St Tropez, de l
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St Tropez, de l'or sous le sable

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St Tropez, de l'or sous le sable L'endroit est idyllique. Au château de la Messardière, sur les hauteurs de St Tropez en allant vers Ramatuelle, on distingue la mer de tous les côtés. Alexandre Durand-Viel, 48 ans, ESG, heureux et distingué directeur de l'établissement, costume cravate même par 30° à l'ombre, veille au grain observant ses clients et ses troupes (160 salariés) comme le lait sur le feu : « Diriger un établissement de ce type est aussi une affaire de coeur, car c'est un investissement de tous les instants. Le personnel est à fond sur le détail même quand le travail est fini ! N'y voyez pas une critique des 35 heures encore que... » Ce haut lieu de l'art de vivre à la française, fréquenté aussi bien par les footballeurs en mal de tranquillité (Deschamps, Réveillère ou Gullit ont leurs habitudes) que des hommes d'affaires passablement lassés de l'anonymat des palaces internationaux, pourrait bien marquer le grand retour d'une certaine luxure de bon aloi tant prisée par les épicuriens d'aujourd'hui. À la Messardière, le cadre est grandiose, avec un parc de 10 hectares, mais chacun fait ce qu'il lui plaît. Il est vrai que l'investissement financier est à la hauteur des enjeux hôteliers. Repris par un homme d'affaires ayant fait fortune dans les cartes de paiement, le château de la Messardière fait l'objet d'investissements importants chaque saison.

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Publié le 04 juin 2011
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Langue Français

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St Tropez, de l'or sous le sable
L'endroit est idyllique. Au château de la Messardière, sur les hauteurs de St Tropez en allant vers Ramatuelle, on distingue la mer de tous les côtés. Alexandre Durand-Viel, 48 ans, ESG, heureux et distingué directeur de l'établissement, costume cravate même par 30° à l'ombre, veille au grain observant ses clients et ses troupes (160 salariés) comme le lait sur le feu :« Diriger un établissement de ce type est aussi une affaire de coeur, car c'est un investissement de tous les instants. Le personnel est à fond sur le détail même quand le travail est fini ! N'y voyez pas une critique des 35 heures encore que... »Ce haut lieu de l'art de vivre à la française, fréquenté aussi bien par les footballeurs en mal de tranquillité (Deschamps, Réveillère ou Gullit ont leurs habitudes) que des hommes d'affaires passablement lassés de l'anonymat des palaces internationaux, pourrait bien marquer le grand retour d'une certaine luxure de bon aloi tant prisée par les épicuriens d'aujourd'hui. À la Messardière, le cadre est grandiose, avec un parc de 10 hectares, mais chacun fait ce qu'il lui plaît.
Il est vrai que l'investissement financier est à la hauteur des enjeux hôteliers. Repris par un homme d'affaires ayant fait fortune dans les cartes de paiement, le château de la Messardière fait l'objet d'investissements importants chaque saison. Cette année, 2 millions d'euros ont été investis dans la salle de restaurant refaite à neuf avec une ferronnerie d'art, tradition réalisée avec maestria par un maître artisan d'Annecy.
La cuisine n'est pas en reste sous la houlette du grand Chef étoile et deux toques Christian Farenasso.« On a de la chance d'être là »semble dire à l'unisson un personnel aussi ravi que les clients qu'ils servent...
Ouvrir un hôtel de prestige semble en passe de devenir le hobby des plus prisés de nos entrepreneurs accomplis. Michel Reybier, après avoir empoché le pactole grâce au jambon d'Aoste, a repris La Réserve à Ramatuelle. Antoine Chevanne suit les traces de son grandpère, Sylvain Floirat avec le succès que l'on sait au Byblos après avoir repris Tourgeville à Deauville, au cinéaste Claude Lelouch. Sans parler de Stéphane Courbit, le producteur télé à succès, dont la cuisine thaï du Pan Daï, installé dans un vieil hôtel particulier, ne désemplit pas. J'aurais pu citer aussi Delion à Beaulieu, ou René Guth, le formidable septuagénaire d'Aigle Azur.
«La différence avec Courchevel c'est qu'ici il n'y a pas 90% de Russes. » (sic) Sur la place des Lices, le jour du marché, un forain replie son stand l'air dépité en avalant une menthe à l'eau« Y'a
moins d'argent »répète-t-il tout fort... S'il n'y a plus de sous à St Trop, c'est mal parti pour le reste... Attention aux exagérations du vendeur provençal car il n'y a jamais eu autant d'échoppes consacrées au luxe dans la station chère à Eddy Barclay. Si Longchamp, Tod's ou Vuitton viennent se frotter aux emblématiques spartiates K Jacques, ou aux Vilebrequin ou autre Kiwi, jeunes pousses de la mode locale en mal de succès planétaire. BB n'est plus là pour faire la promo comme avec Lancel ou Gérard Darel. Côté business, la gloire locale, même si elle lui est disputée par les pépiniéristes Basset ou Derbez, dont les carnets de commande en oliviers ne désemplissent pas, non le top ici, et c'est rassurant, c'est toujours Micka et sa célèbre tarte tropezienne. Ne lui demandez pas la recette. Elle est toujours secrète depuis 40 ans. Et la célèbre tarte briochée au citron vert peut voyager, même en voiture (emballée dans du papier journal). Un signe qui ne trompe pas, la brasserie Sénéquier, non content de servir l'apéritif aux grands de ce monde, François Pinault ou Karl Lagerfeld s'est même mis en tête de commercialiser une tropezienne glacée... Chacun sa part du gâteau. Pas de quoi tarir les appétits du jour. Pour les nuits, Papagayo s'occupe de tout. Et St Tropez restera toujours St Tropez. Si le casque est désormais obligatoire sur les Vespas (on a ici longtemps fermé les yeux), les restaurateurs assurent désormais un service taxi pour continuer à laisser boire leurs clients... Ouf, on l'a échappé belle ! Sur la plage privée de Pampelonne, le patron de la Tropezina (l'une des meilleures paillottes) ne me lâche pas.« II est temps de créer un industriel du sable et des plages. Ici, chaque petite commune se débrouille comme elle peut mais il n'y a pas de spécialistes à l'instar du ski et de la neige avec la Compagnie des Alpes. C'est pourtant un vrai savoir faire...
L'idée est lancée. Elle pourrait intéresser un Veolia quelconque.
À Pampelonne, je croise les habitués du Fouquet's, Marc Fiorentino, le célèbre fible nancier d'Euroland Finance, la redouta-chasseuse de tête aux tempes argentées, la dynamique Catherine Euvrard, ou l'héritier des vins Margnat (l'inventeur du vin en bouteille plastique). J'apprends que les 26 paillotes occupent quelque 800 emplois par an, et qu'elles versent bon an mal an quelque 1.2 millions d'euros à l'État dont 600.000 rien que pour la commune de Ramatuelle.
Celle-ci n'a pas de mal à embaucher à tout va (c'est bon pour la réélection). Pourtant, malgré ses 40 employés municipaux, la commune n'entretient toujours pas ses belles plages au mois de mai. Il faut attendre juillet.
Allez y comprendre quelque chose ! Ils sont fous ces tropéziens. Car ils ont vraiment de l'or sous le sable.
Hôtel Château de laMessardiere Route de Tahiti - 83990 Saint-Tropez Tél. : +33 (0)4 94 56 76 00 www.messardiere.com En 2011, le Château de la Messardiere vous accueille du 15 avril au 30 octobre.
Possibilité de séminaires, avec 5 salles de 20 à 120 personnes.