Le suicide et la souffrance chez les enfants et les adolescents

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Pour une autre vision et analyse du suicide chez l'enfant et l'adolescent.

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Publié le 21 octobre 2016
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       Le suicide et la souffrance chez les enfants et les adolescents
La Société et le désir de mourir.
Depuis fort longtemps, la société plus principalement le corps m etédical s'efforcent de nier la mort comme un composant naturel de l'existence et en conséquence de la vie. D'ailleurs, la conception idéologique qui soutient la formation scientifique d'un médecin s'est transformée avec le temps. De la lutte contre la maladie et la souffrance, la pratique médicale aévoluésans presque que nous en nous apercevions vers la lutte contre la mort et la quête de l’immortalité. Les efforts et recherches sur les techniques de prolongation artificielle de la vie et de clonage sont la démonstration extrême de cette tendance. Or le corps médical n'est pas le seulàavoir pris ce chemin illusoire, c'est la société toute entière qui essaie de glisser sur la pente de la dénégation de la mort. Dans cette même optique se placent tous les corps sociaux, y compris leséglises et les autorités civiles. L'abandon des rituels appartenant aux moribonds, età ce qui s'ensuit naturellement, les funérailles, est le constat que la mort est sortie de la constellation deséléments fondamentaux et nécessaires qui règlent l'existence et la vie de notre communautéou de notre société. C'est un lieu commun rappeler que Freud aétéle premieràconsidérer et théoriser la pulsion de mort comme unélément essentiel du fonctionnement de la psyché. En introduisant la dyade pulsionnelle : thanatos-éros commeéléments inséparables dans la bonne structuration de la vie psychique d'un individu. Freud nous rappelle que l'une sans l'autre, la santé de l' mentaleê Entre humain est impossible. conséquence la vie et la mort font un tout indissociable, le contraire est une vue de l'esprit.   Le désir de mourir n'est pas pathologique
Le désir de mourir ou le fait de prendre le risque de mourir n'est pas pathologique en soi. Le sacrifice de la vie pour la défense de l’intégritéde la patrie ou le sacrifice pour sauver la vie du prochain est louéet louable au moins dans notre culture. Tous les récits d'anthropologues et d'ethnologues1, quand ils font l'étude d'une culture dite « primitive », constatent que se donner la mort ou se laisser mourir correspondà de pr l'effortéserver un interdit culturel, une croyance, ou une conception idéologique de la vie. Dans une certaine forme c'est la confirmation par l'extrême de la primautéde la culture sur la nature. L'acte de mourir pourraitêtre considérécomme un des moments oùl'homme se libère de cet instinct impératif de conserver sa propre vie. Dans ce cas mourir ou se donner la mort serait l'affirmation radicale de sa nature humaine contre sa condition de simpleêtre vivant, obligéd'obéiràson instinct de survie.
1Mauss, M. 1950. Sociologie et anthropologie. Quadrige, PUF.
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Aucun peuple, ni sociétén'échappeàce fait du suicide et de la mort volontaire. Il faut ici rappeler que les mouvements de certaines tranches d'âge de la population européenne pour avoir la possibilité de mourir dans la dignité, s’inscrivent logiquement dans ce même cadre.
Pourquoi le suicide d'enfants ou de jeunes nous affole et nous effraie.
Si nous partons du fait que l'homme est un mort en sursis, que tôt ou tard il doit disparaître, le fait que des enfants ou des adolescents précipitent cetteéchéance faceàn'aurait pas en principe de quoi nous inquila mort, éter outre mesure. Mais ici, il s'agit de la mort volontaire et dans un contexte particulier. A tout ceci s'ajoute que la famille actuelle a en moyenne par foyer un ou deux enfants maximum, et que le cercle familialà notreépoque s'est réduità sa minime expression. Dans ce contexte il serait erroné de considérer que tout suicide d'enfant ou d'adolescent relève des mêmes causes, et ait la même signification. Par contre en ce qui concerne le phénomène actuel, la littérature spécialisée et la clinique nous apprennent que ses causes et ses motifs sont nécent iremessa multiples. De ce fait, il serait né bien distinguer les motifs, les causes etcessaire de les raisons. Nous pensons pour notre part, que les raisons profondes qui permettent cette issue d'autodestruction sont probablement peu nombreuses. Cette affirmation nous emmèneàenvisager qu'il faudrait les déterminer dans le fonctionnement même de la société et de ses institutions où le phénomène du suicide des jeunes se présente. Les comportements et conduites préalablesàun passageàl'acte pour se donner la mort, se caractérisent par le fait que l'enfant ou l'adolescent désinvesti toute attache qui puisse le lieràla vie etàun avenir. Rien ne l'inciteàcontinueràvivre ; àses yeux son existence perd toute raison d'ê; il a le sentiment de la vacuittre éde son existence, de vivre dans un territoire proche du néant. Ce tableau dont nous venons d'énoncer les traits généraux, les psychiatres et psychologues le classifient comme correspondantà unétat dépressif. Il est nécessaire de rappeler qu'unétat dépressif peutêtreévident au regard de tout le monde ou bien au contraire rester masqué, de telle manière que la famille peut dans certains cas s'en apercevoir trop tard, malheureusement. Dans la plupart des cas, des raisons ou des motifs d'intense douleur morale, de souffrance, de sentiment d'inutilité, de besoin de retrait de la vie, capables de provoquer un suicide, peuvent se présenterà yeux, comme le r nosésultat d'un conflit familial, d'unéchec scolaire, ou par le fait d'avoirétéracketté, ou avoir subi une humiliation, une déception amoureuse ou simplement souffrir de dépaysement d'un déménagement. Comme nous pouvons le constater il ne semble pasàpremière vue, qu'il manque des motifs ou des causes suffisantes pour déclencher un comportement suicidaire
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chez un enfant ou un adolescent. On peut même argumenter ou présenter comme possible cause des raisons carrément obscures ou fantaisistes, comme il aétédit récemment dans un rapport oùil s'affirme que dès l'utérus de la mère l'enfant est déjàprédisposéau suicide dans un raccourci neurobiologiste assez léger et dangereux. Ceci nous obligeà nous attarder un instant afin de contrer ces affirmations présentées comme très scientifiques. Dire que le stress subi par la mère pendant la grossesse pourraitêtre une des causes de cette vague de suicides chez les jeunes enfants et adolescents relè il suffirait de constater que ;ve de l'affirmation gratuite chez les futures mères rescapées ouévacuées de Londres pendant les bombardements de la deuxième guerre mondial, n'ont pas donnénaissanceàdes enfants avec un syndrome suicidaire quelconque. En réalitéil n'y a eu ni plus ni moins de suicides d'enfants, nés de mères ayant subi une situation de stress, quelque soit l'époque ou le pays. Par contre nous serions d'accord pour considérer comme un facteur qu'il ne faut pas négliger comme hypothèse d'étude du bouleversement de la structure familiale, les causes d'inquiétude et de stress de la mère et de la famille pendant et surtout aprède l'enfant; mais ici ce fait rels la naissance ève de l'environnement socio-culturel et non de la neurobiologie. Tout ce que nous venons de dire et de démontrer fait supposer que l'analyse du phénomèjeunes enfants et d'adolescents est plus complexe quene du suicide de ce que certains psychiatres ou autres professionnels de la santénous font croire.  C'est exactement ce même sentiment d'impuissance, d'incompréhension et d’interrogation que manifestent les familles des enfants suicidaires face au suicide d'un de leurs enfants qui doit nous emmener, nous cliniciens,à la approfondir recherche sur les raisons véritablement réelles de ce fléau de notre société. Les familles savent, sans le savoir consciemment que les raisons sont autres que ce qui apparait comme causes ou motifsévidents. Devant le suicide d'un enfant ou d'un adolescent, la famille et avec elle la société tout entière se sent abasourdie, sidérée. L'incompréhension se manifeste et domine dans tous les esprits. En général tous les motifs apparents, apparaissent presque comme des faits futiles, sans trop d'importance visàvis de l'acte grave et fatal qui vient d'être commis. Et malgré la futilité motif, il va duêtre confirmé comme l'élément essentiel capable de provoquer le comportement suicidaire de l'enfant. Et en plus ceci vaêtre corroboréla plupart des cas, par le témoignage des personnes dans l'entourage de l'enfant, ainsi qu'àtravers lesécrits laissés ou les déclarations faites autour de lui avant de se donner la mort. Alors il nous est permis de penser que faceàla sidération et au choc qui provoque le suicide, les personnes qui se présentent comme spécialistes, sont aussi très probablement obnubilés et aveuglés par la situation traumatique. Ils se trouvent de ce fait faceàune sorte de barrière pour comprendre et déceler les raisons vraies du pourquoi un enfant peut passeràl'acte de se donner la mort. Ils acceptent ainsi les motifs ou causes qui se présentent commeévidents, sans se poser les vraies
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questions de fond. Il faut bien tenir compte que le suicide d'un enfant renvoie symboliquementà la castration et nous place devant la véritable impuissance de l'être. Par le suicide et la disparition d'un enfant, tout projet ou espoir de transmission, de continuitévoire d'immortalitéde l'homme par l'intermédiaire de sa progéniture, se détruit, ainsi soit momentanément. De ce fait avec le suicide d'un enfant ou d'un adolescent, toutêtre humain quel qu'il soit et plus particulièrement les parents sont confrontésàl'échec et au rejet de tout leur projet de vie et de leur raison de vivre. La mort de l'enfant représente symboliquement le risque de mettre en péril la continuité de l'espèce, en même temps que la coupure et la rupture de la transmission, de l'affiliation et de l'appartenance. En définitive c'est de la déliaison, de la perte de repères et de sens qu'il s'agit pour les parents et pour les proches. C'est pour cela qu'au-delàde la douleur dueàla séparation définitive, le suicide d'un enfant, nous affole et nous effraie.
Causes, motifs et raisons du suicide d'un enfant.
Il est fréquent de confondre causes, motifs et raisons d'un phénomène ou d'un fait, et plus particuliès'agit du suicide des enfants ou des adolescents.rement quand il Afin de bienéclaircir et préciser cette distinction nous allons parler avec un exemple concret. Un enfant peut avoir de causes objectives de son mal-être, par exemple vivre au sein d'une famille en délitement, et avoir en même temps des motifs de souffrance : recevoir des mauvais traitements,être battu fréquemment. Cet enfant aurait des motifs assez compréhensibles de passeràl'acte et de se jeter par la fenêtre. Apparemment la cause de toutes ces souffrances nous pourrions la signaler dans l'état et dans la fragilisation de sa famille. Heureusement tous les enfants qui sont dans cette situation ne se jettent pas par la fenêtre. Disons et signalons clairement, qu'il y a quelque part etàl'opposédes raisons qui agissent pour soutenir et empêcher ces enfants de se suicider, malgréles agressions qu'ils subissent et les pensées noires qui peuvent traverser leur esprit. Devant ce constat alors il faudrait déterminer, avec assez de nuance ce qui empêche un enfant ou un adolescentàne pas se suicider,àrester en vie malgré ses souffrances. Avec cette affirmation nous pensons proposer une inversion de la méthodologie de la recherche sur le suicide. Il serait plus important de dé conditions ou ces raisons qui empterminer lesêchent le suicide que connaître les causes ou motifs qui mènent un enfant ou un adolescentàse donner la mort. Cette démarche peut nous permettre de connaître les vraies raisons de leur acte.
Raisons qui empêchent un enfant ou un adolescent de se suicider.
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Tous les psychanalystes, psychiatres et personnel soignant, qui prennent en charge des enfants ou des adolescents en souffrance, sont d'accord pour signaler que la soliditéde l'environnement familial est essentielle pour leur santémentale. Plus la famille est structurée plus elle servira comme une barrière contre un passageà l'acte. La difficulté de cette affirmation réside dans le fait de savoir ce que le clinicien considè famillere comme une « bien structuré Parce que la re ».éalitéest que le suicide d'un enfant peut se présenter au sein d'une famille qui apparemment ne présente aucun signe décelable de déstructuration. Et en plus le suicide d'un enfant ou d'un adolescent peut se préles couches sociales et dans toutsenter dans toutes type de famille. Alors quelles sont ces caractéristiques ou conditions qui font qu'une famille soit considéréune famille normale ou bien structur e commeée et de ce fait capable d'être une barrière suffisamment solide contre le suicide ? Afin de répondreàcette question, je me vois dans l'obligation de faire recoursà mon expérience de psychothérapeute de famille et du groupe familial. En effet, l'expérience en tant que clinicien m'a mené aétablir un ensemble de critères qu'au fur etàmesure de mon travail clinique j'ai pu repérer en action ou par déa pu me permettre de menerfaut, ce qui àbien certaines thérapies de famillesà caractère suicidaire.
  En premier lieu il faut le redire, et comme tout psychanalyste le sait, le suicide quel qu'il soit, est du point de vue clinique un symptôme, l'enchevêtrement d'un ensemble de forces pulsionnelles et des vécus qui se terminent par un acte. C'est un cri d'alarme, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, ni dans la famille prise dans le sens large du terme, ni dans la sociétédans laquelle nous vivons. Dans notre pratique nous observons grosso modo, dans les famillesàcaractère suicidaire, ou dans le familles qui ont souffert le traumatisme du suicide, des traits assez contradictoires: une famille présentantàpremière vue plein des problèmes et des difficultés, etàl'opposéil se présenteànous une famille banale oùtout paraît bien fonctionner. Le premier type de familleàproblèmes, est la famille dont tous les cliniciens sont presque contents de décrire et qui est l'objet des travaux cliniques remarqués, voir même des rapports ministériels comme c'est le cas actuellement. C'estàdire une famille en délitement, avec des carences affectives, et oùsein de laquelle il y a un état de violence permanent. Ce type de famille c'est la famille qui a servi d'écran pour bien masquer probablement les vraies raisons du symptôme suicidaire. Ce faisant on stigmatise plus facilement et allègrement une fois de plus, tout un secteur de la population, d'être objet et responsable en conséquence de ce problème. En filigrane ce sont les populations des banlieues pauvres qui sont visées. Le deuxième type de famille reste dans l'ombre. C'est dans les cabinets des
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médecins généralistes ou psychiatres ou psychanalystes que au détour et au hasard d'une consultation individuelle que le drame est communiqué. Et ceci presque jamais en famille,étant donnéque dans la plupart des cas, aucun de ces professionnels n'ont ni la formation ni la compétence pour faire une consultation ou une thérapie familiale. Le portrait robot de cette « famille de l'ombre »: un père et une mère en général tous les deux cadres, voir même cadres supérieures ; deux ou trois enfants adolescents ou proches de l'adolescence ou de l'âge adulte. Parmi les enfants, un ayant fait une tentative de suicide ou s'est ayant suicidé. Les parents arborent et se vantent aux yeux de tout le monde d'une structure familiale assez solide et une vie épanouie. Bienévidement aucun problèmeéconomique, ni aucun isolement social. Dans certains cas, un ou deux de ces enfants ont touché àla drogue, mais sans plus. Ils habitent un beau quartier en ville ou en banlieue. Pour ces deux types de famille, l'une « riche et l'autre pauvre », tout semble les séparer, et malgrétout, le drame de la mort ou de la tentative de suicide d'un de leurs enfants est un trait commun qui les rapproche. Bienévidement ce fait en tant que cliniciens doit nous interroger. Pour notre part nous avons pu constater et arriverà la conclusion que dans les deux cas c'est la structure de la famille qu'est en question, malgréles apparences de soliditéde la famille dite sans problèmes. Pour aborder cette problématique il faudrait se questionner aussi sur le pourquoi dans certaines familles, malgrétous les difficultés de la vie et de leur condition de précaritéleurs enfants ne présentent pas ce type de comportements suicidaires. Ce constat que nous allons l'expliquer largement par la suite, devrait conduire et provoquer un renversement dans la méthodologie clinique de l'étude, prévention et traitement du suicide et des instruments misà pour faire face dispositionà ce phénomène.
La famille n'est pas ce que nous croyons qu'elle est.
Soyons bien clairs : les cliniciens, psychologues, psychiatres voir même les psychanalystes se sont pour la plupart fourvoyés dans l'approche théque ueitrpa des raisons et causes du suicide. Ils se sont tous concentrédans le meilleur de cas sur la structure réla famille, niant sa dimension imaginaire et symbolique.elle de Pire encore, dans une bonne partie des cas, ils traitent la personne qui a fait une tentative de suicide comme un cas de pathologie individuelle, sans rapport avec la dynamique familiale. De ce fait, ilsécartent la famille comme acteur fondamental voir principal du symptôme. Tout ce malentendu conduitàcondamner pour la plus part ces patientsàrépéter,àrécidiver sans cesse les tentatives de suicide, jusqu'à quelques fois réussiràse donner la mort. Les raisons de ce type d'approche partiel et centréprincipalement sur l'individu sont multiples et variées. Nous pouvons trouver pèle et mêle des raisons historiques propresàl'exercice de médecine, des raisonséconomiques et de pouvoir du corps
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médical, des raisons d'impréparation et d'ignorance des différents acteurs dans les institutions soignantes, et bienévidement la peur et la résistanceàfaire faceàla fois,àplus d'une personne dans la relation thét.e-patienareptu La famille en tant qu'institution familiale est l'agencement réel et symbolique des cinq instituants majeurs.2 Cet agencement doit régler et réguler le fonctionnement et comportement de façon assez harmonieuse de tous ses membres. Ce monde structural dans lequel la dyade ou triade familiale ou le groupe familial s'insère, lui permet d'êtreàson tour en relation et résonance avec le reste des institutions. Ces institutions avec une fonction symbolique ou ré etelle, conformentétayent la culture d'appartenance quelle qu’elle soit. De de ce fait il s'établit ainsi une interrelation réciproque d'étayage et détermination entre institution familiale et culture d'appartenance.
Pour faire court et donner une idée assez juste de l'institution familiale, nous dirions que au moment de la fondation d'une famille, elle doit se réapproprier, reproduire et transmettre, pour bien fonctionner, l'univers institutionnel de la culture où elle s'insère ouà laquelle elle appartient. Le mariage, pacs ou concubinage de deux personnes y compris d'un couple homosexuel est un acte essentiel et probablement fondateur, et même déclencher des mécanismes propresà l'institution familiale ; mais cela peut s’avérer ne pas être totalement suffisant. C'est la reproduction, l'acceptation et l'exercice ou application réinstituants majeurs que nous allons delle et symbolique des cinq éfinir, et qui peuvent imprimer le caractère d'institution et plus concrètement d'institution familiale. Cette instauration ou référenceà ces instituants doit se faire, même au sein de l'union de deux personnes en couple du même sexe. Et bien entendu en tenant comme viséen charge parentale au moins un enfant, cee ou l'objectif de prendre quiéquivautàobjectif, une dimension et un champs d'institution lui donner un familiale. De ce fait, l'être humain est façonné, dès avant même son existence et sa naissance, par l'institution familiale, qui fait de lui d'emblée unêtre portéde sens et chargésymboliquement.  Les instituants majeurs avec leurs corollaires que nous allonsénoncer, fixent et articulent le mode de fonctionnement de toute institution et plus principalement de l'institution familiale quelque soit la manifestation concrète de sa structure. Ils sont au nombre de cinq : %L'instituant social: l'interdit de l'inceste, et son corollaire l'exogamie. %L'instituant psychologiquecomplexe d'œdipe et son corollaire la: le castration. %L'instituant clanique: l'alliance, l'appartenance, l'affiliation et son corollaire la filiation.
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Ramirez, H. 2002. Le cadre en thérapie psychanalytique de famille et de couple. Dialogue N° 155 , Érès, p. 116-126
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L'instituant cosmogonique: les mythes, croyances, légendes et son corollaire les fantasmes des origines. L'instituant thanatique: prise en compte de la mort, de la séparation, de la rupture, du deuil et son corollaire la temporalité la distance et généeilolnen.rat
On pourrait s'étonner qu'en ce qui concerne l'institution familiale, je ne compte pas parmi les instituants majeurs l'instituant biologique représenté par le couple parental. Mais il me semble que celui-ci, paradoxalement, n'est pas essentielà l'existence de la famille. En effet, si l'on réfléchit d'un point de vue anthropologique, dans certaines sociétés, le rôle du père est exercépar l'oncle maternel, alors que le père biologique occupe une place secondaire. Même dans notre sociétéle rôle du pè cours des derni aure a subi de profonds changementsères décennies. L'articulation, acceptation et fonctionnement harmonieux de ces cinq instituant dans la vie quotidienne d'une famille fera de cette institution familiar une réussite. Par contre le dysfonctionnement par déliquescence, par manque ou par la transgression d'un ou de plusieurs de ces instituants va provoquer la manifestation d'un comportement inusité, inattendu, voire carrément surprenant d'un ou de plusieurs membres de cette famille ou du groupe familial. La tentative ou le suicide s’inscrivent donc dans cette optique d'un dérèglement institutionnel.
 Alors que faire devant le symptôme suicidaire d'un enfant  ?
Devant une famille en détresse le clinicien, psychanalyste, psychologue ou psychiatre doit pouvoir repérer dans la structure familiale, les déficiences dans le fonctionnement de ces cinq instituants majeurs.3 Ceci va lui permettre de pouvoir remplir son rôle d'agent thérapeutique dans la modification ou restructuration de l'organisation familiale. Nous savons par notre expérience clinique que une famille présentant certains symptômes , peut apparaître rapidement aux yeux d'un bon clinicien, et dans certains cas, comme une famille incestuelle. Cette famille sansêtre incestueuse peut, par ce type d'organisation familiale, mettre en situation de danger un ou plusieurs de ses membres. L'intervention rapide d'un psychanalyste formé aux thérapies de famille s'avère nécessaire et bénéfique. D'autres familles par leurs composants pervers, attaquent inconsciemment les attachements et les liens symboliques et réels d'un des enfants pris comme cible de leur pulsion de destruction. Le clinicien doitêtre capable de signaler et d'analyser ces agissements au plus vite, pour essayer de corriger ce déséquilibre déficient et dangereux. Il n'y a pas pour un enfant situation plus douloureuse que de se voir par sa propre famille, coupésymboliquement de tout espoir d'appartenance, d'attachement, voire même de filiation. De même il n'y a pas de situation plus dramatique pour un enfant ou un adolescent
3Ramirez, H. 1999. La Famille institution originaire. Le Divan familial N° 3 p. 184-193
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que de se sentir sans passéhistoire et avec le sentiment que l'avenir ne lui, sans appartient pas ; qu'il est barrépour lui. Rapidement il arriveraàla conclusion que sa vie ne s'inscrit nulle part, qu'il n'existe pas réellement. Franchir le pas et s'éliminer physiquement sembleêtre une conclusion logique pour lui. Un enfant, un adolescent a besoin de repères ; mais ce manque de repères est plus violemment ressenti, quand ce sont les propres parents qui se chargent de brouiller les pistes ; quand ces mêmes parents ne veulent accepter pleinement, qu'il y a une distance générationnelle entre eux et leurs enfants ; que la relation entre parents et enfants peutêtre tendre et très proches, mais sans donner le sentiment qu'ils sontégaux. Il doit y avoir en toute circonstance une distance géné. leelnnioatr Enfin, bienévidement nous n'excluions pas le renforcementéconomique des familles en détresse, mais ce n'est pas là l'action prioritaire pour pallier au plus pressé. L'accueil, et un soutien psychologique efficace doitêtre au moins concomitants ou parallèles avec ce renforcement.
Hernando Ramirez A. Psychanalyste – Thérapeute du Groupe Familial et du Couple. Neuilly-sur-Seine Octobre 2011
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