Les plus anciennes traces de plantes terrestres

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Les plus anciennes traces de plantes terrestres Pour les plantes, la première évidence de leur présence, nous est donnée par leurs spores (organes de dispersion et de reproduction), qui ont des enveloppes organiques très résistantes, ce qui permet leur conservation dans les sédiments.

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Publié le 12 janvier 2013
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Langue Français
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Les plus anciennes traces de plantes terrestres

Pour les plantes, la première évidence de leur présence, nous est donnée par leurs spores (organes de dispersion et de reproduction), qui ont des enveloppes organiques très résistantes, ce qui permet leur conservation dans les sédiments. C'est la palynologie, une des spécialités des Sciences de la Terre, qui nous donne accès à ces indices et à cette documentation, par l'extraction chimique et l'étude sous le microscope du contenu organique des roches sédimentaires.

On trouve d'abord des cryptospores, qui sont des spores simples, trouvées soit sous forme de cellules isolées (monades), ou associées par deux (dyades), ou par quatre (tétrades permanentes), nues ou enfermées à l'intérieur d'une enveloppe organique. Ces éléments sont produits par une flore primitive, apparentée aux mousses par exemple, et encore largement inféodée au milieu aquatique. Ces premiers végétaux sont des cryptogames non vasculaires (algues, champignons, lichens, mousses...). Les plus vieux assemblages incontestés de cryptospores sont datés de l'Ordovicien moyen (environ 468 millions d'années), mais pourraient remonter au Cambrien moyen.

Il faut attendre l'Ordovicien supérieur, pour trouver aussi des spores trilètes, c'est-à-dire qui portent une fente germinative caractéristique en forme de croix à trois branches, indiquant qu'elles étaient formées en tétrades avant d'être dissociées. On ne connaissait jusqu'à présent que de rares spécimens, non ornementés. La présence de spores trilètes est pourtant très importante, puisque l'on considère généralement qu'elles sont dérivées des plantes vasculaires ou de leurs précurseurs, c'est-à-dire de végétaux, fougères par exemple, possédant des tissus spécialisés pour le transport de la sève.

Le développement des plantes vasculaires était fixé généralement au Silurien (-443 à -416 millions d'années), et considéré comme une étape essentielle dans l'organisation des plantes sur le continent, avec une exploitation d'un spectre plus large de niches écologiques. Mais, en avril dernier, une équipe internationale de chercheurs belges, britanniques, français (Do-maines océaniques - INSU-CNRS/ IUEM Brest et Géosciences Rennes INSU-CNRS/Université de Rennes 1), et d'Arabie Saoudite ont découvert un assemblage spectaculaire de spores de plantes vasculaires présents dans des sédiments d'Arabie Saoudite datant de l'Ordovicien supérieur (-460 à -443 millions d'années).

La colonisation de la surface terrestre, ou « terrestrialisation »va fondamentalement modifier l'environnement et le climat.

Cette découverte replace l'origine et la radiation adaptative des plantes vasculaires, une étape importante de l'invasion des continents par les plantes, plusieurs millions d'années avant ce que l'on imaginait antérieurement, et sur le Gondwana.

Cette hypothèse est importante à double titre.

Tout d'abord, elle change notre perception du processus de colonisation des continents par les plantes, et de la période de sortie des eaux, liée à une innovation, l'apparition de tissus de soutien conducteurs de sève jusqu'à l'extrémité des tiges (tissus vasculaires), qui va permettre la vie émergée. Par ailleurs, cette découverte en Arabie Saoudite, comparée à d'autres éléments trouvés antérieurement en Turquie, est en faveur d'une origine gondwanienne des plantes vasculaires qui auraient migré ailleurs et en se diversifiant.