L'auteur russe le Comte Léon TolstoïA la question: « Quels sont pour vous les trois plus grands romans jamais écrits ? », William Faulkner répondit sans hésiter : « Anna Karénine ! Anna Karénine ! Anna Karénine ! » Bel hommage qui s’ajoute à l’admiration que vouaient déjà ses contemporains aux livres de Léon Tolstoï, à commencer par les plus illustres comme Flaubert ou Zola !

Une place de choix s'impose donc dans notre bibliothèque numérique pour toute la bibliographie de Léon Tolstoï. Mais outre son véritable talent d’écrivain de roman classique, ce comte russe est aussi un très grand auteur de romans historiques avec son chef d’œuvre Guerre et Paix.

Comment apparurent Guerre et Paix

Lev Nikolaévitch Tolstoï naît le 9 septembre 1828 à Isnaïa-Polonia dans une famille de riches aristocrates, propriétaires fonciers. Étudiant peu appliqué, il mène un temps une vie plutôt dissolue. La littérature occupe cependant une place importante. Et c’est l’influence de Jean-Jacques Rousseau qui le conduira, en rejoignant le domaine familial, à tenter sans succès d’améliorer le sort des paysans qui l’entourent.

Pour donner un nouveau sens à sa vie, Léon Tolstoï décide alors d’entamer une carrière militaire. Très vite rejoint par sa passion pour l’écriture, il publiera en 1852 sa première nouvelle : Enfance, très vite suivie d’Adolescence et de Jeunesse. Il quittera l’armée en 1856, dégoûté par la chute de Sébastopol et qui lui inspirera les trois Récits de Sébastopol. Choqué par l’égoïsme de la bourgeoisie qu’il rencontre lors de ses voyages en Europe, il rentre en Russie en 1861 et prend sa part au bouleversement social qui secoue son pays en fondant une école populaire et un journal pédagogique.

C’est en 1862, âgé de 34 ans qu’il épouse Sophie Andréïevna Bers avec qui il aura treize enfants. La quiétude des premières années de sa vie conjugale permet à l'écrivain de traverser une période plus sereine. Elle marque un tournant dans la biographie de Léon Tolstoï. Après Les Cosaques en 1863, il se consacre sans relâche durant 5 ans de 1865 à 1869 à son œuvre majeure Guerre et Paix, qualifiée par Romain Rolland comme « la plus vaste épopée de notre temps ». Sur fond de guerres napoléoniennes, le roman-poème révèle le génie de l’artiste. Bouleversant tous les codes habituels du roman, il dépeint magistralement la tragique inutilité où se débat le monde, entre la guerre et la paix.

Le comte qui voulait être « gueux »

La renommée fait place chez Tolstoï à une profonde crise existentielle. Hanté par l’idée du néant, le comte aspire à présent à une vie simple proche des paysans. Inspiré par un fait-divers où une jeune femme répudiée par son amant se jette sous les roues d’un train, il publie en 1877 Anna Karénine. Il y oppose le bonheur simple de Lévine (son incarnation) et de Kitty à la passion coupable qu’entretient Anna avec Alexis Vronski et qui mènera l’héroïne à sa perte.

La quête de bonheur mystique de Lévine guidera Tolstoï pour la suite. S’il reste incapable de faire coïncider convictions et réalité quotidienne, il deviendra sur la fin de sa vie un anarchiste chrétien, apôtre de la non-violence et de l’ascétisme. En rupture avec l’Église orthodoxe, il s’en trouvera excommunié. Il meurt le 7 novembre 1910 après un malaise en gare d’Astapovo.

Les livres de Léon Tolstoï ont depuis largement traversé le temps et les frontières, influençant notamment les grandes personnalités pacifistes du vingtième siècle, depuis Gandhi avec lequel il entretiendra une correspondance à la fin de sa vie, mais aussi Martin Luther King et jusqu'à Nelson Mandela.

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