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Le Royaume-Uni fait-il vraiment partie de l'Europe ?

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Le Royaume-Uni fait-il vraiment partie de l'Europe ?

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Le Royaume-Uni fait-il vraiment partie
de l’Europe ?
Malgré une longue histoire commune avec les autres États
européens, le Royaume-Uni semble ne participer à la construction
européenne qu’à contrecoeur. Son opinion publique est
eurosceptique et ses élites n’ont jamais soutenu les projets
d’intégration politique à l’échelle européenne. Cependant,
le Royaume-Uni s’est pleinement investi dans la création du marché
commun. Son euroscepticisme politique s’accompagne ainsi d’une
intégration très poussée dans l’Europe économique.
Un État européen apparemment hostile à la construction
européenne
Historiquement, il est évident que le Royaume-Uni fait partie de l’Europe. Il
a été exposé à des vagues de peuplement venues d’Europe continentale,
sous la forme d’invasions saxonnes et scandinaves. Pendant quatre siècles,
il a fait partie de l’Empire romain. Il a été christianisé à partir du septième
siècle, avant de participer au mouvement européen de la Réforme protestante
[
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Q 2]
. En 1688, l’Angleterre confia la couronne à Guillaume d’Orange, venu
des Pays-Bas. Puis, en 1714, elle la donna à George I
er
, issu d’une dynastie
germanique encore sur le trône britannique aujourd’hui. Le Royaume-Uni
a pleinement participé aux courants intellectuels européens. Il a fourni des
penseurs essentiels au mouvement des Lumières : Newton (1643-1727),
fondateur de la physique moderne, John Locke (1632-1704), inventeur avant
Rousseau de la théorie du contrat social, Adam Smith (1723-1790), fondateur
de l’économie moderne. Il a aussi produit des artistes majeurs du mouvement
romantique européen, comme les poètes Byron (1788-1824) et Wordsworth
(1770-1850), ou le peintre Turner (1775-1851). Le Royaume-Uni a participé à
de nombreux conflits sur le sol européen, en particulier les guerres napoléo-
niennes, et bien sûr les deux guerres mondiales. Manifestement, l’histoire du
Royaume-Uni ne peut se comprendre sans l’Europe.
Pourtant, le Royaume-Uni n’est entré qu’à reculons dans la Communauté
européenne. Il a d’abord soutenu la construction européenne de loin, sans vouloir
y participer. Ainsi, Churchill appela à la création des « États-Unis d’Europe » dès
1946, tout en soulignant que le Royaume-Uni ne devait pas en faire partie. La
politique des « trois cercles » mettait l’accent sur les relations avec les États-Unis ,
suivies par les relations avec le Commonwealth, et, en dernier, avec l’Europe.
En 1951, le Royaume-Uni refusa d’entrer dans la Communauté européenne du
Charbon et de l’Acier. Puis, en 1957, il ne signa pas le traité de Rome, instituant
la Communauté européenne. Par pragmatisme, il finit par faire acte de candi-
dature en 1961, mais deux vetos de Charles de Gaulle
reportèrent l’entrée du
Royaume-Uni dans la Communauté à 1973, soit seize ans après sa création.
Les réticences britanniques à l’intégration européenne n’ont pas disparu avec
l’entrée dans la Communauté. Dans les années 1990, le Royaume-Uni a choisi
de ne pas participer au projet de monnaie unique, si bien que l’euro n’a toujours
pas été adopté outre-Manche. Si Tony Blair
a finalement signé la Charte sociale
en 1997 (huit ans après sa création), il a néanmoins obtenu que le Royaume-Uni
soit exempté de la règle fixant la durée maximale de travail hebdomadaire à
48 heures. Enfin, le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’espace Schengen : un
citoyen français peut se rendre partout dans l’Union européenne (et même en
Suisse, bien que ce pays ne soit pas dans l’Union !) sans devoir montrer sa carte
d’identité, alors qu’il lui faudra la présenter s’il veut traverser la Manche.
Un euroscepticisme profondément enraciné
Le mot « euroscepticisme » a été inventé au Royaume-Uni dans les années
1980. Ce n’est pas un hasard : l’opinion britannique est extrêmement euroscep-
tique. En juin 2008, seuls 30 % des Britanniques pensaient que la présence de
leur pays dans l’Union européenne était une bonne chose. Parmi les vingt-sept
pays de l’Union, seule la Lituanie faisait preuve d’un enthousiasme moindre.
Le taux de participation des Britanniques aux élections européennes est parmi
les plus faibles. S’il est passé de 24 % en 1999 à 34 % en 2009, c’est surtout
parce que l’offre politique s’est étendue pour donner aux électeurs de plus
grandes possibilités d’exprimer leur euroscepticisme.
Ainsi, en 2009, le United Kingdom Independence Party, qui souhaite que le
Royaume-Uni sorte de l’Union, a obtenu 16,5 % des voix, se classant second
derrière un parti conservateur (27,7 % des voix) qui avait annoncé son intention
de rejoindre les nationalistes souverainistes au sein du Parlement européen.
Les partis pro-européens, quant à eux, réunissaient 15,7 % des voix pour le
parti travailliste, et 13,7 % pour les libéraux-démocrates. La position du parti
conservateur
est symptomatique : en Europe de l’Ouest, il s’agit du seul parti
de centre-droit hostile à la construction européenne. C’est qu’au Royaume-Uni,
l’euroscepticisme est la norme. Lorsqu’un Britannique parle de « l’Europe »,
c’est en général pour désigner le continent, par opposition au Royaume-Uni.
Les eurosceptiques britanniques soulignent la menace que constitue la
construction européenne pour la souveraineté nationale. La perspective de
l’adoption de l’euro fait l’objet de leurs attaques les plus virulentes. Ils dénoncent
En bref…
Le Royaume-Uni fait-il vraiment partie de l’Europe ?
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