Des m2 de commercialité à la banqueroute du logement parisien

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La commercialité est née il y a bien longtemps, elle est intimement liée à celui qui l’a créée par son usage et elle deviendra, bien qu’il l’ignorait à ce moment-là, le liant hydrodynamique des premiers gloussements marchands et des futures accolades du capitalement bien libéral.
Et oui, le premier homme d’affaires a ouvert les yeux au Moyen-Âge, un nomade sans attaches et aux valises bien pleines se baladant de foires en marchés et qui de routes en pagaies se trouva à déclamer devant les peuples des quatre coins de l’Europe. Les actes dits de commerce et les premiers écus circulants ont échantillonné la potion du profit, le profit a enfanté les premières contributions, et les premiers impairs des pères du commercialement parlant ont alors susurré les premières codifications. Colbert s’y pencha, Napoléon se l’appropria, la Ve République n’en dérogea pas.
La commercialité est indispensable à des actions de changement d’usage bien spécifiques, à des actes de commerce bien précis, à des locaux dont la nature de l’activité dépend et à des personnes dont l’activité auditionne la ritournelle de la commercialité.
Elle passe de main en main, elle se vend, elle s’échange, elle se marchande et s’exporte d’arrondissement en arrondissement. L’intérêt de la commercialité est multiple et connecte aujourd’hui tous les toits de la formation tricolore. Mais y a-t-il danger ?
Les interrogations passent par le devenir du logement parisien face à la conquête du tourisme mondial pour la belle capitale, elles courent sur le toit national jusqu’à arpenter les tuiles du toit du monde.
Alors, la préservation des ardoises françaises filtrera-t-elle la liberté de disposer de son chez-soi ou redéfinira-t-elle le principe même de la propriété ? Que penser des nouvelles habitudes des français ? Et que nous réserveront nos politiques à l’heure de la grande économie collaborative ?

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Publié le 14 octobre 2018
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EAN13 9791093125053
Langue Français
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© Sandie Khougassian, 2018. ISBN : 979-10-93125-05-3
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’articleL. 122-5 (2° et 3°a), d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle.
« Il n’y a personne qui fasse un sacrifice sans en espérer une compensation. Tout est une question de marché. » Cesare Pavese
Les lois de cet ouvrage ne sont ni fictives ni fortuites, les articles et sources existent vraiment, les témoignages sont ceux recueillis par de grands journaux français ou étrangers ; les traductions, observations et commentaires sont « non contractuels » bien qu’ils relèvent d’une citoyenne, parmi des millions de Françaises et de Français, qui se pose bien des questions sur le logement d’aujourd’hui et de demain.
Au pavé parisien.
Il était une fois Paris
Capitale de toutes les convoitises, Paris n’a jamais cessé de rayonner à travers le monde. Et comment ne pas succomber aux battements de cils de la belle « citadine » qui au XVIIe siècle avait pour lampe de chevet une simple lanterne ? En passant les diapositives, Paris a bien changé mais elle a su conserver les pierres de son histoire. La Lutèce nous a laissé ses arènes, les bras de Notre-Dame nous enlaçassent inlassablement de son gothisme rayonnant et les visiteurs sont toujours aussi nombreux à vouloir atteindre le sommet de laKaplade fer de notre Gustave national. À quelques mètres de la rue de Rivoli, la Pyramide du Louvre fait une cour assidue aux passants, et quand on lève les yeux, les toits de Paris se souviennent encore d’Haussmann sans qui Paris ne serait pas Paris. De l’architecture mais aussi une culture du métissage des genres, des arts en perpétuel mouvement, de la mode, des marques charismatiques, de la gastronomie haute couture, un art de vivre sur mesure, Paris fait toujours bonne impression et se classe parmi les métropoles mondiales les plus prisées. Et avec le succès, les courtisans ne sont jamais bien loin. Les grands investisseurs de ce monde ne sont pas sans ignorer la valeur du pavé parisien. Les « Ultra High Net Worth Individuals », per-sonnes dites « de haute valeur », seraient, selon l’étude du cabinet
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Wealth-X à l’initiative du réseau Barnes International Reality, au nombre de 3475 à Paris mais aussi les heureux propriétaires d’un patrimoine estimé à plus de 30 millions de dollars. Le marché immobilier parisien ne fait pas grise mine, bien au contraire. Les mètres carrés s’arrachent à prix d’or. La Chambre des Notaires de Paris confirme la tendance avec de nouveaux 2 records de prix. En novembre 2017, le prix du m devrait monter d’un cran et dépasser la barre des 9000 euros, soit une hausse annuelle de près de 9 %. Le premier trimestre 2017 a vu passé dans ses filets des ventes qui donnent le tournis en défiant une nouvelle fois le baromètre immobilier.hierry Delesalle, notaire à Paris, témoigne de la frénésie ambiante : « Nous avons identifié une vente dans le quartier Saint-Germain dans le VIe arrondisse-ment à 14.850-le mètre carré, porte Dauphine un apparte 2 ment de 117 m a été vendu à 20.450le mètre carré, dans le 2 secteur Gros Cailloux dans le VIIe un appartement de 189 m a atteint 29.950le mètre carré. Et vers la rue de la Roquette un triplex a été vendu 7.800.000! » (pap.fr, le 30 mai 2017). Rappelons que la capitale n’a pas connu que des jours de gloire. Selon l’étude des notaires parisiens, « Trois décennies d’immobilier à Paris », publié en février 2016, la Babylone au drapeau tricolore a aussi raté quelques marches par le passé, à commencer par une dépression des prix de plus de 30 % entre 1990 et 1997 puis, à cheval entre 2008 et 2009, avec la fièvre jaune du système bancaire international dont les germes ont contaminé sévèrement le volume des ventes. Malgré les turbulences cycliques, voyons que Paris ne s’est jamais démotivé. Sourire aux lèvres, la courbe de prix nargue toujours et encore les statistiques. En 1990, le prix courant au 2 mètre carré était de 3420et en 2015 de 7980/m . La ville lumière peut se réjouir de l’évolution constante du prix de son mètre carré et le constat est bien sans équivoque. En seulement
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