Réponse de Franz-Olivier Giesbert à la réponse de Jean-François Copé pour son éditorial : "Quand M. Copé s

Réponse de Franz-Olivier Giesbert à la réponse de Jean-François Copé pour son éditorial : "Quand M. Copé s'en ira, la droite se réveillera" (Publié le 14 novembre 2013)

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Réponse de Franz-Olivier Giesbert à la réponse de Jean-François Copé pour son éditorial : "Quand M. Copé s'en ira, la droite se réveillera" (Publié le 14 novembre 2013)
Publié précédemment sur Le Point à cette adresse : http://tinyurl.com/pa7v73y

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Publié le 03 décembre 2013
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Langue Français
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Du fond ! de la rigueur ! de l'éthique !
Cher Jean-François Copé,
Je regrette que tu ne répondes pas sur le fond à l'éditorial de la semaine dernière. Certes, je m'attendais à me voir traité de filloniste, juppéiste, baroiniste, NKMiste, wauquieziste ou d'autres noms qui sont pour toi d'oiseau. Tu as préféré faire de moi "un ami de Hollande" qui aurait eu le tort d'évoquer, suprême blasphème, sa "vive intelligence".
Cela t'a sans doute échappé, mais on peut avoir des qualités et faire une mauvaise politique : c'est souvent arrivé dans l'Histoire. En ce qui concerne Hollande, tous nos lecteurs savent que nous sommes très hostiles, depuis le premier jour, à sa politique économique. En ce qui te concerne, même si l'UMP se porte mal sous ta houlette, tu oublies que je m'inclinais, dans l'éditorial incriminé, devant ta "niaque " ou ton "énergie".
L'heure me semblant trop grave pour tomber dans les petites polémiques, je suis attristé que tes conseillers et toi n'ayez trouvé comme arguments qu'une série d'anathèmes transformant l'auteur de ces lignes en antigaulliste haineux et cynique, voire soixante-huitard, ennemi de la nation, de la laïcité, de la sécurité, de la famille, du libéralisme ou de l'économie de marché.
Bouffre ! Ce sont pourtant là des valeurs queLe Pointdéfend à longueur de colonnes, sous toutes ses plumes, y compris la mienne. De grâce, finissons-en avec les procès ridicules. Prenons de la hauteur. Ce qui est en jeu, cher Jean-François, c'est l'avenir de l'opposition à l'heure de la montée du Front national. Un sujet qui me paraît beaucoup plus intéressant que les querelles d'ego ou de chiffonniers.Alors que le gouvernement poursuit sa descente aux enfers, la droite parlementaire ne remonte pas la pente. Dans le dernier sondage du Journal du dimanche, une grande majorité de Français (74 %) estime même qu'elle ferait pareil ou moins bien que la gauche au pouvoir. Ne penses -tu pas qu'il y a un problème ? Passons sur une autre enquête d'opinion (2) qui révélait récemment ta catastrophique impopularité depuis les conditions plus que troubles, pour rester poli, de ton arrivée à la présidence de l'UMP : tu as perdu l'élection interne, tu as pris la présidence du parti. Où sont la morale et l'éthique là-dedans ? Comment, après cela, donner des leçons de déontologie à la gauche ou aux autres ?
Ce n'est pas "l'idée gaulliste d'un projet, d'une autorité, d'une éthique de la décision" qui nous serait insupportable, bien au contraire. Ce qui préoccupe tous les républicains de ce pays, c'est que, sous ta "présidence", la droite civilisée, comme on dit, n'ait pas avancé d'un pouce sur ces terrains-là, pour le plus grand bonheur de Hollande et des populistes dont tu es devenu l'allié objectif en bloquant par clanisme la renaissance de l'UMP. Tu n'as évidemment pas répondu là-dessus. Les invectives, les grands mots, les phrases creuses et la langue de bois n'y changeront rien, cher Jean-François : comme dit le proverbe normand, quand on oublie le fond, on y reste.
1.Permets-moi de ne pas jouer la comédie et de te tutoyer, comme nous le faisons depuis au moins
une mauvaise opinion de Jean-François Copé.