Déclaration commune des Académies des sciences pour le Sommet du G8 de juin sur la santé des femmes et des enfants Mai Ampleur et importance du problème
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Description

Niveau: Secondaire, Collège, Cinquième
Déclaration commune des Académies des sciences pour le Sommet du G8 de juin 2010, sur la santé des femmes et des enfants Mai 2010 Ampleur et importance du problème Mise en situation La santé des familles, des communautés et des économies est intimement associée à la santé des femmes – et pourtant, une femme décède toutes les 100 secondes dans le monde au cours de la grossesse ou de l'accouchement. Les destins de la mère et de l'enfant sont étroitement liés. Aussi la réduction de la mortalité maternelle est-elle fondamentale et prioritaire pour améliorer la santé infantile. Il reste aujourd'hui moins de 6 ans pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) des Nations Unies. Le quatrième et le cinquième objectifs font l'objet de ce document. Objectifs du Millénaire pour le Développement 2015 Objectif 4 : Réduire de deux tiers la mortalité infantile des enfants âgés de moins de cinq ans Objectif 5 : Réduire de trois quarts la mortalité maternelle Des progrès ont été enregistrés en matière de santé infantile dans le monde. Depuis 1990, les décès des enfants âgés de moins de cinq ans ont diminué. Cependant, on estime que 8.8 millions d'enfants décèdent encore chaque année, soit plus de 1000 par heure. La promesse de réduire les décès lors de la grossesse ou de l'accouchement de 75 % d'ici à 2015 demeure un objectif lointain n'ayant guère progressé au cours des 10 dernières années.

  • santé communautaires

  • politique fondée

  • académie de sciences

  • décès des enfants âgés

  • santé infantile

  • stratégies concernant le personnel de santé


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2010
Nombre de lectures 17
Langue Français

Exrait

Déclaration commune des Académies des sciences pour le Sommet du G8 de juin
2010,
sur la santé des femmes et des enfants
Mai 2010
Ampleur et importance du problème
Mise en situation
La santé des familles, des communautés et des économies est intimement associée à la santé des
femmes – et pourtant, une femme décède toutes les 100 secondes dans le monde au cours de la
grossesse ou de l’accouchement. Les destins de la mère et de l’enfant sont étroitement liés.
Aussi la
réduction de la mortalité maternelle est-elle fondamentale et prioritaire pour améliorer la
santé infantile.
Il reste aujourd’hui moins de 6 ans pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD) des Nations Unies. Le quatrième et le cinquième objectifs font l’objet de ce
document.
Objectifs du Millénaire pour le Développement 2015
Objectif 4 : Réduire de deux tiers la mortalité infantile des enfants âgés de moins de cinq ans
Objectif 5 : Réduire de trois quarts la mortalité maternelle
Des progrès ont été enregistrés en matière de santé infantile dans le monde. Depuis 1990, les décès
des enfants âgés de moins de cinq ans ont diminué. Cependant, on estime que 8.8 millions d’enfants
décèdent encore chaque année, soit plus de 1000 par heure.
La promesse de réduire les décès lors de la grossesse ou de l’accouchement de 75 % d’ici à 2015
demeure un objectif lointain n’ayant guère progressé au cours des 10 dernières années. Plus de 99%
des femmes qui meurent lors de la grossesse ou de l’accouchement, meurent dans les pays en
développement.
Problèmes liés à la santé et aux inégalités
Mortalité et morbidité maternelles
Le risque qu’une femme décède des suites d’une grossesse ou d’un accouchement au cours de sa vie
est d’1 sur 7 dans les régions les plus pauvres du monde comparé à environ 1 sur 30.000 en Europe
du Nord. Les décès maternels se produisent lors de la phase de travail, de l’accouchement et de la
période initiale du post-partum, l’hémorragie étant la principale cause médicale du décès ; plus de
80 % de ces décès pourraient être évités. Pour chaque décès survenu au cours de la grossesse et de
l’accouchement, 16,5 cas de maladies ou infirmités importantes ont été constatés chez la mère ; la
mauvaise santé chronique des mères affecte gravement la santé et la qualité de vie des enfants
survivants, qui sont souvent dépendants de l’alimentation et de la protection de leurs mères.
Mortalité périnatale et néonatale
Chaque année, 3.2 millions de bébés sont mort-nés et 4 millions décèdent au cours de leur premier
mois de vie – 99 % des décès néonataux se produisent dans les pays en développement. Les décès
néonataux représentent 38 % des décès d’enfants âgés de moins de 5 ans et constituent le principal
obstacle à la réalisation de l’OMD 4. Les causes les importantes de décès au cours du premier mois
de vie sont la naissance avant terme, l’asphyxie et les infections. Des interventions dont l’efficacité
est prouvée et peu coûteuses, notamment les soins prénataux, les soins spécialisés lors de
l’accouchement et les soins postnataux communautaires pourraient réduire la mortalité néonatale de
plus de la moitié. 3/4 de ces décès pourraient être évités moyennant un coût supplémentaire de 1$
US par tête.
Planning familial
Le planning familial améliore la santé maternelle en réduisant les grossesses non désirées et les
avortements. Un espacement inadéquat des naissances aggrave les troubles nutritionnels et
augmente la mortalité infantile en empêchant une nutrition appropriée pendant la gestation. La
distribution d’une contraception efficace aux quelques 200 millions de femmes qui en sont
dépourvues permettrait d’éviter chaque année 23 millions de naissances non planifiées, 22 millions
d’avortements provoqués et 14.000 décès liés aux grossesses. Une éducation de qualité donnée aux
femmes améliorera la planification familial et les soins aux enfants.
42 millions de grossesses sont interrompues chaque année, dont environ 50 % sont considérées
comme illégales par la législation nationale et réalisées par des personnes non qualifiées ou dans
des conditions insalubres. Il en résulte des complications graves : environ 70.000 décès maternels,
plus de 3 millions d’infections de l’appareil génital et près de 1.7 millions de cas de stérilité
secondaire. Les avortements dangereux représentent 13 % des décès maternels.
Maladies infantiles
Sur 8.8 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans décédant chaque année, les principales causes de
décès de l’âge de 1 mois à cinq ans sont la pneumonie, la diarrhée, le paludisme, la rougeole et le
VIH. Ces décès peuvent être évités par des actions de santé publique dont l’efficacité a été prouvée
et peu coûteuses, telles qu’une bonne nutrition et une vaccination. Il serait possible de réduire
encore le nombre de décès par un simple traitement lorsque les enfants sont malades : par exemple
avec des antipaludéens, des antibiotiques ou la réhydratation orale.
Dénutrition maternelle et infantile
L’attribution de près de la moitié des décès infantiles et de plus de 10 % de la charge de morbidité
globale à la dénutrition maternelle et infantile démontre la grande importance de ces facteurs de
risque sur les objectifs de santé. La malnutrition maternelle est responsable d’une part importante de
la mortalité néonatale et la malnutrition intra-utérine est la cause des maladies chez les adultes,
comme le diabète, l’hypertension et les dyslipidémies.
VIH et SIDA
Les décès liés au sida restent une cause majeure des décès prématurés dans le monde. Les femmes
enceintes infectées par le VIH et non traitées ont 30 % de risques d’infecter leur enfant. Sans
traitement, plus de 50 % des enfants infectés par le VIH décèdent avant d’avoir atteint l’âge de 2
ans.
Égalité des sexes et droits des femmes
Le non respect des OMD 4 et 5 est intimement lié aux faibles progrès réalisés dans la promotion de
l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes. Les régions enregistrant des taux élevés de
mortalité maternelle sont caractérisées par une exclusion et une marginalisation des femmes.
L’inégalité des sexes est aggravée par un manque d’accès à l’éducation (reflété par les faibles taux
d’alphabétisation), et se traduit par l’absence de femmes dans des fonctions de leaders d’opinion ou
de leaders politiques.
Déficiences dans le transfert des connaissances
Pour obtenir des progrès significatifs, il est nécessaire de disposer de ressources dans deux
domaines clés : le transfert des connaissances et la recherche sur la mise en oeuvre des actions. Les
politiques fondées sur des données probantes ont eu un impact limité sur la politique de santé
maternelle et infantile et le développement de programmes. Cela s’explique par plusieurs raisons :
un manque de chercheurs nationaux qualifiés dans les pays en développement, un manque de
programmes de recherche de qualité et un manque important de financement de la recherche sur les
questions de santé maternelle et infantile. La recherche sur la mise en oeuvre réussie des actions et
des programmes et leur transposition à d’autres domaines est également insuffisante.
Recommandations pour le sommet du G8
Les risques liés à la santé maternelle et infantile ne concernent pas uniquement les pays en
développement ; les populations vulnérables, quel que soit leur pays de résidence, doivent être
ciblées par des actions généralement simples et accessibles, n’impliquant pas de technologie
spécialisée et peu coûteuses.
L’intensification des efforts en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement 4
et 5 est fondamentale pour améliorer la santé maternelle et infantile.
Le financement de la santé maternelle et infantile doit être plus important. Les gouvernements
et autres organisations doivent augmenter les ressources allouées. Les donateurs doivent
accroître leurs contributions financières à destination des pays à faible revenu afin de réduire
l’écart des ressources. Les services de santé de base tels que les soins dispensés lors de
l’accouchement devraient être gratuits. La vaccination des enfants devrait être universelle.
Renforcement des infrastructures sanitaires et des besoins en personnel.
L’amélioration de
l’accès aux soins prénataux, obstétricaux et néonataux de bas est la pierre angulaire des
programmes de santé maternelle. Des soins obstétricaux d’urgence spécialisés doivent être
accessibles à toutes les femmes ayant des complications ; la recherche des méthodes les plus
efficaces pour offrir ces soins est nécessaire. L’aide aux infrastructures communautaires doit
mettre l’accent sur la santé maternelle et infantile mais également sur la nutrition.
Les stratégies concernant le personnel de santé doivent inclure des plans visant à former une équipe
de sages-femmes qualifiées et de professionnels de la santé communautaires chargés de soigner les
femmes enceintes et les enfants. Les pays en développement doivent établir des programmes
incitatifs afin de garder le personnel clinique formé en interne et de rapatrier des équipes. Les pays
en développement doivent être dissuadés de recruter activement des professionnels de santé issus de
pays en développement et encouragés à établir des partenariats d’éducation à la santé.
Les stratégies d’amélioration de la santé maternelle doivent faciliter l’accès aux services de
contraception et aux mesures visant à réduire les avortements dangereux. Jusqu’à 40 % des
décès maternels et infantiles pourraient être évités en donnant accès à ces services.
L’utilisation de contraceptifs modernes, l’éducation sexuelle et un espacement des
naissances approprié devraient être encouragés. Des services de planning familial
accessibles devraient être intégrés aux services de prévention du VIH/Sida. Les
gouvernements et les organisations intergouvernementales/non gouvernementales doivent
gérer ouvertement les avortements dangereux et assurer un traitement approprié des
femmes développant des complications.
Des initiatives visant à renforcer la santé des femmes et des enfants devraient être plus
efficacement coordonnées.
La priorité politique globale de formation communautaire pour
la santé des femmes et des enfants a été fragmentée. Les gouvernements du G8 devraient
travailler avec des agences internationales afin de faciliter les mécanismes de coordination
régionale pour la santé des femmes et des enfants, dont le principal objectif est la réussite
des OMD 4 et 5.
Des politiques de protection des femmes et des enfants contre toute forme d’abus, de
blessure, d’exploitation et de violence doivent être encouragées.
Les pratiques dangereuses
telles que la mutilation génitale féminine devraient être éradiquées. Le détournement de la
technologie permettant de déterminer le sexe avant la naissance afin d’avorter en cas de
foetus féminin, doit être condamné.
La recherche sur la santé maternelle et infantile doit être renforcée, notamment concernant
le transfert des connaissances.
La recherche sur la mise en oeuvre réussie des actions ou
programmes, notamment les stratégies de transfert et de communication, et leur
transposition dans d’autres domaines est insuffisante. Le renforcement des capacités,
notamment les centres interdisciplinaires de sciences de la santé et d’innovation doivent
être encouragés dans toutes les régions. Des programmes d’information et d’éducation à la
santé sont requis pour diffuser les connaissances acquises : cela nécessitera l’amélioration
de l’infrastructure organisationnelle.
Royal Society of
Canada,
Canada
Académie des sciences,
France
Deutsche Akademie der
Naturforscher
Leopoldina, Allemagne
Accademia Nazionale dei
Lincei
Italie
Science Council of
Japan
Japon
Russian Academy of
Sciences
Russie
Royal Society
Royaume-Uni
National Academy of
Sciences
États-Unis