La désinformation antinucléaire

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La désinformation antinucléaire 1Version complète 2Librement inspiré de « Le bêtisier antinucléaire » Par Michel Gay 11 janvier 2013 Ce texte est dédié à Simone, une personne éduquée habitant la Savoie qui, mi-décembre 2013, voulait acheter un compteur Geiger pour savoir si elle pouvait manger sereinement des légumes de son jardin qui avait été « irradié » par le nuage de Tchernobyl. L’information est difficile ! Où est la vérité ? Où est la manipulation ? Sommes-nous tous manipulés ? Qui a raison ? Celui qui annonce que le radon, en Forêt Noire, provient de Tchernobyl ? Celui qui annonce des milliers ou des millions de morts après la catastrophe de Tchernobyl ou de Fukushima ? Celui qui annonce 31 morts ? Celui qui annonce qu’un nuage mortel à survolé la France ou celui qui annonce que les retombées radioactives sont minimes et ne présentent aucun danger pour la santé de la population française ? La vérité serait quelque part au milieu. Mais où est le milieu entre 31 et des millions ? Si une planche est blanche mais que certains affirment qu’elle est noire, doit-on définir un « compromis » pour dire qu’elle est grise ? Si elle est blanche, la vérité est qu’elle est blanche. Au nom de quel principe devrait-on dire qu’elle est grise ? Pour faire plaisir à qui ? Devant la déferlante antinucléaire, soutenue par des médias instillant la crainte et la peur auprès du public, il est apparu nécessaire de détromper le public.

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Ajouté le 19 janvier 2014
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La désinformation antinucléaire  1 Version complète   2 Librement inspiré de « Le bêtisier antinucléaire »  Par Michel Gay  11 janvier 2013  Ce texte est dédié à Simone, une personne éduquée habitant la Savoie qui, mi-décembre 2013, voulait acheter un compteur Geiger pour savoir si elle pouvait manger sereinement des légumes de son jardin qui avait été « irradié » par le nuage de Tchernobyl.    L’information est difficile ! Où est la vérité ? Où est la manipulation ? Sommes-nous tous manipulés ?  Qui a raison ? Celui qui annonce que le radon, en Forêt Noire, provient de Tchernobyl ? Celui qui annonce des milliers ou des millions de morts après la catastrophe de Tchernobyl ou de Fukushima ? Celui qui annonce 31 morts ? Celui qui annonce qu’un nuage mortel à survolé la France ou celui qui annonce que les retombées radioactives sont minimes et ne présentent aucun danger pour la santé de la population française ?  La vérité serait quelque part au milieu. Mais où est le milieu entre 31 et des millions ? Si une planche est blanche mais que certains affirment qu’elle est noire, doit-on définir un « compromis » pour dire qu’elle est grise ? Si elle est blanche, la vérité est qu’elle est blanche. Au nom de quel principe devrait-on dire qu’elle est grise ? Pour faire plaisir à qui ?  Devant la déferlante antinucléaire, soutenue par des médias instillant la crainte et la peur auprès du public, il est apparu nécessaire de détromper le public. Car tromperie il y a ! Il a fallu faire un tri parmi «ces injustes critiques» et ces manquements à la plus élémentaire honnêteté intellectuelle. Quand la manipulation, l’ignorance et la médisance gangrènent les esprits et les médias, il est difficile de faire entendre une voix différente.  "Quand tous vont vers le débordement, nul n'y semble aller. Celui qui s'arrête fait remarquer l'emportement des autres, comme un point fixe". (PASCAL : Pensées)  ________________ 
                                                 1 Il existe une version deux fois plus courte sans les exemples pour celui qui ne souhaite que survoler le sujet. 2 Bêtisier antinucléaire /L'auteur :Jacques DUMAS, d'après une idée de Robert BODU. Comité de rédaction :Georges CHAPOT, Jacques DUMAS, Pierre LEBLANC. Disponible en deux parties sur le sitehttp://www.ecolo.org/base/basefr.htm janvier 2003  1  
 
 I) Origine de la désinformation antinucléaire en France    de juin 1985 nous explique clairement le  Futurible »Brice Lalonde, dans la revue « mécanisme «totalitaire» de certains mouvements écologistes à l'origine de cette désinformation organisée et de leur direction d'action. « Le choix fut purement bureaucratique, mené par les Etats-majors écologistes existant alors, et on a longtemps hésité entre la voiture et le nucléaire. C’est finalement le nucléaire qui fut retenu.Il fallait un paradigme associant finalement la notion d’amour des animaux à celle de conviction antinucléaire.Cette association d’idée, dans l’esprit du public, sera martelée jusqu’à ce qu’elle soit accepté de façon réflexe. Le but étant de faire que les pronucléaires n’osent même plus afficher cette conviction, de crainte d’être pris pour des ennemis de la nature. De même, devait être dénoncée toute nouvelle association qui n’accepterait pas de s’aligner sur l’antinucléarisme dominant».  Dans le monde du 19 mars 1992 :«Quand nous avons créé l’écologie politique, il fallait une mise en scène pour réunir les acteurs,conflit, il fallait créer un adversaireil fallait un pour mieux mobiliser : ce fut le nucléaire.Du même coup, j’ai créé les curés. »  C'est ainsi que le nucléaire va cristalliser les exigences de protection de l'environnement : on ne peut être «écolo» sans être antinucléaire. Les médias, piégés par le paradigme, vont suivre, en général, dans cette direction. Ils vont épouser les humeurs et les griefs, plutôt que de répondre à des questions de fond que sont l’approvisionnement énergétique d'une population mondiale en augmentation, l’appréciation des risques réels par rapport aux risques «perçus», la perception des effets positifs vis-à-vis de l'effet de serre, la stabilité économique des coûts,… etc.    II) Tchernobyl :  La danse macabre des médias alimentés par les associations antinucléaires.  «Tout mensonge répété devient une vérité».(Chateaubriand Mémoire d'Outre-tombe. 27-III)  Il est 1h23,le samedi 26 avril 1986: après une série d’erreurs humaines, le réacteur explose, avec rejet de matières radioactives dans l'atmosphère sous forme de gaz, d'aérosols et de combustible finement fragmenté. C'est l'accident nucléaire le plus grave survenu dans le monde qui va entrainer le déplacement de 270.000 personnes.  Dans les jours, les mois, et les années, qui ont suivi la catastrophe des informations souvent farfelues ont été diffusées. En France, les spécialistes en matière de radioprotection, mondialement reconnus pour leur expérience, ont donné des avis sur les retombées attendues. Ces avis seront confirmés ultérieurement par les rapports officiels. Ils ont été soit ignorés, soit déformés, sans aucun souci de vérité. Cela ira jusqu'à la diffamation, reconnue par la justice, du Professeur Pellerin, avec le fameux "nuage arrêté aux frontières".  3 Le 26 avril, le SCPRI dans un communiqué à l'AFP donne la composition exacte du nuage, grâce à un réseau de prélèvement sur les avions long-courriers, alors que le nuage n'est pas encore sur la France, où il arrive dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Le soir même un
                                                 3 SCPRI : Service Central de Protection contre les Radiations Ionisantes.
 
 
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nouveau télex à l'AFP signale une augmentation de la radioactivité de l'air sur la côte sud-est, à la station de Nice.Dès le 2 mai, après le jour férié du 1er mai, les grands quotidiens publient l'information. Le Quotidien de Paris :«le SCPRI annonçait hier après-midi une légère augmentation, non significative pour la santé publique, de la radioactivité.» France-soir :«le SCPRI commence à détecter de nouvelles traces de particules sur une plus large partie du pays.» Libération :«le SCPRI a annoncé hier que l'augmentation de radioactivité était enregistrée sur l'ensemble du territoire.»  Dès le 2 mai, donc dès l'origine, l'annonce publique du passage du nuage sur la France est donc claire et indiscutable. Mieux, dès le 6 mai l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publie un rapport précisant que la radioactivité des retombées en Europe (hors Ukraine et Biélorussie) est tout à fait dérisoire. 4 Ces données sont confirmées le 7 novembre 1986, par le rapport n° 607 de la CEE , qui 5 l'évalue à une moyenne de 0,08 millisieverts (mSv), en France , soit l'équivalent de la nuisance de 2 cigarettes. En Allemagne, elle est évaluée à 0,11 mSv, c'est-à-diremoins de 5 % de la radioactivité naturelle moyenne qui est de 2,4 mSv par an en France.  Alors pourquoi et comment va naître la désinformation sur "le nuage qui s'est arrêté aux frontières ?"Après les longs week-ends fériés, de 4 jours chacun, parfois enchaînés, les rédactions, les grands ténors de télévision vont se réveiller. Par exemple : Le Journal du Dimanche, du11 mai, titre : «Le nuage de mort est passé sur nous. Maintenant on sait, depuis hier seulement.» Le Matintitre le12 mai: «radioactif : les autorités de santé françaises ontle mensonge caché à l'opinion le passage au-dessus de notre territoire du nuage radioactif provoqué par la catastrophe de Tchernobyl.»  Bien entendu les écologistes antinucléaires par idéologie, vont se précipiter sur le soi-disant 6 mensonge, exploité notamment par la CRIIRAD et sa présidente, à l'époque, Michèle Rivasi bien accueillie par les médias et qui est devenue députée depuis. Comment cette désinformation a-t-elle pu perdurer ? Pour les uns, sans doute, il est plus rentable de vendre du catastrophisme que du «rassurant», et de critiquer les institutionnels. Pour d'autres, ainsi que le disait le fameux Dr. Goebbels, rejoignant hélas Chateaubriand dans ce constat : «Un mensonge répété 500.000 fois devient une vérité.»  «De toutes les passions, la peur est ce qui affaiblit le plus le jugement».(Cardinal de Retz)  Et puis on vaconfondre d'une façon ambiguë que le nuage est dit sans dangerle fait pour la santé avec son « arrêt à la frontière », qui est une invention « journalistique » de Noël Mamère alors présentateur du journal télévisé de France 2.  L’aspect inoffensif du nuage sur le plan sanitaire sera confirmé à plusieurs reprises : - par l'Agence pour l'énergie nucléaire, dans son rapport de novembre 1995, publié par l'OCDE, 7 8 - par l'OPRI et l'IPSN qui publient en mai 1997 une étude conjointe «sur les tâches résiduelles de césium 137» assurant que «des personnes ne pourrait pas être misela santé en danger par cette radioactivité artificielle très faible»,
                                                 4 CEE : Communauté Economique Européenne. 5 La radioactivité naturelle annuelle moyenne reçue en France est de 2,4 mSv / an. 6 CRIIRAD : Commission de Recherche et d’Investigation Indépendante (?) sur la Radioactivité
 
 
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9 - enfin par l'enquête coordonnée par l'UNSCEAR , publiée dans l'année 2000.  Mais peu importe ! Qui s'en soucie ? Sûrement pas notre député de la Gironde, maire de Bègles, Monsieur Mamère Noël, qui déclare, lors d'une émission de France 2, le 23 octobre 1999 : «je présentais le journal de 13 heures en 1986, le jour de la catastrophe de Tchernobyl, il y avait un sinistre personnage qui s'appelait Monsieur Pellerin, qui n'arrêtait pas de nous raconter que la France était tellement forte, complexe d'Astérix, que le nuage n'avait pas franchi nos frontières.» Après plainte en diffamation déposée par le Professeur Pellerin et reconnue comme telle par la 17e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, le 11 octobre 2000, la Cour d'Appel de Paris du 23 octobre 2001 a débouté Monsieur Mamère Noël ayant fait appel de 10 ce jugement, et confirmé la condamnation prononcée par le Tribunal de Grande Instance . Il a été condamné, conjointement avec le directeur de FR2, Monsieur Marc Tessier à payer 10 000 F d'amende et 50 000 F de dommages et intérêts au professeur Pellerin.  Bien mieux ! En novembre 2000, un mois après la condamnation,France 3s'en soucie comme d'une guigne et dans son émission «Tchernobyl l'anatomie d'un nuage» remet ça avec l'arrêt aux frontières ! Et ça n'est sans doute pas fini !  Le professeur Pellerin obtient un non-lieu définitif le 21 novembre 2012. Son honneur a donc été rétabli 25 ans plus tard pour lui, sa famille et tous ceux qui estimaient ce grand scientifique injustement brocardé. Son décès est survenu le 3 mars 2013. Quel média a-t-il donné autant d'importance à ce jugement qu'au fameux «nuage bloqué aux
séquence sanitaire en France, comme l'a reconnu l'arrêt de la Cour de cassation». 
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e contre les dangers de Tchernobyl, mais comme un criminel qui n’aura jamais été
qui ont, semble t-il, leur propre sens de la justice, poursuivent même les morts de leur haine.  «Les hommes aiment tellement la vérité que lorsqu’il leur arrive d’aimer quelque chose d’autre, ils veulent que cette autre chose soit la vérité ; et comme ils ne veulent pas qu’on les convainque d’erreur, ils refusent d’être éclairés ; aussi finissent-ils par haïr la vérité, au nom précisément de ce qu’ils se sont mis à aimer à sa place».(Saint Augustin - Confession X, XXIII. 34)   La naissance d'une rumeur.  
                                                                                                                                                        7 OPRI : Organisme de Protection contre les Radiations Ionisantes. 8 IPSN : Institut de Protection et de Sécurité Nucléaire. 9  UNSCEAR : Comité Scientifique des Nations Unies pour l’Etude et l’effet des Rayonnements Atomiques. 10 Voir le jugement dans « le bêtisier antinucléaire ». 11 http://www.michele-rivasi.eu/medias/deces-de-pierre-pellerin-la-memoire-des-victimes-francaises-de-tchernobyl-bafouee-a-jamais/  4  
 
Alors que de source soviétique, on s'en tient toujours aux 3 morts, brûlés par l'explosion du réacteur, le 30 avril (soit 4 jours après l'accident)TF1reprend le chiffre de 2 morts 000 attribué à une«information officieuse», «donnée par un responsable du Pentagone», «d'après des rumeurs ou des informations qui seraient arrivées jusqu'à la Maison Blanche»! Malgré les précisions données - Pentagone, Maison Blanche - il est évident que l'information est entièrement fabriquée. Mais ce n'est qu'un début ! Le pire est à venir.   Paris-Match, en avril 1990 parle de : «7000 morts recensés par les écologistes ukrainiens» et ajoute que d'après Boris Eltsine (!) lui-même : «y a 10 à 15 fois plus d'enfants atteints deil malformations qu'avant l'accident, dans les républiques de Russie et de Biélorussie» de même : «les cas de leucémie ont augmenté de 50 %» et : «la simple logique (!) montre que la proportion d'anomalies génétiques a considérablement augmenté depuis».  A la même époque, dans le n° 2330 du 26 avril 1990 deLa Vie, Jean-Marie Pelt fait une autre comptabilité, à propos de son livre «Le tour du monde d'un écologiste» : il laisse entendre que Tchernobyl, comme Bhopâl, a fait 4000 morts, et provoque 500 morts par an par malformations et cancers. Il ajoute : «on mourra encore de Tchernobyl en 2050… certains « experts » (!) parlent de 30.000 à 40.000 personnes». En 1993, trois ans après, la même revue, dans le n° 2513 réévalue le nombre de morts à 8000 parmi 150 000 irradiés. Notons, au passage, qu'avec le taux annuel moyen de mortalité, de toute nature, de l'ordre de 1% observé en France, et sur 7 ans, c'est à dire de 1986 à 1993, ce sont 10.000 personnes qui sont passées de vie à trépas dans une population, non-irradiée, de 150.000 personnes.  Le 3 janvier 1991,L'Expresstitre : «Tchernobyl ou l'impossible bilan !» On s'attend enfin à une grande honnêteté ! Mais non, il y a tout de même un bilan (!), et on nous propose 7 000 morts. En 1994, huit ans après l'accident,Le Courrier de l'Ouest, du 24 avril, et ce-tsenarFuOdu 26 avril, annoncent «au moins 6000 des 350.000 volontaires appelés sur place pour apporter les premiers secours, dits aussil"iuqietad"sru, sont morts».  Or, compte tenu du taux de mortalité moyen annuel, pour la tranche d'âge des liquidateurs, d'environ 0,25 %, comme observé en France, et sans avoir besoin d'ajouter l'effet de l'irradiation, on arrive à 350 000 x 0,25 % x 8 ans = 7 000 morts. Les "liquidateurs" ne sont évidemment pas immortels ! Mais peu importe,Le Courrier de l'Ouest, le mois suivant, le 11 mai s'emballe et publie l'estimation d'un expert russe, Vladimir Chernonsenko, qui prévoit «15 millions de nouveau décès d'ici 10 ans dans l'ex-URSS». Voilà qui devient délirant !  En effet, avec une population de 250 millions d'habitants on ne peut pas déplorer, en 10 ans, moins de 20 à 25 millions de morts naturels. Si à ce chiffre il faut ajouter les 15 millions supplémentaires de Vladimir Chernonsenko, l'hécatombe devient pire que celle des épidémies de peste du moyen âge. Et elle aurait dû entraîner un quasi doublement des effectifs des pompes funèbres. On aurait dû le savoir !  Science et Vie, n° 878, novembre 1991 ; «le nombre de soviétiques qui mourront par cancer des suites de l'accident, varie de 50.000 à 560.000, selon les estimations». La cacophonie qui commence, et qui va nourrir l'inflation des chiffres de morts est telle que déjà apparaît le caractère inconsistant et non crédible des informations…  Et ça continue : dansLe Point, n° 1135 du 18 juin 1994 : «un Tchernobyl 2, réédition de la catastrophe du 26 avril 1986 se solderait par un nouveau désastre après les 8000 morts de la première explosion8000, comme si chacun se refilait le chiffre, sans». On retrouve les préciser parmi quelle population, sans recoupement ni contrôle de crédibilité.
 
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 Et puis on arrive en 1996, au 10e anniversaire. DansLa Croixdu 10 avril 1996, le professeur Chernonsenko, revient sur la scène, conteste les chiffres officiels, et parle de : «7 000 à 10 000 morts, en 1991, parmi les 650 000 liquidateurs». Ce qui, une fois de plus, correspond à l'ordre de grandeur de la mortalité normale. Les liquidateurs ne sont pas immortels ! Le vendredi 26 avril, jour anniversaire, Nantes FR3 : « lâcheles millions de morts» sans aucune justification, ni source d'information.  Plus grave, l'hebdomadaire officiel de l'Éducation nationale,Les clés de l'actualité, destiné sans doute aux différents centres de documentation des établissements scolaires, affirme dans le n° 200 d'avril 1996 : «8 000 personnes sont déjà mortes, mais on ignore combien il y en aura encore». On retrouve toujours le même chiffre, qu'on reprend sans contrôle. Une demande de clarification adressée auprès du Ministère n'a reçu aucune réponse.  Le 30 novembre 1996, et malgré les informations officielles publiées antérieurement,France Inter au bulletin de 13 heures que l'accident a causé : « annonceplusieurs dizaines de millions de morts». On ne peut arrêter la déferlante malgré les demandes de rectifications qui restent lettre morte. La transparence si exigée des "nucléocrates", est à sens unique.  Le 28 mai 1998,Ouest France, va même affiner ses chiffres précédents et précise : «12 519 morts en 12 ans selon le ministre ukrainien de la santé parmi les 350 000 liquidateurs». Malgré la précision, qu'on pourra apprécier, on retrouve toujours la non immortalité des liquidateurs.  12 Nous arrêterons cette litanie des morts au 24 décembre 2000, veille de Noël, où àRFI, notre écologiste patenté, Jean-Marie Pelt, très demandé par les médias déclare, une fois de plus : «il faut savoir que Tchernobyl aura fait une dizaine de milliers de morts, on ne connaît pas le chiffre exact parce que les cancers sont étalés dans le temps, mais ce sera des dizaines de milliers, peut-être 100 000 morts». 2000, 7000, 8000, 12.519, cent mille, quinze millions. «P »eu importedirait Tchitchikov, le héros de Gogol «et ainsi je pourrai emprunter beaucoup !j'achète ! » Nos médias font comme Tchitchikov, ils "achètent" tous les chiffres, pour satisfaire leur propension au catastrophisme qui se vend si bien.  Où est la vérité ?  Et si on allait voir ailleurs que dans les médias. Par exemple dans les informations officielles, dans les rapports fournis par des instances internationales chargées des études sur les conséquences de la catastrophe. Curieusement, les médias, ou bien les ignorent ou, au mieux, s'ils y font partiellement allusion, c'est pour les dénigrer. Car bien sûr, il n'y a que les organisations dites "indépendantes" qui sont dignes de foi.  Allons donc y voir sérieusement.  En 1996, soit 10 ans après l'accident, une publication de l'Agence pour l'Énergie Nucléairel' organisation de coopération et de développement européen, publiée par (OCDE), donne les indications suivantes sur les personnes hospitalisées :  
                                                 12 Radio France Internationale
 
 
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des personnes hospitalisées, atteintes du syndrome
Mesures radiologiques d’irradiation aiguë :   Nombre de patients Dose estimée (Gray) Nombre de décès 21 6 - 16 20 21 4 - 6 7 55 2 - 4 1 140 Moins de 2 0 Total 237 Total 28  A ces 28 morts, survenus généralement dans les semaines, ou les mois suivant la catastrophe (4 ans pour le pilote de l'hélicoptère chargé de déverser du ciment sur la centrale en feu, et malgré une greffe de moelle osseuse offerte par une française compatible), il faut ajouter les 3 brûlés au moment même de l'explosion, soit 31 morts.  Par ailleurs, elle donne le résumé suivant, pages 77 et 78.  -"Trente et une personnes sont décédées au cours de l’accident ou peu de temps après, tandis que 137 autres souffrant du syndrome d’irradiation aiguë ont été traitées. -Dans les régions touchées de l’ex-URSS, on observe des effets psychologiques de vaste portée, qui se manifestent par un état d’anxiété et de stress et, dans les cas graves, suscitent un sentiment d’apathie et de désespoir, conduisant à un repli sur soi. Dans le reste du monde, ces effets individuels ont été minimes. -La dernière décennie a été marquée par une progression réelle et importante des cancers de la thyroïde chez l’enfant et, dans une certaine mesure chez l’adulte dans les régions contaminées de l’ex URSS, laquelle devrait être, sauf preuve du contraire, attribuée à l’accident. -Aucune progression n’a été observée en ce qui concerne la leucémie, les malformations congénitales, les taux d’avortement spontanés ou toute autre affection induite par les rayonnements sur la population, soit des régions contaminées, soit de l’Europe occidentale, qui puisse être imputée à cette exposition. Selon toute vraisemblance, la surveillance de l’ensemble de la population ne fera pas apparaître une augmentation notable de la fréquence des cancers".  Il faut noter que le cancer de la thyroïde se soigne bien, notamment chez l'enfant et 99% des 13 cas ont été guéris , même s'il est encore trop tôt pour se prononcer sur d'éventuelles séquelles.  Sous l'égide des Nations Uniesde très nombreux experts, de plusieurs nations, travaillent, à identifier et évaluer les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl. Cette enquête, de longue haleine, est périodiquement actualisée à la lumière des travaux poursuivis par les différentes équipes d'experts et des données systématiquement recueillies sur le terrain. Les dernières conclusions deRl'UNSCEA, Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des rayonnements atomiques, ont été remises, pourl'année 2000, à l'Assemblée générale de l'ONU. En voici deux extraits.  Le paragraphe 413, sur les cancers de la thyroïde et l’absence d’autres types de cancers.  « 413. Excepté une augmentation substantielle au Bélarus, dans la fédération de Russie et en Ukraine des cancers de la thyroïde observée chez les enfants après une irradiation, il n’existe 14 ans après l’explosion de Tchernobyl, aucune preuve d’un impact majeur des rayonnements ionisants sur la santé publique. Aucune augmentation de l’incidence globale                                                  13 http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/Tchernobyl_consequences_sanitaires.htm  7  
 
des cancers ou de la mortalité pouvant être associée à l’irradiation observée. Pour certains cancers, aucune augmentation ne serait être attendue, étant donné la période de latence d’environ 10 ans pour les tumeurs solides. Aucun risque élevé de leucémie, un des indicateurs les plus sensibles de l’irradiation n’a été constaté, même chez les ouvriers de recouvrement ou les enfants. Il n’existe aucune preuve scientifique d’une augmentation d’autres troubles bénins associés aux rayonnements ionisants. »  Le paragraphe 421, conclusion :  « 421. Il convient enfin d’insister sur le fait que bien que le risque pour les personnes exposées dans leur enfance et les ouvriers de secours et de recouvrement de souffrir des effets induits par l’irradiation soit plus élevé, la grande majorité de la population ne doit pas vivre dans la crainte réelle de conséquences sérieuses pour la santé suite à l’accident de Tchernobyl. La grande majorité de ces populations a été irradiée à des niveaux de rayonnement comparables ou supérieurs, de quelques ordres de grandeur, aux niveaux de rayonnement de fond naturel, et les irradiations futures diminuent avec la désintégration des radionucléides déposés. Des vies ont été bouleversées par l’accident de Tchernobyl, mais d’un point de vue radiologique, et en se fondant sur les estimations de la présente annexe, des prévisions généralement positives devraient prévaloir pour la santé future de la majorité des individus. »  En 2006, à l’occasion du 20e anniversaire de Tchernobyl,l’Institut national de Veille 14 sanitairesurveillance des cancers de la thyroïde : ) a dressé un bilan de la  (InVS "L’augmentation régulière du nombre de cancers de la thyroïde est observée en France depuis 1975, soit bien avant l’accident de Tchernobyl et ne peut lui être attribuée car elle est constatée dans des zones non touchées par le nuage radioactif". Pour souligner ce phénomène, le communiqué de l’InVS souligne que "les taux de cancers de la thyroïde les plus élevés sont observés par les registres de surveillance des cancers situés dans les départements de l’Ouest (Calvados)(NDR : non touché par le "nuage")et du Sud-ouest (Tarn, département français qui a connu la plus forte augmentation du cancer de la thyroïde entre 1982 et 2001). Des taux parmi les plus bas sont retrouvés dans les départements d’Alsace. Ces taux ne sont pas proportionnels à la contamination (de Tchernobyl) et touchent essentiellement les adultes, pourtant moins sensibles aux rayonnements ionisants que les enfants."  Apprécions le gouffre, l'abîme, qui sépare ces informations de celles de nos médias. Pourquoi ? N'y a-t-il pas, pour le moins, une propension au catastrophisme ? Les rédactions seraient-elles complaisantes vis-à-vis des antinucléaires "indépendants" (?) qui les alimentent en "informations" alarmantes ?  On peut imaginer ce dialogue « fictif » dans une salle de rédaction: « Monsieur le Rédacteur en chef, réfléchissez ! Comment pouvez-vous publier 31 morts à Tchernobyl, alors que Jean-Yves Le Guigan, notre grand écologiste national, annonce dans La Dépêche du matin de Brigoux, 15 millions de morts dans les 10 ans à venir, à cause de cette catastrophe ! Encore une fois réfléchissez, mon cher, à l avenir de notre journal… et au vôtre ! »   
                                                 14   http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2003/sem01/mag0425/sa_6706_thyroide_tchernobyl_consequences_0 2.htm  8  
 
Le dérapage de l’Agence Française de Presse (AFP).  Le 6 janvier 2000, le journalLa CROIXpublie l'article suivant, apparemment anodin : « 57000 maisons peuvent exposer leurs habitants à un risque élevé de cancer du poumon en Allemagne en raison de la présence d’un gaz radioactif lié à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986, selon un rapport publié hier par le ministère de l’environnement à Berlin. Dans la forêt bavaroise, la Forêt Noire et les massifs montagneux du Sud-Est, la concentration de ce gaz, le radon, dépasserait les 400 Becquerels par mètre cube, un niveau susceptible de provoquer un cancer du poumon. »  Mais le radon, c'est quoi ? C'est un gaz, le seul, qui appartient à la chaîne de désintégration de l'uranium et dont la période, c'est-à-dire le temps au bout duquel la moitié a disparu, est de 3,82 jours. C'est le radon qui est à la source de la radioactivité naturelle provenant des roches qui contiennent de l'uranium, comme, par exemple, le granite (3 à 15 grammes par tonne), les schistes charbonneux, les lignites, les phosphates… Il n'est signalé dans aucun rapport, ou document, parmi les éléments rejetés par l'accident de Tchernobyl. Ce qui est assez logique puisque le combustible des centrales nucléaires est à base d'uranium chimiquement pur (débarrassé de ses "descendants"). Si par improbable, il en avait été cependant rejeté lors de l'accident, en 1986, il y a 13 ans, soit environ1 300 1300 périodes, la quantité restante (après division par 2 pour chaque période) serait 2 (1 suivi de 400 zéros environ) fois moindre ; c'est-à-dire de très loin inférieure à celle qui existe naturellement autour de nous. Ainsi, il apparaît doublement impossible que le radon de la Forêt Noire provienne de Tchernobyl. L'article du journal devient alors moins anodin qu'il y paraissait. On peut dès lors se poser les questions : pourquoi cette information ? Comment a-t-elle pu naître ?  Renseignements pris auprès du journal, la source de sa publication provient d’un communiqué del'A.F.P Française de Presse), du mardi (Agence4 janvier 2000 à 19h52 GMT (voir annexe) qui se réfère à un rapport du Ministère de l'Environnement allemand 15 publié le même jour . Renseignements pris auprès du Ministère allemand de l'Environnement, celui-ci précise dans sa lettre du11 avril 2000: «à la suite de votre demande concernant le radon en Allemagne, je peux vous dire que le Ministère de l'Environnement n'a pas fait de déclaration sur la présence de radon dans les habitations de la Forêt Noire provenant des retombées de Tchernobyl. Nous savons bien que le radon est un gaz naturel, descendant du radium et présent dans le solBigre ! Ça se complique ! Ce rapport du 04 janvier (aimablement communiqué le17 juillet 2000par le Ministère allemand de l'environnement) dresse le constat de la radioactivité moyenne annuelle à laquelle est soumise la population. Avec notamment les chiffres suivants : - radioactivité naturelle moyenne : 2,4 mSv dont 1,4 mSv pour le radon, qui évidemment ne vient pas de Tchernobyl, mais, en Forêt Noire, des roches granitiques comme dans le Massif Central, dans les Alpes ou en Bretagne. - radioactivité moyenne artificielle : 1,6 mSv dont 0,002 mSv dus aux retombées de Tchernobyl, en 1998, contre 0,11 mSv en 1986, soit 2000 fois moins que la radioactivité naturelle qui est, rappelons le, de 2,4 mSv. Qui plus est, nulle part dans ce rapport ne figure le chiffre de 57 000 !  D'où la conclusion donnée par la lettre d'accompagnement du rapport : «Die Presseerklärung ist offensichtlich von AFP falsch wiedergegeben worden». Ce qui peut se traduire en français :«Le communiqué de l'AFP est complètement "bidon".»  Mais alors,comment une agence de presse officielle peut en arriver à "bricoler" un communiqué pareil ?L'AFP interrogée, par lettre, quatre fois, les 28 juin, 17 septembre, 19
                                                 15 L'ensemble des documents est reproduit dans le fascicule "Le bêtisier antinucléaire" déjà cité.
 
 
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octobre, 15 novembre 2000, n'a jamais daigné répondre.  Transparence ! Transparence ! Vous avez dit "transparence " ?  En résumé :  Oui, Tchernobyl a été la cause directe d'une trentaine de morts et la cause première de plusieurs centaines de décès prématurés dus au traumatisme des déplacements et aux suites psychologiques de ce drame (alcoolisme, maladies diverses, suicides,…);  Non, Tchernobyl n'est pas une raison suffisante pour décider de se passer du nucléaire pour les pays, dont la France, qui ont les capacités humaines et industrielles de bénéficier de cette technologie. Au contraire, il faut y investir nos talents pour développer de plus en plus en toute sureté la production d'électricité à partir de l'énergie nucléaire. Ses avantages sont bien supérieurs à ses inconvénients en terme de santé et de confort grâce à sa contribution notable à la production d'énergie massive et bon marché nécessaire au développement et à l'épanouissement de l'humanité.   III) La désinformation des médias sur le nucléaire.  16 1) Désinformation « tous azimuts »  C'est par exemple, l'information qui, à travers une banalité, va attirer l'attention du public en jouant sur la peur, tellement facile à exploiter. Seul, parfois, le titre compte, qui n'a rien à voir, ou peu à voir, avec le contenu de l'article. Ce peut être également la marque du degré zéro de la connaissance scientifique du phénomène de la radioactivité. C'est aussi l'information tronquée, volontairement antinucléaire, sans comparaison avec les autres modes de production de l'électricité. Enfin ce peut être carrément des mensonges, entièrement fabriqués, à l'instar du dérapage de l'A.F.P.  Une des dernières en date est le journal télévisé d'Artele 30 décembre 2013. Sous le titre "stupeur et indignation au Japon" la présentatrice indique que "des SDF sont recrutés pour décontaminer le site de la centrale de Fukushima", ce qui est probablement exact car on ne voit pas pourquoi des SDF seraient éliminés du marché du travail. Mais la présentatrice ajoute"ces clochards du nucléaire (!) sont non seulement exposés à une forte radioactivité qui les condamne à mort mais ils travaillent également dans des conditions inhumaines". Suit un reportage pathétique où un SDF fatigué dit" si nous n'avons rien à manger, ils nous proposent du travail",ce qui est certainement stupéfiant et indigne. Il ne viendrait à l'idée de personne de penser que pour respecter de faibles doses acceptables sous contrôle médical par individu, il faut respecter des temps de travail limités sur site et donc faire appel par roulement à une grande quantité de main d'œuvre non qualifiée pour le déblaiement. Toute personne apte au travail peut être embauchée, y compris des SDF qui, justement, non pas de travail. Aucun chiffre, aucune dose "mortelle" reçue n'est citée dans cette manipulation révoltante de l'opinion publique qui n'ira bien sur pas vérifier cette affirmation. Là encore, le mal est fait. Bravo !   Voici quelques échantillons de "désinformation" tirés de la presse française. Puissent-ils porter à la réflexion.                                                  16 On pourra se référer au roman de Vladimir Volkoff "Le Montage"paru en 1982 aux éditions Julliard et ayant reçu le Grand prix du roman de l'Académie française la même année. Le roman est une mise en évidence des mécanismes d'influence et de désinformation. Un extrait (p 64 du livre) figure en annexe.  10  
 
  Texte de l'article du "Courrier de l'Ouest" du 26 septembre 1997 : "La Hague - Greenpeace a dénoncé hier un taux de radioactivité supérieur aux normes pour des crabes pêchés à proximité de la conduite de rejet de l'usine de retraitement des déchets nucléaires de la Hague (Manche)."Dix sept échantillons  
 
 
révèlent des niveaux de contamination jusqu'à 1350 becquerels par kilo" déclare l'organisation. De son coté, le directeur de l'Office de protection contre les rayonnements ionisants, Roland Masse, précise que "la valeur autorisée en France pour la commercialisation de ce type de produit est de 1250 bq/kg"et rappelle que "la pêche est interdite" abords de la aux conduite.   Admirons le titre, propre à affoler les populations, alors que les crabes ont été pêchés, ce qui est interdit, à la sortie de la conduite de rejet de l'usine. On appréciera également la précision sur la différence dérisoire de radioactivité (100 Bq) avec la norme (1250 Bq/kg) déjà elle-même volontairement choisie très faible. C'est une "non information". Remarquons tout de même que, malgré le titre accrocheur, le journal a essayé de traité le sujet de façon "équilibrée" avec la réponse de l'OPRI. Mais le mal est fait : "il y a des crabes radioactifs près de la Hague !" 
 
      Le journal "Le Monde", toujours sérieux, titre en grand : «le nucléaire n'est pas compétitif» et en plus petit «sauf en France…» Mise en page tendancieuse ? Qui oserait dire cela d'un tel journal ? Et cependant, lorsqu'on regarde un peu plus attentivement les graphiques on s'aperçoit que le nucléaire est compétitif par rapport au charbon aux USA et par rapport au gaz au Canada. Alors, c'est gênant.
 
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