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Dyson ou le bonheur d'inventer

3 pages
Dyson ou le bonheur d'inventer Outre-Manche, Dyson est pourtant célèbre pour son engagement politique en faveur des PME qui croulent sous les taxes et le prix des brevets. Et l'entrepreneur sait de quoi il parle ! Sa principale trouvaille a failli ne pas voir le jour en raison des coûts liés aux dépôts de brevets et aux frais juridiques engagés contre son principal concurrent, Hoover. Présente dans 52 pays, la marque Dyson réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de 766 millions d'euros et ne compte pas en rester là... Géo trouvetout C'est en 1970, alors qu'il étudie au Royal College of Art, que James Dyson dessine son premier produit : le Sea Truck (sorte de poids lourd des mers), puis une brouette dont il remplace la Art, roue par un ballon. On lui doit ensuite le flexible intégré que l'on voit sur la plupart des aspiro-brosseurs mais c'est au premier aspirateur sans sac, imaginé en 1978 et commercialisé sous la marque Dyson au début des années 90, qu'il doit le début de sa fortune. Au même moment, il inaugure son propre complexe de recherche et de fabrication dans le Wiltshire, non loin de chez lui, et développe un appareil capable d'aspirer des particules encore plus fines que la poussière (jusqu'aux particules microscopiques aussi petites que la fumée de cigarette). Le système Dual Cyclone? est la première révolution technologique dans le monde de l'aspirateur depuis son invention en 1901. Le secret de sa réussite ? « Savoir échouer.
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Dyson ou le bonheur d'inventer
Outre-Manche, Dyson est pourtant célèbre pour son engagement politique en faveur des PME qui croulent sous les taxes et le prix des brevets. Et l'entrepreneur sait de quoi il parle ! Sa principale trouvaille a failli ne pas voir le jour en raison des coûts liés aux dépôts de brevets et aux frais juridiques engagés contre son principal concurrent, Hoover. Présente dans 52 pays, la marque Dyson réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de 766 millions d'euros et ne compte pas en rester là...
Géo trouvetout
C'est en 1970, alors qu'il étudie auArt,Royal College of James Dyson dessine son premier que produit : le Sea Truck (sorte de poids lourd des mers), puis une brouette dont il remplace laArt, roue par un ballon. On lui doit ensuite le flexible intégré que l'on voit sur la plupart des aspiro-brosseurs mais c'est au premier aspirateur sans sac, imaginé en 1978 et commercialisé sous la marque Dyson au début des années 90, qu'il doit le début de sa fortune.
Au même moment, il inaugure son propre complexe de recherche et de fabrication dans le Wiltshire, non loin de chez lui, et développe un appareil capable d'aspirer des particules encore plus fines que la poussière (jusqu'aux particules microscopiques aussi petites que la fumée de cigarette). Le système Dual Cyclone? est la première révolution technologique dans le monde de l'aspirateur depuis son invention en 1901.
Le secret de sa réussite ? «Savoir échouer. Ne pas avoir peur ni d'essayer ni de se tromper. J'ai mis au point 5.127 prototypes avant de développer le premier aspirateur qui ne d'es - sayer déve -lopper perdait pas d'aspiration. Et en affaires aussi, je me suis trompé, en déposant notamment la brouette Ballbarrow, une de mes premières inventions, au nom d'une compagnie qui n'était pas à moi. Désormais, chez Dyson, nous protégeons nos inventions avec une grande rigueur ». En quarante ans, James Dyson a mis au point des ventilateurs, sèchemains, aspirateurs, moteurs numériques révolutionnaires - 6 lancements rien qu'en 2010 -, et travaille toujours sur des technologies tenues secrètes (purificateurs d'air et batteries recyclables pour voitures électriques...). D'ailleurs, quand on lui demande à quoi ressemblera l'aspirateur de demain, il répond amusé : «Je ne peux pas vous en parler car nous travaillons déjà sûrement dessus !».
Conseiller avisé
En octobre 2009, les Tories lui demandent de formuler des recommandations pour redorer le blason économique de la Grande-Bretagne et redevenir le 1er exportateur européen de hautes technologies. Son rapport - Ingenious Britain - invite le gouvernement britannique à investir dans de grands travaux d'infrastructure, encourager les enseignements et carrières techniques et scientifiques, généraliser le crédit impôt recherche et soutenir les initiatives des «business angels» sur le modèle de ce que la France a déjà pu mettre en place pour soutenir ses entreprises les plus innovantes. «Le gouvernement doit être à l'initiative de ce changement. Nous avons la chance en Angleterre d'avoir un système universitaire mondialement connu et des sociétés spécialisées en technologie et ingénierie. Nous pouvons capitaliser sur cette réussite : nous devons encourager plus de lycéens à devenir des ingénieurs et des scientifiques en développant une véritable culture de ces métiers à l'école, en inspirant les nouveaux talents. Puis, nous devons leur apprendre à transformer leurs idées en produits commercialement viables », assène l'inventeur qui dénonce également les frais annuels de renouvellement de brevet. «Pour les start-up et les PME-PMI, le coût de ces frais peut être écrasant. Et il ne les protège pas nécessairement. Les copies chinoises sont monnaie courante : nous luttons actuellement contre leur recrudescence. Mais Dyson n'est pas le seul à en pâtir. Pendant que nous investissons des millions en R&D, des sociétés chinoises peu scrupuleuses menacent notre économie, nos emplois et la valeur de nos exportations. Les autorités devraient appeler à un renforcement des règles et mettre au point un système de recherche de brevets en cas de constat d'infractiond'Ingenious »recommandations Britain, le chancelier George Osborne a annoncé en mars dernier une hausse de 225% du crédit impôt recherche. James Dyson participe aujourd'hui, aux côtés des plus grands industriels britanniques (Rolls Royce, GSK, British Gas...), authink tank mis en place par David Cameron, pour relancer l'économie britannique, en berne depuis la crise financière amorcée en 2008.
Roi de l'aspiration portable
Chiffre d'affaires 2010 :766 millionsd'euros.80%du chiffre est réalisé hors Royaume-Uni. Présent dans52 pays. pays.
2.730personnes (dont 700 ingénieurs). En 2010, Dyson a consacré39 millionsd'euros à la R&D.
Capital :100%James Dyson. Concurrence : Hoover, Miele, Electrolux, Philips, Rowenta...
Il n'arrête jamais !
Le grand combat de James Dyson aujourd'hui est d'encourager les formations d'ingénieurs afin d'en augmenter le nombre pour renforcer la créativité. Selon lui, seule une économie basée sur la production de biens manufacturés est génératrice de richesse saine et pérenne. Et seule l'innovation perrisques. À titre d'exemple, nous avons doublé nos effectifs d'ingénieurs dans un contexte de récession économique. Nos rangs renforcés travaillent activement à développer les nouvelles technologies de ces cinq à dix prochaines années. Nous avons fait le choix stratégique de réinjecter l'essentiel de nos bénéfices dans notre essence vitale : la R&D». Rien qu'en 2010, Dyson a englouti 39 millions d'euros pour sa recherche et embauché 200 nouveaux ingénieurs.
Lorsqu'il n'est pas enfermé dans un laboratoire, James Dyson continue de rêver et d'inventer. « J'essaie de dégager de plus en plus de temps pour le passer avec mes petits-enfants. On fait des pistes de billes, toutes sortes d'expériences comme des dômes géodésiques avec des piques apéritifs, des ponts en spaghetti... Je suis fasciné par la capacité d'émerveillement des enfants pour les objets qui les entourent et leur envie de réaliser des choses de leurs mains, de construire, de fabriquer... Les enfants sont, de manière innée, curieux de fonctionnement et du pourquoi des choses. J'apprends beaucoup grâce à eux, c'est très stimulant !». À soixante-quatre ans, l'inventeur n'a jamais paru aussi jeune. C'est le bonheur de créer !