Revue Études - Juin 2016
144 pages
Français

Revue Études - Juin 2016

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Description

« L’éducation devient un marché.» SYLVAIN CARIOU-CHARTON

« La médiation conduit à reconnaître qu’une fraction au moins du problème se situe en moi et qu’une bonne part de la solution se trouve dans mon ouverture à l’autre.» FRÉDÉRIC ROGNON


« Des pays profitent du système global pour jouer leur propre jeu. » ÉTIENNE PERROT


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Date de parution 01 juin 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782370960870
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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sommaire

juin 2016 • n°4228

      • Deux étapes pour un même rapprochement
      • Une éthique paulinienne ?
  • Religion et spiritualité
    • Le « grand concile panorthodoxe » (Christophe D’Aloisio)
      • La phase préparatoire
      • Les documents proposés
      • Retour sur l’histoire
      • Enjeux ecclésiologiques
  • Arts et littérature
    • Jacques Rivette ou la part secrète du cinéma (Mathieu Macheret)
      • La phase critique
      • Théories du complot
      • L’expérience infinie
  • Chronique écologie
    • Le boom de la question animale en France (Dalibor Frioux)
  • Chronique spiritualité
    • Le poids du monde (François Cassingena-Trévedy)
  • Figure libre
    • Hôtesse (Colette Nys-Mazure)
  • Les carnets culturels
    • Carnets aléatoires (Suzanne Gervais)
      • Henri Dutilleux, poète du silence
    • Expositions (Laurent Wolf)
      • Le Douanier Rousseau, faux naïf et vrai moderne
      • Dessiner dans l’espace, la méthode Picasso
    • Cinéma
      • Retour sur Merci Patron !
      • Elle
      • Ils sont partout
      • Tout, tout de suite
      • Diamant noir
      • Nos souvenirs
      • Ma ma
      • Apprentice
      • J’ai survécu à ma mort
    • Revues des livres
      • Notes de lectures
        • Marie Darrieussecq : « Ma Paula, ma Virginia »
        • Charles de Foucauld : images et héritage
      • Recensions
        • Littérature
        • Art
        • Sciences
        • Philosophie
        • Société
        • Questions religieuses
éditorial

Un appel au discernement personnel et pastoral

Nathalie  Sarthou-Lajus
Étienne  Grieu

Dans l’esprit d’un processus synodal ambitieux, l’exhortation du pape François, Amoris Lætitia[1] , s’avère être bien plus qu’une conclusion qui donnerait le mot de la fin : c’est davantage un envoi invitant chacun à poursuivre « la conversation », et l’on aimerait le faire connaître bien au-delà du cercle habituel des fidèles catholiques. Pas de révolutions doctrinales, pas d’ouverture claire des sacrements aux personnes en situations dites « irrégulières » aux yeux de l’Église catholique. Pourtant, en lisant le texte de près, le changement de ton et le regard confiant porté sur toutes les familles insufflent un appel vivifiant au discernement, qui change tout. De manière très nette, il invite à renoncer à l’imaginaire trop facile d’une norme qui permettait d’évaluer actions et comportements comme de l’extérieur et sans nuances (§ 35-38), au profit d’une reconnaissance de ce qui est donné, de ce qui vient de Dieu, quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, pour se laisser guider par cette boussole.

Ce travail spirituel de discernement suppose du temps pour relire son histoire personnelle et familiale, pour sortir du déni des difficultés et cesser d’exiger des autres, comme de soi-même, d'atteindre une vie parfaite. Rejetant à la fois le rigorisme et le laxisme, le pape François en appelle à cette voie exigeante du discernement personnel et pastoral. Il porte un regard à la fois réaliste et tendre sur la famille comme un des lieux d’apprentissage de la fraternité, loin des idéalisations qui ne veulent rien savoir des ambiguïtés et des difficultés. Ce pape se méfie des idées générales. C’est la raison pour laquelle sa parole nous touche autant : elle a l’efficacité d’une parole d’amour qui incarne une présence ; elle est prononcée à partir d’un regard de foi et de l’écoute d’une Parole considérée elle-même comme « une compagne de voyage » et non comme « une séquence de thèses abstraites » (§ 22). De façon très « rusée », le Saint-Père se réfère à la grande tradition théologique, notamment à saint Thomas d’Aquin, pour montrer que la référence à la doctrine considérée comme une norme est insuffisante face aux situations particulières de l’existence (§ 304). La tradition, en effet, accorde une attention précieuse aux circonstances atténuantes, aux conditionnements. Il n’hésite pas non plus à élargir ses références à la culture contemporaine (Jorge Luis Borges, Octavio Paz, Erich Fromm, Martin Luther King, le film Le festin de Babette), car il ne s’agit pas non plus de transporter la tradition comme un trésor intact à travers le temps, mais de la reprendre dans un style actuel et audible pour le plus grand nombre, sinon elle risque de s’éteindre comme un amour qui ne sait plus se dire.

La parole du pape François entre ainsi dans nos maisons ; elle touche car elle sait combien il suffit parfois de peu de chose, un geste ou un mot de travers, pour rompre une harmonie, blesser quelqu’un ou s’éloigner. L’air de rien, le pape rappelle quelques règles élémentaires pour se rendre proche et ne pas manquer une rencontre : dire merci, écouter le point de vue de l’autre, cultiver la patience, demander pardon, préserver une saine pudeur, porter un regard qui ne se lasse pas d’appeler ce qui est beau en l’autre et ne s’arrête pas aux points faibles… Il en résulte un texte vivant, plein de récits concrets et d’attention à la grande diversité des situations de famille, comme la Bible elle-même abonde en histoires de famille et d’amour, mais aussi en scènes de violences et de crises familiales. Le pape François veut s’adresser à tous les hommes quelles que soient leurs situations, sensible au fait que les relations de famille se tissent aussi à partir de la succession des crises surmontées ensemble (§ 232-238). Son appel au discernement n’est pas réservé aux seuls pasteurs mais à chacun d’entre nous, car c’est la clef d’une vie humaine et spirituelle plus mature qui oblige les fidèles à ne pas se comporter comme des mineurs qui attendraient tout de l’Église.

D’une certaine façon, en faisant appel à un discernement approprié aux diverses situations, le pape François va plus loin qu’en imposant une révolution doctrinale et sacramentelle, car il remet la doctrine et le sacrement à leur juste place : la doctrine n’est pas un étalon de valeur, mais un appel ; le sacrement n’est pas une récompense, mais un signe. Ainsi, sans remettre en question l’indissolubilité du mariage chrétien, il rappelle qu’il s’agit d’un signe de l’amour de Dieu, un signe précieux etimparfait : « Il ne faut pas faire peser sur deux personnes la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église » (§ 122). Une mise en garde contre une Église intransigeante qui se retranche derrière l’invocation de ses principes comme des mesures discriminantes.

Ce n’est pas parce qu’un amour est imparfait qu’il est faux. Ce n’est pas parce qu’un amour a échoué qu’il n’a pas existé. La grâce de Dieu est à l’œuvre dans les situations les plus imprévisibles et les plus imparfaites de l’existence. Seul un regard de foi permet de les affronter sans enfermer les personnes dans des destins de paria ou d’exclu qui les empêchent de se transformer. Fidèle à son style pastoral, le pape invite à « incarner » l’Évangile et à diffuser la « joie de l’amour » à tous ceux qui pourraient s’éloigner de l’Église du fait de leur situation dite « irrégulière » : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent » (§ 297).

Il se pourrait que l’événement de ce texte soit celui d’une pleine réception de Vatican II dans le champ de la pastorale familiale. Car le Concile engageait déjà une autre vision de la Révélation : non pas comme un idéal surplombant et finalement jugeant, mais comme un appel adressé à tous les croyants.


Notes de l'article

[1]  La joie de l’amour. Sur l’amour dans les familles.

international

L’impact de la mondialisation sur les enjeux d’éducation

Sylvain  Cariou-Charton

Jésuite

La mondialisation a un impact sur les systèmes éducatifs. La mobilité des étudiants se développe. Des systèmes de classement mettent en concurrence les établissements de l’Enseignement supérieur partout dans le monde. Quelles en sont les conséquences ? Quel rôle peuvent jouer les pouvoirs publics, compte tenu des enjeux financiers ? Quel type d’éducation est en train d’émerger ?

Lorsque la question de la mondialisation se présente, nous la voyons souvent du point de vue des échanges économiques ou migratoires, ou dans le jeu politique entre les nations. Toutefois, ce phénomène a aussi des conséquences en bien d’autres domaines aux évolutions plus lentes. C’est le cas des enjeux liés à l’éducation.

Le présent article dresse le tableau de l’impact sur les systèmes éducatifs de quelques-unes des grandes mutations que connaissent les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les principaux enjeux présentés donneront au lecteur quelques clés de lecture pour analyser des évolutions qui se produisent sous nos yeux, particulièrement dans l’Enseignement supérieur.

Parler de mondialisation, c’est évoquer l’élargissement, l’approfondissement et l’accélération des échanges par-delà les frontières nationales. Nous analyserons donc tout d’abord le phénomène de la massification dans l’Enseignement supérieur et le considérable élargissement actuel de son offre de formation. Ce phénomène nous amènera à rendre compte du défi considérable de l’ouverture mondiale de ces formations en lien avec la mobilité étudiante. Enfin, nous évoquerons les dilemmes que ces transformations imposent aux pouvoirs publics en termes de gestion.

Le point d’aboutissement paraîtra assez sombre. En effet, la tendance générale utilitariste semble faire évoluer inexorablement l’offre éducative du côté d’une approche rationalisée, sélective et fort peu gratuite… dans tous les sens du terme ! Mais cette prise de conscience ouvre la possibilité d’un recul critique et invite à se rendre disponible pour concevoir l’éducation autrement.

Une population massivement éduquée, une diversité croissante des formations

La massification de l’enseignement et le corollaire de sa féminisation furent en Europe une évolution majeure de nos sociétés. Dans la plupart des pays de l’OCDE, spécialement les pays occidentaux, cette transition est désormais derrière nous, mais elle reste d’une actualité brûlante dans de nombreux pays, à commencer par toute la sphère asiatique.

En France, l’évolution a été lente : de 135 000 étudiants inscrits à l’Université en 1950 à 1 300 000 en 2012. Elle s’est faite par l’apparition de ce que l’on a appelé les « nouveaux bacheliers » [1] (en 1969, le bac technologique ; en 1983, le bac professionnel) qui sont devenus, par voie de conséquence, de « nouveaux étudiants » créant alors des dysfonctionnements dans le système de formation de l’Enseignement supérieur.

Le même phénomène de massification est en pleine expansion dans d’autres zones géographiques, avec les mêmes conséquences. En Asie, le nombre d’inscription dans des institutions d’enseignement supérieur est passé de 100 millions en 2000 à 177 millions en 2010. Entre 1991 et 2010, le ratio d’inscription ( Gross Enrolement Ratio[GER], la proportion d’étudiants inscrits dans l’Enseignement supérieur par rapport au groupe d’âge concerné : 19 à 23 ans) est passé de 7 % à 29 % en Asie de l’Est et Asie pacifique, et de 7 % à 17 % pour l’Asie de l’Ouest [2] .

Du fait de la mondialisation économique qui déplace les zones de production et d’industrialisation vers les pays émergents, nombre de pays de l’OCDE réorientent leurs besoins de formation pour développer une économie du savoir. Afin de maintenir leur compétitivité et leurs avantages comparés, ces économies développées se sont tournées vers des productions de biens et de services à haut niveau de connaissances et de compétences. Une économie du savoir suppose donc de faire accéder massivement des étudiants au cycle de l’Enseignement supérieur. Depuis le Conseil européen de Lisbonne (2000), les cadres européens s’imposent de plus en plus dans le domaine éducatif par la définition d’objectifs chiffrés, avec, pour conséquence, la nécessité de mesurer les performances d’un système scolaire et de procéder à des classements [3] . Ainsi le premier programme Pisa [4] fit son apparition en l’an 2000 et ne cesse depuis lors d’avoir un impact de plus en plus fort sur la gestion les politiques éducatives nationales.

En France, cette massification a eu trois conséquences graves dont le système de l’Enseignement supérieur n’est toujours pas sorti, malgré les efforts des différents gouvernements. La première est la difficulté récurrente d’orienter les jeunes à la sortie du secondaire. La deuxième est un taux d’échec important dans le cycle de licence. La troisième est la sélection sociale discriminante que renforce le maintien d’une hiérarchisation sociale quasi incontournable des filières.

L’orientation se passe mal alors que la carte des formations est devenue immense. Dans l’enseignement secondaire, les filières sont toujours considérées comme autant de tunnels dont il faut savoir prendre le bon sous peine, pense-t-on, de se trouver enfermé dans un système de formation inadapté et n’ouvrant pas un avenir professionnel valorisant.

L’étude d’impact de mars 2013, préparatoire à la loi sur l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR), recensait 1 400 licences générales, 2 200 licences professionnelles et plus de 6 000 masters ! Voilà qui illustre bien les évolutions actuelles de notre système supérieur d’éducation : une extraordinaire palette de formations et davantage de passerelles possibles entre les systèmes. Malheureusement, cet avantage remarquable s’avère en réalité profondément illisible pour l’étudiant par défaut d’accompagnement humain approprié.

L’université se trouve alors obligée d’absorber dans son premier cycle la masse des étudiants qu’elle finit aussi par trier à sa façon. La conséquence de ces difficultés d’orientation est alors l’échec dans les premières années. En 2011, le taux de réussite de la licence était de 28 % au bout de trois ans et de 39,5 % au bout de quatre ans.

Face à cette problématique de la difficile entrée dans le supérieur, les pouvoirs publics cherchent à mettre en œuvre un système qualifié de – 3/+ 3 par rapport au Bac [5] . L’idée est intéressante mais elle a pour conséquence que l’Enseignement secondaire est de moins en moins conçu comme le lieu de délivrance d’un savoir scientifique et humaniste gratuit. Il devient l’antichambre du supérieur.

Face à cet état des lieux, on n’aperçoit pas suffisamment le paradoxe humain de l’orientation. En effet, pour qu’un jeune puisse réellement choisirune formation, une orientation, il faut dans le même temps qu’il se connaisse suffisamment lui-même pour évaluer ses capacités, ses goûts et les confronter à une réalité. Or, force est de constater que notre système éducatif demande à un jeune de s’orienter sans lui donner les moyens de se connaître ! Trop de formations, spécialement dans les grandes écoles, conçoivent leur programme comme des « briques » à constituer. L’idée de personnaliser les parcours est généreuse, mais elle requiert un niveau d’accompagnement de l’élève qui est loin d’être assuré.

Par défaut d’accompagnement, on peut interroger le degré de liberté du jeune par rapport à la visée purement utilitariste de ses études. Fait-on un stage ou une expérience de césure uniquement pour « gonfler » son curriculum vitæet accumuler de l’expérience ? De ce point de vue, la mode actuelle des « doubles diplômes » n’est pas nécessairement la garantie d’une grande cohérence du parcours d’intégration entre la personne et sa formation. On court un risque réel de cumuler des diplômes ou des couches successives de formation pour se rassurer ou parce que cela fait bien, mais bien plus rarement par rapport à une vision réelle de la part de l’étudiant. Cela est très regrettable et nous gagnerions beaucoup à donner aux jeunes les moyens d’unifier leur personnalité, autrement dit, de mieux intégrer la construction de leur identité personnelle avec la définition de leur projet de formation étudiante ou professionnelle.

L’ouverture mondiale des formations

À cette massification de l’enseignement et à la diversité des parcours de formation disponibles, il faut ajouter un facteur supplémentaire : les offres qui viennent de l’international. Ce phénomène en pleine croissance atteint de plein fouet les questionnements existentiels du jeune. Quelles en sont les conséquences ?

Tel établissement secondaire d’excellent niveau constate depuis deux ans que 22 % de ses élèves de terminale choisissent d’aller faire leurs études supérieures à l’étranger plutôt qu’en France ! Même si ces exemples sont encore exceptionnels chez nous, nous sommes en train de franchir un cap. Nous passons d’un modèle de mobilité étudiante ordinaire d’une durée de quelques mois à un véritable « marché mondial de l’éducation » [6] .

Le programme Erasmus (1985) et le processus de Bologne (1999) ont permis de créer l’Espace européen de l’Enseignement supérieur, objectif stratégique pour améliorer la mobilité étudiante au sein de l’Union. Et, de fait, 75 % des étudiants en formation dans un pays de l’Union viennent d’un autre pays de celle-ci. La mobilité intra-européenne fonctionne bien.

Mais l’arrivée des classements mondiaux a ajouté une note libérale à cette politique initiale qui visait à resserrer les liens entre nos pays par le biais de la jeunesse. En fait, nous assistons de plus en plus à un véritable «  brain drain », une circulation des savoirs qui se transforme parfois en fuite des cerveaux ! La « ressource » est en effet énorme et très convoitée. De nombreux pays, dits « développés » ou « émergents », ont vivement conscience de l’intérêt qu’ils ont à attirer de jeunes talents et spécialement des chercheurs. L’OCDE chiffre à 4,3 millions le nombre d’étudiants qui suivent en 2011 une formation supérieure dans un pays dont ils ne sont pas ressortissants. Ils étaient 800 000 en 1975 et 2 millions en 2000. L’accroissement du phénomène est donc important.

Or les facteurs qui déterminent le pays où l’étudiant voudra étudier sont bien connus : considérations linguistiques et culturelles, proximité géographique, similitude des systèmes éducatifs et comparaison des coûts de scolarité. Mais ces critères sont aussi des leviers utilisables par les établissements d’enseignement supérieur pour gérer leur attractivité. L’enjeu devient stratégique pour nombre d’établissements et leurs politiques de recrutement peuvent être parfois agressives en se lançant dans de vigoureuses campagnes de marketingéducatif ! La quête des cerveaux n’est pas toujours liée à une recherche de diversité ; elle s’origine aussi dans des besoins de qualifications, voire des nécessités de gestion. Ainsi, en France, les deux tiers des étudiants étrangers titulaires d’un doctorat ne rentrent pas dans leurs pays d’origine et procurent ainsi à notre pays une ressource intellectuelle de premier ordre [7] !

L’affaire du classement de Shanghai

Tout cela permet de brasser cette jeune population et, on peut l’espérer, de l’ouvrir culturellement. Cependant, la nouveauté de ces dix dernières années nous vient de l’apparition du premier classement international des universités, publié en 2003 par le professeur chinois Nian Cai Lu de l’université Jiao-Tong de Shanghai [8] . L’idée de classer les formations au niveau international a suscité de nombreuses ambiguïtés et pas mal d’ambition afin d’attirer les meilleurs éléments et (il faut bien en convenir) de les conserver dans le secteur de la recherche ou se créer un réseau de relations mobilisables à l’avenir.