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Hold-up sur les présidentielles

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Hold-up sur les présidentielles Sept Français sur 10 n' aiment pas leurs politiques, les jugeant plus corrompus et plus schizo que jamais, ils ont adoré leurs ébats des primaires et poursuivi le feuilleton en livede2012. Premier épisode, la chute du héros annoncé où le supplicié DSK et ses fans virent leurs espérances se consumer en direct sur le bûcher des vanités de l'info. Un choc sans pitié, sans mesure, sans frontière. L'implacable ronde était lancée. 20 troubles minutes dans un hôtel New Yorkais 5 étoiles transformée, l'espace d'un matin, en hôtel de passe allait changer, sous nos yeux écarquillés, le cours de l'histoire de France. Jamais un feuilleton de campagne ne fit une entrée aussi fracassante. La série tenait le monde en haleine, les Français aux premières loges n'en perdaient pas une image. Voici que s'achève, à son tour, le 2e épisode, celui du hold-up médiatique du siècle. Des primaires s'octroient 10 heures de télévision sans le moindre opposant, du jamais vu par nos temps de parité démocratique. Une droite atone, abasourdie, réduite aux petites phrases impuissantes à contenir le fleuve incandescent des arguments socialistes déferlant sur l'océan déchaîné des médias. Le PS se répartit déjà les ministères Curieux ovni que ces primaires mi télé-réalité par leur jeu de rôles, mi-jeu télé par leur format : un vainqueur et des milliers de perdants pour ne pas avoir choisi le bon numéro entre let 6.
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Hold-up sur les présidentielles
Sept Français sur 10 n' aiment pas leurs politiques, les jugeant plus corrompus et plus schizo que jamais, ils ont adoré leurs ébats des primaires et poursuivi le feuilleton en livede2012. Premier épisode, la chute du héros annoncé où le supplicié DSK et ses fans virent leurs espérances se consumer en direct sur le bûcher des vanités de l'info. Un choc sans pitié, sans mesure, sans frontière. L'implacable ronde était lancée. 20 troubles minutes dans un hôtel New Yorkais 5 étoiles transformée, l'espace d'un matin, en hôtel de passe allait changer, sous nos yeux écarquillés, le cours de l'histoire de France. Jamais un feuilleton de campagne ne fit une entrée aussi fracassante. La série tenait le monde en haleine, les Français aux premières loges n'en perdaient pas une image. Voici que s'achève, à son tour, le 2e épisode, celui du hold-up médiatique du siècle. Des primaires s'octroient 10 heures de télévision sans le moindre opposant, du jamais vu par nos temps de parité démocratique. Une droite atone, abasourdie, réduite aux petites phrases impuissantes à contenir le fleuve incandescent des arguments socialistes déferlant sur l'océan déchaîné des médias.
Le PS se répartit déjà les ministères
Curieux ovni que ces primaires mi télé-réalité par leur jeu de rôles, mi-jeu télé par leur format : un vainqueur et des milliers de perdants pour ne pas avoir choisi le bon numéro entre let 6. Qu'importe la machine à perdre annoncée s'est faite machine à gagner. De cet anschluss rosé a jailli le nouvel héros de la série : Flamby le conquérant. Et déjà bruisse dans les couloirs de l'Assemblée la distribution des rôles du prochain gouvernement aux acteurs de la pièce. Martine Aubry à la Culture, Montebourg à la Justice, Vais à l'Intérieur, Baylet à l'Industrie et au Commerce, Ségolène Royal est toujours là où on ne l'attend pas, au perchoir. Place donc au 3e épisode : La Droite, le retour, ou la guerre des 100 jours. 100 jours pour reconquérir le terrain médiatique perdu, 100 jours pour endiguer la poussée socialiste, 100 jours pour détruire une à une ses promesses annoncées, 100 jours pour convaincre de son bien fondé à conserver le pouvoir. La vraie bataille commence. Elle se jouera sur 5 terrains à la fois. D'abord celui de la crédibilité. L'offensive de l'UMP va mettre à mal le catalogue des propositions PS, entraîné à sa perte dans la spirale de la surenchère des candidats. Le jeu sera facile : l'addition est salée, le total des promesses monte à 250 Milliards d'Euros. Mais le jeu est faussé, leur programme commun n'est pas le projet Hollandais : son temps viendra. Avantage donc à Sarkozy. Deuxième champ, celui du caractère. Martine Aubry et Ségolène Royale ont perdu une bonne occasion de se taire. La gauche molle sera le bling bling de leur
Présidentiable. Good Luck ! La droite ne pouvait rêver meilleur coup de poignard dans le dos. Avantage Sarkozy. Autre élément du choix : le rassemblement. Sarkozy en a rêvé, Hollande l'a fait. Au président sortant à mettre de l'ordre sur ses terres, pour l'heure, l'avantage va à son adversaire. Vient ensuite l'empathie. Toute élection rime avec séduction, sans envie de l'autre, elle est perdue. Et la question se pose : Nicolas Sarkozy réussira-t-il à briser cette côte de haine que lui porte les Français ? Ce sera l'enjeu du prochain épisode : « Sarko est atrivé-é-é ». Mais il nous faudra attendre Février et se satisfaire d'une aussi longue absence.
Qui va gagner ?
Reste les deux critères fondamentaux, ceux qui feront la différence, en commençant par la Vision. On vote pour une idée pas pour une idéologie. Cette « certaine idée de la France » selon le général de Gaulle qui tracera « les nouvelles frontières » de cette société autrement qu'espèrent les Français. Mais l'élément décisif sera l'expérience. Comment pourrait-il en être autrement en temps de crise. Imaginez-vous dans un Airbus géant balloté au milieu des nuages, c'est hélas la France d'aujourd'hui, soudain, l'hôtesse prend son micro et annonce : « nous abordons le triangle des Bermudes d'une Europe en pleine tempête. Attachez vos ceintures, nous ne pourrons éviter les turbulences ! Pour les traverser, vous avez le choix : garder notre commandant de bord, aux manettes depuis notre départ, mais vous ne cessez de lui faire des reproches, ou confier les commandes à l'un des membres de l'équipage qui se propose. Seul hic, il n'a pas son brevet de pilote ». François Hollande a 6 mois pour le passer, de cette capacité naîtra le vainqueur ou le vaincu du vote. A suivre donc.