Bibliographie
In: Économie rurale. N°42, 1959. pp. 31-44.
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Bibliographie. In: Économie rurale. N°42, 1959. pp. 31-44.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_1959_num_42_1_1683.
BIBLIOGRAPHIE
DROGAT (N.). — Pays sous-développés et coopér
ESTRANGIN — l'alimentation Paris, (L.). Assemblée — de L'agriculture l'humanité Permanente dans française des l'avenir. Prési et ation technique. — Paris, Spes, 1959. —
195 p., N.F. 1 1 ,40 (Bibliothèque de la Recher
dents des Chambres d'Agriculture, 11 bis, che sociale).
rue Scribe. 1958. — 58 p.
Ce livre, dans une première partie, résume de
Quoique ce travail de M. , Estrangin date de façon analytique les principaux aspects du sous-
décembre 1958, il est essentiel, en raison de son développement : disparité des niveaux de vie et
importance, de le signaler à nos lecteurs. devoir d'assistance, causes et effets du sous-déve
loppement, conditions de réussite (l'indépendance Il s'agit d?une mise au point d'ensemble sur les
est un facteur de succès). L'auteur passe ensuite en problèmes des subsistances et de l'équilibre entre
revue les diverses formes d'assistances : organisces derniers et les besoins de la population du
mes internationaux, accords bilatéraux d'assistance, monde. L'auteur ne discute pas les projections
la politique française dans les T.O.M., la coopératdémographiques des spécialistes qui prévoient pour
ion de la France avec les pays étrangers. l'an 2000 une population mondiale comprise entre
La deuxième partie cherche à tracer une synthèse 4,9 et 6,9 milliards. Par contre, il examine avec
des problèmes du développement. C'est une quessoin les perspectives d'accroissement de l'offre en
tion difficile, mais aussi passionnante. Disons que sappuyant, en particulier, sur l'ouvrage de Guerrin
cette synthèse nous a déçu. De très nombreux (Humanité et subsistance, Paris, 1957).
aspects sont envisagés, analysés avec minutie, rien Tous comptes faits, M. Estrangin conclut : « Ainsi,
ne paraît oublié : le passage de l'économie de subet dans des conditions normalement prévisibles, il
sistance à l'économie de marché, ses répercussions semble que l'on puisse, à la rigueur, augmenter de
sociales, la nécessaire planification tant du secteur 50 % les terres cultivées. Si' l'on applique à cette
agricole que du secteur industriel, les manières surface, cultivée élargie la somme des divers pro d'envisager une politique des investissements, la grès possibles, soit 30 % pour la fertilisation, 10 % nécessité d'avoir une recherche scientifique active. pour l'irrigation, 30 % pour la sélection et les tech
Mais il nous est apparu qu'il manquait l'essentiel, niques culturales, 10 % pour les progrès dans la
c'est-à-dire - les bases réfléchies et originales d'une conservation, mais en abaissant un peu le résultat
philosophie d'action pour développer l'ensemble pour tenir compte de l'épuisement des sols, on
d'un pays. A ce propos, tant la section 2 (chap. 1 - obtient un « plafond » des subsistances représen Pe partie) « la conscience chrétienne en face des tant environ deux fois et demie la production
faits » du chapitre que le rappel des réalisations actuelle ».
des missions catholiques, passages qui auraient pu M. René Dumont (dans des documents inédits servir à construire une philosophie « personnaliste » dont nous avons pu avoir communication) est un du développement, nous ont paru faibles et peu peu plus optimiste. Il pense, en particulier, que la convaincants. Il y a autre chose à dire sur cette superficie agricole devra s'accroître d'une manière question, face à la philosophie marxiste du déveplus sensible au détriment des forêts. Mais il est loppement, dont on ne peut nier l'efficacité. d'accord avec M. Estrangin pour souligner l'ampleur Les annexes sur l'activité des divers organismes des efforts qui seront nécessaires pour atteindre les français ayant participera l'étude ou à la réalisation taux de croissance nécessaires. de plans de développement, sont très utiles et inté
La conjoncture à long terme étant précisée, l'au ressantes.
teur examine ses conséquences sur les décisions à Ce livre constitue au total un excellent diction
prendre à court terme dans l'agriculture française. naire pratique sur les questions que pose le sous-
Entre le « jeu » actuel, qui consiste à laisser l'agri développement .
culture française « démobilisée », et le « jeu » d'ave (MAINIE)
nir qui obligera à une « remobilisation », il faut
trouver un équilibre qui ménage l'avenir. LENGELLE (Maurice), CEPEDE (Denis). — Elé
Nous devons tous lire l'étude de M. Estrangin et ments de comparaison des principales agri
réfléchir aux idées profondes et généreuses qu'il cultures du Monde. — Paris, Centre d'Etu
nous communique. des et de Mesures de Productivité, 25, rue
Marbeuf. — 77 p., tabl. annexes. (BERGMANN) 32
Cette étude, préparée dans le cadre du Centre différents échelons (Direction Générale du Plan,
d'Etudes et de Mesures de Productivité, rassemble Directions départementale, locale), mais, deuxième
diverses statistiques concernant de nombreux pays. idée, une spécialisation serait réalisée entre la vul-*
Les auteurs veulent mesurer en premier lieu les garisation, la recherche et l'administration. Dans la
facteurs mis en œuvre (inputs) dans le secteur agri 4me partie, « Une doctrine au service du développe
cole sous forme de terre, de travail, de forces de ment rural », sont successivement analysés : l'object
traction, d'engrais et d'aliments concentrés. Ensuite if : « en quelques décennies plusieurs siècles d'évo
ils apportent des chiffres concernant la production lution européenne doivent être franchis » ; et le
agricole évaluée en calories végétales. En conclu contexte : « la rencontre de deux civilisations » ;
sion de cette partie, il est calculé un prix de la ce qui conduit les auteurs à rechercher les « fonde
calorie, à partir d'une estimation de la valeur glo ments d'une discipline économique et sociale ».
bale de la production agricole (a produit agricole Devant l'acuité et l'urgence du problème écono
brut » d'après les auteurs). L'unité du tableau 117, mique et social de l'Algérie, cette « discipline au
I "° colonne, est le million de dollars mais n'est pas service de l'humanisme » n'est-elle pas néces
indiquée. saire ?
Dans une seconde partie, les auteurs étudient les L'apport de cette publication nous paraît fonda
rendements (par hectare et par animal) et la pro mental ; les problèmes essentiels sont abordés de
ductivité. Ils déterminent, en particulier pour les face et les solutions, si elles peuvent paraître har
prairies et pâturages permanents, une « rentabilité dies, insolites à certains, ne sont-elles pas toujours
fourragère » qui passe de 0,16 (Union Sud-Africaine) logiques et, peut-être même, les seules solides face
à 59 (Finlande) (en milliers de milliards de calories à l'ampleur du problème ?
par hectare). Des graphiques précisent la « product
(J.-C. ROUVEYRAN) ivité engrais », la « productivité tracteurs » et la.
u productivité des aliments concentrés ».
GENDARME (R.). — L'économie de l'Algérie. (BERGMANN)
Sous-développement et politique de crois
sance. — Paris, A. Colin, 1959. -- 379 p. —
(Cahiers de la Fondation Nationale des CAMBIAIRE (A. de), TASSIN (F.). — Quelques,
Sciences Politiques, n° 101). thèmes de réflexion relatifs aux méthodes de
développement rural en Algérie proposés aux
L'auteur fournit dans cet ouvrage un inventaire commissions du Plan de Constantine. —
exhaustif et détaillé, une « présentation quantitatMaison Carrée, 'Ecole Nationale d'Algérie,
ive de l'économie algérienne » dont l'utilité est Laboratoire de recherches économiques et
incontestable car elle fait le point et rassemble des sociologiques appliquées à l'agriculture algé
données - intéressant tous les domaines de l'éconorienne, mai 1959. — 75 p. ronéot.
mie algérienne, données éparses jusqu'à ce jour.
Cette présentation concerne, dans une première Le titre de l'ouvrage reflète ses aspects princ
partie, l'Algérie dans son ensemble,. dans une deuipaux : « thèmes de réflexion », car si la nécessité
xième partie les grandes régions économiques de\ d'actions est pressante en Algérie, il faut savoir
l'Algérie. Le caractère systématique de l'étude des s'arrêter et réfléchir ; « développement rural »,
causes et du repérage du sous-développement (générl'accent est mis sur l'aspect agricole du problème
al ou régional) est étayé t par une documentation économique algérien ; « Plan de Constantine » en
solide et par des statistiques nombreuses ; l'intérêt fin, l'ouvrage se situe au niveau des nécessaires
principal de ce livre nous paraît être dans la pénétconceptions car « on mesure les limites de l'action
ration de l'analyse économique de ces statistiques. de détail conçue sans une vue globale et on peut
Les conclusions de cette analyse, corrigées par apprécier les dangers de la recherche essoufflée de
les données nouvelles que sont le pétrole et le gaz réalisations concrètes, entreprises sans avoir su au
naturel sahariens, amènent l'auteur à proposer des préalable définir l'idée générale et le sens de l'évo
« remèdes au sous-développement algérien ». lution recherchée ».
Ce livre, document de base, intéressera tous ceux Les lre et 2me parties analysent le problème de la
qui, de près ou de loin,, se penchent sur le proformation professionnelle et des institutions profes
blème économique algérien. sionnelles. Dans la 3me partie, « l'adaptation de
l'Administration aux tâches de la planification ru
(J.-C. ROUVEYRAN) rale », il est proposé une « restructuration » admin
istrative ; l'idée maîtresse est que l'éparpillement,
voire la coordination déficiente entre des services
Aspects et réalités de l'Algérie agricole. — Alger, nombreux et dispersés ne pouvant être que nuisi
Association des Anciens Elèves de l'Institut ble, un regroupement est nécessaire. Ce regroupe
Agricole d'Algérie, E.N.A., 12, boulevard ment pourrait fort bien se faire dans le cadre du
Baudin. — 148 p., carte, phot. Plan — On trouverait alors une direction unique aux — — .33
Cette publication apporte de nombreux renseigne blèmes liés aux structures hiérarchisées douées de
ments chiffrés concernant l'agriculture algérienne et « pôles de croissance » adaptés à des conditions
des notices sur les réalisations de divers services passées ; enfin l'existence ds conflits de civilisa
officiels. Une seconde partie donne quelques indi tion, chaque fois qu'une . société ayant atteint un
cations monographiques sur des problèmes locaux. degré d'organisation très élaboré, synthétisé
L'ensemble reste assez descriptif et technique. L'as des facteurs complexes, doit faire face à une situa
pect économique des diverses réalisations n'est guère tion nouvelle, par modification de l'environnement
. mentionné. Il y a tout au plus quelques indications social et des données techniques.
financières. Les problèmes sociaux et ceux d'ensemb Par l'exemple du Sundgau, il nous fournit une
le de la place de l'agriculture dans le développe méthode de recherche sur le terrain en même temps
ment de l'Algérie ne sont pas traités. qu'une démonstration concrète de l'existence d'un
conflit social entre « l'en groupe » agricole et le
« hors groupe » non agricole. (BERGMANN)
L'enquête, menée chez les agriculteurs exploitant
plus de 6 hectares, a procédé par sondage au 1/10,
soit 300 exploitants. Ceux-ci ont été soumis à un TOBATA (Seiichi). — An introduction to agricul'
questionnaire relativement détaillé, comportant 41 ture of Japan (Agriculture, Forestry and
questions, présenté à domicile par des enquêteurs Fisheries productivity conference). [Une i
connaissant bien le dialecte local et, pour la pluntroduction à l'agriculture japonaise. Confé
part, les problèmes agricoles. Des sociologues ont rence sur la productivité dans l'agriculture,
procédé, en outre, à 58 entretiens approfondis. la sylviculture et la pêche]. — Tokio, 1958.
. Dépouillement et interprétation confirment des -77 p., $11,50.
thèses déjà émises par de nombreux agronomes,
économistes et géographes soit à propos d'autres Quatre-vingt-dix millions de personnes (plus un
régions, soit pour l'ensemble de la France ". perméabaccroissement annuel qui est encore, pour quelque
ilité plus grande des jeunes, pessimisme du monde temps, d'un million environ) vivent sur 37 millions
paysan, surtout pour les plus âgés, en ce qui cond 'ha dont environ six millions seulement sont uti
cerne l'avenir de la profession, revendications imlisables par l'agriculture. Des rendements records à
précises, mais souvent violentes, à l'égard des autres l'hectare. Un pays qui a réussi à avancer assez loin
groupes sociaux et de l'Etat, etc.. L'étude n'apporte dans la voie du développement économique malgré
donc pas toujours de révélations nouvelles à ceux des handicaps terribles. Voilà qui mérite d'être
qui ont l'habitude du monde paysan. mieux étudié en France.
La nouveauté consiste d'abord dans l'emploi L'ouvrage de M. Tobata constitue une intéres
d'une méthode qui permet de chiffrer des attitudes, sante introduction à cette étude car il a le mérite
donc de mesurer des variations dans l'espace et le de poser nettement les problèmes économiques et
temps. Elle consiste aussi dans une plus grande présociologiques. Les nombreuses illustrations mont
cision donnée à certains éléments .mal connus. rent l'extraordinaire degré d'intensification atteint.
Ainsi, le chômage caché, incontestable pourtant Mais que de problèmes de productivité du travail,
dans le Sundgau, si l'on considère la densité de de revenus et de structure (exploitations trop peti
main-d'œuvre à l'hectare, la facilité avec laquelle tes, lois nouvelles imposant l'héritage égalitaire)
les industries peuvent y recruter leur main-d'œuvrestent à résoudre !
re, n'est absolument pas perçu comme tel par le- (BERGMANN)
paysan. Et ce fait doit donner à réfléchir à ceux qui
voient dans le manque d'emploi la tare essentielle,
des régions sous-développées : une simple constaMENDRAS (H.). — Les paysans et la modernisat
tation économétrique ne suffit pas . à indiquer les ion^ de V agriculture. — Paris, C.N.R.S.,
remèdes les plus efficaces % proposer un travail sup1958. — 145 p.; 12 cartes.
plémentaire, sans plus, c'est aller à l'échec ; il est
plus important de chercher à augmenter la productEn se référant à une enquête qu'il a menée en
ivité nette de l'heure de travail que le revenu glo1954 et 1955 dans le Sundgau alsacien, l'auteur
bal si l'on veut être bien accueilli. Une autre consétudie les données sociologiques qui motivent et
tatation remarquable, qui ne surprendra cependant expliquent la « résistance » des paysans à la modern
pas tous les spécialistes des questions agricoles, est isation agricole.
le faib7e a enracinement » des organisations proUne introduction théorique donne un a aperçu
fessionnelles, qui ne sont guère perçues comme dés problèmes généraux du changement dans les
faisant partie du groupe. Ceci,d'ailleurs, peut présociétés rurales ». L'auteur y met en relief d'une
senter des traits spécifiques au Sundgau. Cependant, part l'interdépendance des facteurs, naturels, tech
nous serions enclins à y voir une règle assez généniques, sociaux, interdépendance qui peut conduire
rale méritant un examen approfondi. à une impasse par « surdéveloppement », adaptat
L'étude suggère bien d'autres réflexions, et leur ion trop étroite au milieu ; d'autre part les .
— 34 ~
abondance montre qu'elle est d'un très grand inté L'auteur- nous montre- comment, grâce à l'emploi
rêt théorique. Si elle laisse partiellement insatisfait, de leurs droits seigneuriaux, les nobles de la Gâtine
c'est à cause des limites mêmes que s'est donné Poitevine ont entrepris, en évinçant les tenanciers
l'auteur : montrer sur un exemple très localisé, la des petites exploitations, qui étaient alors le cas
possibilité et la portée de recherches sur les moti général sur leur fief, la constitution de grandes uni
vations des paysans. La démonstration sera plus tés d'exploitation confiées en métayages à une part
convaincante encore aux yeux du grand public et ie des ex-tenanciers.
des utilisateurs éventuels, lorsque le champ des r L'auteur insiste longuement sur les mécanismes
echerches sera étendu. Le premier objectif est la de rachat des droits de ces tenanciers, sur les diffé
réalisation de comparaisons interrégionales, ayant rentes formes de baux, sur la précaire, situation
aussi bien pour but de dégager les constantes du économique et sociale du métayer. Il nous montre
conflit paysans-non paysans que les spécificités des que ce développement des métairies est une véri
réactions locales à la modernisation. Un deuxième table « reconversion » de la structure agraire héri
objectif serait d'éclairer l'interprétation sociologique tée du Moyen- Age en- une plus adaptée
en fonction de considérations macro-économiques et (du point de vue de la noblesse foncière s'entend)
techniques. Un autre objectif serait aussi de sim aux conditions économiques issues de la Renaiss
plifier et d'alléger si possible les questionnaires, ance.' La nature des liens juridiques, d'une façon
afin de réduire le coût des enquêtes et de permett d'ailleurs très progressive, s'est transformée d'un
re leur généralisation au prix le plus bas possible. type féodal en un type nettement plus « bourgeois »
Il faut savoir gré à M. Mendras d'avoir, par ce pre sans que les familles nobles dominantes aient perdu
mier exemple, fait oeuvre de pionnier en France. beaucoup de leur pouvoir. Elles en gagnaient même
sur le plan économique. Une dizaine de monograp
(G. SEVERAC) hies de ce type et de même valeur à travers la
France permettrait d'améliorer nos connaissances
d'histoire sociale, mais contribuerait également à
CHIVA (I.). — Les communautés rurales : problè l'édification d'une théorie des structures agraires et
mes, méthodes et exemples de recherches. de leur harmonisation avec la» croissance économi
— Unesco, Rapports et documents de scien que en pays sous-développés.
ces sociales, n° 10, 1958. (G. SEVERAC)
Publiée dans le cadre des documents spéciaux
du Centre d'information des sciences sociales de
Compte rendu du colloque tenu à l'Ecole Normale l'Unesco, l'étude de M. Chiva rendra de nombreux
Supérieure de Saint-Cloud sous la direction services tant aux économistes qu'aux sociologues
de M: Pierre George, ... Etudes de Géograruraux, car elle fait le point des études actuelles et
phie rurale. — Société Amicale des Anciens fournit une bibliographie étendue. Les tendances
Elèves de l'E.N.S. de Saint-Cloud, mai 1959. différentes de la recherche sont bien dégagées tant
— 208 p. (Supplément au Bulletin de Saint- au point de vue des sciences fondamentales qui y
Cloud). sont impliquées qu'à celui de leurs applications dans
les programmes de développement économique et Ce compte rendu réunit 1 1 études.
social. Les quatre premiers travaux concernent la pro
<R. MASPETIOL) priété fqncière étudiée actuellement dans diverses
régions du Nord de la France (Plaine de France.
Marqu enterre, Pays de Caux, bordure méridionale
MERLE (Dr. Louis). — La métairie et l'évolution du Pays d'Ouche) et historiquement, au XVIIIm*
agraire de la Gâtine Poitevine de la jin du siècle par une analyse des biens fonciers possédés
Moyen-Age à la Révolution. — Paris, SEP par la bourgeoisie de Chartres.
VEN, 1958. — 252 p., graph., tabl. (ouvrage Il faut féliciter les géographes français qui sont
publié avec le concours du C.N.R.S. — Prix seuls, ou presque, à procéder à des études rigou
Sully-Olivier de Serres U958). reuses sur les problèmes de la propriété foncière —
surtout depuis les travaux de M. Dugrand sur le Un long travail de dépouillement, s'intéressant
vignoble languedocien, travaux qui ont été signalés particulièrement aux minutes de notaire sans négli-
ici (octobre 1956). Ils compensent les inadmissibles ger les chartriers et autres archives départemental
lacunes de nos statistiques en ces matières. es ou nationales, publiques ou privées, a abouti,
Une deuxième série de cinq études assez localisous la plume du Dr. Louis Merle à un ouvrage
sées concerne des exploitations agricoles dans le clair et de lecture agréab-e. Tous ceux que préoc
Hurepoix, la Bièvre bas-dauphinoise, la Haute- cupe une connaissance objective de l'histoire des
Savoie, le littoral du Léon (Finistère), le Marquen- structures agraires trouveront ici une synthèse.
terre. Cette synthèse, locale certes et portant sur une épo
Enfin, l'ouvrage donne des renseignements intéque déjà éloignée et relativement brève, nous paraît
ressants sur les travaux publiés ou en cours - en cependant un modèle et un excellent document. — 35 —
matière de cartographie agraire. Ainsi, nous appre distingue les droits formels de propriété du sol et
nons qu'il a été créé un « Service de l'utilisation du les droits réels du tenancier qui jouent le rôle essent
sol dans le monde » qui doit dresser une carte au iel dans la stabilité de l'exploitation et sa gestion.
1/1 000 000e. Malheureusement il. n'est pas indiqué Une autre constatation essentielle est celle qui relève
l'adresse de ce service ni l'état de ses travaux. î existence de deux types de structure sociale agri
M. Perpillou prépare une carte d'évolution des ter cole : « l'un est une société d'exploitants agricoles
roirs français entre le début du XIXe siècle et 1914. égaux les uns aux autres, secondés par un ensemb
D'autre part, il est prévu (M. A. Cholley) un atlas le de spécialistes de l'organisation issus de. leurs
des structures agraires précisant la morphologie propres rangs et utilisant les services d'experts ve
agraire (longueur et forme des champs, dotures), nant de l'extérieur. L'autre est une hiérarchie tech
l'occupation agricole du territoire (nature des cul nocratique ressemblant au modèle d'une fabrique
tures, etc..) et l'organisation des finages (campa gérée d'une manière centralisée ».
gnes découvertes, bocages", etc.). Regrettons, et c'est peut-être en cela que l'étude
devra être un jour complétée, que l'auteur n'ait pas (BERGMANN) envisagé une explication de ce fait en fonction des
relations que les agriculteurs et les non-agriculteurs
entretiennent dans la société globale à laquelle ils DOVRING (Folke). — Land and labor in Europe
appartiennent et des objectifs de croissance écono1900-1950. A comparative survey of recent
mique que se propose cette société. agrarian history. Land reform as a propa
Ce ne sont là que très brèves allusions au conganda theme by Karin Dovring. [La terre et
tenu du livre. Il est à souhaiter qu'une prochaine je travail en Europe de 1900 à 11950. Une
traduction permette aux lecteurs français d'en apprécétude comparative d'histoire agraire récente.
ier toute la. richesse et toute la profonde origiLa réforme agraire, thème de propagande,
nalité. par Karin Dovring]. — The Hague, Marti-
(G. SEVERAC) nus Nijhofï, 1956. — 353 p. + 124 p. d'an
nexés, nombreux tabl., 1 carte, bibliog. —
(« Studies in Social Life », IV). GLEIZES (Jean). — L'unité d'agriculture. — Paris.
L'auteur, ancien professeur d'histoire agraire à J. B. Baillière, 1959. — 195 p., N.F. 9,00.
l'Université de Lund (Suède), actuellement expert L'auteur, notaire à Olonzac, dans le Minervois,
à la F.A.O., a procédé à la synthèse d'une docu avoue, dès son avant-propos, l'audace et la diff
mentation exceptionnellement étendue, englobant iculté de son entreprise. S'efforcer de faire une syn
tous les pays d'Europe, de 1900 à 1956. Il en résulte thèse des expériences agricoles collectivistes et libé
un ouvrage d'une très grande portée sociologique, rales, puis imaginer les moyens d'organiser l'agri
économique et politique. L'auteur traite en effet des culture d'Europe en grandes exploitations commun
types d'établissements agricoles, en relation avec la autaires, dans le cadre d'un régime politique et
démographie, la structure agraire, les systèmes de économique libéral, telle est la tentative fort est
production, la propriété et les modes de faire-valoir, imable à laquelle il a consacré son livre.
la législation correspondante, la coopération agri Cela lui permet d'exposer nombre d'idées sédui
cole, la politique agricole. Une analyse, due à la santes, en particulier- une théorie de la naissance,
propre femme de l'auteur principal, étudie l'util de la vie et de la mort des élites, inspirée de Burn-
isation du thème de la réforme agraire comme moyen ham. Mais, s'il semble avoir eu l'intuition de la
de propagande politique. La valeur de la document plupart des problèmes posés par sa tentative, nous
ation, la profonde originalité de la synthèse théo n'avons pas l'impression qu'il ait contribué à leur
rique réalisée font de cet ouvrage une contribution solution et le livre est, au total, assez décevant.
fondamentale pour la compréhension des phénomèn L'auteur manque des connaissances qui lui auraient
es agraires, et nous regrettons de n'en pouvoir permis de déboucher sur de véritables explications
donner ici qu'une très faible idée. et un programme d'action. Après avoir dit « Eco
nomique d'abord » et ajouté que « l'économie de L'auteur s'est essentiellement attaché à détruire
l'exploitation est déterminée d'abord par la technides mythes pour y substituer des constatations object
que », il ne se réfère presque jamais, dans ses affiives. L'un des passages les plus remarquables est
rmations, à des données économiques et techniques celui où il démontre la permanence, à travers les
précises. En outre, ses jugements sur les économies systèmes politiques, de certaines formes d'organi
agricoles des Etats-Unis, d'Israël, de l'U.R.S.S. sont sation agraire correspondant à des impératifs éco
bien- sommaires et parfois faux. « Le kolkhoze nomico-techniques déterminés, et le changement de
' atteint une perfection technique et un rendement ces formes sous l'influence de l'évolution des tech
inégalé », écrit-il page 88. C'est peut-être confonniques et des caractéristiques sociologiques. Les
dre le but des kolkhozes avec le résultat effectivrôles du féodalisme et du'« pseudo-féodalisrne »
ement atteint. sont soigneusement distingués par lui et il montre,
Nous ne croyons pas être trop sévère en disant en même temps, que leurs conséquences sur le déve
que ce livre eat un échec, qui n'apprendra que très loppement agricole sont différentes. De même, il ■
36
peu de choses concrètes aux spécialistes des ques ser peu à peu la physionomie de chaque type d'ex
tions agricoles. ploitation.
Sur le plan social, la petite exploitation (dont la Il mérite pourtant d'être lu, malgré la maladresse
notion se relie évidemment à celle d'exploitation de la synthèse réalisée et l'inconsistance du pr
familiale) occupe et fait vivre un nombre beaucoup ogramme proposé. Il témoigne d'un point ds vue
plus élevé de personnes que la grande, grâce," en original et fait preuve d'une volonté de dominer
particulier, à un travail féminin beaucoup plus les mythes classiques. L'auteur n'a pas su répon
grand. dre aux questions qu'il à posées, mais ces questions
méritent d'être posées. Sur le plan technique, la petite exploitation se
(G. SEVERAC) spécialise plus que la grande dans la production
animale — d'où sa vulnérabilité aux fluctuations
des cours animaux — ; elle adopte en général un MALASSIS (Louis). — Economie des Exploitations mode de production plus intensif : « On peut conAgricoles. Essai sur la structure et les résul sidérer comme scientifiquement acquis que, pour la tats des exploitations agricoles de grande et zone occidentale d'Europe et dans les conditions de petite superficie. Préf. de Pierre FRO- actuelles de la production agricole, les petites exploiMONT. — Paris, Armand Colin, 1958. — tations donnent un produit brut par hectare plus
302p.,nombr. graphiques. (Etudes et Mémoir élevé que les grandes ». Cela résulte d'ailleurs davantes du Centre d'Etudes Economiques). age du choix des cultures, plus gourmandes en
« Les économistes qui se livrent à l'étude des main-d'œuvre, que du soin apporté à ces cultures.
problèmes concrets... manquent souvent de temps A la date où travaillait l'auteur, on ne disposait
ou de patience pour entreprendre l'indispensable encore que de documents sporadiques sur les ren
révision de leurs doctrines de base ». En choisis dements comparés d'une même culture : il serait
sant, cette phrase de Lindhal pour exergue de la intéressant de refaire actuellement cette étude en
thèse qu'il soutenait en 1954, M. Malassis, Profes comparant de plus près ce qui résulte, dans l'a
seur d'Economie Rurale à l'Ecole Nationale d'Agri ccroissement du produit brut, du choix de là culture
culture de Rennes, exprimait admirablement le but et de celuûdes soins et des techniques.
de son ouvrage : reprendre à la base des données Dans le secteur financier, la petite exploitation
devenues bien confuses à force de traîner dans les <( surpaye ses terres, a relativement trop de bâti
manuels ou les discours officiels ; les confronter ments, est relativement suréquipée », elle est donc
avec les données statistiques les plus récentes ; plus difficile à gérer que la grande.
n'accepter que la leçon des faits et non celle des Dans le domaine économique, les petites exploi
impressions ou des sentiments, si respectables soient- tations paraissent plus résistantes aux crises : mais
ils. Aussi, malgré sa publication tardive, ce magist cette résistance, note l'auteur, est due « non à sa
ral ouvrage n'a-t-il rien perdu de son intérêt : la supériorité économique, mais à sa structure sociale ,
méthode qui l'inspire constitue à elle seule une et à la capacité de résignation de la famijle paysan
leçon qui dépasse, bien au-delà, les résultats expos ne ». Aussi, le rendement économique total est-il
és. plus faible dans la petite exploitation que dans la
C'est à là comparaison méthodique de la grande grande : « quand la surface de l'exploitation aug
mente... la, production brute, la valeur ajoutée par et de la petite entreprise agricole que l'auteur s'est
attaché. Il débute par une définition rigoureuse de le travail augmente » et la rentabilité s'accroît.
l'exploitation agricole, qu'il classe ensuite en trois Ces diverses observations permettent de conclure
types : capitaliste, de subsistance, artisanal. Ceux- que, lorsque la superficie de l'exploitation aug
ci se différencient de multiples façons ; mais des moins" mente, que le proportionnellement, revenu agricole par le exploitation revenu par croît hecquestions de méthode conduiront l'auteur à garder
le critère de la surface, le seul utilisé dans les étu tare diminue, et le revenu par homme et par an
des statistiques dont on peut disposer. Le choix s'est augmente.
porté ici sur les études publiées au Danemark, en Ces conclusions, qu'il aurait fallu ici détailler bien
Suisse/ en Grande-Bretagne et en France. davantage, donnent une force singulière aux obser
vations générales faites par les auteurs des manuels La comparaison s'applique successivement aux
d'économie rurale : la petite exploitation fait vivre différents aspects de l'entreprise : social, technique,
plus d'urbains par hectare que la grande ;,elle financier, économique ; elle se termine par un
nourrit plus d'agriculteurs ; mais elle les fait vivre exposé des résultats respectifs. Chaque partie débute
moins bien que la grande. Et l'auteur souligne avec par des définitions générales précisant exactement
force, ce elle est plus intéressante pour la société son objet et son importance ; on notera en particul
que pour les producteurs ». ier une étude très fouillée du bilan de l'entreprise
Cette petite exploitation, terriblement gaspilleuse (pp. 110-139 et 162-173). Une seconde section, à
de valeurs humaines, est-elle condamnée pour aul'intérieur de chaque partie, compare les situations
tant ? L'auteur ne le croit pas. Il souligne à quel respectives de la grande et de la petite entreprise.
point elle est encore, pour le moment, éloignée de L'auteur peut ainsi, par touches successives, — 37 —
l'esprit d'entreprise : alors qu'il faudrait plus d'ha- d'un effort d'interprétation et d'une connaissance
biieté pour réussir dans une petite exploitation que personnelle de l'exploitation elle-même.
dans une grande, la petite entreprise est bien davan Dans une première partie, l'introduction définit
tage un emploi de la capacité de travail qu'une les conditions du succès, le plus haut revenu net
entreprise économique : le paysan est plus un tra étant pris pour objectif. Ces conditions sont les
vailleur qu'un entrepreneur. suivantes :
11 faut au fond donner à la petite exploitation a) Connaissance des principes de base de la
agricole l'esprit d'entreprise. L'auteur avait déjà gestion ;
souligné que si le « rendement économique moyen b)de l'état actuel par l'analyse des
augmente avec la superficie, les résultats indivi comptabilités et leur interprétation ;
duels sont très dispersés autour de la moyenne de c) Capacité de faire des plans à court et long
chaque classe ». Sans prétendre, bien entendu, sau terme avec les techniques budgétaires ;
ver des exploitations qui de toutes façons sont trop d) Connaissance des faits et méthodes concernant
petites, il note en conclusion à quel point l'esprit, les possibilités et économiques afin de
d'entreprise, l'initiative personnelle, la formation chercher les meilleures combinaisons ;
humaine de l'exploitant peuvent faire échec à la e) Capacité de l'exploitant de suivre ces plans, de
dimension. Il termine son ouvrage par une phrase • les adapter et de les contrôler.
qu'il nous faut méditer : « II faut condamner sans Le chapitre I expose les principes de la gestion :
réserves tous ceux qui, déclarant vouloir assurer le a) Produire jusqu'au moment où le coût marginal
progrès social en conservant le plus grand nombre est égal à la valeur marginale ;
possible d'exploitations familiales, se montreraient b) Pour un volume donné de production, employer, cependant incapables de contribuer, d'une façon ou les combinaisons de ressources les plus avanta
d'une autre,, à l'épanouissement de l'enseignement geuses ; agricole sous toutes ses formes ». • c) Le dernier franc dépensé pour une spéculation Conclusion ,d'autant plus valable qu'elle émane donnée devrait rapporter au moins autant que pour d'un homme qui a su lutter pour poursuivre sa fo toute autre. rmation tout en restant attaché à son milieu. Pas Le chapitre II nous initie à la technique d'analsionné par son sujet, l'auteur n'a eu que plus de sol-" yse et à l'interprétation des comptabilités. Bien mérite à rester strictement objectif et à ne pas qu'il semble nécessaire de connaître le passé de les faits dans le sens de sa thèse. Ce ton liciter l'exploitation sur deux ou trois ans pour éliminer objectif n'a-t-il pas servi, mieux qu'un plaidoyer les circonstances exceptionnelles, on se contente passionné, la cause à laquelle il s'est consacré ? pratiquement d'une seule année. Les résultats étant
(H. de FARCY) destinés à être comparés, il importe de normaliser,
les comptabilités. On donne les corrections et les
ventilations à apporter au contenu des comptes afin
de les rendre utilisables pour la gestion. Les points MINISTRY ' AND FOOD OF AGRICULTURE, (Londres). — The FISHERIES farm as a
à considérer et les critères usuels à calculer sont
business. A handbook of standards and sta- indiqués. tistics... 2e éd. — London, Her Majesty's Le chapitre III illustre le précédent sur un exem-,
Stationery Office, 1957. — 200 p. pie. Les valeurs des différents critères sont comp
arées aux normes locales établies sur un groupe Seconde édition, revue et augmentée, d'une bro
d'exploitations de même catégorie. Un modèle de chure de vulgarisation ayant pour but de fournir
fiche de dépouillement, comprenant tableaux et crides méthodes analytiques et budgétaires, et des
tères usuels à calculer, est présenté pour servir de données techniques, économiques et financières,
cadre à l'analyse et à l'interprétation. susceptibles d'être appliquées par le conseil de ges
Le chapitre IV expose les méthodes budgétaires tion. Elle comprend deux parties : dans la première,
et fournit des exemples. Le budget a pour but, non sont exposés les principes et les méthodes ; dans la
seulement de montrer qu'une nouvelle solution constseconde, sont présentés -des tableaux de standards
itue un progrès financier, mais encore d'indiquer, de production et des tables de résultats financiers,
parmi plusieurs solutions, celle qui est la plus avanélablis pour la plupart d'après les comptabilités de
tageuse. Il exige des données « entrées-sorties » groupes d'exploitations classées par type, taille et
(input-output) exprimées en termes physiques. Il est région. On donne les résultats moyens et les résul
nécessaire de montrer que les besoins saisonniers tats records. Certaines données proviennent d'expé
et annuels en travail, capital et, autres moyens de riences contrôlées.
production sont compatibles avec les ressources. Deux remarques : ces données ne sont pas exhaust
Etablir un budget c'est. faire dans un ordre logiives ; d'autre part ce sont des moyennes masquant
que un inventaire des nouveaux besoins et évaluer généralement une grande dispersion. Les auteurs
leur importance, puis, en regard, estimer la promettent en garde contre une application sans nuan
duction probable correspondante. ce : ces indications doivent être modifiées avec les
Les résultats dépendent des prix et des récoltes. circonstances individuelles. Elles ne dispensent pas .
Aussi équivalent français. Une introduction méthodologiq
tableaux pris pour bien, de des les prix estimations profits et rendements calculés sûres. ne On probables ' sauraient choisira et être des on ue, présentant les divers procédés, notamment
comptables, utilisés sur notre territoire, pourrait
utilisera les budgets à titre comparatif. conduire à une normalisation bien opportune.
Il sera intéressant d'indiquer l'intervalle de varia Cependant qu'une sélection des données rassemb
tion probable de chaque prix et de faire les calculs lées à ce jour par les services publics département
pour différents niveaux. On obtient ainsi des bud aux et les centres techniques et économiques régio
gets de « point-mort » (brea\-even budgets), mont naux fournirait une base utile au conseil de gestion.
rant à partir de quel rendement et de quel prix
(NICOLAS) une spéculation devient plus avantageuse qu'une
autre.
Le budget ne fournit pas de solution : il contrôle CHAZAL (P.). — Assolement moderne. Applica-"
seulement les solutions choisies. Il ne peut donc se tion pratique des nouvelles techniques à la substituer aux connaissances techniques et au juge petite et moyenne exploitation agricole. — ment. Le Journal de la France Agricole, 9, rue des On distingue le budget partiel et le budget comp Petites-Ecuries, Paris Xe. — 134 p.
let. Le premier est une forme grossière de l'ana
Ce petit livre est une sorte de suite à « La néceslyse marginale. Aucun changement important
saire révolution fourragère » et au « Guide pratique n'étant envisagé, on ne considère que les frais pro
de la nécessaire révolution fourragère ». portionnels.
Mais, alors que les deux premiers sont consacrés Le second, au contraire, tient compte de toutes
à la culture de l'herbe (encore que dans « La nécesles données. Il est utilisé pour les reconversions ou
saire révolution fourragère », on aborde, dans un pour l'installation de nouvelles exploitations. Le
des 27 chapitres, les « répercussions - sur les autres plan conçu en termes physiques est contrôlé pour
cultures », et que l'on insiste à chaque instant sur éliminer les incompatibilités techniques, puis il est
la fertilisation, par la prairie, du secteur labourabtranscrit en termes économiques. Le contrôle est
le), M. Chazal s'en prend, dans ce nouvel ouvrage, effectué sur les points suivants : nécessités agrono
à l'exploitation tout entière. Plus précisément, à miques, bilan fourrager, utilisation du travail, n
« la ferme traditionnelle familiale pratiquant la iveau technique de l'exploitant ; enfin sur les besoins
polyculture avec, comme productions de base : le en capital pour lesquels on établit un budget spé
lait et les céréales ». L'auteur s'en explique au cial de quatre ans.
début du chapitre II : a Lait-viande et céréales sont Dans la deuxième partie de l'ouvrage, la sec
une vocation très courante en France, la majorité tion 1 nous présente les résultats financiers et les de nos exploitations peuvent envisager ces deux standards de production par acre ou par tête pour productions ». Dans un premier chapitre il nous différents types d'exploitations du Nord-Ouest de trace, sur un exemple caractéristique de la région l'Angleterre. Les sections suivantes comprennent %
lyonnaise, un rapide portrait de l'état actuel, les divers standards de production, ainsi que des résul
rotations compliquées, l'assolement, le cheptel, le tats financiers concernant des spéculations prises matériel. Il nous montre ses difficultés de main- isolément : produits laitiers, viande de bovins ; d'œuvre, la mauvaise répartition de travaux. Il ovins ; porcs' ; volailles ; céréales ; pommes de insiste à nouveau sur la question de l'humus et le terre ; betteraves à sucre ; légumes ; fourrages. gaspillage des matières organiques. Le dernier trait On trouve également des normes concernant tra
est un calcul sommaire du revenu brut. vail, motorisation, mécanisation. Des tableaux de
résultats statistiques divers sont rassemblés dans la Au second chapitre, il revient sur les techniques
dernière section. de l'intensification fourragère, mais il y ajoute l'ex
amen attentif de la culture des céréales sur retouEn conclusion, dans la première partie, les prin
rnement de prairie. cipes et méthodes analytiques exposés nous sem
Le troisième chapitre traite de l'assolement, qui blent classiques ; ils. sont sans doute usuellement
a donné le titre de l'ouvrage : nous sommes au connus. Par contre, les précisions apportées aux
cœur de la question. Après un bilan fourrager préaquestions budgétaires ainsi que lès exemples four
lable, on examine la répartition des cultures. Deux nis nous paraissent tout à fait utiles et opportuns.
rotations sont proposées : la « rotation rapide » de La seconde partie apporte une documentation
4 années (50 % de cultures céréalières, 50 % de considérable qui sera sans doute de la plus grande
fourragères) ; la « rotation classique » de 10 ans utilité aux conseillers locaux et aux exploitants.
(40 % et 60 %). Elles donnent lieu à des applicatCertaines données, physiques pourront peut-être
ions ; on nous fournit les résultats de cas réels. La trouver une utilisation en France : celles qui sont
mise en place de la nouvelle rotation est minutieuassez générales pour échapper dans une large
sement décrite. mesure aux conditions de. temps et de lieu.
Sont examinés ensuite : la mécanisation (finanIl est souhaitable que cet ouvrage pratique, d|un
cement, choix, mise en commun du matériel) ; la intérêt évident, serve de modèle à l'élaboration d'un répartition des travaux ; l'aménagement des bât renseignements comparatifs qu'elle présente et dis
iments (stabulation libre, locaux de stockage). cute, l'étude de M. Horring est appelée à rendre
L'avant-dernier chapitre présente des cas régio les plus grands services.
naux et la conclusion insiste sur l'importance des (BERGMANN)
groupements d'étude, des calculs économiques pré
cis, de l'octroi de crédit basé sur un plan de mise
A.E.P. . - O.E.C.E. — Optimum économique de en valeur.
l'utilisation des engrais. — Paris, projet « Assolement moderne » est un net effort de sim
n° 393, avril 1959. — 101 p. (Alimentation plification et de rationalisation de l'exploitation de
et Agriculture, documentation - série 1959, polyculture familiale dans l'optique de l'intensifica
tion fourragère. La plupart des incidences sont exa
minées ; il donne une foule de renseignements et Compte rendu d'une session d'études et résumé
de conseils pratiques (techniques de travaux, sché de rapports nationaux concernant l'utilisation des
mas de bâtiments, silos, types de matériel). Ii est engrais. Cette étude apporte de nombreuses don
fondé sur des principes, mais il est surtout très nées intéressantes sur la consommation d'engrais
concret. Il faut prendre en considération, d'autre dans divers pays et sur les niveaux de consommat
part, les propositions avancées sur les groupements ion qu'il semble souhaitable d'atteindre. Le rap
d'étude, la mise en commun d'une partie du matér port ne fournit pas de modèle nouveau permettant
iel et le crédit basé sur le plan de mise en valeur. de déterminer la limite économique d'emploi des
engrais, mais montre bien toute la complexité des Le travail de M. Chazal devrait constituer une
problèmes de la fertilisation. base pour des calculs économiques précis, qu'il
souhaite lui-même, et aussi pour des observations (BERGMANN)
conditionnées et des expérimentations sur les durées
et les périodes de travaux dont l'absence ici, faute
A.E.P. - O.E.C.E. — Rôle de la comptabilité dans de références, donne sa limite à l'ouvrage.
la gestion des exploitations agricoles. — Paris,
(NICOLAS) projet n° 395/2, sept. 1959. — 85 p. (Aliment
ation et Agriculture, documentation - série
1959, 9). A.E.P. - O.E.C.E. — Rapports charges-produits en
agriculture. — Paris, projet n° 392, août 1959. A la suite d'une enquête dans quinze pays d'Eu
— 63 p, (Alimentation et Agriculture, docu rope, M. Helge Larsen, du Danemark, a préparé mentation - série 1959, 1). une étude d'ensemble sur la situation de la compt
L'Agence Européenne de Productivité a chargé abilité dans ces pays.
le Professeur Horring, des Pays-Bas, d'étudier la L'étude, qui est surtout composée des quinze
manière dont sont calculés, dans divers pays agri rapports nationaux, précise en particulier les métho
coles européens, les rapports input-output (rapport des utilisées, l'organisation administrative, les nomb
entre facteurs de production mis en œuvre et pro res de comptabilités tenues.
duits obtenus). Les données recueillies par M. Hor Signalons qu'une étude plus détaillée et insistant ring auprès de treize pays ont été discutées lors davantage sur les méthodes employées dans les d'une session d'études tenue aux Pays-Bas en juin divers pays vient d'être publiée par l'IFO, Institut 1958 et servent de base à une publication fort inté fur Wirtschaftforschung de Munich, sous le titre : ressante. « Die landwirtschaftliche Buchfiihrung in den Lân-
Au fond, c'est toute la méthodologie de3 études dern der Europâischen Wirtschaftsgemeinschaft ».
de comptabilité et de coût de production en agri Cette étude a été préparée par le Dr. G. Mûller qui
culture qui est analysée et éclairée. L'auteur dis a, pendant quelques années, été spécialement
tingue : les études globales par secteur et qui sup chargé, au Ministère Fédéral d'Agriculture de Bonn,
posent l'établissement d'une comptabilité d'ensemb de tirer des comptabilités agricoles des renseigne
le du secteur agricole ; les études visant à l'ét ments pour le « rapport vert ». M. Mûller était par
ablissement de moyennes valables pour un groupe ticulièrement qualifié pour préparer cette étude
d'exploitations envisagées dans leur ensemble ;. les comparative.
méthodes de calcul concernant un produit. (BERGMANN)
Le rapport indique avec précision les méthodes
utilisées dans les divers pays pour calculer les diver
ses données. Il ne dit rien de la France qui n'est KREHER (Gerhard). — « Temps standard » de ira-
pas mentionnée dans la liste des 13 pays « qui ont . vail. Prévision du travail sur l'exploitation
collaboré à l'étude en répondant à un questionnaire agricole. Trad, française par Claude Reboul.
écrit et en fournissant des renseignements complé — Centre National de Comptabilité et d'Eco
mentaires »... nomie Rurale, 50, rue de Châteaudun, Paris
9». — ] vol. ronéot. — (d'après la 29 édition Par la rigueur, dur raisonnement et l'intérêt des