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Publié le 07 mai 2015
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Hermann von PÜCKLERMUSKAU Aperçus sur l’art du jardin paysager
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Chapître sîxîème De la manière d’établir les pelouses des parcs, des prairies et des jardins
Un gazon Fraîs et toufu est pour un paysage ce que pour es vîeîes îmages des saînts est e Fond d’or, quî sembe donner à eur Igure une pus grande expressîon. Le gazon donne de a Fracheur au tabeau de a nature et es yeux s’y reposent de ’écat du soeî, tandîs qu’une ande arîde et grîsâtre se présente au mîîeu du pus be ensembe comme e înceu de a mort. Le gazon quoîque vert peut être marécageux, ou bîen sî éger et sî mouvant que es pîeds des promeneurs y restent împrîmés, et que es chevaux et es voîtures y aîssent des traces quî e déIgurent pendant des moîs entîers ; ce dernîer înconvénîent est sans doute înévîtabe, surtout par des temps de puîe, orsque e gazon est nouveement étabî. Maîs sî ’on en prend soîn par a suîte, î acquerra bîentôt une surFace soîde, même dans es terraîns égers. Je puîs à cet égard donner es règes suîvantes, quî sont Fort sîmpes, et quî, dans mon parc, se sont conIrmées par une sîmpe expérîence de pusîeurs années. ) Sî ’on veut Faîre une praîrîe, un pâturage ou unpleasureground, î ne Faut pas se borner à semer une seuleespèce d’herbe, qu’ee soît vîvace ou non, attendu qu’ee ne produîra jamaîs une peouse vérî-tabement épaîsse. 2) Pour es praîrîes et es pâturages, e méange e pus rîche et e pus varîé est à mon avîs e meîeur ;
maîs î Faut que ’espèce d’herbe que ’expérîence a démontrée être a pus propre au terraîn ydominede manîère à Former a moîtîé ou e tîers du tout, tandîs que e reste devra être composé d’une mutîtude d’autres espèces. C’est aînsî que pour des terraîns humîdes, on prendra comme semence prîncîpae a léoe ; pour es terres Fortes e Faux-Froment (ray-grass Fromenta) ; pour es terres grasses e trèle à leur jaune, et e ray-grass Françaîs ; pour es terres égères a houque ; pour es terraîns éevés e trèle banc, etc. ) Sî e terraîn est sec, î sera bon, sans égard à sa quaîté, de Faîre déFoncer à a proFondeur de deux pees ’espace que ’on voudra ensemencer d’herbe ; maîs sî a couche înFérîeure est de moîndre quaîté, on aura soîn de remettre par-dessus a terre qu’on aura ôtée. On doît comprendre que dans e cas où ’on ne trouvera que du sabe, on améîorera e terraîn en y mettant de a bourbe, du compost, ou de a terre des champs. S’î est trop coûteux de Faîre déFoncer e terraîn, on e Fera seuement abourer, à une doube proFondeur au moîns, en admettant touteFoîs que a nature du ter-raîn s’y prête. La terre aînsî préparée, on ensemencera abondamment, par un temps un peu humîde ; et ’on y Fera aussîtôt passer e cyîndre, pour bîen enFoncer es semences (dans nos contrées a meîeure époque
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APERÇUS SUR L’ART DU JARDïN PAYSAGER EN GÉNÉRAL
est depuîs a mî-août jusqu’au mîîeu du moîs de sep-tembre). Sî a terre est Forte, î Faudra attendre un jour de sécheresse pour ’ensemencer. Dès a In d’octobre, a nouvee praîrîe se couvrîra de a pus bee verdure. Dans es premîers jours de prîntemps de ’année suî-vante, on a Fera Faucher, aIn que ’herbe croîsse pus égaement. Ensuîte on a aîssera porter sa graîne quî, en se semant d’ee-même, donnera au gazon toute ’épaîsseur désîrabe. Dès ors, î ne reste pus qu’à Faîre passer e cyîndre chaque année après a coupe, aIn de bîen presser a terre. On aura soîn touteFoîs de Fumer suisamment, soît avec du compost, soît avec de a terre des champs ou de a vase, en un mot avec ’engraîs qu’on pourra se procurer e pus Facîement sur es îeux. C’est par ces dîvers moyens qu’à a grande surprîse de bîen des cutîvateurs, je suîs parvenu à obtenîr es praîrîes es pus toufues sur des terraîns égers destînés à a cuture du bé. Les praîrîes, oîn de dépérîr aînsî qu’on e présumaît, se sont toujours améîorées depuîs dîx ans, et m’ont en outre, sous e rapport pécunîaîre, e rendu d’exceents servîces, puîsque dès a  année e produît m’avaît déjà remboursé asommeque j’avaîs empoyée à es créer. ) ï est absoument îndîspensabe de dessécher d’abord es terraîns marécageux, et je pense que a meîeure manîère d’y parvenîr est cee qu’empoîent es Angaîs. Leur mode d’opérer consîste à pratîquer une înInîté de conduîts souterraîns construîts avec des tuîes creuses quî reposent sur des carreaux de brîque ; ce quî Forme de petîts canaux très durabes, quî n’ont pas ’înconvénîent de se boucher à chaque înstant, 2 comme î arrîve à ceux quî sont Formés de bourrées ou de pîerre des champs. S’î y a assez d’eau, et que a pente soît assez consîdérabe pour que ’écouement se Fasse rapîdement, on peut attîrer es eaux dans de petîts ruîsseaux pratîqués à a surFace ; ce quî, en ajoutant encore à ’embeîssement, contrîbue davantage aussî
. « suisamment » : e texte aemand précîse « tous es  à  ans ». (N.d.é.) 2. « bourrée » : Fagot de menues branches. (N.d.é.)
au dessèchement. Maîs î est essentîe de es bîen dîrî-ger et de eur donner un cours nature ; car dans e cas contraîre, oîn de servîr à ’ornement, îs produîraîent un efet dîsgracîeux et rîdîcue. On Feraît bîen de Faîre suîvre à ces petîts ruîsseaux de ongues sînuosîtés, de es couper en anges putôt que de eur Faîre décrîre des arcs, et d’apanîr es bords autant que possîbe, aIn de ne pas înterrompre trop brusquement a peouse et de ne pas perdre trop de gazon. Je conseîeraîs égaement aors de donner au ît du ruîsseau a varîété nécessaîre, soît en enevant çà et à de a terre tantôt à a partîe supérîeure, tantôt à a partîe înFérîeure du bord, soît en posant des pîerres, ou bîen en y Faîsant crotre queques buîssons ou queques pantes aquatîques. Dans mon parc se trouve une vaste praîrîe bourbeuse ; ’eau y est extrêmement abondante et a pente très Faîbe ; î a Fau nécessaîrement pratîquer pour ’écouement des eaux une înInîté de canaux ouverts quî, conduîts comme on a coutume de e Faîre, auraîent présenté un aspect désagréabe. Je me suîs avîsé d’en Former une espèce de deta, et suîvant a rège que j’aî recommandée antérîeurement, de produîre ’unîté d’ensembe par a mutîpîcîté des détaîs ; j’espère pouvoîr créer un tout assez orîgîna quî ne aîssera pas de paratre nature, en Faîsant crotre çà et à queques roseaux ou d’autres pantes convenabes, et en e peupant de dîvers oîseaux aquatîques. ï est înutîe, je pense, de Faîre observer qu’î Faut avoîr grand soîn d’înonder ou d’humecter soîgneu-sement es praîrîes. Une înondatîon totae pendant queques jours du prîntemps, après chaque coupe, s’î est possîbe de e Faîre, est bîen préFérabe a une îrrî-gatîon journaîère dans a saîson des chaeurs. J’aî été bîen souvent convaîncu par mes propres expérîences que ce dernîer mode n’a jamaîs produît un efet bîen satîsFaîsant. 5) Sî ’on veut obtenîr des peouses pour des jardîns ou pour unpleasureground, on méangera de même es espèces d’herbes d’après a quaîté du terraîn, en excuant touteFoîs es herbesgrossières, tees que a houque, e ray-grass Françaîs, e dactye goméré, etc. On empoîe ordînaîrement en Angeterre e ray-grass
DE LA MANïÈRE D’ÉTABLïR LES PELOUSES
angaîs, festuca ovina, et e trèle rampant. On pourra encore, sî ’on veut, empoyer pusîeurs sortes d’agrostîset d’autres gramînées très Ines. Dans nos cîmats et dans nos terraîns, e moyen e pus sûr d’obtenîren très peu de tempsune peouse aussî bee et aussî Ferme que possîbe, c’est de paquer un gazon extrêmement In, que ’on rencontre presque partout, soît sur es bords des champs, ou sur a îsîère des boîs. On ’enève soîgneusement par ongues bandes que ’on roue, puîs on es appîque de même sur a terre bîen préparée à cet efet ; et on es Frappe Fortement avec des battoîrs en boîs. S’î se trouve queques întervaes, on es bouche avec d’autres pîèces de gazon de a grandeur convenabe. Après ces dîférentes opératîons, on répand par-dessus un peu de bonne terre de jardîn, que ’on ensemence ensuîte des gramînées méangées dont nous avons paré. EnIn on passe sur e tout avec e cyîndre, et on ’arrose abondamment. On obtîendrasûrementpar ce moyen e résutat que ’on désîre. Sî pus tard e gazon venaît à manquer à certaîns endroîts, î suira de peerces dîférentes paces et de transporter à ’une e gazon enevé à ’autre. Aors on obtîendra de nouveau une bee et épaîsse verdure. Le soîn que ’on doît donner par a suîte à a peouse est un poînt bîen essentîe à observer. Un gazon court, s’î n’est pas soîgné, ne peut être beau ongtemps. ï Faut e Faucher tous es huît jours sî e temps est humîde, et tous es quînze s’î est sec, et e Fouer autant de Foîs pour e moîns avec e cyîndre. Cette dernîère opératîon doît se Faîre avant de Faucher, d’abord pour que es pîerres et es petîtes éévatîons quî pourraîent arrêter a Faux soîent es unes renFoncées en terre, et es autres nîveées ; en second îeu, pour que es traces que e cyîndre aîsse sur e gazon, et quî pendant pusîeurs jours Font un très mauvaîs efet, dîsparaîssent entîèrement sous a Faux. Les Faux dont on se sert ordînaîrement pour Faucher e bé peuvent être égaement empoyées pour ’herbe ; maîs î Faut îcî pus d’habîtude et une coupe pus égae. ï Faut en outre, pour qu’î ne reste pas d’herbe debout, passer
. «festuca ovina» : a Fétuque des moutons. (N.d.é.)
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avec a Faux sur a même pace deux Foîs en sens înverse. Le temps e pus Favorabe à ce genre de travaî est e matîn, orsque a rosée couvre encore a terre. Sî ’on se conForme bîen exactement à ces préceptes, on aura rarement besoîn de Faîre extîrper es leurs sauvages ou es herbes parasîtes ; ees meurent d’ees-mêmes, ou n’ont pas e temps de s’éever à une hauteur quî dépasse e nîveau du tapîs de a peouse. C’est aussî un vérîtabe préjugé de vouoîr détruîre toute a mousse quî crot dans e gazon. ï y a bîen des espèces de mousses quî, à ’ombre des arbres où ’herbe ne peut crotre, Forment un tapîs pus moeeux que e veours et aussî Fraîs que e gazon. Dans ’e de Wîght, par exempe, j’aî vu une vaste étendue couverte d’un tapîs de mousse quî, par son éastîcîté, son épaîsseur et a beauté de sa verdure, ’emportaît sans contredît sur es pus bees peouses que j’aîe rencontrées en Angeterre ; et moî-même je suîs parvenu à créer des paces Fort agréabes de ce genre, sous des arbres éevés. ïmmédîatement après que ’on a Fauché, î Faut râteer ’herbe menue, et a baayer ensuîte avec des baaîs ongs et mordants, jusqu’à ce qu’on aît rendu a peouse aussî unîe et aussî propre que e parquet d’un appartement. On pourra aors y marcher pus commodément que dans e meîeur chemîn sabé. On n’aura pas besoîn de ’înterdîre par ces sortes d’écrîteaux souvent rîdîcues dîctés par a craînte des dégâts que ’on y pourraît causer, et ’on peut toute a journée y jouer à a paume sans y occasîonner e moîndre dom-mage. Dans une grande sécheresse, j’aî Faît arroser e pleasuregroundau moyen d’une pompe aspîrante, pacée à cet efet sur ’étang voîsîn du château, et dont es tuyaux de cuîr avaîent pusîeurs centaînes de pas de ongueur ; maîs pus tard j’aî renoncé totaement à ce moyen, attendu que es Fraîs dépassaîent de beaucoup es avantages que j’en aî retîrés. En efet, supposé même que pendant es moîs es pus chauds, e gazon soît en apparence entîèrement brûé, ’automne ne uî rendra pas moîns sa verdure et sa Fracheur, et dans une exces-sîve sécheresse, magré es peînes que ’on se donnera pour ’arroser, e gazon exposé aux rayons du soeî n’en sera pas moîns consumé. Certaînement î Faut bîen se
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APERÇUS SUR L’ART DU JARDïN PAYSAGER EN GÉNÉRAL
garder de Faucher ou d’empoyer e cyîndre tant que durent une tee chaeur et une pareîe sécheresse. Ce dernîer cas excepté, î Faudra dès a premîère végéta-tîon commencer à Faucher et empoyer e cyîndre, et ne cesser que orsqu’î y aura ou de a geée ou de a neîge. Ce procédé aînsî contînué est à avérîté Fortdîspendîeux et c’est par cette raîson sans doute que, dans bîen des contrées d’Angeterre, on a coutume de n’entretenîr e gazon court, surtout en ’absence des matres, que sur une pace devant a maîson, et sur e bord des chemîns dans e reste dupleasureground; maîs je me suîs toujours convaîncu que ’épaîsseur et a propreté du gazon Inîssent toujours par soufrîr sî ’on n’a soîn de e Faucher Fréquemment. On Fera bîen, pour es grands jardîns, d’exercer des ouvrîers au Fauchage seuement . On es Fera Faucher sans înterruptîon pendant toute a matînée de sorte que, dès que a dernîère pîèce sera achevée, îs pour-ront aussîtôt recommencer e même travaî pour a premîère. De cette manîère, a pus grande partîe du jardîn sera propre à chaque heure de a journée. En efet, î Faudraît d’une part une trop grande quantîté d’ouvrîers (surtout dans nos contrées où es campa-gnards sont natureement legmatîques et ents) pour empoyer à a Foîs dans une sî vaste étendue e cyîndre, a Faux et e baaî ; d’un autre côté, comme î y a Fort peu de gens bîen exercés à cette sorte de besogne, î s’ensuîvraît nécessaîrement que e travaî seraît înéga et peu satîsFaîsant. Sî je me suîs sî étendu sur ce sujet,c’est qu’il n’en est aucun de plus négligé en Allemagne. Bîen des personnes même paraîssent ’îgnorer compètement. J’aî Faît sur mes propres terres ’épreuve qu’en employant le même procédé, on peut obtenîr chez nous au prîntemps, en été et en automne, des peouses aussî bees que cees des Angaîs. En hîver seuement, époque au commencement de aquee ees sont ordînaîrement es pus bees en
. On peut en généra donner e conseî de ne conIer autant que possîbe à chaque ouvrîer qu’un même genre de travaî ; î s’en acquîttera mîeux et avec pus de promptîtude.
Angeterre, nous ne pourrîons y réussîr, à cause de a rîgueur de notre cîmat. ï seraît pus dîicîe d’égaer es Angaîs pour a rîche végétatîon de eurs praîrîes communes et surtout pour e uxe de eurs leurs. Je me rappee avoîr vu des leurs ponceau, beues et jaunes teement couvrîr a verdure que, vues à queque dîstance, ees a rendaîent tout à Faît învîsîbe.
Remarque : ï ne sera peut-être pas sans întérêt, pour ceux quî désîrent s’înstruîre, d’avoîr une recette réguîère pour ’ensemencement des praîrîes. Cette recette a été com-posée sous ma dîrectîon par mon jardînîer en cheF, et ee est ordînaîrement suîvîe sur mes bîens avec moîns de Fraîs que toute autre. La voîcî :
« Quand je veux transFormer un champ en praîrîe, je commence par y Faîre mettre, pendant un an ou deux, des Fruîts qu’on retîre avec a pîoche ; à cet efet, j’aban-donne ce champ par petîtes partîes et sans rétrîbutîon à des personnes quî en revanche s’obîgent à e Fumer et à e cutîver. Par ce moyen, es sîons et es autres înégaîtés dîsparaîssent en grande partîe, surtout sî ’on partage es sîons en travers et qu’on es Fasse travaîer de même. Après avoîr bîen sondé a nature du terraîn (car î est rare de trouver îcî une étendue de  arpents dont e so soît absoument de a même quaîté), je Faîs conduîre de a terre argîeuse et de a marne aux endroîts où a terre est égère, tandîs que je Faîs mettre à ceux où ee se trouve être Forte du sabe et de a terre 5 égère des champs, ou des tas de compost, de tan et de terre tourbeuse. Je Faîs encore une Foîs nîveer a surFace tout entîère ; de cette Façon, toutes es petîtes éévatîons s’apanîront en dîsparaîssant dans es trous et es enFoncements, et e terraîn sera teement unî que e cyîndre pourra peser partout égaement. L’expérîence m’a apprîs que e moîs d’août est a saîson a pus Favorabe pour es semaîes des gramînées. Maîs sî e temps e permet, on pourra ensemencer jusque dans e moîs de septembre. Voîcî es avantages qu’ofre ’été pour ’ensemencement : ) Comme en automne î y a moîns de sécheresse à craîndre qu’au prîntemps, a pante prend très bîen racîne et se FortîIe avant ’hîver.
5. « tan » : écorce de chêne réduîte en poudre. (N.d.é.)
DE LA MANïÈRE D’ÉTABLïR LES PELOUSES
2) ï y a une pus grande certîtude de réussîte et une pus grande abondance de graînes orsque es praîrîes ont été ensemencées en automne. ) On a pus de oîsîr pour nîveer et bonîIer e champ quî doît être ensemencé, parce qu’aors es travaux du prîntemps et es autres occupatîons étant termînés, on peut dîsposer pus à son aîse des gens et des bêtes de abour. Dans ce pays-cî, où e prîx de maîn-d’œuvre n’est pas bîen éevé, je Faîs bêcher au moîs de juîet, à tant par perche carrée, e champ préparé de a manîère îndîquée pus haut. Sîtôt qu’î peut et que es mottes de terre sont à moîtîé sèches, je Faîs herser e champ une Foîs en ongueur et j’y sème ordînaîrement un méange de gramînées aînsî composé : Du ray-grass angaîs, du ray-grass Françaîs, du dactye goméré, de a Fétuque éevée, de a houque et de a léoe des prés, à portîons égaes, en comptant un ½ quînta de semence pure sur un arpent de Magdebourg. Maîs a semence qu’on prépare soî-même pour son propre usage n’étant poînt sî pure, î Faudra prendre e doube et même pour des terres égères e trîpe de a quantîté îndîquée. Comme a semence de a léoe des prés ne se mêe pas Facîement avec es autres semences
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parce que a graîne en est très Ine et pesante, je prends sur  îvres de cette semence  îvre de trèle banc,  îvre de trèle rouge,  îvre de trèle à leur jaune, ou à tête de houbon et  îvre de méîot jaune (trèle des boutîques) ; pus tard je Faîs semer ce méange dont es dîférentes graînes ont a même pesanteur, sur a surFace déjà ensemencée de graînes pus égères. Ensuîte, je Faîs passer sur e champ dans sa ongueur et sa argeur a herse et puîs e cyîndre. L’été suîvant, quand une grande partîe de a semence est mûre, je a Faîs abattre avec des râteaux ou de petîtes perches, avant de Faîre Faucher a praîrîe. La pus grande partîe de a semence tombée et abattue se ève pour peu que e temps soît Favorabe. Par ce moyen, j’obtîens dans a même année une peouse assez épaîsse, qu’une praîrîe ensemencée de toute autre manîère ne m’auraît pas donnée au bout de pusîeurs années, à moîns d’y avoîr jeté troîs Foîs pus de semence. On comprendra es dépenses que nécessîteraît un pareî procédé, puîsqu’î Faudraît récoter et battre en grange a semence des gramînées, besogne extrêmement pénîbe, et quî dépend 6 en grande partîe de a température. » (Rehder)
6. Jacob Heînrîch Rehder (7-52), nommé jardînîer en cheF du domaîne de Muskau en 7, î y restera jusqu’à sa mort en 52. Pücker-Muskau e tenaît en haute estîme. Rehder eut une part împortante dans a Formatîon d’Eduard Petzod, Futur înspecteur du domaîne (à partîr de 52) et dîrecteur des parcs du Pays-Bas. (N.d.é.)
Panche Xïï