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"LA MAGIE VERTE N'A JAMAIS DISPARU !"

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"LA MAGIE VERTE N'A JAMAIS DISPARU !" Pascal, dans quelles conditions êtes-vous arrivé à St-Etienne en 1992 ? Dès qu'il a été nommé entraîneur, Jacques Santini, que j'avais eu comme coach à Toulouse, m'a appelé. J'étais en fin de contrat au TFC, je venais d'aligner plus de 250 matchs en L1 avec quelques grands moments au niveau européen, j'étais international après avoir été champion d'Europe Espoirs en 1988, rejoindre les Verts était logique dans ma progression de carrière. C'était surtout une énorme fierté. Je précise que je suis arrivé de Toulouse en même temps que Gérald Passi et Robin Huc. Vous arriviez avec de grosses ambitions dans un club qui repartait de l'avant ! Oui, le groupe Casino était revenu au club avec un partenariat majeur et Larqué comme directeur sportif. Très vite, Olivier Guichard allait prendre la présidence à la suite d'André Laurent pour concrétiser cette réelle ambition de repositionner le club parmi les meilleurs de France. Je me souviens d'ailleurs d'un titre de L'Equipe qui nous appelait la "dream team". Il y avait Blanc, Moravcic, Wolfarth qui arrivait du Bayern Munich, Bell... "LA RELATION FORTE ENTRE LE MANAGEMENT DE CHRISTOPHE (GALTIER) ET SON GROUPE A ÉTÉ UN ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR" Finalement, ces quatre saisons ont-elles répondu à votre attente ?

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Publié le 13 janvier 2011
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"LA MAGIE VERTE N'A JAMAIS DISPARU !"

Pascal, dans quelles conditions êtes-vous arrivé à St-Etienne en 1992 ? Dès qu'il a été nommé entraîneur, Jacques Santini, que j'avais eu comme coach à Toulouse, m'a appelé. J'étais en fin de contrat au TFC, je venais d'aligner plus de 250 matchs en L1 avec quelques grands moments au niveau européen, j'étais international après avoir été champion d'Europe Espoirs en 1988, rejoindre les Verts était logique dans ma progression de carrière. C'était surtout une énorme fierté. Je précise que je suis arrivé de Toulouse en même temps que Gérald Passi et Robin Huc.

Vous arriviez avec de grosses ambitions dans un club qui repartait de l'avant ! Oui, le groupe Casino était revenu au club avec un partenariat majeur et Larqué comme directeur sportif. Très vite, Olivier Guichard allait prendre la présidence à la suite d'André Laurent pour concrétiser cette réelle ambition de repositionner le club parmi les meilleurs de France. Je me souviens d'ailleurs d'un titre de L'Equipe qui nous appelait la "dream team". Il y avait Blanc, Moravcic, Wolfarth qui arrivait du Bayern Munich, Bell...

"LA RELATION FORTE ENTRE LE MANAGEMENT DE CHRISTOPHE (GALTIER) ET SON GROUPE A ÉTÉ UN ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR"

Finalement, ces quatre saisons ont-elles répondu à votre attente ? Au-delà des résultats qui ont été ce qu'ils ont été, j'ai vécu trois saisons et demie superbes dans un club extraordinaire qui m'a fait grandir en tant que footballeur mais aussi en tant qu'homme puisqu'il s'agissait de mon premier déménagement et que j'entraînais avec moi toute ma famille. D'ailleurs, une de mes filles est née à St-Etienne. Encore aujourd'hui, j'ai la fierté d'avoir porté ce maillot. Ce fut un choix mûrement réfléchi car j'avais aussi des contacts avec l'OM. Mais je ne l'ai jamais regretté même si les résultats auraient pu être meilleurs. L'ASSE, c'est le club de ma jeunesse et je me suis aperçu qu'il s'agissait aussi d'une culture qui correspondait bien à mes attentes et à mon tempérament.

Sportivement, vous l'avez dit, ça aurait pu être mieux ! Nous avons échoué de peu la première saison pour une qualification européenne... tout s'est joué lors de la dernière journée au goal-average. Nous avons également manqué une finale de Coupe de France chez nous face à Nantes avec un but de Nicolas Ouédec dans les dernières minutes qui a rempli 40 000 spectateurs de larmes. Cela s'est joué à peu de chose... Dommage car en se qualifiant pour une Coupe d'Europe on savait qu'on allait embraser toute la ville. Les deux autres saisons furent convenables, la dernière très difficile pour moi qui me suis fait opérer à quatre reprises d'un genou. J'avais 30 ans, j'ai peu joué et ça tombait d'autant plus mal que j'étais en fin de contrat. Je pense que sans cette blessure j'aurais fini ma carrière à Sainté. Pendant un an et demi, après Laurent Blanc, j'avais le brassard de capitaine, peut-être parce que je correspondais à certaines valeurs de combativité auxquelles les gens étaient sensibles. Je n'ai jamais été un des plus grands joueurs de l'ASSE mais je pense avoir laissé une bonne image car, avec mes moyens, j'ai toujours tout donné.

Que faites-vous aujourd'hui ? Je suis consultant pour Sud Radio et pour Orange Sport depuis cet été et, à ce titre, j'ai eu la chance de commenter certains matchs de St-Etienne cette saison. Cela me donne l'occasion de revoir certains anciens, Max Bossis notamment, qui est aussi consultant avec moi, et que j'avais eu comme directeur sportif à l'ASSE, à la suite de Larqué. J'ai aussi gardé des contacts parmi les journalistes locaux, dans l'encadrement du club, Jean-Philippe Primard, Christophe Galtier...

Depuis les années 90, St-Etienne a eu bien du mal à se stabiliser, repassant deux fois par la D2, ne revenant que de manière éphémère au niveau européen. Comment l'expliquez-vous ? L'ASSE est un club à part comme peuvent l'être, avec des caractéristiques différentes, Marseille, Paris ou Lens. St-Etienne est une ville ouvrière qui a un fort taux de chômage et une passion pour les Verts. J'ai profondément souffert de les voir descendre en D2 à mon départ. J'avais vu ce destin se dessiner avec la perte de nos meilleurs joueurs en 1995. Le club avait beaucoup dépensé, il lui avait fallu beaucoup vendre. Mais, malgré cette décennie d'instabilité, la magie n'a jamais disparu. Même en D2. J'avais pu m'en rendre compte car j'étais revenu à Geoffroy Guichard avec Perpignan lors de la saison 1996-97. Par la suite, j'avais vu avec satisfaction l'émergence de la génération Coupet avec les Aulanier, Santini, Perez, Camara...

Et aujourd'hui, pensez-vous que le club est sur la bonne voie ? Il l'est depuis la construction du centre de formation et d'entraînement de l'Etrat qui est un des meilleurs de France. Cet outil a permis au club de traverser une période de vache maigre et de rester au niveau pour demeurer aujourd'hui encore un des clubs les plus attractifs de France.

Que vous a inspiré la nomination de Christophe Galtier la saison dernière ? J'ai joué avec Christophe une trentaine de matchs avec l'équipe de France Espoirs et une cinquantaine avec le TFC. Il était un partenaire redoutable sur le côté droit de la défense. Je connais sa capacité à être un meneur d'hommes, donc je ne suis pas surpris par son parcours.

Cette saison, a-t-il les moyens de durer en haut du classement ? Je le crois car il a su identifier ce qu'il fallait corriger dans son groupe en consolidant sa défense et en redonnant les clés du camion à Jérémie Janot. C'est ce renforcement du secteur défensif, avec le recrutement, qui a permis au secteur offensif de se révéler. Car la qualité y était déjà avant chez les Payet, Sako, Rivière, Perrin, Matuidi... Ils n'attendaient que le bon moment pour s'exprimer. La relation forte entre le management de Christophe et son groupe a été un élément déclencheur.

Vous êtes revenu vous installer à Toulouse depuis la fin de votre carrière, Toulouse d'où viennent ou sont venus après vous beaucoup de joueurs, Batlles et Ebondo dernièrement. Y a-t-il un lien particulier entre les deux clubs ou les deux villes ? Il est vrai que beaucoup de joueurs ou d'entraîneurs, même des dirigeants, ont connu les deux clubs, Kastendeuch, Passi, Huc, Soucasse, Baup, Santini, Lestage, Soler, Nouzaret, Lopez, Rocheteau, Bellus, Roussey... Déjà, géographiquement, c'est moins loin qu'on pourrait le penser. Depuis Rodez, qui est en Midi-Pyrénees, c'est même proche. Après Montpellier et Bordeaux, St-Etienne est même le club de L1 le plus proche. Il y a toujours eu beaucoup de respect entre les deux clubs qui partagent les mêmes valeurs de combat. On a parlé des origines ouvrières de St-Etienne, on pourrait parler de la culture rugby de Toulouse qui correspond à ce qu'attendent les Kops stéphanois. Je n'oublie pas que même si Laurent Blanc était adulé pour sa précision technique, nous sommes quelques joueurs à avoir trouvé notre place en excellant dans d'autres secteurs de jeu.

Pascal Despeyroux Né le 17 novembre 1965 à Toulouse Clubs successifs Joueur : TAC, Toulouse (1985-92, D1), St-Etienne (1992-96, D1), Perpignan (1996-97, D2) Palmarès : international (3 sélections), champion d'Europe Espoirs 1988 (38 sélections), 450 matchs de Ligue 1 et de Coupe d'Europe. Entraîneur : TAC (1998-2000, DHR), Auch Gascogne (2000-08, CFA2). Diplôme : DEF

Son équipe de rêve de l'ASSE

Un mélange de générations ! Parce qu'il a été marqué par toutes les époques vertes, Despeyroux a voulu puiser à tous les niveaux de la légende pour composer son équipe de rêve. GARDIEN Grégory COUPET "A 20 ans, il avait la même explosivité qu'un Olmeta et des qualités mentales largement au-dessus des nuages qui lui ont permis ensuite de faire la carrière qu'on connaît." DÉFENSEUR DROIT Christophe DEGUERVILLE "Même s'il a réalisé une belle carrière, il aurait mérité beaucoup mieux. Par timidité peut-être..." DÉFENSEURS CENTRAUX Jean-Philippe PRIMARD "Lui, c'est l'enfant du club (rires) !" Laurent BLANC "Ses qualités de stratège étaient déjà là..." DÉFENSEUR GAUCHE Gérard FARISON "Un beau souvenir d'enfance et une humilité exemplaire qui collait bien au club."

MILIEUX DE TERRAIN Lubomir MORAVCIC "Avec Beto Marcico, c'est le joueur le plus doué avec lequel j'ai joué. A ce momentlà, s'il y avait 30 000 spectateurs au stade, c'était aussi et surtout grâce à lui." Dominique BATHENAY "Ce fut une énorme fierté d'avoir croisé son chemin quelques mois à St-Etienne puisqu'il succéda à Elie Baup. On se souvient de sa frappe monumentale à Liverpool, celle de Glasgow également avec ses putains de poteaux carrés ! C'est lui qui m'a ouvert sur ce poste de milieu défensif." Gérard PASSI "J'ai joué avec lui à Toulouse et Sainté, c'est le frère, l'artiste, le compagnon de route. Je l'ai encore très souvent au téléphone." ATTAQUANTS Dominique ROCHETEAU "Comment ne pas le mettre dans cette 'dream team' ! Il n'y a qu'à voir ce qu'il suscite encore aujourd'hui quand les gens le croisent dans les aéroports ou les stades pour se rendre compte de son énorme popularité. Là encore, je suis fier d'avoir joué à ses côtés pour ses deux dernières saisons à Toulouse." Roland WOLFARTH "Il arrivait du Bayern et représentait la force de frappe allemande, un buteur fantastique qui a inscrit plus de trente buts en moins de deux saisons. Il est parti trop vite." Dimitri PAYET "Je le mets dans cette équipe pour le côté intergénérationnel et la transmission de la légende verte..." ENTRAÎNEURS Jacques SANTINI et Elie BAUP "J'ai eu les deux comme coachs et je ne peux les dissocier... avec le regret éternel d'une fracture d'hommes. Alors que l'association des deux caractères était prometteuse."