LA PROSPECTIVE DU SPORT -  CAHIER FOOT DE HAUT NIVEAU 2030

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En 2030, Michel Platini, en tant que président de la FIFA, devrait déclarer officiellement ouverte la Xe Coupe du Monde de football. Sauf innovation médicale, Cristiano Ronaldo (45 ans) et Lionel Messi (43 ans) y participeront en tant que consultant pour de riches groupes de médias pour l'un, et en tant que sélectionneur pour l'autre ou au travers de la coupe du monde sur Internet organisée en même temps avec leur avatar.

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Ajouté le 10 mars 2015
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Langue Français
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LES CAHIERS DE PROSPECTIVE
DU FONDS PROMESSE


L’AVENIR DU SPORT






« CONVERTIO HUMANUM EST »
Grandeur (et) ou décadence du football des années
2030

Vincent Chaudel




1
SOMMAIRE




Pages
Préface par Philippe Diallo 3


Prologue par Vincent Chaudel 5


Scénario 1 : L’Euro league – Scénario « INSTANCES
EUROPEENNES » par Jullian Jappert et Lilia Douihech 10


Scénario 2 : Bienvenue à la « BEIN SPORTS LEAGUE » - io média par Erik Bielderman 21


Scénario 3 : Le contre pouvoir de la WMLS (World Major
League Soccer) – Molèle MBA par Franck Pons 31


Scénario 4 : Les « marquee player » au pouvoir - scénario
team par Lionel Maltèse 38


Epilogue par François Klein 46

Les auteurs 49
2/55 PREFACE
Par Philippe Diallo- Directeur Général de l’UCPF (Union de Clubs Professionnels de
Football)



Est-ce que les jeunes étudiants anglais du milieu du 19ème siècle avaient imaginé
que leur loisir allait devenir le jeu favori de la planète ?

Jules Rimet et Henri Delaunay pensaient-ils en inventant la coupe du Monde que
celle-ci serait l'évènement le plus populaire dans le monde ?

Certainement que non. Comment l'aurait-il pu lorsqu'on voit l'essor fantastique de ce
sport depuis un siècle et demi.

Le football, c'est d'abord un jeu pour des millions d'individus à qui il apporte plaisir et
émotion. C’est un jeu qui éduque, apprend une discipline et transmet des valeurs.
Mais, c'est un jeu qui est aussi devenu une industrie.

Si sa simplicité explique en grande partie sa popularité, il la doit largement au fait
que son histoire a épousé les grandes transformations de la société.

Né dans les Publics schools anglaises, il s'étend à la faveur de la révolution
industrielle de l'époque victorienne à la classe ouvrière à qui on trouve un moyen
d'occuper ses jours de repos et bientôt une rémunération avec les prémices du
professionnalisme.

L'expansion européenne du début du 20ème siècle facilite l'implantation du football à
mesure que les puissances dominantes européennes s'approprient de nouveaux
territoires en Amérique du Sud, en Afrique ou encore en Inde.

Dans les années 30, fascisme et nazisme marquent le football de leur triste
empreinte : en 1934, l'Italie de Benito Mussolini s'empare à domicile de la 2ème
coupe du Monde alors qu'un an avant en Allemagne la nazification de la fédération
allemande conduit à l'expulsion des juifs et des marxistes.

L'après-guerre est marqué par la naissance de la construction européenne et la
décolonisation. Le football s'inscrit dans ces grands mouvements en créant la coupe
d'Europe des clubs champions en 1955, deux ans avant la signature du Traité de
Rome. Mais le football, c'est aussi durant les années cinquante et soixante un lieu
d'émancipation. C'est là que les immigrés trouvent sur le sol national un des plus
forts outils d'intégration comme l'illustre le parcours d'un Raymond Kopa. C'est au
football dans la Makana Football Association que joue Jacob Zuma, futur président
de l'Afrique du Sud, sur l'île de Robben Island dans la prison où il est détenu pour sa
lutte anti-apartheid. Le football se veut alors résistance. Tout comme lorsque le FLN
le dresse en symbole en incitant les 13 et 14 avril 1958 une douzaine de joueurs
professionnels dont Rachid Mekhloufi et Mustapha Zitouni à quitter leurs clubs
hexagonaux pour rejoindre "l'équipe de l'indépendance".
3/55 Plus près de nous et dans une nouvelle étape de son développement, le football a
été acteur, contributeur et bénéficiaire de la révolution des médias et de la
mondialisation. Avec les médias, il a tissé des liens étroits au fil des progrès
technologiques Tous les diffuseurs, pour assurer le développement de leurs
innovations et leur croissance, ont compris que ce jeu était le contenu le plus attractif
pour les spectateurs/téléspectateurs/abonnés du monde entier. A coup de contrats
mirifiques, ils ont non seulement offert une exposition exceptionnelle au jeu
renforçant ainsi sa popularité mais largement contribué à sa structuration et à sa
croissance.

S'agissant de la mondialisation, il suffit de suivre les lieux d'organisation de la coupe
du Monde pour que le phénomène saute aux yeux. Alors que traditionnellement,
celle-ci se jouait entre l'Europe et l'Amérique du Sud, elle est allée aux USA en 1994,
au Japon et en Corée du Sud en 2002. En 2010, l'Afrique du Sud accueillait la
compétition pour la première fois sur le sol africain. Et bientôt ce sera le tour de la
Russie (2018) avant que le monde arabe reçoive la coupe pour la première fois au
Qatar en 2022. A la vue d'une telle liste, qui pourrait contester que la coupe du
monde et bien la coupe du...Monde?

200 millions de pratiquants, des centaines de millions de fans, une présence sur tous
les continents, une organisation mondiale ayant rang de quasi-Etat, des contrats en
milliards de dollars, une telle puissance ne peut que susciter une interrogation sur
son devenir : où va le football du 21ème siècle ?

Le Pouvoir sportif pourra-t-il en garder le contrôle face à la montée des enjeux
économiques et financiers ou sera-t-il supplanté par de nouveaux acteurs ? L'Europe
saura-t-elle préserver son modèle de compétition ouverte ou voudra-t-elle
s'américaniser en créant des ligues fermées ? Face à l'émergence de nouvelles
demandes (autorisation par la FIFA du voile pour les joueuses) et de nouvelles
puissances, le centre du pouvoir du football, aujourd’hui encore essentiellement
européen, va-t-il se déplacer ? Saura-t-on préserver le jeu face aux dangers qui le
menacent (corruption, blanchiment, dopage...) ? Les nouvelles technologies
biologiques comme numériques auront-elles un impact sur le jeu en transformant le
corps du sportif, en faisant de l'arbitre un simple lecteur d'écran vidéo ? Les clubs,
diversifiés, mondialisés, filialisés deviendront-ils des majors du divertissement ?

Voilà quelques unes des questions qui interpellent tous ceux qui s'interrogent sur le
futur du football. Rien n'est aujourd'hui fixé. L'avenir reste ouvert. Mais des réponses
apportées dépendra le rêve de millions d'individus. Et on ne joue pas sans
conséquences avec le rêve des gens.

4/55 PROLOGUE :
Par Vincent Chaudel




L'histoire est un éternel recommencement. On ne se baigne jamais deux fois dans le
même fleuve. Un esprit sain dans un corps sain. Autant de pensées ou de poncifs
que l'on pourrait aisément appliquer au monde du sport. Certes, le Baron Pierre de
Coubertin a su faire renaître de leurs cendres les Jeux olympiques antiques pour
fonder bien plus que des activités récréatives : un secteur industriel voire une
philosophie de vie.

Avec 270.000 emplois directs, dans l'Education nationale, les collectivités, le secteur
associatif, l'univers de la santé, le commerce ou l'industrie, le sport français vient
d'obtenir (tardivement) une forme de lettres de noblesse en devenant un secteur
d'activité aux yeux du MEDEF. Au-delà de l'anecdote, la création, au cœur de l'union
des entrepreneurs, d'un Comité sport en 2009 marqua un virage que l'on souhaite
irréversible dans la perception de l'utilité du sport tant la France a accumulé du retard
par rapport à ses voisins.

Entre l'utilisation originelle pédagogique du rugby et la tradition multi-centenaire des
Oxford vs Cambridge en aviron, les britanniques nous donnent une leçon en matière
de sport, levier éducatif. Que dire des scandinaves et de l'effet en termes de santé
publique de leurs pratiques sportives régulières ? De la rivalité fratricide Adidas vs
Puma, naîtra en Allemagne le marketing du sport (cf. la création de la société ISL) et
plus largement une certaine vision de la relation sport et entreprise que l'on peut
aisément considérer comme une des forces du "modèle germanique". Quant à
l'Espagne et l'Italie, la ferveur (voire le chauvinisme) et l'ancrage populaire du sport
(avec les socios) ne sont plus à démontrer et ont de toute évidence, un impact sur la
capacité de leurs sportifs à se sublimer.

5/55 Certes, nous n’avons nulle obligation de copier tel ou tel modèle. Pourquoi la France
n'aurait-elle pas son propre modèle, sa propre vision, sa propre organisation ?
Rassurons-nous, c'est bien le cas. Le modèle du sport français se caractérise par
une forte implication de la sphère publique, tant dans sa gouvernance que dans son
financement. Malheureusement, la situation de nos finances publiques, que ce soit
au niveau de l'État ou des collectivités locales, impose aujourd’hui au sport français
de trouver d'autres sources de subsides. Même le football, sport hégémonique et
mondialisé par essence, n'échappe pas à ce constat. L'économie des clubs est
passée d'une dépendance philanthropique à une dépendance municipale puis
cathodique (et cryptée) pour être désormais suspendue au bon vouloir du fait d'un
Prince (de l'Emir ou de l'oligarque en l'occurrence). Doit-on s'en émouvoir, le
regretter, le combattre ou l'accepter ?

Qu'on le veuille ou non, le sport n'est qu'une activité humaine, certes avec son
histoire, son mode d'organisation spécifique et des valeurs.






Imaginons un voyage dans le temps, telle Madame Christiane Kerner le 7 octobre
1989 à Berlin Est (dans le film Goodbye Lenin de Wolfgang Becker - 2003). Qui
pouvait savoir que le mur de Berlin tomberait deux mois plus tard ? C'était alors
l'époque des deux Allemagnes (RDA et RFA), de l'URSS et non de la myriade
d'Etats baltes, de la Yougoslavie et non de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de
la Macédoine, du Monténégro, de la Serbie et de la Slovénie, de la Tchécoslovaquie
et non des Républiques Slovaque et Tchèque ...
6/55 L'UEFA, alors présidée par le français Jacques Georges, comptait 30 fédérations
membres et organisait principalement quatre compétitions : le Championnat d'Europe
des Nations (tournoi final de 8 équipes nationales), la Coupe des clubs champions
dite de C1 (formule "coupe" commençant par les 16e de finale, réunissant
uniquement les clubs vainqueurs des championnats nationaux), la Coupe des clubs
vainqueurs de Coupe dite de C2 (formule "coupe" commençant par les 16e de finale,
réunissant uniquement les vainqueurs des coupes des fédérations et non des
ligues), sans oublier la Coupe de l'UEFA dite de C3 (formule "coupe" commençant
par les 32e de finale, réunissant plusieurs clubs de chaque nation selon son
classement européen).

A cette époque, Michel Platini n'était plus joueur et pas encore sélectionneur d'une
équipe de France qui ne se qualifiera pas pour la Coupe du Monde en Italie de 1990.
Bernard Tapie n'était plus chanteur ou animateur d'une émission sur TF1 et pas
encore Ministre de la République française, ni président d'Adidas mais propriétaire
de l'Olympique de Marseille racheté en 1986. A grands renforts de millions de
francs, il façonna un OM de stars principalement françaises (règle des quotas de 3
joueurs étrangers oblige), pour dominer la France puis l'Europe.

Au niveau hexagonal, la concurrence peinait à remettre en cause la supériorité
sportive et financière des phocéens, la fin de cycle s'annonçait pour les Girondins de
Claude Bez et les Parisiens de Luc Borelli. C'est le moment choisi par l'industriel
Jean-Luc Lagardère pour se lancer dans l'aventure du ballon rond, faisant du
poussiéreux Racing Club de Paris une alternative à l'OM et surtout au PSG : le
Matra-Racing.

Pour suivre les exploits de votre équipe de cœur en 1989, vous deviez être abonné à
Canal + (chaîne payante et cryptée qui diffuse le championnat de France depuis sa
création, le 4 novembre 1984) car vous n'aviez pas de site Internet (apparition du
world widget web au début des années 1990), il n’y avait pas de chaîne de télévision
spécialisée en sport et encore moins de smartphone, tout au plus un GSM. Au
mieux, vous pouviez obtenir les résultats de la dernière journée de championnat via
le fleuron de la technologie démocratisée made in France : le Minitel.

Pensez donc si Madame Kerner s'était réveillée non pas à Berlin en 1990 mais à
Paris en 2003, quel choc psychologique aurait-elle subi ? Elle se serait endormie
avec le Franc, le Deutsch Mark et le Mark est-allemand pour s’éveiller avec des
Euros. L'Union Européenne serait passée de 15 à 25 pays membres. L'URSS aurait
laissé la place à une nuée d'états désolidarisés du grand frère russe, lui-même dirigé
par un néocapitaliste. Le peuple français viendrait d'élire son président pour un
premier quinquennat. Plus de service militaire ...


Bref, un véritable bing-bang auquel le football n'y aurait pas échappé. L'implosion
politique et populaire de feu le bloc de l'Est a eu pour conséquence l'explosion du
nombre de membres de l'UEFA.
7/55 Selon le principe une nation, une fédération, un membre, une voix, il a fallu repenser
les formats des compétitions pour 53 fédérations nationales, à commencer par le
championnat d'Europe des Nations désormais nommé Euro. En 2003, le Portugal
s'apprêtait à accueillir les 15 autres sélections nationales, dont la France tenante du
titre, emmenée par le flamboyant Zinédine Zidane. Comment expliquer alors à
Madame Kerner que le galactique du Real Madrid gagnait en un mois (et en euros)
ce que gagnait Michel Platini (en francs) alors ballon d'or à la Juventus de Turin en
une année? Comment lui expliquer l'arrêt Bosman et la dérégulation qui s'ensuivit ?
Comment lui expliquer que la libre circulation des citoyens européens dans les textes
se traduise sur le terrain par une forme d'assimilation (sportive) pour des joueurs
non-européens (conséquence de l'accord de Cotonou) ? Comment lui expliquer que
désormais, le 3ème du championnat d'Allemagne, d'Angleterre, d'Espagne, de
France ou d'Italie peut gagner la C1 désormais dénommée Champions League, sans
même être champion nationalement ? Comment lui expliquer la disparition de la C2
pour renforcer une C3 devenue Ligue Europa ?


En 1989, le PAF (paysage audiovisuel français) était constitué de six chaînes
hertziennes, dont une cryptée. En 2003, le bouquet Satellite TPS (groupe TF1)
challengeait ardemment CanalSat (groupe Canal+) pour la diffusion des matches de
la LNF (qui deviendra LFP la même année), le groupe France Télécom se contentant
de prendre des positions sur les droits UMTS. Dans nos salons, le Minitel avait cédé
la place aux ordinateurs portables. La presse écrite cherchait déjà une réponse à
l'érosion de ses ventes au profit d'une information galopante (et gratuite) sur le net.
Facebook et les réseaux sociaux n'existaient pas encore, mais face à de tels
changements, les médecins nous auraient peut-être conseillé de laisser dormir
Madame Christiane Kerner.

Nous sommes aujourd'hui en 2014, quelques mois après la Coupe du Monde au
Brésil. L'Union européenne compte désormais 28 Etats membres. Malgré des
attaques violentes post-crise des subprimes, l'Euro, toujours (trop pour certains) plus
fort que le dollar est la monnaie de référence sur le marché mondial des transferts de
joueurs. David Beckham vient d'annoncer le lancement d’un club de football à Miami,
sous forme de franchise de la MLS. La plupart des grands clubs européens est
détenue par des milliardaires américains, émiratis, italiens, qataris, russes. La
corrélation entre le pouvoir économique d'un club et sa performance sportive n'est
plus à démontrer. Pourtant, Le Portugal a dépassé la France au classement UEFA.
Cependant, l'organisation de l'Euro 2016 en ligne de mire et le nouveau deal de
droits TV (748,5 millions d'euros par an pour la période 2016-2020, fruit d'une
concurrence exacerbée entre Canal+ et beIN sports) redonnent à notre football
hexagonal l'ambition de renverser cette hiérarchie, par définition temporaire.

Que ce soit technologique (Google glas pour les arbitres, virtualisation ou réalité
augmentée pour les différents acteurs), réglementaire (fair-play financier), fonctionnel
(projet de Ligue des Nations) et dans bien d'autres domaines, l'avenir nous réserve
des surprises.
8/55 En 2030, Michel Platini devrait, en tant que président de la FIFA, déclarer
officiellement ouverte la Xe Coupe du Monde de football. Sauf innovation médicale,
Cristiano Ronaldo (45 ans) et Lionel Messi (43 ans) y participeront en tant que
consultant pour de riches groupes de médias pour l'un et en tant que sélectionneur
pour l'autre ou au travers de la coupe du monde sur Internet organisée en même
temps avec leur avatar ?. Mais est-ce que le concept d'équipe nationale sera
toujours en vigueur ou est-ce que le football subira une transformation structurelle
comparable au cyclisme dans les années 60 ? Le football sera-t-il toujours gouverné
par les instances historiques ou par les diffuseurs, les joueurs via leurs agents, des
milliardaires en quête d'émotion ou d'intégration ? Les championnats nationaux
seront-ils toujours qualificatifs pour les compétitions continentales ? Au-delà du
football, l'Union européenne aura-t-elle évolué vers un fédéralisme ou sera-t-elle
restée une belle utopie ? Vladimir Poutine aura-t-il su reformer l'URSS ? ...



Le sport n'est finalement que le reflet de la société dans laquelle nous vivons. Alors
lisez attentivement ce qui suit, vous y trouverez différentes approches prospectives
du football et de son organisation, illustrant différents choix de société. Faites vos
jeux !



9/55 L’EURO LEAGUE : SCENARIO INSTANCES
EUROPEENNES
Par Julian Jappert et Lilia Douihech– Sport et citoyenneté




ère15 mai 2031 : Enfin nous y sommes ! Ce soir s’est tenue la 1 édition de la Final
Cup des Etats-Unis d’Europe (EUE). A travers tous les Etats fédérés, les citoyens
européens scandent à l’unisson le nom de leur champion. L’Olympique Lyonnais est
le premier club de l’histoire à détenir le titre de champion de l’EUE, à l’issue d’un
match d’une rare intensité contre le Panathinaikos. Les deux concurrents ont chacun
décroché in extremis leur place en Final Cup, à la suite de combats acharnés lors de
la phase finale de la Ligue des Etats-Unis d’Europe. Notre champion représentera
les couleurs de l’EUE lors de la prochaine Ligue des Champions, qui pour la
première fois, entendra retentir l’hymne européen.

Nous sommes bien loin des sempiternelles finales de l’ancienne Ligue des
Champions, opposant inlassablement les mêmes clubs « riches » des pays du « Big
5 », tels qu’ils étaient surnommés dans les années 2010 : parmi les plus célèbres
vainqueurs du tournoi, le Réal de Madrid, le FC Barcelone, le Bayern Munich ou
encore Chelsea.

A cette époque - pourtant pas si lointaine - le football que nous connaissons
aujourd’hui paraissait utopique. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Par quel
miracle a-t-on réussi à sauvegarder le sacro-saint modèle européen du sport ? Des
clubs de football compétitifs et économiquement pérennes, évoluant dans le cadre
de compétitions ouvertes et équitables ; des sélections nationales aux blasons
redorés ; une pratique du football amateur largement développée et synonyme de
cohésion sociale. En somme, un football renvoyant aux citoyens l’image d’une
société européenne du bien-être social, florissante et solidaire ?

Impossible n’est pas européen ! Et ce, grâce à une politique sportive menée d’une
main de maître par l’Union européenne (UE) et l’ensemble des acteurs du football -
fédérations sportives nationales et internationales, Etats européens, ligues, clubs,
joueurs et syndicats.
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