Le web 2.0 pousse la télévision de papa à muter en télévision 2.0 !
4 pages
Français

Le web 2.0 pousse la télévision de papa à muter en télévision 2.0 !

-

Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Le web 2.0 pousse la télévision de papa à muter en télévision 2.0 ! Par Serge-Henri Saint-Michel - Publié le 06.11.2008 | « Seul un „abruti‟ pourrait acheter Youtube »*. Et pourtant, les sites UGC et le web 2.0 donnent du fil à retordre aux chaînes de télévision « historiques ». Quel impact le web 2.0 peut-il avoir sur le média télévision et les opérateurs de l’audiovisuel ? Ce développement fait suite à mon intervention à l‟Université Paris I en Master professionnel Droit et Administration de l‟audiovisuel. 1 - Comment en est-on arrivé là ? 1.1 - La consommation TV en berne, un Internet vivace Côté TV… - Une baisse de la durée d‟écoute sur les cibles les plus sensibles Selon Médiamétrie, les Français ont moins regardé la télévision en 2006 qu‟en 2005. La durée d‟écoute TV des 4 ans et plus a en effet diminué de 2 minutes à 3h24 quotidiennes, soit son niveau de 2004. Les digital natives » sont les plus concernés : la durée d‟écoute des 15-24 a chuté de 7 minutes, à 1h58. - Une baisse de la durée d‟écoute des chaînes historiques Les « autres chaînes » voient leur part de marché passer de 7,5% en 2000 à 13,8% en 2006, poussées par l‟intérêt des abonnés pour une offre élargie aux nombreuses chaînes thématiques, et par l‟essor de la TNT, qui donne désormais un accès à 18 chaînes à 13%% des Français.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 26 janvier 2012
Nombre de lectures 195
Langue Français
Le web 2.0 pousse la télévision de papa à muter en télévision 2.0 !
Par Serge-Henri Saint-Michel - Publié le 06.11.2008 |
« Seul un „abruti‟ pourrait acheter Youtube »*.
Et pourtant, les sites UGC et le web 2.0 donnent du fil à retordre aux chaînes de télévision «
historiques ».
Quel impact le web 2.0 peut-il avoir sur le média télévision et les opérateurs de
l’audiovisuel ?
Ce développement fait suite à mon intervention à l‟Université Paris I en Master professionnel
Droit et Administration de l‟audiovisuel.
1 - Comment en est-on arrivé là ?
1.1 - La consommation TV en berne, un Internet vivace
Côté TV…
- Une baisse de la durée d‟écoute sur les cibles les plus sensibles
Selon Médiamétrie, les Français ont moins regardé la télévision en 2006 qu‟en 2005. La durée
d‟écoute TV des 4 ans et plus a en effet diminué de 2 minutes à 3h24 quotidiennes, soit son
niveau de 2004. Les digital natives » sont les plus concernés : la durée d‟écoute des 15-24 a
chuté de 7 minutes, à 1h58.
- Une baisse de la durée d‟écoute des chaînes historiques
Les « autres chaînes » voient leur part de marché passer de 7,5% en 2000 à 13,8% en 2006,
poussées par l‟intérêt des abonnés pour une offre élargie aux nombreuses chaînes
thématiques, et par l‟essor de la TNT, qui donne désormais un accès à 18 chaînes à 13%% des
Français.
Côté Internet…
Nous assistons à plusieurs mouvements :
- Le rythme de pénétration de l‟internet se ralentit, mais la connexion s‟améliore (10 millions
de foyers sont en ADSL), facilitant une consommation push : UGC, VOD… Selon une étude
InSites, 48% des internautes français regardent des émissions de télévision en ligne et plus
d‟une cinquantaine de plateformes de partage vidéo existent.
- Une double convergence : la vidéo sur Internet et la télévision convergent ; le Web et les
services interactifs de télévision convergent aussi
- Les digital natives » poussent vers de nouvelles utilisations : mobiles, contenus riches,
messageries instantanées… ouvrant vers une consommation « anywhere, anyhow, any device
», et « always on ».
1.2 – Un Internet mutant, passant du 1.0 au 2.0
Le web 2.0 : un concept à cerner
Le Web 2.0 (terme inventé par Dale Dougherty et popularisé en 2004) consiste, comme le
rappelle Tim Berners Lee (créateur de la navigation hypertexte en 1989), « à utiliser les
standards qui ont été définis par ceux qui ont construit le Web 1.0 : le Web 2.0, c‟est utiliser
DOM, HTML, SVG, HTML, etc, c‟est-à-dire construire des applications basées sur les
standards, avec un peu de javascript en plus ».
La mise en œuvre du web 2.0 tient à deux éléments :
- Les interfaces riches (cf. Google Finance), qui autorisent des possibilités d‟affichage et de
manipulation beaucoup plus puissantes que les pages classiques reposant sur le HTML
- L‟implication des internautes qui s‟inscrit dans une démarche communautaire (cf. Zlio),
dans une approche collaborative (cf. Flickr) où un émetteur (institution, marque…) va
solliciter plus intensément les visiteurs d‟un site ou les utilisateurs d‟un service en ligne
Dans le web 2.0, la technologie, véritable assemblage de logiciels et de business, s’efface
devant l’usage
.
Le web : une conception organisationnelle bouleversée, une structure faiblement
organisée et réticulaire
Le web, par opposition au broadcast, se nourrit de complexité et les experts changent, dans le
cadre d‟une passage de la verticalité de la diffusion des message, à une horizontalité.
Désormais, l‟expert, c‟est tout le monde, dans le cadre d‟une intelligence collective et d‟une «
alchimie des multitudes ».
Cette alchimie de l‟échange est indissociable de l‟individualisme réticulaire (networked
individualism) mis en avant par Barry Wellmann de l‟Université de Toronto, qui correspond à
des connexions qui se font entre individus, moins profondes, moins exclusives, plus souples et
informelles, à la fois locales et globales, donc diversifiées.
La technologie n‟explique pas l‟intégralité du succès du web qui correspond à une dynamique
sociale préexistante qui, par le biais de l‟Internet, trouve de nouveaux moyens et canaux
d‟expression et ajoute du sens et de la valeur à l‟information (tagging, commentaires…) et
crée de l‟intérieur une structure dont personne n‟a le plan.
Le web 2.0, écrin d’accueil à l’intelligence collaborative
Le web 2.0 se caractérise aussi par le passage actif du consommateur dans la chaine de
production dans laquelle l‟internaute crée de la valeur (co-création, intelligence collaborative)
dans le cadre de réseaux lâches… et en consomme. L‟architecture de la participation, qui
permet un apport de valeur sans nécessiter d‟effort spécial de l‟utilisateur, devient le point de
passage obligé des sites nouvellement créés.
Cette souplesse, cette « inorganisation », cette horizontalité liées à une économie de la
collaboration portée par le web, en particulier par le web 2.0, se situent aux antipodes
des modes de fonctionnement de la télévision « classique », qui doit évoluer pour rester
dans le marché des nouveaux modes de consommation des médias.
A son tour, la télévision passe à la convergence, et en profite pour évoluer.
2 - La télévision mute à son tour… en télévision 2.0
2.1 - Les news deviennent un bien de consommation courante et un nouveau dialogue est
à inventer
Les news deviennent une commodity ; les médias en perdent le contrôle, tandis que l‟on
assiste à un triple phénomène :
-
Convergence
: les supports en texte, image, son se mélangent dans le cadre de la
convergence, poussant les médias à diversifier leur offre et les journalistes à s‟exprimer sous
différentes formes. La convergence se manifeste principalement par l‟abolition des frontières
entre acteurs Média et Télécoms, une exploitation multi-plateforme des contenus, ainsi qu‟une
forte interaction entre consommateurs et services des opérateurs.
-
Rhétorique
: le média internet nécessite une expression différente (comme entre TV et radio
!) compte tenu de ses spécificités
-
Contributions
: les internautes ne s‟interrompent plus pour apporter à leur tour de
l‟information par de multiples supports, obligeant les journalistes à en tenir compte « d‟une
façon granulaire », i.e. article par article. et à écrire sous forme d‟une conversation et non plus
« du haut d‟une chaire » car l‟on se rend compte que les lecteurs en savent parfois plus que le
journaliste (à croiser avec la sagesse des foules). L‟objectif devient maintenant pour un
journaliste, de proposer le papier qui sera le plus lu ou commenté.
Le défi est d‟inventer un nouveau mode de dialogue, une nouvelle relation dans le cadre
d‟impacts multiples :
-
La production
: les messages sont de formats et de rhétoriques différents, tandis que de
nouvelles formes d‟expression se multiplient : blog, wikis… parfois autour de thématiques
ultra segmentées (vs. média de masse) dans lesquelles l‟internaute est un co-producteur
participant
-
L’organisation éditoriale
échappe de plus en plus aux supports :
. Les algorithmes interviennent pour classer les articles et les vidéos, les moteurs de
recherchent écrèment…
. L‟internaute transite de moins en moins par la page d‟accueil (la Une)
. Les internautes ne viennent parfois plus sur le site, se contentant de dépêches via le RSS
. L‟internaute peut organiser lui-même le contenu, grâce à des tags qui vont générer une
folksonomie. Ainsi, donner la priorité aux articles les plus transmis est une façon de suggérer
une organisation issue du lectorat plus que de la rédaction.
-
La distribution
cède la place à la transmission et à la circulation de l‟information, souvent
via des supports différents dans le cadre d‟une désintermédiation de plus en plus prononcée
- Une audience individuelle et interactive dans un environnement d‟hyper choix et
d‟émergence de programmes à la demande (en pull), vs. une consommation médias linéaire
par une audience collective et passive.
L‟impact du web 2.0 sur la télévision est donc multiple.
Les enjeux sont de passer d’un modèle descendant et vertical, à un média collaboratif
structuré, dans lequel les chaines pourront conserver la maîtrise de l’éditorialisation
.
2.2 - Solutions techniques et supports de la TV 2.0
Les technologies de la TV 2.0 passeront par :
- Des solutions de recommandation et de recherche de contenus vidéo, comme les guides de
programmes qui vont permettre d‟accéder à la fois à la télévision “broadcastée” classique, à la
vidéo à la demande, au partage de vidéos sur Internet et mobile
- Des solutions logicielles et services Web pour faire de la “Social TV” proposant à la la
télévision 2.0 des fonctionnalités similaires au web 2.0 : regarder une émission à plusieurs et à
distance, commenter en direct ou en différé les programmes, “tagger” les programmes et les
recommander…
- Des solutions matérielles et logicielles autour de la télévision sur IP et de la vidéo à la
demande avec, par exemple, de la publicité insérée dynamiquement et de manière
personnalisée dans les différents flux vidéo numériques ; une sorte d‟ultra CRM.
… tandis que perduront…
- Une consommation délinéarisée de la télévision via les PVR (personal video recorder), le
time shifting, la VOD…
- L‟accès par des supports toujours plus nombreux, tels les IVD (Internet video device,
comme les consoles de jeu), aboutissant même à du place-shifting (consommation d‟un même
contenu dans des lieux et sur des supports différents).
Les opérateurs télévisuels en place abordent la télévision 2.0 par des stratégies différentes,
parfois sous la pression de sites UGC.
Quelles approches mèneront-ils à l‟avenir ? Quels business models proposeront-ils ?