Et de quatre pour Diawara ?

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Et de quatre pour Diawara ? Les qualificatifs pour parler de Souleymane Diawara ne manquent pas. Chacun s'accorde à dire qu'il est un excellent défenseur, même s'il traîne souvent les pieds quand il faut faire des tours de terrain à l'entraînement. Ses coéquipiers disent aussi de lui qu'il est un joueur de charisme dans un groupe ; à sa manière, il montre l'exemple. Evidemment, il est aussi chambreur. Certainement pas autant que Franck Ribéry, dans un autre genre, mais il sait voir le détail qui fait mouche, trouver la réflexion qui fera rire les autres, détecter les petits travers des uns et des autres. Une façon d'être le boute- en-train de l'équipe. Une façon aussi de se mettre à l'abri des réflexions des autres, ou de s'adapter facilement à toutes les situations. Car s'il a désormais un palmarès bien rempli et qu'il est reconnu par ses pairs, Diawara a mis longtemps avant de trouver sa place dans le football. Il était pourtant tombé dedans dès son plus jeune âge. Né le 24 décembre 1978 à Gabou, au Sénégal, Souleymane Diawara a passé toute son enfance au Havre, dans le quartier de Caucriauville. Il s'agit d'un quartier populaire, duquel sont sortis plusieurs autres joueurs professionnels, comme Vikash Dhorasoo, Charles N'Zogbia, Julien Faubert ou encore Djibril Diawara, le grand frère de Souleymane. Sans oublier évidemment Mamadou Niang, le compère inséparable du défenseur. On les imagine bien faisant les quatre cents coups ensemble et tapant dans le ballon après l'école.

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Publié le 06 avril 2011
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Langue Français
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Et de quatre pour Diawara ?

Les qualificatifs pour parler de Souleymane Diawara ne manquent pas. Chacun s'accorde à dire qu'il est un excellent défenseur, même s'il traîne souvent les pieds quand il faut faire des tours de terrain à l'entraînement. Ses coéquipiers disent aussi de lui qu'il est un joueur de charisme dans un groupe ; à sa manière, il montre l'exemple. Evidemment, il est aussi chambreur. Certainement pas autant que Franck Ribéry, dans un autre genre, mais il sait voir le détail qui fait mouche, trouver la réflexion qui fera rire les autres, détecter les petits travers des uns et des autres. Une façon d'être le boute-en-train de l'équipe. Une façon aussi de se mettre à l'abri des réflexions des autres, ou de s'adapter facilement à toutes les situations. Car s'il a désormais un palmarès bien rempli et qu'il est reconnu par ses pairs, Diawara a mis longtemps avant de trouver sa place dans le football. Il était pourtant tombé dedans dès son plus jeune âge. Né le 24 décembre 1978 à Gabou, au Sénégal, Souleymane Diawara a passé toute son enfance au Havre, dans le quartier de Caucriauville. Il s'agit d'un quartier populaire, duquel sont sortis plusieurs autres joueurs professionnels, comme Vikash Dhorasoo, Charles N'Zogbia, Julien Faubert ou encore Djibril Diawara, le grand frère de Souleymane. Sans oublier évidemment Mamadou Niang, le compère inséparable du défenseur. On les imagine bien faisant les quatre cents coups ensemble et tapant dans le ballon après l'école. Même si leurs chemins se sont séparés quand l'attaquant a dû quitter le centre de formation normand, cette amitié très forte a perduré. Ils ne se sont jamais perdus de vue et étaient ravis d'évoluer ensemble la saison dernière à l'OM. Pourtant, Diawara commence à être lassé qu'on lui parle beaucoup de son copain et de ses choix. Du coup, quand il apprend que des rumeurs l'envoient aussi en Turquie, il rétorque, agacé : "Moi, en Turquie ?! On croit que Niang est mon père ou quoi ?!" Malgré leur amitié, on ne peut pas dire que le parcours des deux comparses havrais ait suivi la même trajectoire. Leurs chemins ont tout de même un point commun, il a été très bosselé. Celui de Niang s'est arrêté net au centre de formation, en raison de problèmes de discipline. Celui de Diawara a mieux commencé, mais il a tout de même eu du mal à se faire une place dans la durée en Ligue 1.

Formé au Havre, le jeune défenseur a ensuite logiquement intégré l'équipe professionnelle, en 1999. Sous la houlette de Jean-Marc Nobilo, il y a appris son métier. L'éducateur normand le suivait de près. Il continuait à lui faire confiance, même quand il avait du mal à percer. "Sans lui, il y en a pas mal qui seraient allés droit dans le mur, moi le premier, expliquait le défenseur dans un entretien à football365.fr. Franchement, je ne le remercierai jamais assez. Je le dis à chaque fois. Ce qu'il a fait pour moi, c'est grand. Nobilo y est pour beaucoup dans la réussite des joueurs passés par le centre de formation du Havre".

Laurent Blanc a cru en lui

En Ligue 2, il a ainsi fait ses gammes, avant de retrouver l'élite en 2001. Deux ans plus tard, alors qu'il a 25 ans, Diawara décide de changer d'air. Il est temps pour lui de se frotter à un nouveau challenge. Il opte pour Sochaux, qui constitue une équipe de jeunes joueurs prometteurs. Avec les Pedretti, Frau, Richert, Pagis, Isabey ou Monsoreau et sous la houlette de Guy Lacombe, les Sochaliens enchaînent les belles performances. Mais malgré l'ambiance familiale qui règne au club, le défenseur a quelques difficultés à tirer son épingle du jeu. Il alterne le bon et le moins bon, sans jamais vraiment réussir à être régulier. Il découvre cependant l'Europe par le biais de la Coupe de l'UEFA. Des rencontres mémorables qui lui donnent un avant-goût du plus haut niveau européen. Trois ans plus tard et une Coupe de la Ligue en poche (déjà...), il veut encore monter d'un cran et décide de partir à l'étranger. Malheureusement, il ne fait pas le choix le plus judicieux en rejoignant Charlton. Il n'y trouve pas ce qu'il était venu chercher. Après une saison "anonyme" en Premier League, à 29 ans sa fin de carrière semble très mal engagée. Heureusement pour lui, certains entraîneurs ne se contentent pas d'observer les grands clubs étrangers. Ils traquent la "bonne affaire". C'est ainsi le cas de Laurent Blanc. Quand il s'installe sur le banc de Bordeaux en 2007, il fait de Souleymane Diawara une priorité pour sa défense. Au final, tout le monde est gagnant. Les Bordelais et Diawara remportent un titre et une Coupe de la Ligue (encore une...) en 2009. Le défenseur sénégalais prend une autre dimension. "Bordeaux est le club qui m'a sauvé la vie, estimait-il peu de temps après avoir rejoint l'OM. C'est grâce à Laurent Blanc et Jean-Louis Gasset que j'ai été élu deux fois dans l'équipe-type et que j'ai terminé meilleur défenseur en 2008-2009". Reconnaissant mais échaudé par trop d'occasions loupées, il profite de sa bonne période pour changer de club et "passer à l'ennemi" en signant à Marseille. Il y retrouve Mamadou Niang, avec lequel il est ravi de rejouer. Il s'impose très vite, malgré un début d'exercice poussif de l'OM alors que Bordeaux caracole en tête. Finalement, la suite de la saison lui donne raison. Les Bordelais s'écroulent et Marseille remporte la Coupe de la Ligue (la 3ème pour Diawara...) et le titre que la ville attendait depuis si longtemps. Diawara aura été le porte-bonheur. Aujourd'hui, même s'il a parfois des airs très nonchalants, Souleymane Diawara reste un élément très important de l'équipe olympienne. En vrai leader de vestiaire, il ne mâche pas ses mots, surtout quand l'OM peine à rester dans le peloton de tête. Au journaliste de L'Equipe qui l'interrogeait sur les performances lilloises avant OM-Arles-Avignon, il rétorquait que "avant de parler de Lille, il faut penser à Rennes ou à Lyon, qui sont juste au-dessus. Vu notre niveau aujourd'hui, il est difficile de penser au titre. Des équipes sont actuellement largement meilleures que nous. Pensons d'abord à nous qualifier pour la Ligue des champions, après, on verra". Après la rencontre, plutôt pauvre, il estimait qu'il n'y avait pas de quoi fanfaronner, malgré les trois points pris. "On n'a pas pratiqué un beau jeu. On n'arrive pas à trouver nos repères, ni à se trouver sur le terrain. Il faut donner encore plus si on veut espérer quelque chose." Il en sait quelque chose, lui qui a remporté de nombreux trophées ces deux dernières années. Finalement, Souleymane Diawara aura fait les choses à l'envers. Quand d'autres rejoignent un cador de Ligue 1 avant de partir à l'étranger, lui s'est d'abord exilé, avant de revenir parmi les cadors. En trois saisons, il est passé du statut du joueur moyen à celui de joueur qui gagne. Quant à son avenir, il le voit toujours en ciel et blanc. "Pourquoi ne pas finir à l'OM ? s'interrogeait-il récemment. J'ai signé pour quatre ans. Si je peux aller au bout de mes quatre ans à Marseille, voire plus, tant mieux. Je suis très bien ici. Je veux revivre des moments forts comme l'an passé avec ce maillot de l'OM". Il en a encore la possibilité, en championnat, mais aussi en Coupe de la Ligue, qu'il espère bien remporter pour la 4ème fois. Il serait ainsi le seul joueur à avoir réussi une telle performance.

A noter que Le Foot Marseille devient bimensuel (2 fois par mois) avec une nouvelle formule à 2,90€, dès le 7 avril en kiosques.