Les harpies du lycée

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BD
108 pages
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Description

Les yeux de la bête : Lorsque Billy se retrouve propriétaire, contre son bon vouloir, d’un animal de compagnie, il va sombrer dans la psychose.


Adolescence funèbre : Alors qu’un tueur sévit dans la région, un adolescent éconduit va découvrir le goût du sang versé.


L’invité de l’intestin : Jenny a d’intenses douleurs au ventre. La jeune femme sait que dans ses entrailles se cache quelque chose de sordide.


Le dernier rendez-vous : Dans un futur proche, la procréation est réglementée et contrôlée. Un couple, recalé aux tests, va tout faire pour avoir un enfant.


Les harpies du lycée : Les filles de ce bahut ont une particularité... À la perte de leur virginité, elles gagnent des facultés exceptionnelles.


Un ami d’enfance : Quand trois hommes découvrent que leur meilleur ami, accidentellement décédé, cachait de lourds secrets, un dilemme se pose rapidement.


Le diablotin jaune : Dans le village de Crimson, à chaque Halloween, le diablotin sort de sa tanière pour exécuter l’habitant qui se révèle être le moins digne de ce grand jour.




Tueurs en série, métamorphose, possession, animaux démoniaques, monstres d’Halloween, légendes obscures, secrets inavouables, nécrophilie, lois fascistes...




Sept histoires terrifiantes comme une invitation à venir découvrir un panel de perversion et d’êtres monstrueux, mais surtout à pénétrer dans les tréfonds obscurs et immoraux de l’âme humaine, là où nul ne devrait jamais aller.

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EAN13 9791070000427
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Lesharpiesdulye
Créé et écrit par : Gib Denton
Illustrations : ARTI
Edité par : Nanachi éditions
La Rabatelière
www.nanachi.fr
ISBN : 979-10-7000-042-7
Dépôt légal : 10/2017
Avertissement
Cette oeuvre comporte certaines scènes et certains termes qui pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes.
A ce titre, Nanachi éditions tient à mettre en garde ses lecteurs et déconseille l'accès à cette oeuvre aux mineurs âgés de moins de
1 2 ans.
Nous vous remercions de votre compréhension et vous souhaitons une excellente lecture.
LLeessyeuxdelabête.
À Pak et Jayjay qui ont vu l’âme de la bête dans ses yeux. À Gaïa qui a su être source d’inspiration. À Sandrine qui a supporté et supporte encore la bête.
VENDREDI
Billy ne comptait pas décoller de son canapé ni fai re quoique ce soit de produc*f aujourd'hui. Il faut dire qu'il en faisait déjà assez le restant de la semaine, du moins c'est ce qu'il se disait pour se rassurer et pour se jus*fier de sa fainéan*se en ce jour de congé supplémentaire. Bon, il faudrait tout de même qu'il range un peu le salon et qu'il essuie la vaisselle d'hier soir avant que sa compagne, Becky, ne rentre mais ça ne lui prendrait pas plus d'une heure. Il avait donc toute la journée de libre pour vaquer à ses ac *vités favorites, à savoir faire la sieste et lire des romans. Il aurait été de bon gré qu'il aille fa ire quelques courses car le frigo était quasiment vide mais il se dit que Becky se ferait un plaisir d'aller au supermarché. Billy avait grandi avec cinq frères et sœurs dont il était l'aîné. À la maison, chez ses parents, il y avait toujours du boucan à cause de toute ce6e tribu et Billy avait évolué dans un brouhaha pendant plus de vingt ans, alors maintenant qu'il pouvait rester seul, certains jour s, au calme, il n'allait pas gâcher ça en se rendant dans un lieu où des centaines de personnes se massent. Surtout que N oël approchant, il devait y avoir foule dans les magasins. Billy appel a Becky pour lui dire qu'il n'irait pas faire les courses et elle lui répondit qu'elle passerait prendre l'essen*el pendant sa pause-déjeuner. Billy aimait Becky pour différentes raisons. La première était qu’il s’agissait d’une jeune fille calme, posée et d'une gen*llesse rare. Elle avait par ailleurs un *mbre de voix paisible et rassurant qui pouvait apaiser même le plus nerveux des hommes. Le jeune couple vivait dans une maison légèrement isolée du reste de la ville. Oh, ils n'é taient pas non plus dans le fin fond d'un trou paumé, juste un peu à l'écart, dans une rue tranquille. La maison de Billy ressemblait donc à un havre de paix et de plénitude. Même lorsqu'ils étaient ici tous les deux, le niveau de bruit n'était jamais bien élevé. Lors de leurs rapports in*mes, i l n'y avait pas de quoi déranger les voisins, supposé qu'il y en ait. La retenue et une certaine pudeur étaient de mise dans leur rela*on. Ce n'était pourtant pas un couple de « coincés », ils étaient plutôt ouverts d'esprit et certaines de leurs pra*ques auraient même de quoi choquer la morale publique. C'est juste qu'ils ne faisaient pas étalage de leur in*mité ou de leurs émo*ons, mê me entre eux. Becky était très peu expressive. Billy encore moins.
La journée se passa comme prévu. Seul, dans un calm e olympien, Billy eut le temps de lire la moi*é d'un livre, de se reposer et de faire le p eu de tâches ménagères qu'il s'était promis de faire. Il était dix-sept heures quand il regarda sa montre. Becky devait arriver d'ici quelques minutes. Tout à coup, un frisson lui parcourut l'éc hine. Comme si sa tranquillité allait être perturbée très prochainement. Pas par Becky dont la présence n'avait rien de dérangeant (il s’était adapté depuis le temps) mais par autre chose, une en*té extérieure, un parasite. Son sen*ment était fondé puisque, lorsque Becky rentra à la maison quelques minutes plus tard, elle n'était pas seule.
― Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Billy.
― Ça ne se voit pas ? répondit Becky avec un sourire.
― C'est à qui ?
― À nous.
― Comment ça ?
― Bah, il est à nous. Je le ramène à la maison.
À ce moment-là, Billy se sen*t quelque peu défailli r. Sa respira*on devint haletante et il par*t dans la cuisine pour boire un verre d'eau. Il lui semblait avoir pourtant été assez clair depuis le début de sa rela*on avec Becky, il y a trois ans. Jamais rien ni personne d'autre qu'eux. Il s'était régulièrement posé la ques*on de savoir si c'était une bonne idée d'établir un lien aussi in*me avec quelqu'un, lui qui n'aimait pas être entouré h abituellement. Il s'était dit qu'avec elle, ça semblait possible, qu'elle ne dépasserait jamais les limites de ce qu'il pouvait tolérer.
Mais comme dit l’expression, tendez la main à quelqu'un et il vous arrache le bras. Il avait laissé entrer Becky chez lui et voilà que maintenant, elle avait ramené ce... ce... ce... « truc ».
ton.
― Bon, tu vas t'en remettre ? demanda Becky, d'une voix calme et monotone.
― C'est une sorte de trahison. On en a déjà parlé plusieurs fois, répondit Billy sur le même
― C'est aussi un geste généreux. C'est important la générosité et puis, c'est la période, Noël approche.
― Je ne le sens pas du tout.
― T'en fais pas, ça va aller, dit Becky d'une voix rassurante en embrassant Billy sur la joue, et puis que veux-tu qu'il arrive ?
C'est vrai qu'il n'y avait pas grand risque mais cela allait être un chamboulement tout de même. Le calme absolu adoré par Billy n'existerait plus jamais réellement. Il allait falloir supporter le bruit qui allait résulter de ce6e effroyable nouv eauté, le désordre qui allait être créé, la détériora*on poten*elle d'une par*e de leur environnement, la ges*on du temps et l'organisa*on qui allaient devoir être modifiées. Sans compter les odeurs qui allaient se dégager de cet intrus et de ce qu'il allait libérer de son petit corps. Parceque ça pue…… un chat.
― Et en quoi est-ce un geste généreux ? reprit Billy.
― Ce chat a été abandonné quasi mort. Il a été recueilli et soigné par une organisa*on de protec*on des animaux. Ils faisaient du démarchage au centre commercial et ils cherchaient une maison d'accueil pour Lucky. J'ai eu pi*é et j'ai dit Ok. Je suis passée le prendre avant de rentrer à la maison.
― Lucky...
Billy commença à regre6er le fait de ne pas s'être déplacé pour aller faire les courses. S'il s'y était rendu, Becky ne serait pas tombée sur ce6 e saloperie d'associa*on de protec*on des chats et il serait tranquille maintenant. Tandis qu'il réfléchissait à cela, il observait le chaton qui devait avoir dans les six mois se déplacer et prendre ses repères dans la maison.
Lucky s'approcha de Billy et se fro6a contre ses ja mbes en ronronnant. Un geste sympathique mais il en fallait bien plus à Billy po ur s'a6endrir. Tous les changements qu'allait occasionner l'arrivée de cette bestiole n'allaient pas être effacés avec quelques "ronron".
Billy s’installa sur le canapé, droit comme un « I », l’air mal à l’aise. Il ne parlait pas et observait le cahouin s’imprégner des lieux. Le jeun e homme ne semblait plus paniqué mais perplexe, et fronçait le sourcil à chaque fois que le chaton lâchait un miaulement. Billy n’aimait pas les miaulements. Un bruit agaçant, répé**f, criard. Becky s’affairait à installer une gamelle et
une litière.
― Demain, on ira lui acheter un arbre à chat, dit-e lle doucement mais avec un enthousiasme qu’elle avait du mal à dissimuler.
― Quoi ?
― Un arbre à chat… Pour qu’il puisse s’amuser et faire ses griffes.
― Je te préviens que si ce chat fait ses griffes sur le canapé ou je ne sais où, je le fous dehors !
― Ne t’en fais pas, dit-elle en tentant réellement d’apaiser Billy.
― Et il ne dort pas dans la chambre, il reste dans le couloir.
― Il restera dans le couloir, je lui ai pris un pan ier pour qu’il puisse dormir près du radiateur.
Le pe*t chat prit rapidement ses marques et, épuisé par tout ce changement, s’installa dans le fameux panier près du radiateur du couloir pour entamer un paisible sommeil. Il était vingt deux heures trente lorsque Billy et Becky décidèren t d’aller se coucher. Billy prit bien soin de vérifier que la porte était fermée afin que l’intrus ne puisse pas s’aventurer dans la seule pièce dont Billy avait encore le monopole de la présence. Becky s’endormit assez vite alors que Billy resta de longues minutes, les yeux grands ouverts, à penser aux conséquences de l’arrivée de ce félin. Mine de rien, il allait bien falloir s’en occuper de ce6e bête. Même si les chats avaient une certaine autonomie, c’était tout de même des êtres vivants qui demandaient de l’a6en*on. Celui-là allait empêcher leur couple de sor*r quand il le voulait, de par*r plusieurs jours. Ou alors, il faudrait l’emmener. Billy voyait l’arrivée de ce chat comme un bagnard verrait la mise en place du boulet à sa cheville. Il allait falloir se le traîner et les possibilités de déplacements allaient être plus limitées. Au final, Billy réussit à s’endormir.
SAMEDI
Billy n’avait pas l’impression d’avoir dormi beauco up lorsqu’il fut réveillé par un bruit inhabituel.
― Qu’est-ce que c’est ? dit-il à haute voix, les yeux encore complètement ensommeillés.
Becky se tourna vers lui, les yeux fermés, en écras ant son visage contre l’oreiller et dit «T’inquiète pas, c’est le chat qui miaule, rendors-toi ».
― Il est quelle heure ? demanda-t-il inquiet.
― Je ne sais pas mais rendors-toi, on est samedi.
Becky poussa un soupir montrant qu’elle s’était rendormie aussitôt. Billy resta dans le lit à écouter le chat miauler puis, le silence revenu, il se rendormit tant bien que mal. Il était neuf heures trente lorsque Becky se tor*lla sous la coue6e, ce qui eut pour effet de réveiller Billy qui se sentait beaucoup plus reposé que lors de son premier réveil, quelques heures plus tôt. Alors que Becky prenait son temps et s’é*rait dans le lit, Billy décida de se lever et d’aller préparer le pe*t déjeuner. Il n’enfila pas ses pantoufles (il ne les enfilait jamais d’ailleurs) et marcha pieds nus à travers la chambre pour rejoindre le couloir. Il sa vait que derrière la porte de sa chambre à coucher se trouvait ce6e pe*te créature qui l’obsédait tant depuis hier soir. Ce6e chose qui était
venue perturber sa pe*te vie tranquille et qui s’am usait à le réveiller en pleine nuit en miaulant. Billy ouvrit la porte. Il s’avança d’un pas décidé dans le couloir et sen*t sous ses pieds une humidité inhabituelle. Billy baissa le regard et vit une flaque d’urine dans laquelle il était entrain de patauger, pieds nus. Il leva les yeux et vit Lucky, en face de lui, assis sur le carrelage du couloir. Il le fixait avec les oreilles dressées, la tête légèrement penchée en biais et des yeux a6endrissants. Ce n’était pas suffisant pour amadouer Billy qui a6rapa le chat, lui claqua la tête dans la flaque de pisse et lui apprit à sa façon que ce n’était pas l à qu’il fallait faire ses besoins. Il le posa ensui te dans sa li*ère en essayant de lui expliquer que c’était là, l’endroit où il fallait venir pour se vider. Le chat ne semblait pas comprendre ce que Billy ess ayait de lui expliquer et était plutôt embarrassé par le fait de se retrouver avec tout ce liquide dégoûtant sur ses moustaches. Pendant que Billy lui faisait la morale, Lucky se lavait av ec sa pa6e après l’avoir préalablement léchée. Becky, dérangée par ce remue-ménage, ne tarda pas à se lever. Billy, l’apercevant, lui ordonna de s’arrêter. Il le dit d’une façon tellement autoritaire qu’on aurait cru un militaire qui prévenait un de ses camarades de la présence d’une mine à proxim ité. Becky, surprise, lui demanda ce qu’il se passait.
― Ta saloperie de chat a pissé devant la porte de la chambre.
― C’est peut-être pour ça qu’il a miaulé cette nuit.
― Il pouvait faire dans sa litière.
― Il n’a peut-être jamais été habitué à la litière.
― Et bien, il va falloir l’habituer ! Ça y est, ça commence…
― Arrête de râler, c’est pas grave.
Billy par*t dans la cuisine, sans mot dire, pour prendre un rouleau de papier essuie-tout et épongea la flaque pendant que Becky s’occupait de rassurer le chaton qui ne semblait pas bien comprendre ce qui lui était arrivé. Billy, bien qu’on ne puisse dire qu’il soit maniaque, n’était pas enclin à supporter que son habitat soit ainsi souillé par ce foutu chat. La jeune femme n’en avait pas plus envie, bien sûr, mais étant donné que c’ét ait elle qui avait ramené la bête, elle allait essayer de faire passer la pilule à son compagnon et allait être plus conciliante envers Lucky. Billy, bien décidé à ne pas laisser ce chat dégrader la ma ison, passa ce6e journée de samedi à le surveiller et à le reprendre à la moindre incartade, ce qui arriva, bien sûr, à moult reprises. Entre les tenta*ves de griffages du canapé et autres sauts dans le sapin de N oël fraîchement installé, les possibilités de conneries semblaient infinies pour L ucky. Billy ne le laissait pas seul une seconde et s’occupait de le rappeler à l’ordre dès qu’il le jugeait nécessaire. Becky, quant à elle, con*nuait à vivre comme si de rien n’était. La présence de Lucky n’avait vraiment rien de dérangeant pour elle. Il faut dire que, pour le commun des mortels, un ch at dans une maison n’a rien de vraiment perturbant. Surtout que Lucky semblait être un anim al de compagnie normal et n’avait rien de l’être maléfique possédé par le démon qui serait tou t droit sor* d’un livre de Stephen King. Pourtant Billy voyait en Lucky une présence malfaisante. Il n’arrivait pas à expliquer (à lui ou à quelqu’un d’autre) pourquoi le chat le dérangeait à ce point mais il sentait que quelque chose ne tournait pas rond avec cette bestiole.
En soirée, Billy s’installa devant son ordinateur e t commença à surfer sur internet. Les lune6es posées sur son nez, il lisait des ar*cles de journaux en ligne à la lueur de sa pe*te lampe de bureau. Le chat arriva à côté de lui et se planta immobile devant lui. Billy observa le chaton au dessus des verres de ses lune6es. Ils étaient environ à cinquante cen*mètres l’un de l’autre, Billy surplombant la bête du haut de son fauteuil de bureau. Billy fixait le chat droit dans les yeux et se demandait à quoi il pouvait bien penser et pourquoi il l’observait ainsi, sans bouger. Lucky se
disait peut-être la même chose mais Billy n’en savait rien. Le jeune homme était perturbé par le fait de ne pas savoir comment réfléchissait ce félin, comment il pensait. Quelque chose devait bien passer dans son pe*t crâne pendant qu’il le fixait, se disait Billy. Il avait toujours été intrigué par la façon dont pouvaient réfléchir les animaux, en par*c ulier les chats. On pouvait parler d’ins*nct mais lorsqu’une de ces bêtes vous observait comme L ucky en ce moment, il fallait bien avouer qu’il avait vraiment l’air d’avoir des pensées. Le regard du chat n’était pas vide, il n’avait pas l’air idiot non plus. N on, il avait l’air plein d’intelligence et surtout de ruse. Billy fut *ré de ses pensées par l’arrivée de Becky qui entra dans le bureau pour le prévenir qu’elle allait se me6re au lit. La chambre et le bureau étant a6enants, Billy demanda à sa pe*te amie de prendre Lucky et de le me6re dans son panier au passage car il voulait res ter un peu tranquille pour finir de lire son journal. Becky ne comprit pas en quoi cela le déran geait mais ne posa pas de ques*on et prit Lucky dans ses bras. Le chat n’opposa pas de résistance et ronronna même lorsqu’il se retrouva dans les bras de sa maîtresse. Tous deux sor*rent dans le couloir et Becky ferma la porte derrière elle. Billy resta encore une heure dans son bureau avant de rejoindre Becky. Celle-ci regardait un film à la télévision de la chambre. Elle ne dormait pas encore mais semblait fa*guée, ses yeux papillonnaient. Billy ne vit pas Becky s’endormir puisqu’à peine sous la coue6e, il tomba dans les bras de Morphée.
Au beau milieu de la nuit, Billy se réveilla en sursaut et se redressa d’un bond.
― T’as entendu ?
Billy s’adressait à Becky mais cela ne la fit pas so r*r de son sommeil. Billy resta quelques instants, dans le silence, à écouter si un nouveau bruit survenait. Il était certain d’en avoir entendu un. Il était sûr d’avoir entendu un miaulement de c hat tout proche de lui, comme si l’animal se trouvait au pied de son lit. Ou alors, était-ce un rêve ? Billy resta encore quelques longues secondes à pa*enter puis se rallongea. Il se demandait où était le chat. Becky l’avait emmené avec elle lorsqu’il était entrain de lire son journal. L’aurait-elle finalement gardé avec elle dans la chambre ? Billy alluma la lampe de chevet et se lev a pour aller voir où se trouvait Lucky. Il le trouva allongé sur le canapé du salon, en plein som meil. Billy avait dû avoir une hallucina*on audi*ve en l’entendant miauler. Il retourna dans sa chambre et se rallongea mais ne réussit plus à se rendormir. Lorsque Becky se réveilla, vers 8h30, Billy était à ses côtés, les yeux grands ouverts. Elle se leva pour aller petit déjeuner et il fit de même.
DIMANCHE
Arrivé en bas de l’escalier, le couple eut la désagréable surprise de voir que le chat avait à nouveau fait ses besoins sur le sol. Et cette fois, pas seulement la petite commission.
― Non, mais c’est dégueulasse ! hurla Billy.
Becky resta silencieuse. Elle était bien sûr en*èrement d’accord avec Billy et ne pouvait donc pas le contredire ni trouver d’excuses pour les cochonneries du petit chat.
― Franchement, ça ne va pas être possible. Je veux pas d’un chat sale dans la maison. Je ne voulais pas d’un chat tout court, à la base !
La discussion sur le sujet dura toute la journée et Billy ne manquait jamais de revenir sur cet incident. Agacée, à la fois par la réac*on de Billy, mais aussi par Lucky qui ne s’était pas privé de faire à nouveau pipi sur le carrelage durant la journée, Becky proposa une alternative à Billy.
― On a qu’à le laisser dormir dans le jardin la nuit. Et la journée, on le sor*ra de temps en temps pour qu’il fasse ses besoins.
― D’accord, on peut essayer, répondit Billy qui n’avait, de toute façon, pas trop le choix.
― Bon, je vais déjà aller le promener dehors afin qu’il prenne ses marques, je n’ai pas envie qu’il se perde.
― T’inquiète pas, un chat, ça se perd jamais, dit B illy à Becky avant d’ajouter seulement pour lui-même : malheureusement.
Après avoir passé une heure à surveiller le chat qui vaquait dans le jardin, Becky le laissa seul. De temps à autre, elle jetait un œil depuis la fenêtre de la chambre qui se situait à environ quatre mètres au dessus de la cour. Lorsqu’elle revint quelques heures après, Lucky était toujours là, il venait de descendre du seul arbre présent et courait maintenant à travers la pelouse. Becky l’attrapa et l’emmena dans la maison.
Billy.
― Ça y est, je pense qu’il connaît bien l’extérieur de la maison maintenant, dit Becky à
― Super, dit Billy d’une voix ironique.
La journée se passa tranquillement. Becky et Billy étaient assis sur le canapé, regardaient la télé et Lucky dormait en boule à côté de la jeune femme. À chaque fois qu’il bougeait d’un iota, Billy lui jetait un œil inquisiteur. Lorsque Lucky se levait pour aller manger ses croque6es dans la gamelle située dans la cuisine ou pour aller griffer son arbre à chat, Billy l’observait, craignant que le chat fasse à nouveau ses besoins sur le sol. Au moment du coucher, Becky a6rapa le chaton et le mit dans la cour.
― Et voilà, au moins il n’urinera pas dans la maison, dit Becky.
― Ouais, je vais dormir tranquille, répondit Billy.
Tranquille n’était pas vraiment le mot à employer, malheureusement pour le pauvre Billy. Cela faisait environ trois heures que le couple était couché et dormait quand le jeune homme fut *ré de son sommeil par un bruit étrange. Le tonnerre ? Des canalisa*ons qui claquent ? N on. Billy mit quelques secondes à comprendre ce qu’il se pass ait. Quelqu’un tambourinait violemment dans leurs volets. On aurait cru qu’un être humain tapait du poing mais il s’agissait de Lucky qui, debout sur ses pa6es arrière, boxait avec celles de devant contre le bois des persiennes. Les coups s’arrêtèrent un instant et un miaulement semblable à un cri de bébé transperça le calme de la nuit réveillant même Becky qui dormait pourtant d’un sommeil de plomb.
cran.
― Qu’est-ce que c’est ? demanda Becky en se relevant brusquement de son oreiller.
― C ’est ton putain de chat qui miaule et tape comme un sourd dans les volets ! dit Billy, à
― Mais comment il fait pour a6eindre le rebord de la chambre ? T’as vu la hauteur ? Il y a au moins trois mètres entre le sol et la fenêtre !
― Oui, je sais, je connais la hauteur de la fenêtre ! N’empêche qu’il y arrive.
À peine sa phrase terminée, Billy se leva, enfila un bas de survêtement et descendit dans la cour. Il faisait froid. Sous la fenêtre de la chambre se trouvait une autre lucarne renfoncée dans le mur, et au dessus de celle-ci une pe*te lanterne qui servait de lumière extérieure. Rien d’autre. « Ce6e saloperie grimpe par ici, y ’a pas d’autre solu *on » se dit Billy. Alors qu’il réfléchissait à comment l’empêcher de grimper, une pluie fine commen ça à tomber avant de s’intensifier