4 pages
Français

Femme enc ein te , F emme à risque - Femme enceinte, Femme à ...

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Femme enc ein te , F emme à risque - Femme enceinte, Femme à ...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 173
Langue Français
31
Article parrainé par la DSME
IER
Ce jour-là, à Niamey, au cours du
repas de midi, Salamatou, ma
bonne, vient me demander une
avance de dix mille francs sur son
salaire. Je lui dis oui, mais je lui
demande pourquoi.
« - Ma nièce vient de mourir.
- Elle est morte de quoi ?
- Elle est morte en couche.
- Qu’est ce qui s’est passé ?
- Elle n’arrivait pas à accoucher.
Elle était en travail depuis trois
jours et elle saignait. On voulait
l’amener à l’hôpital, mais sa belle
mère a dit que ce n’était pas bien.
Elle a dit qu’elle a déjà accouché
plusieurs fois, alors elle doit être
patiente. Elle est morte chez elle.
- C’était une première grossesse ?
- Non, elle a déjà quatre filles, une
de douze ans et une de six ans,
une de deux ans et une d’un an.
- C’est bien triste. Où est son mari
?
- Il est mort il y a trois mois après
une longue maladie qui l’a beau-
coup fatigué.
- Elle a fait le test du VIH pendant
DOSS
la grossesse ?
- Non, elle a eu peur.
- Et qu’est ce que tu vas faire avec
ces dix mille francs ?
- C’est pour aider sa grande fille à
retourner dans la famille de ma
nièce.
- Elle doit partir ? Et pourquoi ?
- Si elle reste, on va la marier. Vous
vous rendez compte, à douze ans !
- J’ai un peu de mal à me rendre
compte.
- En tout cas.
- Et parmi les quinze enfants que
vous êtes, tu es la seule à donner de
l’argent ?
- Vous savez, dans les familles polyg-
ames, ce n’est pas toujours la bonne
entente entre les enfants des différ-
entes mères. Et puis comme je suis
ici, c’est à moi de m’en occuper. »
Le soir, je passe à la superette de
mon quartier. Je vois Nana, la
vendeuse de beignet, qui est en
pleurs. Je m’approche d’elle.
« - Mon Docteur, si tu savais, on vient
de m’annoncer que ma petite sœur
vient de mourir.
- Elle est morte de quoi ?
- Elle est morte en couche.
- Qu’est ce qui s’est passé ?
- Elle n’arrivait pas à accoucher.
On l’a amenée pour une césari-
enne, mais elle est morte au
début de l’opération. Elle était
trop fatiguée. On n’a même pas
sorti le bébé.
- C’était une première grossesse
?
- Oui. Mais elle n’a pas été
soignée
quand
elle
était
enceinte.
- Elle était malade ?
- Non, mais elle vomissait et le
corps était enflé.
- …
-
Ma
famille
me
réclame
cinquante mille francs pour les
funérailles : il faut préparer le
repas à ceux qui viennent
présenter les condoléances et
aussi payer le transport de ceux
qui sont venus de loin.
- Tu ne penses pas qu’il aurait
mieux valu dépenser l’argent
pour suivre la grossesse et éviter
les grandes fatigues qui tuent les
mamans, plutôt que payer pour
célébrer la mort ?
- Mais si, mon Docteur, tu as bien
raison. En plus, ils vont faire des
repas copieux pour des gens qui
n’ont jamais rien fait pour ma
sœur de son vivant et ça, ça ne
laisse pas les morts tranquilles.
Mais je suis d’accord avec toi,
mon Docteur, je pense que c’est
mieux de donner l’argent pour
payer les médicaments pendant
la grossesse. Je vais garder mes
cinquante mille francs, et qu’ils la
laissent tranquille, maintenant.
- Quand ta fille sera enceinte, un
jour,
tu
t’occuperas
d’elle
pendant sa grossesse ?
- En tout cas… »
F
e
m
m
e
e
n
c
e
i
n
t
e
,
F
e
m
m
e
à
r
i
s
q
u
e
!
F
e
m
m
e
e
n
c
e
i
n
t
e
,
F
e
m
m
e
à
r
i
s
q
u
e
!
L
e
s
f
e
m
m
e
s
v
i
v
a
n
t
d
a
n
s
l
e
s
p
a
y
s
e
n
v
o
i
e
d
e
d
é
v
e
l
o
p
p
e
m
e
n
t
o
n
t
3
0
0
f
o
i
s
p
l
u
s
d
e
r
i
s
q
u
e
d
e
m
o
u
r
i
r
d
e
c
o
m
p
l
i
c
a
t
i
o
n
s
l
i
é
e
s
à
l
a
g
r
o
s
s
e
s
s
e
o
u
à
l
a
c
c
o
u
c
h
e
m
e
n
t
q
u
e
c
e
l
l
e
s
d
e
s
p
a
y
s
i
n
d
u
s
t
r
i
a
l
i
s
é
s
.
L
h
i
s
t
o
i
r
e
d
e
l
a
n
i
è
c
e
d
e
S
a
l
a
m
a
t
o
u
,
c
o
m
m
e
c
e
l
l
e
d
e
l
a
s
œ
u
r
d
e
N
a
n
a
,
e
n
t
é
m
o
i
g
n
e
d
a
n
s
c
e
d
o
s
s
i
e
r
,
c
o
n
s
a
c
r
é
à
l
a
g
r
o
s
s
e
s
s
e
e
t
a
u
x
m
o
y
e
n
s
d
e
n
é
v
i
t
e
r
l
e
s
c
o
m
p
l
i
c
a
t
i
o
n
s
.
C
e
s
t
p
a
r
l
a
m
é
l
i
o
r
a
t
i
o
n
d
e
l
a
c
c
è
s
a
u
x
s
o
i
n
s
o
b
s
t
é
t
r
i
c
a
u
x
,
m
a
i
s
a
u
s
s
i
p
a
r
l
e
s
p
a
c
e
m
e
n
t
d
e
s
n
a
i
s
s
a
n
c
e
s
q
u
i
d
o
n
n
e
à
l
a
f
e
m
m
e
l
e
t
e
m
p
s
d
e
s
e
r
e
p
o
s
e
r
e
n
t
r
e
d
e
u
x
g
r
o
s
s
e
s
s
e
s
e
t
l
a
p
o
s
s
i
b
i
l
i
t
é
d
e
m
i
e
u
x
s
o
c
c
u
p
e
r
d
e
s
o
n
e
n
f
a
n
t
,
q
u
o
n
é
v
i
t
e
r
a
l
e
s
d
r
a
m
e
s
r
a
c
o
n
t
é
s
p
a
r
S
a
l
a
m
t
o
u
,
N
a
n
a
,
e
t
b
i
e
n
d
a
u
t
r
e
s
q
u
i
p
l
e
u
r
e
n
t
l
e
u
r
s
s
œ
u
r
s
,
l
e
u
r
s
f
e
m
m
e
s
,
l
e
u
r
s
f
i
l
l
e
s
o
u
l
e
u
r
s
m
è
r
e
s
.
N°03-2009