Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille
47 pages
Français

Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille , bd

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Description

Lorsqu’un vaisseau extraterrestre percute la Cédille, la station spatiale U+00B8, Félix et le capitaine Boudu sont entraînés dans une folle aventure sur une planète où se trouvent une tour de Babel à l’envers et une pierre décryptant des langues anciennes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 septembre 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9782896997039
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Capitaine Boudu et les enfants
de la Cédille

Du même auteur
 
Chez un autre éditeur
Le goupil, roman, Montréal, La Mèche, 2018, 424 pages. Finaliste, Prix du livre d’Ottawa 2019 ; finaliste, prix Erckmann-Chatrian 2018.
Les suicidés d’Eau-Claire , roman, Montréal, La Mèche, 2016, 513 pages. Lauréat, Prix littéraire Émergence AAOF 2017 ; finaliste, prix Trillium 2017 ; présélection, Festival du premier roman de Chambéry 2017.

Éric Mathieu
 
 
 
 
 
 
Capitaine Boudu
et les enfants de la Cédille
 
Roman
 
 
 
 
Illustrations de Gino Ndanga
 
 
2020
Cavales
L’Interligne

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
 
Titre: Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille / Éric Mathieu.
 
Noms: Mathieu, Éric, 1967- auteur.
 
Collections: Cavales.
 
Description: Mention de collection: Cavales
 
Identifiants: Canadiana (livre imprimé) 20200275739 | Canadiana (livre numérique) 20200275747 |
 
ISBN 9782896997015 (couverture souple) | ISBN 9782896997022 (PDF) | ISBN 9782896997039 (EPUB)
 
Classification: LCC PS8626.A832 C37 2020 | CDD jC843/.6—dc23 
 
 
 
 
 
 
L’Interligne
435, rue Donald, bureau 337
Ottawa (Ontario) K1K 4X5
613 748-0850
communication@interligne.ca
interligne.ca
 
 
Distribution : Diffusion Prologue inc.
 
 
ISBN 978-2-89699-703-9
© Éric Mathieu 2020
© Les Éditions L’Interligne 2020 pour la publication
Dépôt légal : 3e trimestre de 2020
Bibliothèque et Archives Canada
Tous droits réservés pour tous pays





Un visiteur






L e capitaine Boudu est endormi dans s on fauteuil. Je m’approche et le secoue par l’épaule. Comme il ne se réveille pas, je place mes mains en cornet devant ma bouche et lui crie à l’oreille :
— Barnabé Boudu, réveille-toi !
Il sursaute, ouvre les yeux et, paniqué, il s’exclame :
— Hein ! Quoi ?
Les paupières lourdes, l’air hagard, il semble perdu.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demande le capitaine Boudu. Où suis-je ?
J’essaie de cacher mon impatience.
Lorsqu’il regagne ses esprits, il dit :
— Ah ! C’est toi, Félix. Mais que se passe-t-il ?
— Nous avons un problème technique dans la partie arrière du U+00B8 !
L’ U+00B8 , c’est notre vaisseau spatial. Plus communément appelé la Cédille car, vu d’en haut, il en a la forme . C’est la station spatiale dans laquelle le capitaine Boudu nous a recueillis après la catastrophe. Je parle, bien sûr, de l’accident nucléaire survenu sur la Terre. À la suite du grand bouleversement, beaucoup de familles ont été séparées, et plusieurs enfants comme moi se sont retrouvés à la rue, abandonnés.
Avec l’aide d’autres astronautes, le capitaine Boudu, célèbre sur la Terre entière, a permis à plusieurs orphelins de s’envoler dans l’espace. L’amarrage de leur navette spatiale à d’autres stations spatiales les éloignait de l’atmosphère toxique et du climat dangereux qui régnaient sur notre planète. Voilà comment je me suis retrouvé avec quatre autres enfants, Amandine, Wapi, Marie-Neige et Stanislas, à bord de la Cédille avec le capitaine Boudu.
Au début, nous étions très excités, mais après plusieurs semaines, nous avons commencé à nous ennuyer. La vie dans l’espace était monotone. Pas de petit prince, de pieuvres géantes, d’extra-terrestre bleuté au langage incompréhensible. Il n’y avait que nous et le capitaine Boudu. Il nous racontait des histoires pour passer le temps. Nos parents nous manquaient cruellement.


Le capitaine Boudu se lève d’un bond.
— Quoi ! Un problème technique ? Il faut régler cette anomalie ! Félix, appelle tes camarades.
J’envoie un message par le système de communication interne. Mes quatre compagnons arrivent : Amandine, petite rouquine prise avec un œil vert et l’autre bleu ; Wapi, aux cheveux noirs comme la nuit sans étoiles, avec le visage court et large ainsi que de grandes oreilles ; Stanislas, à la peau foncée et aux cheveux crépus ; et Marie-Neige avec son bouton velu au bout du nez. Tous mes camarades ont un don. Amandine est spécialiste du violon, dont elle joue avidement tous les jours. Wapi est un excellent danseur classique. Il se déplace avec une grâce étonnante et une élégance merveilleuse. Stanislas est un chanteur hors pair, qui enchaîne les sons graves et les sons aigus avec une facilité presque surnaturelle. Marie-Neige, une dessinatrice exceptionnelle, a un talent fou pour les aquarelles, le dessin et la peinture à l’huile. Moi, il me semble ne pas avoir de don. Mais j’aime lire, pratiquer les langues étrangères, et je voudrais écrire, mais je n’ose pas.
— Amandine et Félix, allez voir ce qui se passe, dit le capitaine Boudu. Faites attention
Amandine et moi revêtons notre combinaison spatiale et sortons inspecter la station. Je remarque tout de suite un objet coincé sous un moteur et je le signale par le système de communication.
— Mais qu’est-ce que c’est ? demande le capitaine Boudu.
— C’est un minuscule vaisseau spatial, dit Amandine.
Et j’ajoute :
— Un minuscule vaisseau spatial qui ressemble à un aspirateur.
— Quoi ! Un aspirateur ? Mais vous vous moquez de moi ! s’écrie le capitaine Boudu.
Le vaisseau, en effet, ressemble à un petit aspirateur, avec un habitacle domal transparent et, à l’intérieur, une minuscule créature. Elle appuie sur tous les boutons et, affolée, secoue la tête dans toutes les directions.
Qui est donc ce mystérieux visiteur ?
Amandine et moi détachons le mini-vaisseau et le transportons à l’intérieur du U+00B8 , d’abord dans le sas d’équipement, puis dans la salle principale.
Nous formons un cercle autour de l’aspirateur spatial. La petite créature à l’intérieur de la soucoupe volante ne bouge plus. Elle a les yeux fermés. Plusieurs minutes se passent, puis tout à coup, le hublot du petit vaisseau s’ouvre automatiquement, et la créature ouvre les yeux, se lève et saute hors de son engin.
Tout le monde sursaute. Notre mystérieux visiteur a les yeux malins, moqueurs, et la bouche méprisante. Il se met à agiter ses petites mains potelées et nous entendons un enchaînement rapide de sons et de mots absolument incompréhensibles.




Quel charabia !





- T api lari soldam teriqwan ? demande le capitaine Boudu.
Le capitaine Boudu est un éminent linguiste. Il a fait des études brillantes et a travaillé à la NASA. Il a donc reconnu sans problème la langue que parle la créature.
— Soldam teriquam Charlemagne ! répond le mystérieux petit être.
— Qu’est-ce qu’il dit ? demande sur-le-champ Marie-Neige.
— Quel charabia ! commente Stanislas.
— Mais de quelle langue s’agit-il ? demandé-je.
— Patience, chers enfants, dit le capitaine Boudu, laissez-moi engager la conversation. Je vais bientôt traduire.
Il s’approche un peu de la troublante créature en disant :
— Benamour radiquam masseya ?
— Yogourt tanguy benamour , répond le lutin.
Stanislas lève la main comme à l’école.
— Oui, dit le capitaine Boudu en fronçant les sourcils, qu’est-ce qu’il y a ?
— Moi, j’ai compris le mot « yogourt ». Est-ce qu’il a dit qu’il aimait les yogourts ?
Tout le monde éclate de rire.
— Non, répond le capitaine Boudu, « yogourt » dans cette langue veut dire « venir de ». Laissez-moi poser une autre question et je vais traduire.
Amandine lève la main à son tour.
— Mes enfants, dit le capitaine Boudu, essayez de ne pas m’interrompre. Soyez patients.
Le capitaine Boudu fixe la créature droit dans les yeux et lui demande :
— Artesam alakapour taminam ?
Le lutin répond :
— Alakapour deontikam palaminam dachi.
Le capitaine Boudu se frotte le menton, hésite un moment et se tourne vers nous.
— J’ai d’abord demandé à notre visiteur comment il s’appelle. Il m’a répondu : « Charlemagne ».
— C’est un drôle de nom, Charlemagne !
s’exclame Marie-Neige.
— Ensuite, reprend le capitaine Boudu, j’ai demandé à la créature ici présente d’où elle venait. Elle m’a répondu « de la planète Tanguy ».
Tous les enfants poussent un cri de surprise. La planète Tanguy est bien connue, mais de nom et de réputation seulement, car on n’a jamais pu s’y rendre. On ne sait d’ailleurs pas trop ce qui s’y trouve, et on n’a jamais communiqué avec ses habitants.
— C’est formidable, dis-je tout excité, c’est la première fois qu’on rencontre un Tanguien !
— Il ne s’agit pas tout à fait d’un Tanguien, Félix, dit le capitaine. Nous avons affaire à un Amadou, une créature que l’on trouve sur plusieurs planètes et qui n’est pas originaire de la planète Tanguy.
— À quoi ressemblent les Tanguiens alors ? demandé-je.
— Nous avons peu d’informations sur les Tanguiens, répond le capitaine Boudu.
— Comment se fait-il que tu connaisses leur langue ?
— L’idiome que Charlemagne a utilisé n’est pas le tanguien, c’est le galimatias. Il est assez bien étudié, car les Amadous voyagent beaucoup, ce sont des nomades qui se promènent un peu partout dans notre univers.
La petite créature nous regarde bêtement, car elle ne comprend visiblement pas un mot de français.
Le capitaine Boudu continue de traduire sa conversation avec l’Amadou.
— Ma troisième question était la suivante : « Pourquoi êtes-vous ici ? » Charlemagne m’a répondu : « Nous avons besoin d’aide. »
À ce moment-là, sans prévenir et pour une raison mystérieuse, la créature se change en chat blanc. Stupéfaits, nous reculons un peu, puis le félin disparaît dans un nuage de fumée. Mais il est bien là, simplement invisible à nos yeux.
Nous sommes interloqués, car l’animal se frotte contre nos jambes et nos genoux. Je regarde le capitaine Boudu, perplexe. Puis, soudain, notre visiteur retrouve sa forme originale. Fier de lui, l’Amadou tourne sur lui-même et fait une révérence comme sur une scène de théâtre. Après quelques secondes de flottement, tous les enfants applaudissent.
Le capitaine Boudu me prend à part et me souffle à l’oreille :
— Méfions-nous de cet énergumène.
— Ça veut dire quoi, « énergumène » ?
— C’est un synonyme d’« individu », de « fanatique », d’« hurluberlu ».
Je le regarde sans comprendre. Il continue :
— Les Amadous n’ont pas une bonne réputation. Ce sont des garnements, des vauriens, d’après certains. Ils sont métamorphes.
— Ça veut dire quoi, « métamorphe » ?
— Ça veut dire qu’ils sont capables d’emprunter n’importe quelle forme. Ils peuvent se transformer en chats, en chiens ou en écureuils, entre autres. Il faut rester sur nos gardes.
— Ils ne veulent pas forcément du bien, c’est ça ?
Le capitaine Boudu garde le silence. Il met les deux mains sur les hanches, puis s’avance à nouveau vers le lutin. Il continue sa conversation avec lui et nous rapporte que Charlemagne a parlé d’enfants prisonniers sur la planète Tanguy. Charlemagne se serait enfui à bord de son petit vaisseau spatial et il a besoin de nous pour l’aider à sauver ces enfants. Pour cela, nous devons l’accompagner.
— La planète Tanguy est-elle éloignée ? demande Wapi.
— Oui, répond le capitaine Boudu. Elle ne se trouve pas dans notre univers, mais dans le monde Épistémon, que nous n’avons jamais visité.
— Et comment on fait pour y aller ? demandé-je.
— Je ne suis pas certain de l’itinéraire, dit le capitaine.

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